Guerquesalles est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie. .

Géographie Localisation Guerquesalles est un village rural du Pays d'Auge dans l'Orne, traversé par la Vie, et limitrophe de Vimoutiers ainsi que du célèbre village de Camembert.

La commune se trouve dans la zone d'emploi de Lisieux et dans le bassin de vie de Vimoutiers .

Communes limitrophes

Géologie et relief

La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Hydrographie vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GuerquesallesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie.

Elle est drainée par la Vie, la Viette, le cours d'eau 01 de la Mousselière., le fossé 01 de la Bucaille., le fossé 01 des Iles., le fossé 01 des Prés Saint-Denis., le ruisseau de la Fontaine de la Motte., le ruisseau de la Fontaine de la Roche. et le ruisseau du Valame..

La Vie, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ménil-Hubert-en-Exmes et se jette dans la Dives à Méry-Bissières-en-Auge, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de la Vie sont données par la station hydrologique située sur la commune de Ginai. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:06 TU à partir des 311 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/05/1998 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

La Viette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune d'Écorches et se jette dans la Vie en limite de Vimoutiers et de Guerquesalles, après avoir traversé ..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ticheville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Guerquesalles est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (79,2 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (68,1 %), forêts (20,8 %), terres arables (10,1 %), zones agricoles hétérogènes (1 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 85, alors qu'il était de 87 en 2016 et de 84 en 2011..

Parmi ces logements, 66,9 % étaient des résidences principales, 26 % des résidences secondaires et 7,1 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 98,8 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 1,2 % des appartements.

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Guerquesalles en 2022 en comparaison avec celle de l'Orne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (26 %) supérieure à celle du département (10,6 %) et à celle de la France entière (9,7 %).

+ Le logement à Guerquesalles en 2022. Typologie Guerquesalles. Orne. France entière. Résidences principales (en %)66,978,882,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)2610,69,7 Logements vacants (en %)7,110,68

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Gargasala (sans date)..

Homonymie avec une ferme et fief à Amécourt et moulin sur l’Epte dans l'Eure, Guerquesalle (sans -s final), attesté sous les formes Gargasala (sans date), Guersalle (prononciation locale) et Garnesale en 1538Ernest Poret de Blosseville, Dictionnaire topographique du département de l’Eure, Paris, 1877, p. 105 .

Il s'agit d'un type toponymique en -salle(s) issu du germanique continentalRené Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 , p. 141a. ou du vieux norrois. L'appellatif toponymique salle(s) procède du vieux bas francique *sal- de sens assez vague d'« habitation, maison, hall d'entrée d'une habitation » ou de l'ancien scandinave salr « pièce (d'une habitation), hall ». Tous deux remontent au germanique commun *salą de sens proche. Les deux Guerquesalle(s) se situant en dehors de l'aire de diffusion de la toponymie scandinave, l'hypothèse norroise a été exclue par la plupart des toponymistes, en outre ce type de composé correspond à un modèle rencontré dans les Flandres, à savoir les noms -zeele (francisé en -selle[s]) comme Herzeele (Pas-de-Calais, Hersele en 1195) ou Lederzeele (Nord, Lidersele en 1139) ou encore Audresselles (Nord, Odersele en 1150) tous formés selon Albert Dauzat et Ernest Nègre à partir d'un anthroponyme.

Albert Dauzat et René Lepelley proposent d'interpréter, à la suite d'Ernst Gamillscheg, le premier élément par un nom de personne germanique comme Warg, anthroponyme reposant sur le nom des loups dans la mythologie germanique mais aussi du criminel et du félon (latin médiéval wargus, vieux haut allemand warg, vieux norrois vargr). Le passage du groupe War- à Gar- ne pose pas de problème, la localité se trouvant à la limite de la mutation phonétique [w] > [g], ainsi Guernanville à une cinquantaine de km à l'est est attestée sous les formes Garleinvilla en 1081 et Warlenvilla vers 1130. Il s'agit dans ce cas du nom de personne germanique Warlein.

Remarque : Albert Dauzat cite en réalité Warg-, avec un tiret montrant par là une incertitude sur l'élément suivant le [g], alors que René Lepelley reprend témérairement Warg sans tenir compte du fait que Warg + sal(a) aurait abouti à quelque chose comme *Gargsala > *Guercsalle > *Guersalle.

