Pierre Lellouche , né le à Tunis, est un avocat, auteur et homme politique français, figure politique de la droite française et spécialiste en géopolitique des conflits.

Élu député à Sarcelles en 1993, il a ensuite représenté la circonscription de Paris de 1997 jusqu'à sa nomination en tant que secrétaire d'État aux Affaires européennes en . En , il devient secrétaire d'État au Commerce extérieur dans le gouvernement Fillon III, poste qu'il occupe jusqu'à la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy en .

Réélu député pour la circonscription de Paris en , il se retire de la vie politique élective en . Depuis lors, il poursuit sa carrière en tant qu'avocat, conférencier et consultant en géopolitique, proche de cercles de réflexion comme le CF2R et l'IFRI. Il œuvre comme auteur et éditorialiste.

Biographie Famille et études Pierre Lellouche est issu d'une famille juive française tunisienne. Son père, , naturalisé français en 1925, est originaire de TunisNoël Ichoua Lellouche né le 25 décembre 1917, naturalisé français par application de la loi du 20 décembre 1923 en même temps que les autres membres de sa famille dont son père Chaloum. Décret publié au Journal Officiel du 28 avril 1925, p. 4097. Lire en ligne., il s'est engagé dans les Forces françaises libres et combattant au sein de la française libre. Sa mère Pierrette Basciano, est née à Trapani. Ayant quitté la Tunisie à l'âge de cinq ans, Pierre Lellouche arrive à Paris avec sa famille et s'installe dans des conditions modestes, d'abord dans le arrondissement, puis rue des Halles dans le . Plus tard, la famille s'établit rue Hippolyte-Lebas dans le , où ses parents ouvrent un petit restaurant.

Influencé par son professeur d'anglais au collège technique rue Milton, il se dirige vers des études supérieures au lycée Condorcet à Paris. Il sera quelques années plus tard diplômé d’études supérieures de la faculté de droit de Paris X-Nanterre (1972) et de l’Institut d'études politiques de Paris (1973), d'un master of Laws (LLM) et d'un doctorat d'exercice en droit (Juris Doctor) de la faculté de droit de Harvard.

Carrière Au lendemain de son service militaire dans l'armée de terre, sur les conseils de Pierre Hassner, il rejoint Raymond Aron à la Maison des Sciences de l’Homme au sein du Groupe d'études et de recherches sur les problèmes internationaux (GERPI)Portrait de Pierre Lellouche, Gaël Tchakaloff, lenouveleconomiste.fr, 12 novembre 2004.

À partir de 1979 et jusqu'en 1988, il rejoint l'Institut français des relations internationales (IFRI) où il aborde les questions politico-stratégiques et devient rédacteur en chef adjoint de la revue Politique étrangère.

Simultanément, il collabore pendant cette période comme éditorialiste à diverses publications, y compris Le Point, Newsweek, l’International Herald Tribune, Le Figaro, Valeurs Actuelles, et Sekai Nippo (Japon).

ainsi qu'à l'université Galatasaray (Istanbul)..

Depuis 2011, Pierre Lellouche est membre, en tant que Senior leader pour la France, du Réseau de Leadership Européen (ELN) une organisation britannique indépendante de plus de 450 leaders européens proposant des solutions pratiques aux défis politiques et de sécurité..

En , Pierre Lellouche a été élu président du Haut Comité Français pour la Résilience Nationale (HCFRN), une organisation dédiée à la réflexion et à la veille sur les questions de sécurité nationale et de résilience. Il prendra ses fonctions en , succédant à l’ancien Directeur général de la Gendarmerie nationale, Richard Lizurey, qui devient vice-président du comité. Le HCFRN est une association loi de 1901, elle se voit comme une plateforme d’échanges entre acteurs publics et privés souhaitant contribuer à la sécurité nationale.

Politique En 1986, il entre dans l'équipe des consultants proches de Jacques Chirac, puis en , il devient son conseiller diplomatique, alors qu'il est maire de Paris et président du Rassemblement pour la République (RPR), tout en continuant ses activités d'éditorialiste et de professeur de géopolitique. Il se présente à Cannes aux élections municipales de 1995 face à Michel Mouillot (UDF)..

Depuis sa fondation en 2002, il fait partie de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), où il occupe un rôle clé au sein du bureau politique. En , il est promu au poste de secrétaire général adjoint, responsable des études, et en , il est nommé délégué général à la défense, collaborant étroitement avec Nicolas Sarkozy.

Le , avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP, il est nommé délégué général aux relations internationales du parti, u-m-p.org, 12 décembre 2014.. Lors de la transformation de l'UMP en Les Républicains le , Nicolas Sarkozy continue de lui témoigner sa confiance en le maintenant dans ses fonctions..

Le Pierre Lellouche parraine officiellement François Fillon pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016Ludovic Vigogne, « Primaire à droite: la liste des premiers soutiens parlementaires », lopinion.fr, 20 avril 2016., avant de changer d'avis et d'annoncer son ralliement à Nicolas Sarkozy après sa déclaration de candidature à la primaire. Le , Nicolas Sarkozy nomme Pierre Lellouche porte-parole sur les questions internationales.

Le , dans le cadre de l'affaire Fillon, et après que le candidat François Fillon à la présidentielle a annoncé, lors d'une conférence de presse, être convoqué pour le en vue d’une mise en examen, Pierre Lellouche appelle les instances du parti LR à rechercher une sortie de crise avec l’accord du candidat lui-même. Il considère qu'il est nécessaire d'envisager la saisie du Conseil constitutionnel, en vertu des articles 7 et 61 de la Constitution de la 5e République, pour demander le report de l'élection présidentielleSylvain Chazot, « Le filloniste Pierre Lellouche demande le retrait de François Fillon et le report de la présidentielle », lelab.europe1.fr, mars 2017...

