La Compagnie des mines d'Azincourt est compagnie minière qui a exploité la houille à l'aide de plusieurs fosses établies à partir de 1840 sur les territoires d'Aniche et d'Abscon, puis à Monchecourt et Erchin, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.
Elle est née de la fusion de quatre sociétés de recherches qui ont effectué des sondages et des fosses au sud de la concession de la Compagnie des mines d'Aniche pendant la fièvre des recherches de charbon. En 1858, le puits Saint Roch est creusé dans la partie ouest du gisement à Monchecourt, dans une partie alors inexplorée de la concession. Le , la concession d'Azincourt, dont la superficie était depuis le de , est étendue à . En 1888, à Erchin débute le fonçage du puits 2. La Compagnie des Hauts Fourneaux, Forges et Acieries de Denain-Anzin rachète la Compagnie le . En 1908 débute le fonçage du puits 3, il assure l'extraction à partir de 1911.
Les installations, détruites pendant la Première Guerre mondiale, sont reconstruites et opérationnelles en 1920. L'extraction cesse en 1936, et les puits sont remblayés à la fin de l'année. Le gisement est de nouveau exploité par le Groupe de Douai après la Nationalisation.
Historique
Les années 1830 - 1840 se caractérisent par un grand élan pour les entreprises industrielles de toute nature, particulièrement pour les mines de houille. Dans le Nord, cet engouement fait suite à la découverte par la toute récente compagnie des mines de Douchy d'un riche gisement de charbon gras. Le sol, ou un vingt-sixième de cette compagnie, qui se vendait à peine en , atteint en le prix exorbitant de . Les demandes de concessions se multiplient dans la région (il y en aura jusqu'à 70 en 1837). Cette fièvre des recherches de charbon a pour conséquence la création d'un grand nombre de compagnies ou de sociétés, dont peu finalement sont parvenues à durer. thumb|upright=1.5|La concession d'Azincourt parmi celles du bassin minier hors Boulonnais.
Quatre sociétés, Azincourt, Carette et Minguet, d'Étrœungt, et d'Hordain-sur-l'Escaut, effectuent des sondages au sud de la concession de la Compagnie des mines d'Aniche, dans un périmètre assez restreint. La Société d'Hordain-sur-l'Escaut ouvre sur le territoire d'Abscon, près des limites avec Aniche, l'avaleresse des Lillois. Le puits est abandonné à la profondeur de . La Compagnie d'Azincourt ouvre à Aniche le puits Saint Édouard, et, toujours dans la même commune, la Compagnie d'Étrœungt ouvre le puits d'Étrœungt, qui, avec un diamètre de , est l'un des plus étroits du bassin minier. Le gouvernement est très embarrassé pour attribuer des droits de propriété. Il agit comme pour la Compagnie de Vicoigne et demande aux quatre sociétés de se réunir en une seule compagnie, et attribue à la nouvelle société formée une concession de le .
Pendant que ces diverses sociétés effectuaient leurs recherches, d'autres sociétés effectuaient des travaux aux alentours. En 1835, la Compagnie des mines d'Aniche effectue jusque 1838 une fosse à Mastaing, hors concession, sans succès. En 1836, elle commence les travaux de la fosse d'Aoust, à Aniche, dont l'exploitation ne pourra débuter que neuf ans plus tard. Enfin, elle ouvre à Somain la fosse La Renaissance en 1839, productive deux ans plus tard, qui permet d'exploiter un riche gisement, si bien que les années suivantes verront quelques centaines de mètres au sud l'ouverture des fosses Saint Louis et Fénelon. Un peu plus au Nord, la Compagnie des Canonniers de Lille ouvre en 1838 une fosse à Marchiennes. À l'ouest des travaux d'Aniche, la Société d'Erchin tente sans succès d'ouvrir un puits à Erchin, l'avaleresse d'Erchin, abandonnée l'année suivante en 1839. La Société du Nord et de l'Aisne ouvre sans succès de 1839 à 1840 une fosse à Cantin. À l'est, la Compagnie des mines d'Anzin ouvre de nombreuses fosses à Denain et Escaudain, après y avoir découvert des gisements.
La Compagnie des mines d'Azincourt formée, elle ouvre en 1841 la puits d'aérage Sainte Marie, et en 1846, la fosse Saint Auguste. La production est limitée entre et de houille par an car les trois fosses, Saint Édouard, Sainte Marie et Saint Auguste sont toutes situées dans la partie est du gisement d'Azincourt. Ce dernier est séparé de la partie ouest par un massif calcaire qui forme une sorte de promontoire, dont le sommet est situé au niveau de la fosse d'Étrœungt. La fosse Saint Roch est alors ouverte en 1858 à Monchecourt, dans la partie ouest de ce gisement plus riche. La superficie de la concession est portée à par le décret du . La fosse Saint Auguste est abandonnée en 1876, les fosses Saint Édouard et Sainte Marie en 1882. La Compagnie n'exploite alors plus qu'un seul puits, jusqu'en 1888, date à laquelle est ajouté à Erchin la fosse 2. Elle assure l'aérage et la remonte des terres pour la fosse Saint Roch. En 1901, de charbon sont produites, le sont en 1905. La Compagnie emploie dont 507 au fond et 144 au jour. Elle possède deux puits, un lavoir, et à coke.
Le , la Compagnie des Hauts Fourneaux, Forges et Acieries de Denain-Anzin rachète la Compagnie. Une voie ferrée relie les puits de la Compagnie à Usinor-Denain. La fosse 3 est ajouté en 1908 au sud du carreau de la fosse Saint Roch, et assure dès sa mise en activité en 1911 l'extraction, les deux autres puits assurent alors l'aérage. La première Guerre mondiale entraîne la destruction des équipements de la Compagnie. L'extraction ne reprend qu'en 1920 avec . En 1924, sont produites.
