vignette|Page de l'évangéliaire de Lindisfarne (vers 700-715). Une page est chacune des deux faces d'un feuillet de papier, de parchemin ou d'une autre matière pouvant recevoir un texte ou des illustrations.
La page destinée à être vue en premier est appelée recto, tandis que la page qui lui est opposée est appelée verso. Dans les ouvrages réunissant plusieurs feuillets, tels que les livres et les magazines, le « recto » est aussi appelé « belle page », car c'est la page la mieux perçue par le lecteur, et le verso est également appelé « fausse page ». Si l'ouvrage se lit de gauche à droite, les belles pages sont les pages de droite et portent des numéros impairs. Le titre et le début d'un chapitre se trouvent généralement en « belle page ». Le raisonnement est inversé pour les langues d'écriture sinistroverse (arabe et hébreu).
Par extension, le mot page peut désigner le feuillet entier : « arracher une page ».
D'une manière abstraite, une « page » est une surface sur laquelle sont inscrites des informations.
Aspects techniques vignette|Pages d'un livre. vignette|Au lieu d'être reliées en cahier (codex), les pages peuvent être réunies en accordéon comme dans ce leporello japonais.
Lexique Page de garde : on appelle « page de garde » ou « feuillet de garde », ou simplement « garde », le ou les feuillets vierges de tout texte imprimé et de toute illustration qui se trouvent avant la page de faux-titre ou la page de titre, essentiellement les deux pages qui se font face immédiatement après la couverture d’un livre relié. La première page du premier cahier d’un livre est collée sur la couverture du livre relié, de même que la dernière page du dernier cahier. On distingue les vraies gardes, qui sont effectivement les première et dernière d’un cahier (même papier donc que l’ensemble du livre) des « fausses gardes », qui sont des feuillets rapportés, d’un papier différent (papier plus fort, parfois de couleur, papier dit « reliure »). Page de faux-titre : page contenant seulement le titre de l'œuvre, juste après la page de garde. Elle apparaît au . Page de grand titre : page contenant le nom de l'auteur, le titre de l'œuvre, la raison sociale de l'éditeur, la ville d'origine et le millésime de l'édition. Au verso de cette page (en remplacement du colophon, voir ci-dessous) se trouvent les données de catalogage, d'ISBN et de copyright. Page de départ : première page numérotée du livre. Page hors-texte : une page hors-texte est une page qui ne fait pas partie d’un cahier. C’est généralement une page portant une illustration (gravure ou photographie) qui pour des raisons techniques n’a pas pu être imprimée avec le reste du livre. Les pages hors-texte sont incorporées au livre à la reliure. Page blanche : l'insertion de pages blanches dans un livre met en valeur la fin d'un chapitre ou du livre lui-même. Cette insertion peut être volontaire ou résulter du nombre de pages obligatoirement invariable d’un cahier. Page de titre : la page de titre réapparaît à la Renaissance et devient normale vers 1530durant la période qui s'étend entre l'Antiquité romaine et le , « le codex pouvait commencer avec une page plus ou moins solennelle et décorative contenant seulement ou principalement l'indication du ou des textes qu'il contient. » Ce n'est qu'à la période gothique, du au , que la page de titre disparaît et elle ne réapparaîtra qu'après les premiers incunables. ().. Dans les manuscrits de la période gothique, le titre était donné dans la première ligne du livre ou exposé en quelques lignes. Roger Laufer a mis en évidence les diverses fonctions liées à la page de titre, notamment les entours du texte : privilège, adresse, marque, avis dédicace. Ces entours se mettent en place vers 1530 et font de la page de titre une page «qui référence à la fois le contenu et le contenant, et qui ajoute au texte le discours de la marchandise. Cité par .». Cahier : plusieurs pages imprimées ensemble forment un « cahier », et plusieurs cahiers assemblés dans la même reliure forment un livre. Un petit livre peut n’être constitué que d’un seul cahier. Colophon : Mention en fin de livre signalant le lieu et la date d'impression ainsi que le nom de l'imprimeur. Maintenant, il est souvent remplacé par l'achevé d'imprimer. Corps de texte : Le texte principal de la page, étant généralement la partie prenant le plus de place. Elle respecte toujours les marges en restant à l'intérieur de ces dernières afin de bien s'espacer du bord des pages, rendant la lecture du corps de texte plus plaisante. Empagement : la page désigne la colonne de texte, tandis que la colonne d'empagement désigne la totalité de la surface imprimée à l'intérieur des marges, soit la page plus le titre courant et la pagination. Feuillet : dans le monde de l'édition et du journalisme, le terme page est réservé à la page imprimée, tandis que l'on utilise le terme feuillet pour désigner le manuscrit (aussi parfois appelé « tapuscrit » lorsqu'il était tapé à la machine, aujourd'hui sur l'ordinateur) soumis par l'auteur. Un feuillet compte normalement 25 lignes à double interligne de 60 signes chacune, soit signes, espaces comprises. Folio : en typographie, le folio désigne le chiffre numérotant chaque feuillet d'un manuscrit, d'un registre, chaque page d'un livreVoir CNRTL.. Le terme désigne aussi le feuillet, recto et verso, d'un manuscrit, d'un incunable, d'un registre ou d'un livre. Frontispice : gravure placée en tête d'un ouvrage, en regard de la page de titreLongtemps, le frontispice a désigné une illustration placée en page de titre. La situation change avec Poussin à partir de 1640 : .. Incipit : mot latin signifiant « commence ». Il désigne les premiers mots d'un ouvrage. Imposition : on appelle « imposition » l'opération qui consiste à placer sur une grande feuille, (la « forme »), les pages d'un ouvrage afin d'obtenir un « cahier » lors de son pliage. Les formes d'imposition se composent généralement de 4, 8, 16 ou 32 poses et sont gérées en signatures (recto et verso). Explicit : mot latin signifiant « déroule ». Il désigne les derniers mots d'un ouvrage. Manchette : note ou résumé de paragraphe placée dans la marge d'un texte. Manicule : petite main ou index tendu tracé en marge d'un manuscrit pour attirer l'attention du lecteur sur le passage en regard. Marque typographique : sigle ou illustration identifiant l'imprimeur. Mise en page : disposition graphique du contenu dans l'espace de la page. Planche : page de dessins originale d'une bande dessinée. Titre courant : titre complet ou abrégé du livre ou du chapitre, placé en haut de page. Tome : division intellectuelle d'un ouvrage. Volume : division physique d'un ouvrage. Le terme vient de l'époque d'avant le codex, où un ouvrage s'étendait sur plusieurs rouleaux. Abréviation : le mot « page » est normalement abrégé en « p. », au pluriel comme au singulier. Certains utilisent à tort l'abréviation « pp. » pour le pluriel, selon le modèle de l'anglais.. Bibliorama : désigne un document à la manière d'un livre à écran intégré. Ebook : désigne un fichier numérique contenant un ouvrage écrit. Echapage : désigne un fichier numérique contenant un ouvrage écrit.
