Sherwood Anderson, né le à Camden (Ohio) et mort le à Panama, est un romancier américain surtout connu pour ses nouvelles, notamment le recueil Winesburg-en-Ohio, qui met en scène de petites gens, des personnages parfois frustrés de leur vie et dont l'action se situe dans l'Ohio.
Il a influencé quelques grandes figures de la fiction américaine de la génération perdue, notamment Ernest Hemingway, William Faulkner, Thomas Wolfe, John Steinbeck ou Erskine Caldwell (consulté le )...
Biographie Sherwood Anderson emmagasine une riche expérience sociale avant de devenir écrivain. Il est né dans une famille rurale pauvre, déménageant fréquemment. Sa mère est d'origine autrichienne et son père est un conteur impénitent d'histoires imaginaires sur sa propre vie. C'est une famille de cinq frères et deux sœurs dont certains montrent un intérêt précoce pour les arts. Son frère aîné Karl James Anderson, après avoir été illustrateur, devient peintre impressionnisteArchives Sparnierman Gallery.
Le jeune Sherwood interrompt ses études peu après sa quatorzième année. Il combat à Cuba durant la guerre hispano-américaine. Après sa démobilisation, il est administrateur d'une usine de vernis dans une petite ville de l'Ohio. Il abandonne cette situation sans préavis pour aller travailler dans une agence de publicité. Sa vocation littéraire est la plus forte. Il quitte tout, femme, enfants et situation bien rémunérée, pour rejoindre à Chicago un groupe de journalistes et d'écrivains radicaux dont Theodore Dreiser. Le succès vient en 1919 grâce à ses nouvelles, même si plus tard sa carrière connaît des hauts et des bas.
Sherwood Anderson a une influence décisive sur la jeune génération des Faulkner et des Hemingway. Son art de nouvelliste chaleureux, amusé et incisif fait merveille dans les recueils Winesburg-en-Ohio et Le Triomphe de l'œuf.
Cependant, il est aujourd'hui un auteur largement méconnu, peu réédité et sous-estimé, notamment en France (comme Theodore Dreiser).
Pauvre Blanc est son roman le plus réputé.
Le « pauvre blanc » de cette histoire est Hugh Mc Vey, . Son père d'origine sudiste est valet de ferme puis ouvrier dans une tannerie. Après son licenciement, il sombre dans l'alcoolisme. Le jeune Hugh ne sort de son hébétude que grâce à la femme d'un cheminot, Sarah Shepard. Originaire de Nouvelle-Angleterre, elle se sent , dont est issu le jeune Hugh. Elle prend donc en mains son éducation d'une poigne énergique et généreuse. La transformation du jeune campagnard en inventeur de machines s'opère dans les années 1890 où les petites villes de la région du Midwest deviennent des mégapoles.
L'intrusion du capitalisme industriel donne la fièvre à tout le monde dans la petite ville de Bidwell (Ohio). . Les gens de toutes les conditions sociales sont bousculés, brisés ou entraînés dans le mouvement. Partout dans le pays, les magnats tels que les Morgan, les Gould, les Carnegie et les Vanderbilt, se donnent note ironiquement le romancier ; alors qu'ils ne font que profiter des inventions et du travail des autres, . Des jeunes gens sans talent sont payés pour porter aux nues les mérites des nouveaux milliardaires . Une propagande, qui continue à sévir aux États-Unis, est lancée et martelée .
Hugh est à la fois un acteur et un instrument de l'industrialisation, . Comme beaucoup d'hommes et de femmes de sa génération qui n'ont pas basculé dans le cynisme recuit des hommes d'affaires, la sensibilité d'Hugh Mc Vey est déchirée. Elle ne parvient pas à s'adapter à ce mouvement économique brutal et trépidant.
Sherwood Anderson exprime avec délicatesse les mouvements psychologiques complexes de ses nombreux personnages. Avec une belle audace tranquille pour son époque, il met à mal le puritanisme en traduisant avec tact les émois sexuels des jeunes hommes et des jeunes femmes dans ce contexte tumultueux.
