L'ère Open désigne l'ère moderne du tennis, qui débute en 1968.
Elle correspond au début de l'ère des « records du tennis ». C'est la première année où tous les joueurs de tennis, professionnels ou amateurs, sont autorisés à participer aux tournois du Grand Chelem (l'Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open) qui, avant cette date, étaient réservés aux amateurs.
Pendant l'ère Open, les records du nombre de victoires en Grand Chelem sont détenus par : Novak Djokovic chez les hommes, avec ; Serena Williams chez les femmes, avec .
Rod Laver est le seul tennisman masculin à avoir réalisé un Grand Chelem sur une année, en 1969, tandis que Margaret Smith Court l'a fait pour les femmes en 1970. Steffi Graf est la dernière femme à l'avoir réalisé en 1988, agrémenté cette année-là de sa victoire aux Jeux olympiques de Séoul pour le seul Grand Chelem doré réalisé sur une année.
Andre Agassi, Rafael Nadal, Roger Federer, Novak Djokovic et Carlos Alcaraz pour les hommes, Martina Navrátilová, Chris Evert, Serena Williams et Maria Sharapova, Billie Jean King chez les dames, ont pour leur part réalisé le « Grand Chelem en carrière ».
Histoire de l'ère Open
Hommes (en simple) 1968-1973 : les débuts En 1968, les tournois du Grand Chelem (1969 pour l’Open d'Australie) deviennent Open, c'est-à-dire qu’ils deviennent ouverts aux professionnels. C’est souvent à partir de cette date que débute l’ère moderne du tennis et que les records commencent à être comptabilisés.
Dans les années qui suivent, le tennis se modernise avec l’introduction du tie-break à partir de 1970, la création du Masters la même année et la fin du Challenge Round de la Coupe Davis en 1972. Mais la principale avancée durant cette période est la création en 1972 de l’Association des Tennismen Professionnels (ATP) qui régit dès lors tous les tournois de tennis à travers le monde. En 1973, l’ATP crée le classement ATP qui détermine les têtes de série des tournois, même si ce classement ne sera véritablement fiable qu’à partir de 1990.
Les grands joueurs de cette époque sont :
l’australien Rod Laver, qui réalise en 1969 le deuxième Grand Chelem de sa carrière après celui de 1962 (victoires à l'Open d'Australie, à Roland Garros, à Wimbledon et à l'US Open la même année) ; l'australien Ken Rosewall, vainqueur du premier Roland Garros Open en 1968, de l'US Open en 1970 et finaliste à 40 ans de Wimbledon et de l'US Open en 1974 ; l'australien John Newcombe, auteur d'un doublé à Wimbledon en 1970 et 1971 ; l’américain Stan Smith, qui remporte le premier Masters en 1970, puis l'US Open en 1971 et Wimbledon en 1972 ; l'américain Arthur Ashe, vainqueur de tous les Grands Chelems dans sa carrière, excepté Roland Garros (US Open en 1968, Open d'Australie en 1970 et Wimbledon en 1975) le roumain Ilie Năstase, vainqueur de l'US Open en 1972 et de Roland Garros en 1973 et premier numéro 1 ATP de l’histoire ; le tchécoslovaque Jan Kodeš, vainqueur de Roland-Garros en 1970 et 1971 et de Wimbledon en 1973.
1974-1977 : Connors, Borg et Vilas Le premier grand joueur de l’ère moderne est l’américain Jimmy Connors, qui réalise en 1974 un Petit Chelem en remportant l’Open d'Australie, Wimbledon et l’US Open. Il finit numéro 1 mondial cinq années de suite (il n’est véritablement premier qu’en 1974 et 1976). À seulement 18 ans, le suédois Björn Borg remporte son premier tournoi majeur en 1974. Il prouve sa polyvalence en remportant deux fois Roland-Garros et deux fois Wimbledon. Il atteint un niveau de popularité jamais égalé chez un joueur de tennis. Souvent dans l’ombre des deux précédents joueurs, l’Argentin Guillermo Vilas, spécialiste de la terre battue, connaît son heure de gloire en 1977 en remportant Roland-Garros et l’US Open et en réalisant une incroyable série de 46 victoires consécutives, record encore d’actualité.