Terminologie des blancs vignette|Distribution des marges dans la mise en page du livre. Voir la section Architecture de la page. Noms des marges ou blancs entourant un texte : blanc de couture ou de petit fond : marge côté couture ; blanc de tête : marge en haut de la page, au-dessus du bloc texte ; blanc de grand fond : marge sur le bord extérieur, à l'opposé du blanc de couture ; blanc de pied : marge en bas de la page, en dessous du bloc texte ; hauteur de page : hauteur du bloc texte sans le titre ; hauteur du rectangle d'empagement : tout le bloc texte, titre compris.
Formats de page
Outre les formats normés européens et américains, il existe des formats normés français, tels Cloche, écolier, Couronne écriture, Couronne édition, Roberto, Carré, Demi-raisin, Raisin, Double raisin, Jésus, Petit aigle, Grand monde, Univers...
Étymologie Le mot « page » est dérivé du latin désignant une « colonne d'écriture » ou originellement une « rangée de vignes formant un rectangle ». Le mot pagina vient lui-même du verbe qui signifie « mettre des bornes », « planter de vigne des coteaux».
Histoire vignette|Tablette de buis enduite de cire en usage au siècle. Museo de Santa Cruz, Tolède, Espagne. Dimensions approximatives : vignette|Le texte fait partie du tableau. Psautier d'Alphonse. Vers 1281-1284. British Library
La page en tant qu'espace destiné à recevoir des signes est apparue en même temps que l'écriture, car cette dernière « nécessite le tracé de ses propres limites.».
Tablette d'argile En un certain sens, la tablette d'argile employée à Sumer à partir du et qui sera en usage dans cette partie du Moyen-Orient durant plus de était une page, mais d'un type assez spécial car le texte déposé sur une tablette ne peut pas s'arrêter au milieu d'une phrase. Un texte pouvait toutefois s’étendre sur plusieurs tablettes et celles-ci étaient alors numérotées et dotées d’un colophon indiquant le titre de l’œuvre, le nombre de lignes que contenait la tablette et le nom du copiste.. La forme des tablettes variait selon le genre de texte : « tablette ronde pour un texte économique, carrée pour un texte littéraire ou de la forme d’un foie pour une lecture divinatoire. »
Rouleau de papyrus Dans le volumen ou rouleau de papyrus, la colonne de texte délimite l'espace de la page : la pagina désignait une colonne de texte de six à huit cm de largeur sur une hauteur de 25 à 45 lignes ; .. On observe toutefois une différence dans le format des colonnes du rouleau selon le genre de texte, les poèmes étant généralement disposés sur des colonnes de quinze centimètres de largeur séparées par une marge d'environ un centimètre.. À noter que le volumen se déroule horizontalement, contrairement au rotulus, qui servait au Moyen Âge à des proclamations publiques de type administratif, théâtral ou liturgique, et où la colonne de texte, la page, s’étend sur toute la longueur du rouleau.
Débuts du codex Avec l'apparition du codex, qui se développe dans l'empire romain à partir du siècle, la page se transforme et devient une unité autonome à l'intérieur d'un ensemble. Le codex désigne d’abord un assemblage de minces tablettes de buis reliées par des fils et enduites de cire colorée. Ces tablettes sont facilement effaçables et servent à des brouillons, des lettres ou des exercices scolaires ; . Voir le roman de Pascal Quignard, Les Tablettes de buis d'Apronenia Avitia, Gallimard, 1984..
Par la suite, le bois est remplacé par le parchemin. Celui-ci se prête bien au pliage, permettant l’invention du livre tel que nous le connaissons. La pliure du feuillet en deux puis en quatre et la reliure des feuillets en un cahier cousu permettent d'utiliser les deux côtés de la feuille. Le livre gagne ainsi en densité. Il devient aussi beaucoup plus maniable que le rouleau qui exigeait d’être tenu par les deux mains. La pagination permet en outre de retrouver facilement un passage. Contrairement au rouleau, le codex peut être affiché de façon stable à la vue du lecteur, ce qui fait échapper le texte à la continuité et à la linéarité du rouleau et le fera entrer dans l'ordre du visuel.