Histoire

Guerquesalles, plein fief de Haubert au , relevait sous Exmes du duc de Normandie et du Roi de France, le possesseur de ce fief au figurait déjà dans l'échiquier de Normandie, il s'appelait Guillaume de Guerquesalles, dont le fils, Hugues de Guerquesalles devait épouser la fille unique de Richard de Vimoutiers, fils de Droulin, premier seigneur de Vimoutiers, vassal des moines de Jumièges.

Cette fille devait amener en dot tous les biens que les Droulin possédaient à Vimoutiers. Elle mourut en 1218, époque à laquelle Hugues de Guerquesalles déclare dans une charte revêtue de son sceau et de celui de son fils Geoffroi de Guerquesalles qu'il se fait vassal de la Vierge Marie et de l’église de Guerquesalles. Par cette même charte dressée en présence de Nicolas et Robert de Malvoue, père et fils, et de Robert, abbé de Saint-Martin en Gouffern qui fait aussi hommage aux églises du Pont de Vie, de Maupertuis et de Notre-Dame de Vimoutiers et termine en donnant une partie de ses biens à ces églises ainsi qu'aux pauvres infirmes de l'hospice Saint-Thomas d'Argentan,

Trois ans après, Hugues de Guerquesalles se qualifiant de gendre de Richard de Vimoutiers dans une nouvelle charte revêtue des signatures de Guillaume de Malvoue et de Gilles d'Estrancourt qu'il fait don aux pauvres de la maison de Dieu de Lisieux d'une rente de 4 deniers (7,74 euros) que Béatrice La fine de la paroisse de Vimoutiers lui doit a cause d'une île à Vimoutiers appelée : l'île de la Blanche chemise. Dans le même temps, Hugues de Guerquesalles dispense les religieux de Saint-André de Gouffern des droits qu'ils percevaient lors de la foire du Pont de Vie et leur abandonne sa vigne qui s'étendait de Guerquesalles à la terre de Geslin le Forestier, l'un des témoins est Nicolas de Malvoue son fils Geoffroi s'y signale aussi par des générosités envers Saint André de Gouffern. À partir du on perd la trace de cette famille.

Après la disparition de la famille d'Hugues de Geoffroi de Guerquesalles, le fief revint vers le à Guillaume de Trousseauville, père de 10 enfants. On suppose que ce Guillaume de Trousseauville était le même que celui qui le était capitaine d'Argentan et avait tenu pendant huit jours contre les Anglais obligé de leur rendre Argentan. Il se retira avec 500 personnes qui quittèrent la zone anglaise pour se retirer à l'intérieur dans les terres non occupées par les Anglais. On suppose qu'à ce moment, il vint dans le fief de Guerquesalles. En 1447, au registre de comptabilité de la Vicomté d'Exmes, le fief de Guerquesalles est confisqué et mis en vente, mais le fief ne trouvant pas d'acquéreur, il est maintenu pour Guillaume de Trousseauville, on ne sait à quelle date ils quittèrent Guerquesalles mais au plusieurs membres de cette famille étaient établis dans le Perche.

En 1567-1570, le seigneur et patron du fief de Guerquesalles est Floridas de Beaulieu, d'une famille rouennaise qui s'illustra dans la marine marchande, son fils Jacques de Beaulieu épouse en 1606 Anne de Sabrevoie, fille de Jean Richebourg, leur fils Jean épouse en 1629 Marguerite du Bosc, dame d'honneur de la reine et fille de Léonor du Bosc, seigneur de Radepont. Jean prendra le titre de baron du Bec Thomas, seigneur de Richebourg du pont de Vie et de Guerquesalles. Le troisième de leurs fils Michel de Beaulieu 1636-1711 seigneur du Bec Thomas, hérite de Guerquesalles ou il habitat dans le manoir qu'il fit construire. Jean de Beaulieu frère de Michel reçu Guerquesalles et en 1697 nomma curé à la paroisse et un chapelain à la chapelle Saint-Marc, La situation financière de la famille Beaulieu est devenue difficile et, vers 1700, elle vend ses terres et c'est un neveu de Marguerite du Bosc qui en 1717 achète Guerquesalles,