Serrières est une commune française, située dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie Situation et description La commune s'étend sur une surface modeste de . Ce territoire se situe essentiellement en bordure du Rhône. Mais il remonte aussi autour du ruisseau de Moure, au-dessus du quartier de Saint-Sornin. Le bourg s'est surtout développé par rapport au Rhône, à proximité du lieu de traversée et du portarticles de François Bassaget dans le Dauphiné libéré du lundi 27 juillet 2015.. Communes limitrophes
Serrières est limitrophe de six communes., dont cinq situées dans le département de l'Ardèche et une dans le département de l'Isère. Elles sont réparties géographiquement de la manière suivante :
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Moyenne vallée du Rhône » et « Sud-est du Massif Central ». Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sablons à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Hydrographie Le territoire communal de Serrières est bordé dans sa partie orientale par le Rhône.
Voies de communication vignette|gauche|Un village en situation « resserrée » au débouché d'un pont et traversé par une voie ferrée. Dans le sens nord-sud, Serrières est situé sur le passage de l'ex nationale 86 et de la voie ferrée rive droite du Rhône, qui traverse le cœur du village. Situé au bord du Rhône à un passage resserré, le bourg a bénéficié de sa situation de lieu de traversée pratique : par bac à traille depuis au moins le , par pont suspendu à partir de 1828.
Un accès principal au plateau d'Annonay a ensuite été logiquement aménagé. La proximité de l'échangeur autoroutier de Chanas a fait de Serrières la principale porte nord de l'Ardèche. Le village subit en contrepartie l'augmentation moderne du trafic automobile. Ainsi le pont, aux heures de pointe, n'arrive plus à absorber les flots de circulation qui s'y entassent des deux côtés. Le trafic journalier y a atteint les par jour. Ainsi, l'étude d'un pont supplémentaire a démarré en 2015 dans le cadre d'un contrat État/Région. vignette|gauche|La voie ferrée a été construite au milieu du vieux village. La voie ferrée est uniquement affectée au transport de marchandises. La densité du trafic a suivi la baisse continuelle du transport ferroviaire. Mais le trafic restant est loin d'être négligeable et des projets font craindre aux riverains une augmentation notable. D'autant qu'à Serrières, la voie ferrée passe au milieu des maisons du village.
Urbanisme Typologie Au , Serrières est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Sablons, une agglomération inter-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Roussillon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (50,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (51,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (42,6 %), cultures permanentes (17,1 %), zones urbanisées (10,8 %), terres arables (8,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (7,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (7,4 %), zones agricoles hétérogènes (5,8 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Risques naturels Risques sismiques
L'ensemble du territoire de la commune de Serrières est situé en zone de sismicité (sur une échelle de 1 à 5), comme la plupart des communes situées dans la vallée du Rhône, mais non loin de la limite orientale de la zone qui correspond au plateau ardéchoisPréfecture du Rhône, page sur les risques sismiques. +Terminologie des zones sismiquesArrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - LégifranceType de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)Zone 3Sismicité modérée accélération =
Autres risques
Toponymie Serrières est mentionnée en 972 comme un port : Sarriera portus, puis en 1275 : Serreriis, et au XIVe siècle : Sararia. Selon Ernest Nègre, le toponyme désigne les coteaux abrupts qui dominent le Rhône, et il le rapproche de l'occitan serriero « cime dentelée, crête de montagne ».
Autre interprétation, le nom de Serrières vient de « Castrum Sarreriae », de Castrum en latin qui désigne généralement une petite ville fortifiée, et « Sarreriae » (ou « Sarerie ») qui signifie « resserré », ce qui correspond bien a la situation de la commune, entre fleuve et colline.
Pour le quartier de Saint-Sornin, il s'agit d'une déformation de Saturnin.
Histoire
Époque pré-romaine et gallo-romaine Antérieurement à la conquête romaine menée par Jules César, le Vivarais était peuplé par les Helvii, premier peuple de Gaule soumis à l’empire romain. Il demeure de nombreuses traces de l’époque gallo-romaine.
Au début du fut trouvée à quelques kilomètres de Serrières une amphore romaine contenant des pièces d’or et d’argent à l’effigie d’empereurs romains.
