Le Stade de Reims est un club de football français, fondé le à Reims, dans le département de la Marne.
Né de la réunion de plusieurs clubs, au premier rang desquels la Société sportive du parc Pommery, le Stade de Reims emménage en 1934 dans le nouveau stade vélodrome municipal, futur stade Auguste-Delaune. Champion de France amateur en 1935, le club opte pour le professionnalisme et intègre la deuxième division du championnat de France. En 1938, la fusion avec le Sporting club rémois, le grand rival local au maillot rouge et blanc, donne un nouvel élan à l'ensemble, qui est promu en première division à la sortie de la guerre.
Dans les années 1950, le Stade de Reims s'impose comme le principal club français, amassant en quelques années un palmarès prestigieux. Porté par des personnalités emblématiques (l'entraîneur Albert Batteux, le président Henri Germain, le meneur de jeu Raymond Kopa et Just Fontaine), il remporte à six reprises le championnat de France et deux fois la coupe de France entre 1949 et 1962. Représentants français à la première édition de la Coupe des clubs champions européens en 1956, les coéquipiers du capitaine Robert Jonquet s'inclinent de justesse en finale face au Real Madrid. L’histoire se répète trois ans plus tard, face au même adversaire.
Le licenciement de Batteux en 1963 coïncide avec le recul sportif du club, relégué en deuxième division en 1964 et 1967. De retour dans l'élite dans les années 1970, le club rémois ne parvient pas à retrouver l'éclat du passé, malgré les exploits de l'Argentin Carlos Bianchi. Sauvé de justesse de la faillite en 1978, relégué l'année suivante, il devient un pensionnaire régulier de la D2 jusqu'à sa liquidation judiciaire en 1991.
Le Stade de Reims repart en Division d'honneur du Nord-Est, du football français, d'où il lui faudra dix saisons pour remonter en Ligue 2, où il se stabilise. En 2012, le Stade de Reims fait finalement son retour dans l'élite, 33 ans après sa dernière saison au plus haut niveau national.
Le club est présidé par Jean-Pierre Caillot depuis 2004 et est entrainé depuis par Nicolas Usaï.
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Histoire
Les premiers pas de la Société sportive du Parc Pommery (1910-1931) thumb|left|Publicité de la maison Pommery & Greno en 1923.|alt=Réclame publicitaire.
Le est officiellement créée la « Société Sportive du Parc Pommery » (SSPP), club sportif de la maison de Champagne Pommery & Greno. Ses membres pratiquent le football, mais aussi la marche, la gymnastique, le rugby, l'athlétisme et le cyclisme.. Première organisation du genre dans la région, la SSPP est un exemple typique d'association sportive corporative, présidée en personne par le marquis Melchior de Polignac, propriétaire de l'entreprise.. La direction de la section football est confiée à René Humbert, le gérant de la société. Ses membres sont recrutés parmi le personnel de l'établissement vinicole, mais aussi parmi les employés des fournisseurs : vignerons, tonneliers et charretiers. Dans le même élan, Pommery & Greno ouvre au sein du Parc Pommery une aire de loisirs pour ses travailleurs de trois hectares, dans lequel on construit notamment un grand gymnase et un terrain de plein air. Ces installations étant les premières du genre dans la région, elles sont ouvertes aux amateurs de sport extérieurs à la société..
Les footballeurs, qui portent des maillots dorés et des shorts verts rappelant les couleurs des bouteilles de Champagne, participent aux compétitions régionales.. Après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle plusieurs membres sont tués au combat, l'association reprend ses activités et intègre à partir de 1922 la Ligue du Nord-Est, au sein du district de la Marne.. Soutenue financièrement par l'entreprise, le club recrute de plus en plus ouvertement des joueurs à l'extérieur, embauchés à Pommery pour leur talent balle au pied, sous couvert d'amateurisme (on parle alors d'« amateurisme marron »)...
En 1929, la SSPP intègre la division d'honneur, le plus haut échelon de la Ligue du Nord-Est : sur huit la première année, les joueurs de Pommery terminent au deuxième rang la saison suivante, derrière l'US Les Deux Vireux et prennent surtout pour la première fois l'avantage sur les rivaux locaux du Sporting Club rémois.. La popularité croissante du football et de l'équipe augmente les affluences au parc Pommery, qui rassemble jusqu'à spectateurs malgré des installations d'accueil très modestes. La SSPP est même invitée à jouer à l'étranger en , à Stuttgart et Francfort, où elle évolue devant des stades remplis..
Le développement du Stade de Reims (1931-1945)
Compte tenu du lancement imminent du football professionnel en France et des ambitions croissantes des dirigeants, il est décidé d'autonomiser le club de la maison Pommery ainsi que de séparer les activités de football des autres sections. Le est officiellement enregistrée l'association loi de 1901 omnisports « Stade de Reims », dont la direction de la section football est confiée à René Humbert... Ses couleurs sont tango et noir. Le nouveau nom de l'association a été préféré à une autre proposition : l'« Olympique de Reims ». Le premier match du nouveau club est une victoire (7-2) sur le FC Reims le , au parc Pommery.. Un premier entraîneur, l'Anglais David Harrison, est appointé; les joueurs britanniques David Lee et Crookes, le Suisse Schnebeli et le Hongrois Markusz sont recrutés, bientôt rejoints par le Franco-arménien Sarkis Garabedian, Serra et Samano. Le Stade de Reims recrute comme beaucoup d'autres clubs des « mercenaires » étrangers venus vivre de la pratique du football, alors même que les footballeurs sont toujours régis officiellement par un statut amateur.. Malgré ces renforts, le club rémois peine à prendre le dessus sur l'US Deux-Vireux, champion de la Ligue du Nord-Est de 1929 à 1934...