L’US Open connaît plusieurs chamboulements avec l’adoption de la terre battue de 1975 à 1977, avant la délocalisation du tournoi sur le dur de Flushing Meadows. Quant à l’Open d’Australie, il se dispute à partir de 1977 en décembre et deux éditions sont donc disputées cette année-là.
1978-1980 : domination de Borg et révélation de McEnroe Cette période correspond à la domination du suédois Björn Borg, qui réalise trois fois de suite le doublé Roland-Garros-Wimbledon, pourtant considéré comme le plus difficile du fait de la différence des surfaces.
On assiste également à l’explosion au plus haut niveau de l’américain John McEnroe, vainqueur de l'US Open en 1979 et 1980, connu aussi bien pour son jeu de service-volée flamboyant que pour ses colères légendaires sur les courts et son manque de fairplay. Borg et lui s’affrontent à quatre reprises en finales de tournois majeurs (McEnroe en remporte trois sur quatre) et disputent un match homérique en finale de Wimbledon 1980 au cours duquel le suédois remporte son Wimbledon consécutif. Après avoir remporté son en Grand Chelem à Roland-Garros en 1981, il prend sa retraite à seulement 26 ans.
1981-1984 : McEnroe, Connors et Lendl Cette période est largement dominée par l’américain John McEnroe qui réalise le doublé Wimbledon-US Open en 1981 et en 1984 (plus un titre à Wimbledon en 1983). Il termine l'année 1984 avec un incroyable bilan de 82 victoires pour trois défaites dont la légendaire finale de Roland-Garros qu'il finit par perdre 7-5 au set après avoir outrageusement dominé Ivan Lendl dans les deux premiers sets. Il doit néanmoins subir la loi de l’américain Jimmy Connors, qui fait un retour fracassant au plus haut niveau en 1982 en remportant coup sur coup Wimbledon et l’US Open. Il remporte son et dernier tournoi majeur et son US Open en 1983. À noter que les relations entre les deux américains étaient exécrables. On assiste également aux débuts au plus haut niveau du Tchécoslovaque Ivan Lendl qui, après avoir échoué lors de ses quatre premières finales en Grand Chelem (il devient numéro 1 mondial début 1983 sans en avoir remporté un seul), remporte son majeur à Roland-Garros en remontant un déficit de 2 sets à 0 face à McEnroe.
C’est en 1983 que l’Open d'Australie devient véritablement un tournoi du Grand Chelem avec la victoire de Mats Wilander sur Ivan Lendl. Jusqu’à lors, les ténors du circuit boudaient le tournoi australien, trop loin et disputé durant les vacances des joueurs.
1985-1987 : domination de Lendl Cette période correspond à la domination du tchécoslovaque Ivan Lendl, qui finit chaque année numéro 1 mondial et réalise le doublé Roland-Garros-US Open deux fois de suite. Il atteint la finale des Masters neuf fois de suite entre 1980 et 1988 et en gagne cinq, ainsi que la finale de l’US Open huit fois de suite entre 1982 et 1989 et en gagne trois. Il finit chaque année numéro 1 mondial. Le seul à contester cette hégémonie est le suédois Mats Wilander, qui bat Lendl en finale de Roland-Garros en 1985 mais qui s’incline deux fois en finale face à lui en 1987 (Roland-Garros et US Open).
À noter qu’il n’y a pas d’édition de l’Open d'Australie en 1986 à la suite du déplacement du tournoi au mois de janvier.
1988-1992 : Becker, Edberg et Wilander Le suédois Mats Wilander réalise une incroyable saison 1988 avec un Petit Chelem (Open d'Australie, Roland-Garros, US Open). Ivan Lendl remporte ses deux derniers tournois majeurs en Australie et parvient à se maintenir de nombreuses semaines à la première place du classement.
Cette période est marquée par la rivalité entre le suédois Stefan Edberg et l’allemand Boris Becker qui s’affrontent trois fois de suite en finale de Wimbledon, entre 1988 et 1990. Les deux joueurs remportent chacun six titres en Grand Chelem entre 1985 et 1992 (le en 1996 pour Becker).
L’américain Jim Courier marque de son empreinte une période courte mais prolifique de trois années de 1991 à 1993 avec quatre titres en Grand Chelem ainsi que trois finales, deux finales du masters et la place de numéro 1 pendant quelques semaines.