Quelques années plus tard fut découverte entre Serrières et Limony, non loin de la route, une superbe statue de Vesta en bronze à laquelle il manquait un bras, ainsi qu’une pierre tumulaire dont la suscription remontait à l’époque des Césars. Ces objets furent vendus à un antiquaire de Lyon.
Dans les années 1870, il fut découvert sur un terrain limitrophe de Charnas, « le Mont », les ruines d’une salle carrelée comportant des murs très épais, ainsi qu’un superbe portrait sur brique, en relief, comportant l’inscription « septime severe secondus ».
En 1892, lors de la construction du chemin de fer, on a découvert à de profondeur des squelettes accompagnés de briques comportant des inscriptions romaines et un moulin en pierre, plusieurs ouvrages maçonnés comportant des inscriptions latines, notamment des thermes.
En 1935, sur le quai nord, à du pont, lors de l'enfouissement d'une cuve d'essence, on a découvert sous une épaisse couche de cendre plusieurs squelettes avec des débris de poteriesJoëlle Dupraz et Christel Fraisse, Carte archéologique de la Gaule. L'Ardèche..
Dans le chœur de l'église Saint-Sornin, un des piliers a réutilisé un bloc portant une épitaphe : Le musée des Mariniers possède par ailleurs divers fragments archéologiques de l'époque gallo-romaine. vignette|Reproduction, sur tenture, de la mosaïque trouvée à Limony. Une villa gallo-romaine fut découverte sur un terrain du quartier de Brèze (commune de Limony), dont les fouilles ont mis au jour des pièces de monnaie, as et petits as, à l’effigie de l’empereur Constantin (). Cette villa comportait de grandes salles carrées pavées de mosaïques intactes dont l’une de . Les fouilles sur place exhumèrent des socles de statues en pierre et marbre, des chapiteaux de colonnes, des urnes funéraires avec leurs ossements, des ossements d’animaux sauvages (trophées de chasse ?), énormément de coquilles d’huitres, ainsi que beaucoup de briques de toutes sortes dont certaines portent le nom du fabricant : « Clarania », des objets de cuivre, des épingles à cheveux dont quelques-unes en ivoire, des débris de poteries, de verre, de tuyaux en plomb… Une couche de cendres ainsi que des objets calcinés ou fondus atteste que cette villa a été détruite dans un incendie après pillage, certainement lors des invasions barbares (). La ville a subi en effet les ravages des Vandales en 408.
Moyen Âge
Un manuscrit latin du fait état de son château, avec donjon et créneaux.
La cité fut pillée, comme toutes les villes de la vallée du Rhône, en 733 par l’émir sarrazin Ioussouf, à la tête d’une force considérable composée des débris de l’armée vaincue à Poitiers l’année précédente. Il existe toujours à Serrières le terroir de « moures », où les « maures » en question ont certainement campé.
Certains documents attestent que la famine et les épidémies n’ont pas épargné Serrières, sévissant par exemple entre 970 et 1040. Un chroniqueur décrit d’ailleurs qu’.
Il nous est dit aussi que lors des années 1361, 1362 et 1374, des Routiers, ou Tard-Venus (bandes de brigands organisés, en l’occurrence venues du Forez et du Lyonnais), firent subir au haut Vivarais leurs pillages et saccages, notamment à Serrières, Limony et Peyraud. La peste vint s’ajouter ces années-là au désarroi de la population. vignette|gauche|La chapelle Saint-Sornin (façades sud et est) date du .|alt= Dans les temps les plus anciens, Serrières fut inféodée aux terres du Haut-Vivarais, c’est-à-dire aux comtes d’Albon. À la fin du , la suzeraineté passe aux « Roussillon ». Cette famille des Roussillon était très puissante. Elle traitait d’égal à égal avec les dauphins de France et ne reconnut la monarchie française qu’au début du , peu avant son extinction. Elle donna son nom à la ville voisine de Roussillon, où un péage concédé par les empereurs d’Allemagne, par eau et par terre, fut installé au bord du Rhône. Ce lieu est aujourd’hui sur la commune qui a gardé le nom de Péage-de-Roussillon. vignette|Elle abrite aujourd'hui le musée des Mariniers.