thumb|Culture intensive de pommes de terre en plein champ, Maine (États-Unis), 2002.|alt= vignette|Production de blé à Oman.

L’agriculture (du latin agricultura, composé à partir de ager, « champ », et de cultura, « culture »D.Soltner: Les bases de la production végétale.) est un processus par lequel les êtres humains aménagent leurs écosystèmes et contrôlent le cycle biologique d'espèces domestiquées, dans le but de produire des aliments et d'autres ressources utiles à leurs sociétésMarc Dufumier, ingénieur agronome, Institut national agronomique Paris-Grignon .. Elle désigne l’ensemble des savoir-faire et activités ayant pour objet la culture des sols, et, plus généralement, l’ensemble des travaux sur le milieu naturel (pas seulement terrestre) permettant de cultiver et prélever des êtres vivants (végétaux, animaux, champignons, micro-organismes) utiles à l’être humain.

La délimitation précise de ce qui entre ou non dans le champ de l’agriculture conduit à de nombreuses conventions qui ne font pas toutes l’objet d'un consensus. Certaines productions peuvent être considérées comme ne faisant pas partie de l'agriculture : la mise en valeur de la forêt (sylviculture), l’élevage d’animal aquatique (aquaculture), l’élevage hors-sol de certains animaux (volaille et porc principalement), la culture sur substrat artificiel (cultures hydroponiques)… Mis à part ces cas particuliers, on distingue principalement la culture pour l'activité concernant le végétal, et l'élevage pour l'activité concernant l'animal en général.

L'agronomie regroupe, depuis le , l’ensemble de la connaissance biologique, technique, culturelle, économique et sociale relative à l'agriculture.

L'économie agricole est définie comme le secteur d'activité dont la fonction est de produire un revenu financier à partir de l’exploitation de la terre (culture), de la forêt (sylviculture), de la mer, des lacs et des rivières (aquaculture, pêche), de l'animal de ferme (élevage) et de l'animal sauvage (chasse). Dans la pratique, cet exercice est conditionné par la disponibilité des ressources et les composantes de l'environnement biophysique et humain. La production et la distribution dans ce domaine sont intimement liées à l'économie politique, dans le cadre d'un environnement global. L'agriculture urbaine, qui inclut la culture de fruits, de légumes et herbes dans des environnements urbains, est une pratique de plus en plus adoptée dans les villes du monde entier. Elle répond à plusieurs défis contemporains, notamment l'insécurité alimentaire, la pollution et le besoin de reconnecter les citadins avec la nature. Selon une étude menée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), environ 15 % de la nourriture mondiale est produite dans des zones urbaines..

L'agriculture urbaine contribue à la durabilité des villes en augmentant la résilience alimentaire, en réduisant les distances de transport, et donc les émissions de dioxyde de carbone, et en transformant les espaces urbains inutilisés en zones vertes. Les potagers communautaires, les toits verts et les fermes verticales en intérieur sont quelques exemples d'initiatives courantes dans les zones urbaines. En plus d'améliorer l'esthétique des villes, ces installations offrent des bienfaits psychologiques aux résidents, favorisant ainsi la santé mentale et physique.

En ce sens, l'agriculture urbaine participe à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU, notamment l'ODD 11 visant à rendre les villes plus inclusives, sûres, résilientes et durables. Bien que cette pratique présente de nombreux avantages, elle pose aussi des défis, comme le coût élevé de l'installation et le besoin d’une gestion adéquate des ressources.

Histoire thumb|Scènes agricoles provenant du tombeau de Nakht, Cheikh Abd el-Gournah (Égypte), dix-huitième dynastie.|alt=

thumb|250px|Les premiers foyers de l'agriculture dans le monde et leur expansion.

Les premiers « agriculteurs » sont des termites, qui cultivaient déjà des champignons il y a d'années. L’agriculture humaine est apparue vers , indépendamment dans plusieurs foyers d'origine au Moyen-Orient, en Chine, en Mésoamérique ainsi qu'en Nouvelle-Guinée ; c'est ce qu'on appelle la révolution néolithique. À partir de ces foyers, l'agriculture s'est diffusée en moins de sur la plus grande partie de la TerreMarcel Mazoyer et Laurence Roudart, Histoire des agricultures du monde. Du Néolithique à la crise contemporaine, Points histoire, 2002, .. Néanmoins, au , 20 % de l'humanité avait encore un mode de vie de chasseur-cueilleur Robert Bettinger, Peter Richerson et Robert Boyd, « Constraints on the Development of Agriculture », Current Anthropology, vol. 50, no 5, , , ..

L'apparition de l'agriculture a probablement entraîné de nombreuses modifications sociales : apparition de sociétés de classe, aggravation des inégalités hommes-femmes, augmentation importante de la population mondiale mais dégradation de l'état sanitaire général des populations, entraînant le passage à un nouveau régime démographique caractérisé par une forte mortalité et une forte natalité Jared Diamond, "The Worst Mistake In The History Of The Human Race", Discover-May 1987, J P Bocquet-Appel, « When the World’s Population Took Off: The Springboard of the Neolithic Demographic Transition », Science, vol. 333, 2011.

En se répandant dans les zones précédemment couvertes de forêts, elle a donné naissance à des systèmes de culture sur abatis-brûlis, tandis que dans les écosystèmes de prairie et de steppe, elle a donné naissance au pastoralisme. À la suite de la progressive augmentation de la population, les forêts ont régressé et les systèmes de culture sur abatis-brûlis ont laissé la place à une série diversifiée de systèmes agraires : systèmes basés sur la maîtrise complexe de l'irrigation (Mésopotamie, Égypte antique, Chine, Pays andins), systèmes de culture du riz, systèmes de savane, systèmes de culture attelée légère (dans la Rome antique). À la suite de la révolution agricole du Moyen Âge, les systèmes d'agriculture attelée légère européens (caractérisés par l'usage de l'araire) donnent naissance aux systèmes de culture attelée lourde (caractérisés par l'usage de la charrue).

