, né le à Takasaki, ville de la préfecture de Gunma, est un homme d'État japonais. Fils de l'ancien Premier ministre Takeo Fukuda, il est lui-même président du Parti libéral-démocrate (PLD) du au et Premier ministre du Japon du au .
Biographie Origines, formation et carrière professionnelle thumb|left|Yasuo Fukuda enfant Fils aîné de l'ancien Premier ministre Takeo Fukuda (1976 – 1978), Yasuo Fukuda nait à Takasaki dans la préfecture de Gunma d'où est originaire sa famille, puis il grandit dans l'arrondissement tokyoïte de Setagaya où ses parents résident, son père étant alors un haut fonctionnaire du ministère des Finances. Il y fréquente notamment le très réputé établissement secondaire privé pour garçons d'Azabu.
Il sort diplômé en sciences économiques de l'université Waseda en 1959 pour devenir alors l'un de ces salarymen typiques de la population active japonaise, en travaillant jusqu'à l'âge de 40 ans dans le grand groupe pétrolier japonais Maruzen Petroleum, dont deux années aux États-Unis de 1962 à 1964. Il y monte petit à petit les échelons jusqu'à devenir chef de section.
Lorsque son père accède au poste de Premier ministre en 1976, il devient son secrétaire particulier, aux côtés notamment de Jun'ichirō Koizumi, et le reste jusqu'à son départ du pouvoir en 1978. Il retourne ensuite dans le privé, au sein de l'Institut Kinzai, qui gère des affaires financières, et en est ainsi le directeur de 1978 à 1986 puis son administrateur de 1986 à 1989.
Carrière politique Yasuo Fukuda entre plutôt tardivement en politique, à 54 ans. Il est élu pour la première fois à la Diète en 1990 sous l'étiquette du parti au pouvoir (PLD) lors de la retraite politique de son père, dans le de Gunma puis, à partir de la réforme de la carte électorale de 1996, dans le qui comprend notamment sa ville natale de Takasaki.
Au sein du PLD, il est membre du ou « Conseil pour la nouvelle politique Seiwa », la plus importante des factions internes au parti, fondée en 1979 par son père et actuellement connue sous le nom de « faction Machimura » car dominée depuis 2006 par Nobutaka Machimura après l'avoir été entre 1998 et 2006 par Yoshirō Mori. Toutefois, comme le veut la tradition, à la suite de son élection à la tête du parti en 2007 il n'est désormais plus membre de cette faction.
Durant ses premières années en politique, il s'intéresse essentiellement aux dossiers concernant la politique étrangère. Il est ainsi directeur de la Commission des affaires étrangères à la Chambre des représentants de juin 1992 à octobre 1999, ainsi que vice-ministre parlementaire auprès du ministre des Affaires étrangères du Cabinet de Tomiichi Murayama, à savoir Yōhei Kōno, du au et enfin directeur de la Division des affaires étrangères du PLD à partir de novembre 1995.
Secrétaire général du Cabinet (2000-2004) et éminence grise de Jun'ichirō Koizumi vignette|gauche|220px|Fukuda avec Jun'ichirō Koizumi, Shinzō Abe, Kōsei Ueno et Teijirō Furukawa le . Il exerce la fonction de secrétaire général du Cabinet, une fonction ministérielle ayant rang de ministre d'État qui consiste à la fois à diriger les services administratifs du gouvernement ainsi que sa communication et son service de presse, et donc à en être le porte-parole, du au sous les Premiers ministres Yoshirō Mori et Jun'ichirō Koizumi. Il sera également ministre d'État chargé de l'Égalité des sexes du au .
