La mise en relief est une notion linguistique inventée par Harald Weinrich. Ce terme est inspiré de la plus commune mise en relief en rhétorique, utilisée lorsque le locuteur veut insister sur ce qu'il dit.
En linguistique, le terme est assez différent. Pour Harald Weinrich, il y a mise en relief quand il y a alternance de deux temps tels que le passé simple et l'imparfait. L'imparfait sert à la description du second plan, du décor en quelque sorte, tandis que le passé simple est privilégié pour les actions de premier plan.
L'auteur prend beaucoup d'exemples dans la littérature. Il distingue ainsi deux plans dans ce passage du Lit 29 de Guy de Maupassant. Tout d'abord, l'arrière plan introductif :
puis le premier plan aux contours nets :
Le lecteur croit alors que l'action principale est engagée : le capitaine Épivent va séduire une jeune femme de Rouen. C'est une fausse piste, comme le montre la mise en relief suivante, où le passage à l'imparfait renvoie l'action principale à l'arrière-plan :
L'action qu'on croyait importante est ainsi reléguée au second plan (parodie de rencontre amoureuse). Le lecteur sait dès lors que la suite de l'œuvre sera moins conventionnelle que ce que lui laissait supposer l'introduction de cette nouvelle, introduction en effet très classique du point de vue de la mise en relief (le passage au passé simple est une marque très habituelle de l' élément perturbateur dans le schéma quinaire de Paul Larivaille). Notes
Articles connexes Présentatif Emphase (linguistique)
Catégorie:Grammaire textuelle