Le , entre les deux tours de l'élection présidentielle, à l'issue duquel François Fillon est éliminé, il publie un billet dans lequel il annonce son retrait de la vie politique, abandonner sa candidature à la députation pour laquelle il était investi par Les Républicains, et rendre la carte de son parti, non sans critiquer une nouvelle fois l'obstination du candidat de son parti à s'être maintenu.. Il s'en prend également à la décision du parti d'appeler à voter pour le candidat En marche ! contre Marine Le PenMarie-Anne Gairaud, « Présidentielle : les élus LR de Paris appellent à voter Macron », leparisien.fr, 28 avril 2017..

Fonctions Élu député RPR en 1993 (après avoir battu Dominique Strauss-Kahn dans le Val-d'Oise), Pierre Lellouche est réélu en 1997, en 2002 puis en 2007, dès le premier tour, de la de Paris, soit les et de Paris. Il est réélu de nouveau en 2012, député de la nouvelle première circonscription de Paris (, , et ).

Pierre Lellouche est par ailleurs conseiller de Paris depuis 2001, élu dans le , puis le à partir de 2008.

Membre de la commission des Affaires étrangères et de la délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale, Pierre Lellouche préside le groupe d’études sur l'industrie d'armement ainsi que la délégation française à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. De 2004 à 2006, il est président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, dont il est plus tard encore membre dans le cadre de son mandat de parlementaire. Il est également du groupe UMP à la Commission des Affaires étrangères.

Durant ses mandats, il a été président des groupes d’amitié parlementaires France-Allemagne, France-Inde et France-Géorgie, ainsi que du groupe d'études sur la région du Kurdistan irakien (dont la création en 2013 est de son initiative). Il est aussi vice-président des groupes d'amitié parlementaires France-Afghanistan ; France-Albanie ; France-États-Unis ; France-Pakistan et France-Somalie, membre d'autres groupes d'amitié, ainsi que de plusieurs groupes d’études (gaz de schiste, industrie de Défense, Chrétiens d'Orient, notamment).

Émissaire du gouvernement français sur le dossier ITER, il négocie l'implantation à Cadarache (Bouches-du-Rhône) du réacteur expérimental avec l'Union européenne et les membres du consortium ITER (États-Unis, Japon, Corée du Sud, Russie et Chine).

Connu pour son engagement dès 2004 en faveur de la Turquie au sein de l'Union européenne, en il est nommé chargé de mission auprès du président de la République Nicolas Sarkozy sur les relations franco-turques et à l'opposé de Bruno Le Maire, en 2009 qu'il remplace au gouvernement, il soutient la candidature turque dans le processus d'adhésion à l'Union européenne..

De à sa nomination au gouvernement, il est représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan.

Ministères vignette|Lellouche sur la base aérienne balte de Šiauliai, en 2010. Après les élections européennes de 2009 en France, Pierre Lellouche entre au gouvernement en devenant secrétaire d’État aux Affaires européennes, en remplacement de Bruno Le Maire. Edwige Antier, sa suppléante à l'élection législative, lui succède à l'Assemblée nationale.

Le , il devient secrétaire d'État au Commerce extérieur dans le Fillon.

Travaux parlementaires vignette|Pierre Lellouche en 2007. En 1999, il s'oppose vigoureusement à la proposition de loi sur le PACS et use à cette occasion d'une argumentation qualifiée d'« homophobe » par la militante Caroline FourestCaroline Fourest et Fiammetta Venner, Les anti-Pacs, ou, La dernière croisade homophobe, éditions Prochoix, 1999, et les universitaires Camille RobcisCamille Robcis, How the Symbolic Became French : Kinship and Republicanism in the PACS Debates, Discourse, 26.3 (Fall 2004), 2005 Wayne State University Press, Detroit Michigan, . et Enda McCaffrey Enda McCaffrey, The Gay Republic : Sexuality, Citizenship and Subversion in France, Ashgate, 2005, .. Il se signale notamment en déclarant à propos des couples homosexuels : « Il n'y a qu'à les stériliser ».

En 2002, Pierre Lellouche est l'auteur de la proposition de loi tendant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste ou antisémite.. Cette proposition est adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le , puis par le Sénat en pour devenir la « loi Lellouche » Conclusion. Ce dispositif légal a également servi de modèle pour un amendement qu'il a déposé à la « loi Sarkozy pour la sécurité intérieure », amendement qui sanctionne plus durement les violences homophobes, Introduction - I - B (loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure).

En 2007, aux côtés de Roselyne Bachelot, il est partisan du contrat d'union civile sur l'égalité des droits pour les personnes homosexuelles proposé par Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République. Ce contrat serait différent du mariage car il n'ouvre pas de droit à l'adoption.

En , il présente les conclusions de la Mission d’information sur l’extraterritorialité du droit américain avec Karine Berger. qui recommande des pistes d'action ainsi pour la préservation de la souveraineté et de la compétence judiciaire française, face à certaines pratiques américaines, notamment les sanctions préjudiciaires imposées à BNP Paribas et AlstomDes élus français veulent mettre fin au « racket » américain, ouest-france.fr, 11 octobre 2016.