Dans ce poste clé mais aux attributions mal définies, Yasuo Fukuda fait alors figure d'éminence grise du Premier ministre Jun'ichirō Koizumi, dont le mentor en politique n'était autre que le père de Fukuda, et intervient en sous main aussi bien en politique intérieure que dans les dossiers diplomatiques, à un tel point qu'il est alors surnommé le « Japan's Fukuda to Run For Prime Minister », dépêche Reuters pour le New York Times, 13/09/2007. Il se fait remarquer pour son sens du consensus et tente de réchauffer les relations avec la Chine populaire et la Corée du Sud, mises à mal après les visites du Premier ministre au sanctuaire Yasukuni ou encore les scandales à répétition concernant la parution de livres d'histoire révisionnistes minimisant les exactions commises par le Japon pendant la guerre. Il a toutefois lui-même créé une véritable levée de boucliers aussi bien au Japon que dans ces deux pays pour avoir déclaré que « en fonction de la situation mondiale, des circonstances et de l'opinion publique, le Japon pourrait être amené à posséder des armes nucléaires » « Nuclear Weapons Program », rapport sur l'éventuel développement d'armes nucléaires au Japon sur le site www.globalsecurity.org. Il a dû alors retirer rapidement ses propos.
Il dut démissionner le après avoir reconnu qu'il avait négligé, de manière non délibérée, de faire certains paiements obligatoires au système de retraite nationale, pour une durée correspondant à 37 mois entre février 1990 et septembre 1992 puis d'août à décembre 1995. Ce scandale, qui touchait alors également 9 autres membres du Cabinet (dont 2 qui refusèrent de démissionner), intervint au moment où le gouvernement tentait justement de rassurer les contribuables vis-à-vis d'un système de pension de plus en plus critiqué du fait du vieillissement de la population « Japan minister quits over scandal », BBC News, 07/05/2004. Il est toutefois le secrétaire général du cabinet à être resté le plus longtemps en charge jusqu'à ce que ce record soit battu en par Yoshihide Suga.
La conquête lente et tardive du PLD thumb|left|Yasuo Fukuda à un meeting de récolte de fonds de soutien en 2004
À la fin du mandat de Koizumi, il fait partie des favoris pour lui succéder à la tête du PLD et du gouvernement. Mais il ne se présente pas face au futur Premier ministre Shinzō Abe – soutenu, il est vrai, par Koizumi lui-même. Il prend toutefois régulièrement la parole par la suite pour marquer son désaccord vis-à-vis des visites controversées du Premier ministre au sanctuaire Yasukuni H. Masaki, « A two-horse race to succeed Koizumi », Asia Times, 09/06/2006, alors que celles-ci ont été nombreuses et régulières sous Jun'ichirō Koizumi.
Après la démission de Shinzō Abe, en raison de scandales politiques à répétition, le , Fukuda déclare finalement sa candidature à l'élection du chef du Parti libéral-démocrate« Japon: le conservateur modéré Yasuo Fukuda devient Premier ministre », AFP, .. Le PLD étant majoritaire à la chambre basse, le nouveau président du parti est alors assuré de devenir Premier ministre du Japon« Fukuda prend les rênes du Japon », Le Figaro, ..
Il est soutenu par les ministres des Finances et des Affaires étrangères sortants, respectivement Fukushiro Nukaga et Nobutaka Machimura, deux figures importantes dans le jeu des factions internes au parti, mais surtout par Jun'ichirō Koizumi qui reste encore très populaire et garde une grande influence sur les adhérents directs. Il bat donc sans véritable mal le nationaliste et populiste Tarō Asō (qui est minoritaire dans son propre camp) et devient le président du PLD, par 330 voix contre 197 N. Martig, « Japan's Ruling Party Chooses New Leader », voanews.com, 23/09/2007x. Son élection est vue comme le retour à une façon plus traditionnelle de faire de la politique au Japon, à savoir une gestion consensuelle et modérée entre les différentes factions, par opposition aux chefs charismatiques et populistes qui avaient réussi à s'en affranchir, à l'instar de Jun'ichirō Koizumi puis Shinzō Abe N. Onishi, « Yasuo Fukuda, a moderate, is chosen to lead Japan », International Herald Tribune, 23/09/2007.