thumb|left|Le stade vélodrome municipal de Reims avant la Seconde Guerre mondiale.|alt=Défilé d'athlètes devant une tribune pleine de spectateurs. Le , un projet de construction d'un stade en ville, œuvre de l'architecte Henri Royer, est voté par le conseil municipal. Le chantier du nouveau stade vélodrome, débuté à l'été 1933, nécessite le concours des chômeurs de la région. En 1934, l’Écossais Billy Aitken est débauché de l'AS Cannes et arrive comme entraîneur-joueur. Une nouvelle enceinte, le Stade municipal vélodrome, est inaugurée par une victoire sur les rivaux de Vireux, confirmée au match retour dans les Ardennes. Le club remporte enfin la division d'honneur du Nord-Est, ce qui lui offre sa promotion en deuxième division professionnelle. Qualifiés à ce titre pour la première édition du championnat de France amateur, les Rémois écartent notamment Quevilly (3-2) et atteignent la finale du championnat. Face au FC Bordeaux, ils s'imposent 2-1 à Maisons-Alfort, s'adjugeant le titre de champion de France amateurs 1935. Le , l'inauguration officielle du stade, devant le président de la République Albert Lebrun, est le cadre d'une affiche : la réception du FC Sochaux, tout frais champion de France, qui l'emporte 6-1. Les Stadistes adhèrent au professionnalisme dans la foulée et le groupement des supporters « Allez Reims » est créé..
Installés dans leur stade flambant neuf, les Rémois connaissent les pires difficultés à suivre le rythme de la D2 durant trois saisons malgré le concours des entraîneurs qui se succèdent sur le banc : le Suisse Léopold Kielholz, l'Arménien Sarkis Garabedian, entraineur-joueur, Valère de Besveconny, de retour en France après sa suspension de 1933, puis l'Autrichien Erich Bieber. En , le Stade, présidé depuis 1936 par Maurice Hutin, fusionne avec le Sporting Club rémois, fondé en 1904, grand rival du Stade et dont le prestige local était considérable. Le SC participa notamment aux de finale de la Coupe de France en 1923, 1924, 1926, 1927, 1929, 1932 et 1934, et fut sacré champion du Nord-Est en 1938. Le Sporting souhaitant à son tour adopter le statut professionnel, la Fédération invite les deux clubs à s'entendre. Le Stade donne son nom et ses joueurs à la nouvelle association, le Sporting ses couleurs, le rouge et le blanc, et ses dirigeants, parmi lesquels Charles Hiltgen, Vincent Canard et Henri Germain, qui seront les trois présidents suivants.
Un an plus tard, le Stade de Reims termine sa quatrième saison en deuxième division à la sixième place, son meilleur classement jusqu'alors, et atteint les quarts de finale de la Coupe de France, où il doit s'incliner face à l'AS Saint-Étienne, une des meilleures équipes de l'élite. En outre, la réserve rémoise remporte à son tour le championnat de France amateur...
thumb|Le Stade de Reims champion de France de zone occupée, en mai 1942. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et la mobilisation de perturbent le lancement de la saison 1939-1940. Étant donné les complications matérielles causées par la « drôle de guerre », la poule unique de première division est remplacée par un championnat en trois groupes régionaux, dont les vainqueurs étaient censés s'affronter en . L'arrêt des activités de plusieurs clubs conduit les autorités à intégrer administrativement le Stade de Reims dans le groupe Nord de la première division, malgré un classement insuffisant pour être promu l'année précédente. Reims termine sur dix d'une compétition qui ne va pas à son terme. La déroute française et l'armistice du 22 juin 1940 conduisent à l'organisation d'un championnat sous l'Occupation allemande. L'organisation éclatée de la première division s'inscrit dans les zones administratives définies par les nazis : la zone libre, la zone occupée, dont fait partie Reims, et la zone interdite. Quatrième sur sept équipes en 1941, Reims termine finalement premier de sa poule en 1942, devant le FC Rouen et le Red Star, face auquel il perd la finale territoriale de la Coupe de France (le Red Star remportera la finale interzone). L'année suivante, Reims termine d'un « groupe Nord » réunissant les clubs des anciennes zones occupée et interdite. Lors de la saison 1943-1944, seules sont autorisées en France les « équipes fédérales », créées administrativement par les autorités et dont les joueurs sont payés par l’État. L'« Équipe fédérale Reims-Champagne » réunit le Stade de Reims, Sedan-Torcy et Troyes, sous la direction sportive d'Henri Germain.. Elle ne s'incline qu'en finale de la Coupe de France et termine en milieu de tableau du championnat réunifié. L'expérience ne rencontre pas le succès espéré et dès la saison suivante, les clubs retrouvent leur indépendance - Reims termine du groupe Nord.
La direction du Stade sort blanchie de tout soupçon de collaboration avec la puissance occupante et le régime de Vichy. Apparemment, le seul joueur juif à Reims, l'Autrichien Kurt Platzek, est interné en 1939, comme la plupart des « étrangers ennemis », dans un camp aux environs de Mourmelon-le-Grand. Il en est libéré en 1940, ce qui lui permet de fuir dans le sud du pays. David Forster, Georg Spitaler: Die Fußballmeister. Lebenswege der Hakoah-Spieler der Zwischenkriegszeit., in Susanne Helene Betz/Monika Löscher/Pia Schölnberger (Hrsg.): „… mehr als ein Sportverein“. 100 Jahre Hakoah Wien 1909–2009. Studienverlag, Innsbruck 2009, , ..
Le grand Reims (1945-1962) thumb|left|upright=1.1|Provenance des principaux joueurs du Stade de Reims entre 1945 et 1955.|alt=Carte de France des lieux d'origine des joueurs. vignette|200px|Robert Jonquet lors de TFC-Reims en 1950.