Tifrit N'Aït El Hadj (en kabyle : Tirift n At Lḥaǧ) est un village kabyle situé dans la commune d'Akerrou dont il est le chef-lieu, dans la daïra d'Azeffoun à la wilaya de Tizi Ouzou en Algérie.
Géographie Localisation Tifrit N'Aït El Hadj est la principale localité de la commune d'Akerrou, située dans la région des Ath-Flick. À l'époque, un marché se tenait à Beni-Flick, où tous les habitants des villages environnants venaient pour leurs achats, comme le marché, étant un point de rassemblement pour tous les habitants des villages voisins, a conduit à l'utilisation de l'adresse locale "Douar Beni-Flicks" par ces derniers.
Le village se situe à de Yakouren, à d'Azazga et à d'Azeffoun. Il est situé au contrebas du mont Tamgout qui s'élève à d'altitude et qui est le point culminant de toute la Kabylie maritime.
Habitant du village Le village est composé de plusieurs regroupements d'habitations. Ainsi, Tifrit N'Aït El Hadj rassemble les résidents d'Ignane ainsi que deux autres hameaux : appelé Tifrit Oufella ( « Haut du village »), perché à une altitude d'environ 800 mètres, et Laazib (« Bas du village »).
Histoire et peuplement
. Le village est fréquemment confondu avec Tifrit n'ath oumalek où se trouve le mausolée d'un autre saint.
Il y avait autrefois (fin du ) les At Sumerten ce sont des habitants qui habitaient Tifrit N'Aït El Had à cette époque (dont les ruines existent encore de nos jours au milieu des jardins et des champs du village). Ces derniers n'ont pas dû se soumettre au Marabout, ils furent contraints de s'exiler et se sont installés dans le village de Taboudoucht, dans les At Djennad.
À une époque antérieure, il y avait aussi un groupe d'habitants résidait à Tifrit N'Aït El Hadj. Lorsque le marabout Sidi-Moh-ou-Ali-Elhadj, leader spirituel de la zaouïa de Tifrit N'Aït El Hadj, est arrivé dans le but de répandre l'islam dans la région, les habitants ont refusé de se soumettre à lui. Contraints de partir ailleurs, ils ont fondé un nouveau village qu'ils ont nommé I3azouguen Azazga
Seule une famille était restée à l'époque et s'était mise sous l’anaya (protection sacrée) du marabout, et ancêtre de la majorité des habitants actuels, qu'elle s'était engagée à servir ; Cette famille a donné les At ElHadj actuels"Kabylie ou l'ancêtre sacrifié", Harmattan; KHELLIL, Mohand.
Le marabout Sidi Moh ouAli elHadj le chikh de la zawiya de Tifrit N'Aït El Hadj est le fils d'Ali fils de Qaïd fils de Yaala. Il vint s'installer à Tifrit vers 1640 après un bref passage à Takoucht en 1630. À l'origine, à cause de luttes de pouvoir, tout le clan de son aïeul Yaala fut chassé de Tlemcen par les derniers Zyanides jusqu'aux confins d'Ain Sefra. Ils y vécurent 24 ans avant d'être chassés une seconde fois, ils finirent par s'installer à "oued Mabtouh" dans la région de Sidi-bel-Abbès avant de se disperser en Afrique du nord"", Sidi Ali Hachlaf, 1923.
Les At ElHadj sont par conséquent les plus anciens habitants de Tifrit que l'on connaisse de mémoire. Les At Elhadj ont gardé des relations étroites (visites, relations matrimoniales) avec les anciens habitants des At SumertenMohand Khellil, "Mémoire de maîtrise d’ethnologie", 1976.
Les terres des At Sumerten chassés ont été par la suite partagées entre les enfants de l'ancêtre (Ali, Abdelmoumen et Yahia) ; n'en ont été privés que les At Yahia qui ont été soupçonnés d'avoir volé l'épée de l'ancêtre - Un bouclier et une épée étaient gardés au sanctuaire de l'ancêtre et que l'on sortait pour les rogations de pluies ou à l'occasion d'une guerre ; le reste d'un bouclier est aujourd'hui exposé en tant que relique dans le sanctuaireMohand Khellil, L'Exil kabyle, Paris, L'Harmattan, 1979 .
. C'est une forme de preuve de leur filiation avec l'ancêtre.
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En 1824, sur l'ordre du Dey Hussein qui vit en songe Sidi Hend Ashehbun un des descendants de l'ancêtre, un pacha turc -l'Agha Yahia caïd de la Sebaou- en tournée dans la région fit construire un mausolée de type mauresque toujours en place de nos jours, sur les deniers personnels du Dey HusseinJean Servier, Tradition et civilisation berbères : les portes de l'année, Monaco, Éditions du Rocher, 1985.
Administration Tifrit N'Aït El Hadj est le chef-lieu de la commune d'Akerrou, composée de dix villages.
Pour l'ensemble de ces localités, elle dispose d’un seul collège (CEM Nachef Mohand)
Patrimoine .
D’autres ruines datant du Néolithique (-8000 à -3000 ans) y ont été inventoriées. Mais ce sont les peintures et gravures rupestres de la protohistoire (âge des métaux, -3000 ans), dont Tifrit n'Aït el Hadj est aussi l'un des sites (avec Ifigha, Ahmil, Azrou Miazen, Cap Tadlès et Azrou n’Tmert), que l’action de la Direction de la Culture vise à valoriser en priorité.
À Henndou, à trois kilomètres ouest-sud-ouest du village, Amar Saïd Boulifa a découvert le fragment d'une borne milliaire qui figure depuis au musée d'AlgerBasset, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1910, p. 793 ; Boulifa, Revue africaine, LV, 1911, pp. 40-41 et fig. 5.. Elle appartenait probablement à une route reliant les centres de Djemâa-Saharidj (104) et d'Azeffoun (70-71).
Notes et références
Catégorie:Village dans la wilaya de Tizi Ouzou