En 1925, sont embauchés par la Compagnie, dont 561 au fond, et 261 au jour. Elle possède alors , une école, une garderie d'enfants, une pharmacie, et une gare. M. Catrice est le directeur de la Compagnie, il est aidé des ingénieurs Picot et Martin.
La Compagnie atteint son pic de production en 1934, avec . La fermeture intervient en 1936, la production est alors de . Les puits Saint Roch, 2 et 3 sont remblayés à la fin de l'année 1936. Depuis sa création en 1840, la Compagnie a produit de charbon gras.
Catastrophe
Le journal Le Courrier Douaisien du écrit: Douai le , un coup de grisou à la fosse d'Azincourt a fait 11 morts. Au moment de l'explosion, 11 ouvriers étaient présents, ils ont été ensevelis. 5 sont morts instantanément: Augustin LEGLISE, 28 ans, père de 2 enfants, Louis MALAPEL, père de deux enfants, Amand LANCEL, 20 ans, Armand DUVAL, 11 ans, Honoré DUVAL, 13 ans. Les autres ont succombé des suites de leurs blessures : Charles BATAILLEUR, marié et père de deux enfants, Charles DEFLENCHEL, marié et père d'un enfant, Pierre Joseph LUCAS, 15 ans, Jean Baptiste BULTET, 16 ans, Célestin AUBIGNY, 18 ans et Charles Louis LEBON, 15 ans.
Les fosses
La Société d'Hordain-sur-l'Escaut creuse un puits resté à l'état d'avaleresse à Abscon, la Compagnie d'Étrœungt un puits de reconnaissance du même nom à Aniche. La Compagnie des mines d'Azincourt, créée après l'abandon de ces premiers puits, en a creusés six sur le territoire de la concession. Ces deux groupes de trois puits ont exploité deux parties différentes du gisement à différentes époques. Un autre puits, l'avaleresse d'Erchin, a été creusé en 1839 et abandonné en 1839 par la Société d'Erchin. Il est lui aussi situé sur la concession, mais a été effectué avant son institution et son extension.
Avaleresse des Lillois
. 1838 - 1838.
En 1838, la Société d'Hordain-sur-l'Escaut creuse le long de la route ralliant Somain à Bouchain la fosse des Lillois, sur le territoire d'Abscon, près des limites avec Aniche. L'endroit n'a pas été choisi au hasard. Deux sondages ont été effectués à proximité de la fosse en 1837 et 1838, le premier et le second sondage sur Abscon. Le diamètre du puits est de , sa profondeur de environ. La composition du cuvelage est inconnue. Le terrain houiller n'a pas été atteint. Il n'y a aucun étage de recette.
La fosse d'Hordain ou des Lillois n'a jamais passé le niveau. Son matériel a servi à creuser la fosse Sainte Marie, après la fusion des quatre société rivales qui ont obtenu collectivement la concession d'Azincourt.
Fosse Étrœungt
. 1838 - 1840
Avant la fusion des quatre sociétés, la Compagnie d'Étrœungt creuse le puits d'Étrœungt sur les hauteurs d'Aniche. Le diamètre du puits est de , le plus étroits du bassin minier. Le cuvelage est en briques. La limite méridionale du bassin houiller y a été atteinte. Son emplacement se trouve à à l'ouest de la fosse Sainte Marie, et à de la limite nord de la concession. Elle a été creusée à au sud d'un sondage entrepris par la même société, et qui a atteint le terrain houiller à , et deux veinules de charbon à 123 et . Elle a rencontré le calcaire carbonifère immédiatement sous le tourtia, à la profondeur de , et n'a pénétré dans le terrain houiller qu'à celle de . Le calcaire présente une inclinaison de 60° au sud.
Une bowette poussée vers le nord, au niveau de a bien vite atteint le terrain houiller, puis a recoupé plusieurs veines failleuses, que l'on a explorées sans résultat, sur une assez grande étendue, au levant et au couchant. Un recoupage, entrepris du côté du levant, au sud de la veine la plus méridionale, a également atteint le calcaire, au sud-est du puits. Cela indique que la limite des deux terrains s'infléchit vers le sud, du côté de l'est, de manière à venir passer à une assez grande distance au midi de la fosse Sainte Marie. Les matériaux extraits de la fosse d'Étrœungt ont servi à remblayer le chemin qui y aboutit. Le seul étage de recette est à la profondeur de . Le puits de reconnaissance, profond de , est abandonné en 1840.
Fosse Saint Édouard thumb|Puits Saint Édouard, 1838 - 1882. thumb|La tête de puits matérialisée. thumb|La maison derrière laquelle se trouve le puits.
. 1838 - 1882
La fosse Saint Édouard, aussi nommée fosse d'Azincourt, est foncée à partir de 1838 sur le territoire d'Aniche. Le diamètre du puits est de , le cuvelage est en briques.
C'est la plus ancienne fosse de la concession. elle date de 1839, date à laquelle elle a commencé à produire, et n'est située qu'à de la limite nord, commune avec la concession d'Aniche. Ses travaux ont commencé en 1838. Elle a été ouverte à au sud-est d'un sondage exécuté en 1838, et qui avait trouvé le terrain houiller à la profondeur de . Elle a rencontré ce terrain houiller à la profondeur de . Ses premiers niveaux d'exploitation, jusqu'à la profondeur de , ont donné des résultats assez satisfaisants.