Alors qu'il se rendait en Amérique du Sud en bateau en compagnie de sa quatrième femme Eleanor, il contracte une péritonite, après avoir avalé accidentellement un cure-dent en mangeant des olives quelques jours auparavant et meurt le ..
Œuvre Romans . . . . . . A Meeting South, (1925). . . . . . Lives of Animals, (1966). No Swank, (1970). Perhaps Women, (1970). Nearer the Grass Roots, (1976). The Teller's Tale, (1982).
Nouvelles Winesburg, Ohio: A Group of Tales of Ohio Small-Town Life, (1919) - Winesburg-en-Ohio, traduit par Marguerite Gay, Paris, Gallimard, 1927. Death in the woods, (1876-1941). Triumph of the Egg, (1921) - Le Triomphe de l'œuf, traduites par Henry Muller, Paris, Robert Laffont, 2012. Horses and Men, (1923). Hello Towns, (1929). Early Writings of Sherwood Anderson, (1989). The Selected Short Stories of Sherwood Anderson, (1995). Southern Odyssey: Selected Writings By Sherwood Anderson, (1998). Les meilleures nouvelles de Sherwood Anderson. Éditions rue Saint Ambroise (2021). 18 nouvelles retraduites, ainsi que 8 inédites, chacune accompagnée d'une notice rédigée par les différents traducteurs : Isabelle Barat, Nathalie Barrié, Pierre Bondil, Jean-Paul Deshayes et Johanne Le Ray
Théâtre Winesburg and Others, (1937). Ten Short Plays, (1972).
Essai Death in the Woods, (1933). Puzzled America, (1935). Return to Winesburg, Ohio, (1967). The Buck Fever Papers, (1971). Sherwood Anderson and Gertrude Stein: Correspondence and Personal Essays, (1972).
Autres Sherwood Anderson's Memoirs, (1924, mémoires) - Un conteur se raconte, traduit par Victor Llona, Paris, Simon Kra, 1928. An Exhibition of Paintings by Alfred H. Maurer, (1924, récit). Modern Writer, (1925, récit). Sherwood Anderson's Notebook, (1926, mémoires). Onto Being Published, (1930, non-fiction). Dreiser: A Biography, (1936, récit). San Francisco at Christmas, (1940, mémoires). The Memoirs of Sherwood Anderson, (1968, mémoires). The Writer at His Craft, (1978, récit). Paul Rosenfeld: Voyager in the Arts, (1978, récit). Selected Letters: 1916 – 1933, (1984, lettres). Writer's Diary: 1936 - 1941, (1987, mémoires). Love Letters to Eleanor Copenhaver Anderson, (1990, lettres).
Hommage 1976 : est un parc public situé dans la ville de Clyde (Ohio)..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie John Earl Bassett, Sherwood Anderson : an American career, Susquehanna University Press, Selinsgrove, Pa., 2006, 146 p. . Robert Dunne, A new book of the grotesques : contemporary approaches to Sherwood Anderson's early fiction, Kent State University Press, Kent (Ohio) ; Londres, 2005, 134 p. . . Judy Jo Small, A Reader's guide to the short stories of Sherwood Anderson, G.K. Hall, Macmillan, New York, 1994, 446 p. . Claire Bruyère, Sherwood Anderson : l'impuissance créatrice, Klincksieck, Paris, 1985, 370 p. (thèse remaniée). Claire Bruyère, Sherwood Anderson : le grotesque tendre, Belin, Paris, 2001, 127 p. . Sylvie Laurent, Du pauvre blanc au « poor white trash » dans le roman américain et son arrière-plan depuis 1920, Université de Paris 4, 2007, 2 vol. 473 p. (thèse de Littérature américaine).
Articles connexes
Littérature américaine
Liens externes
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