Premier ministre du Japon (2007-2008) Le , Fukuda est élu par 338 voix contre 117 par la chambre basse, où son parti a à lui seul la majorité absolue depuis les élections législatives de 2005, au poste de Premier ministre alors que dans le même temps le chef du Parti démocrate du Japon (opposition de centre-gauche) Ichirō Ozawa est élu à la chambre haute par 133 voix contre 106« Japon: les députés approuvent Yasuo Fukuda comme Premier ministre », Dépêche AFP, 24/09/2007 .
Cependant, selon la Constitution du Japon, la Chambre des représentants a alors la priorité sur celle des Conseillers, et Yasuo Fukuda devient le Premier ministre du Japon (il s'agit du de Premier ministre) et présente son gouvernement le même jour. Toutefois, le mandat de Yasuo Fukuda et de son administration ne commence officiellement que le lendemain, date de sa nomination par l'empereur.
Le , il annonce sa démission quelques jours après celle de son gouvernement le , à quelques heures de l'annonce d'un remaniement. En effet, depuis quelques mois sa popularité était en perte de vitesse.
Politique étrangère thumb|Yasuo Fukuda et le président américain George W. Bush à Washington le Yasuo Fukuda s'est fait élire sur un programme de réchauffement des relations diplomatiques avec la Chine populaire et la Corée du Sud afin de défendre la place du Japon dans la région Asie-Pacifique. Pour beaucoup, sa politique étrangère consiste en un retour en force de la doctrine Fukuda énoncée en 1977 par son père Takeo Fukuda, alors Premier ministre, à Manille, et qui est restée l'un des piliers de la diplomatie japonaise tout en étant quelque peu laissée de côté depuis le début des années 2000. Il s'agit de favoriser la paix et une « confiance mutuelle » entre les différents pays asiatiques. Yasuo Fukuda a particulièrement développé sa vision de la coopération dans la zone Asie-Pacifique lors d'un discours devant la internationale sur l'avenir de l'Asie le à Tokyo, dans lequel il va plus loin que son père puisqu'il dit souhaiter une Asie « formant un réseau de pays dont l’océan Pacifique est la "mer intérieure" », comparant ainsi le Pacifique à la mer Méditerranée telle que décrite par Fernand BraudelDiscours de la internationale sur l'avenir de l'Asie de Yasuo Fukuda, le 22 mai 2008, sur le site de l'ambassade du Japon en France.
Dans cette optique d'apaisement des relations avec les voisins du Japon, il annonce ainsi dès le départ qu'il ne se rendra pas au sanctuaire de Yasukuni et, le , jour de la commémoration de la capitulation japonaise, il exprime publiquement des remords pour les souffrances causées par l'armée impériale aux pays asiatiques qu'elle a occupés durant la Seconde Guerre mondialeAFP, « Fukuda exprime ses remords pour la Seconde Guerre mondiale », Aujourd'hui le Japon, 15/08/2008. Pour ce qui est de la république populaire de Chine, le pays de la région avec lequel la politique de Koizumi puis d'Abe avait causé le plus de problèmes, il reçoit, pour la seconde fois depuis 1949 et la première fois depuis 1998, le président chinois, Hu Jintao, en visite officielle au Japon« Pékin et Tokyo enfin amis? », 20minutes.fr, 07/05/2008. De plus, s'il a admis que la question tibétaine était un « problème international »« Le Tibet est un "problème international" », Sport.fr, 18/04/2008 et que la Chine en était « la principale responsable »« La Chine rejette les conseils du Japon sur le Tibet, "une affaire interne" », dépêche AFP, Romandie, 17/04/2008, il s'est toujours refusé à parler de boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à laquelle il a finalement assisté« JO: Le PM japonais à la cérémonie? », lejdd.fr, 02/05/2008.