À la suite de l'échange colombien, à partir de 1492, l'intensification du commerce maritime mondial et la mise en contact de l'Ancien et du Nouveau Monde modifient fortement les systèmes agraires, en permettant aux plantes cultivées américaines (maïs, pomme de terre, tomate, piment, haricot…) de se diffuser en Europe, Afrique et Asie. De même, les plantes et animaux domestiques de l'ancien monde pénètrent en Amérique. Cet échange contribuera à la mise en place du système des plantations et à la colonisation de l'Amérique. Cet échange d'espèce concerne aussi les bioagresseurs, qui sont introduits dans de nouveaux territoiresNathan Nunn & Nancy Qian, « The Columbian Exchange : A History of Disease, Food, and Ideas », Journal of Economic Perspectives, Spring, 24, , 2010, 163-188 (lire en ligne )..

La révolution agricole du (parfois appelée première révolution agricole), née en Angleterre et aux Pays-Bas, basée sur la suppression de la jachère et une meilleure complémentarité entre élevage et cultures, augmente la productivité agricole de l'Europe (sans toutefois atteindre celle des systèmes rizicoles d'Asie du Sud-Est).

Au , la révolution industrielle conduit à une première phase de mécanisation de l'agriculture. Le développement de l'agronomie pendant ce siècle conduit aux premières pratiques modernes de chaulage et de fertilisation. Le est également caractérisé par la colonisation européenne de nouvelles terres agricoles (en Amérique du Nord, en Argentine, en Russie, en Australie et en Nouvelle-Zélande) et par l'expansion du système des plantations. Les premiers engrais azotés sont produits industriellement dans les années 1910 (par le procédé Haber-Bosch, principalement). Mais ce n'est qu'à partir de 1945 que l'agriculture d'Europe et d'Amérique du Nord voit une intensification massive de sa production par le recours simultané à la motorisation (tracteur agricole, moissonneuse-batteuse, récolteuse automotrice…), à la mécanisation, aux engrais chimiques, aux pesticides et à de nouvelles variétés végétales adaptées à ces conditions (céréales à paille courte, par exemple). Se développe en parallèle l'élevage hors-sol. Le développement de la recherche et du conseil agronomique est également un élément clé de ce processus (en France, par exemple par la création de l'INRA et des instituts techniques agricoles, développement de l'enseignement agricole). Cette intensification accélère fortement le phénomène d'exode rural, qui avait commencé en Europe vers 1870, ainsi que la spécialisation des régions et des exploitations agricoles dans quelques productions. En France, la Bretagne se spécialise dans l'élevage intensif, l'Île-de-France dans les grandes cultures (céréales, betteraves…), le pourtour méditerranéen dans la vigne et les fruits et légumes.

Dans les pays en développement, un processus de modernisation analogue se produit, la révolution verte, basée sur de nouvelles variétés de plantes, des intrants et la maîtrise de l'irrigation. Néanmoins, au début du , la majorité de la paysannerie des pays du Sud n'a pas accès aux techniques de la révolution verte.

Dans la dernière moitié du , la déprise agricole, diverses crises économiques de l'agriculture intensive, plusieurs crises environnementales et sanitaires, ainsi que le développement de la prise de conscience environnementale, conduisent à une critique des conséquences sociales et environnementales de l'intensification agricole. Elles conduisent à la création et à la diffusion de modèles agricoles alternatifs (agriculture biologique, agriculture durable, agriculture paysanne, agroécologie…) plus respectueux de l’environnement.

Au début du , l’agriculture mondiale est ..

Malgré l'exode rural massif contemporain, la population agricole active serait d'environ 1,34 milliard de personnes soit près de 43 % de la population active mondiale.

L'agriculture recouvrait 37,7 % des terres émergées en 2013..

Production agricole

vignette|redresse=1.7|Évolution mondiale des rendements des principales cultures. On observe une stagnation des rendements depuis la fin du . Alors que la population mondiale a doublé depuis 1960, la production agricole mondiale a été multipliée par quatre durant la même périodeL'agriculture mondiale . cf ., et la quantité de nourriture disponible par personne a progressé de 56 % mais il existe de grandes disparités entre des pays de niveaux de revenus différents.. Près d'un tiers de la population mondiale reste confrontée à une précarité alimentaire en 2021..

vignette|Bottelage de la paille après la moisson à Pregny-Chambésy, en Suisse, 2016.|alt=

L'agriculture assure principalement l'alimentation humaine. Elle produit également l'alimentation animale (cultures fourragères, prairies). En outre, l’agriculture produit un nombre important de produits tels que des peaux d’animaux (cuir, fourrure), de la laine, des engrais (fumier, lisier, farines animales, engrais verts), des produits destinés à l’industrie (éthanol, biodiesel, fécule, caoutchouc, fibres textiles d'origine végétale), des plantes vertes et fleurs, du bois et des matériaux de construction (paille, isolants d'origine végétale). Elle représente un maillon indispensable dans la chaîne du secteur agroalimentaire, en lui assurant l’approvisionnement en matières premières (fécule, oignon, céréale, fruit, etc.).

La culture, ou production végétale, est divisée en grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux et quelques légumes), arboriculture fruitière, viticulture (production du raisin), sylviculture et horticulture.