On assiste également aux débuts de l’américain Pete Sampras, vainqueur de l’US Open 1990 et de son compatriote Andre Agassi qui, après trois défaites en finales de Grand Chelem, remporte Wimbledon 1992.
L’Open d’Australie est délocalisé sur les courts en dur de Melbourne Park en 1988, les joueurs du top 10 commencent à venir au complet, jusqu'à l'année 1995 où André Agassi participe pour la première fois. Le circuit ATP connaît une véritable révolution en 1990 avec la création des Championship Series (les futurs Masters 1000). Le classement ATP devient indiscutable.
1993-1998 : domination de Sampras et Agassi L'américain Pete Sampras finit chaque année à la place mondiale. Il remporte 14 titres majeurs entre 1990 et 2002 dont dix durant cette période. Il remporte sept Wimbledon entre 1993 et 2000. Il réalise deux fois le doublé Wimbledon-US Open (1993 et 1995) et deux fois le doublé Open d'Australie-Wimbledon (1994 et 1997). Il remporte également cinq Masters entre 1991 et 1999. Son plus grand rival est son compatriote Andre Agassi, qui lui dispute la place mondiale tout au long de l’année 1995. Parmi les autres grands joueurs de l'époque, on peut notamment citer l'américain Michael Chang, vainqueur de Roland-Garros en 1989 à seulement 17 ans, mais aussi l'espagnol Sergi Bruguera et l'australien Patrick Rafter, vainqueur de respectivement deux Roland-Garros (1993 et 1994) et de deux US Open (1997 et 1998).
1999-2003 : Hewitt et Kuerten Cette période correspond au déclin de l’américain Pete Sampras, qui remporte ses trois derniers titres majeurs. Le circuit se cherche alors un nouveau maître. Andre Agassi réalise un incroyable retour en 1999 en remportant Roland-Garros, devenant ainsi le de l’ère Open à réaliser le Grand Chelem en carrière. Il remporte quatre autres titres majeurs dont trois en Australie. Il devient en 2003 le plus vieux numéro 1 mondial de l’histoire à 33 ans. Parmi les prétendants au titre de successeur de Sampras, on peut citer le brésilien Gustavo Kuerten, vainqueur de trois Roland-Garros entre 1997 et 2001 ; l’australien Lleyton Hewitt, meilleur joueur des saisons 2001 et 2002, qui devient, à 20 ans le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire ; ou encore le russe Marat Safin vainqueur de l'US Open en 2000 et plus tard de l'Open d'Australie en 2005. Le suisse Roger Federer remporte son majeur à Wimbledon en 2003.
2004-2007 : domination de Federer Durant cette période, le circuit subit la domination écrasante du suisse Roger Federer, numéro 1 mondial durant 237 semaines consécutives, qui constitue record. Il remporte 12 tournois du Grand Chelem, dont cinq Wimbledon consécutifs entre 2003 et 2007 et cinq US Open consécutifs entre 2004 et 2008. Il réalise trois Petits Chelems en 2004, 2006 et 2007 et remporte quatre Masters entre 2003 et 2007. En 2005, il finit l’année avec un bilan de 81 victoires pour 4 défaites et réalise une série de 41 victoires consécutives entre 2006 et 2007.
Le seul à contester cette hégémonie est l’espagnol Rafael Nadal qui remporte quatre Roland-Garros consécutifs, battant Federer trois fois en finale et remportant son premier titre majeur à seulement 19 ans. Il réalise une incroyable série de 81 victoires consécutives sur terre battue. Lui et Federer s’affrontent trois fois de suite en finale de Roland-Garros et de Wimbledon entre 2006 et 2008.
2008-2010 : Federer contre Nadal En 2008, l’espagnol Rafael Nadal réalise le doublé Roland-Garros-Wimbledon en battant le suisse Roger Federer à Londres au terme d’un match d’anthologie. Federer cède sa place mondiale à l’espagnol après 237 semaines consécutives de domination sans partage du circuit mondial.
En 2009, c’est au tour du suisse de réaliser le fameux doublé Roland-Garros-Wimbledon. Ces deux nouveaux titres lui permettent de dépasser le record de 14 titres en Grand Chelem de Pete Sampras et de récupérer la place de numéro 1 mondial.