La chambre de commerce et d'industrie d'Alencon (1887-2015) était l'une des deux chambres de commerce et d'industrie du département de l'Orne. Son siège se trouvait à Alençon au 12, Place du Palais. Elle possédait trois antennes : L'Aigle, Mortagne-au-Perche, La Ferté-Macé.

Sa circonscription s'étendait sur : les cantons suivants : Alençon-1, Alençon-2, Bretoncelles, Ceton, Damigny, L'Aigle, Magny-le-DésertA l'exception des communes suivantes : Avoine, Batilly, Boucé, Courbe (La), Ecouché, Fleuré, Goulet, Joué-du-Plain, Lande-de-Lougé (La), Loucé, Lougé-sur-Maire, Montgaroult, Rânes, Saint-Brice-sous-Rânes, Saint-Georges-d'Annebecq, Saint-Ouen-sur-Maire, Sentilly, Serans, Sevrai, Tanques et Vieux-Pont., Mortagne-au-Perche, Radon, Rai, Sées et Tourouvre ; plus les communes suivantes : Avernes-sous-Exmes, Beauvain, Boischampré, Bourg-Saint-Léonard (Le), Chaumont, Cisai-Saint-Aubin, Cochère (La), Coulmer, Courménil, Couterne, Croisilles, Exmes, Fel, La Ferté-Macé, Fresnaie-Fayel (La), Gacé, Ginai, Lonlay-le-Tesson, Mardilly, Ménil-Hubert-en-Exmes, Neuville-sur-Touques, Omméel, Orgères, Pin-au-Haras (Le), Résenlieu, Saint-Evroult-de-Montfort, Saint-Maurice-du-Désert, Saint-Michel-des-Andaines, Saint-Pierre-la-Rivière, Sap-André (Le), Sauvagère (La), Silly-en-Gouffern, Survie, Trinité-des-Laitiers (La) et Villebadin. Elle faisait partie de la chambre régionale de commerce et d'industrie Basse-Normandie.

Le décret ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2015/12/11/EINI1529995D/jo/texte. du , qui abroge (article 4) "le décret du créant une chambre de commerce à Alençon", crée, au , "une chambre de commerce et d'industrie territoriale dénommée chambre de commerce et d'industrie territoriale Portes de Normandie, rattachée à la chambre de commerce et d'industrie de région Normandie", qui couvre le territoire des deux anciennes chambres d'Alençon et de l'Eure, et dont le "siège est situé à Evreux". Alençon devient une délégation, dont le nom est CCI Orne.

Historique

De la chambre consultative à la chambre de commerce La chambre consultative des arts et manufactures d'Alençon est créée par arrêté consulaire, le 12 Germinal An XII (). Pour mieux faire valoir les intérêts du commerce et de l'industrie, contribuer à la création d'établissements d'intérêt général et donner des avis sur les affaires qui lui sont soumises, la chambre consultative, à partir du - soutenue par le Conseil municipal d'Alençon - réclame sa transformation en chambre de commerce. C'est chose faite, dix ans après, avec le décret du Décret du 9 septembre 1887, signé de Jules Grévy, et paru au Journal Officiel, le 13 septembre 1887., qui crée la chambre de commerce d'Alençon.

Les 14 présidents de la chambre de commerce d'Alençon

1887-1892 : Ernest Marchand-Saillant (Alençon, 1840 - 1882) Ancien maire d'Alençon (1881-1882), Ernest Marchand-Saillant est, de 1887 à 1892, le premier président de la chambre de commerce, dont il fait voter le premier budget lors de la séance d'installation, le .

Il avait été pris en otage par les Prussiens en . Il dirige une blanchisserie de fil, et une imprimerie. Il est, également, directeur politique du journal L'Avenir de l'Orne de 1878 à 1884. Il est conseiller général de l'Orne, de 1885 à 1892, et adjoint au maire d'Alençon, de 1872 à 1881, avant de devenir maire en 1881. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Une rue d'Alençon porte son nom.

1892-1900 : Emile Richer (Alençon, 17 mars 1834 - 11 avril 1900) Fils de Louis Richer (1800-1872), négociant en toiles et propriétaire d'une filature de chanvreAncienne filature mécanique du chanvre, créée en 1838, à Ozé, par le baron Mercier, et rachetée en 1844 par Louis Richer qui y implante un tissage de toiles à voiles (Jean-Claude Daumas : Le capitalisme familial, logiques et trajectoires, Actes de la journée d'études de Besançon du 17 janvier 2002. Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté, vol. 761. Presses universitaires franc-comtoises, 2003. )., Emile Eugène Richer est président de la chambre de commerce de 1892 à 1900, dont il est membre depuis sa création en 1887. Il dirige la Fabrique d'Ozé (blanchisserie de fil et tissage de chanvre). Il crée la Société de secours mutuel des ouvriers d'Ozé et préside le Comité exécutif de l'Exposition nationale de l'industrie et du commerce et des Beaux Arts d'Alençon. Une rue d'Alençon porte les noms du père et du fils. C'est sur l'emplacement de sa filature "qu'en 1937, Jean Mantelet implantera Moulin-Légumes qui deviendra Moulinex en 1957."

1900-1920 : Paul Bohin (L'Aigle, 4 juin 1851 - Nice, 26 octobre 1920) Fils de Benjamin Bohin (1822-1911), fondateur de la manufacture d'aiguilles de Saint-Sulpice sur Risle, Paul Julien Bohin est président de 1900 à 1920, dont il est membre depuis sa création, en 1887.

Il dirige les Établissements Bohin (fabrication d'aiguilles à coudre) depuis 1875. Avant, "pendant plusieurs années est allé habiter l'Angleterre et l'Allemagne, afin de se mettre au courant des multiples et délicats procédés de fabrication qu'on y emploie. Revenu de l'étranger, il a dressé lui-même de nombreux ouvriers français. Aujourd'hui il possède et dirige cinq grandes usines en pleine activité (...) et produisant 400 millions d'aiguilles et 3 milliards d'épingles par an.Dossier de présentation pour l'Ordre de la Légion d'honneur (Référence : FRDAFAN83-OL0267057v008-L)." Il est membre de la chambre consultative des Arts et Manufactures de L'Aigle (1886), membre fondateur de la Société de Secours Mutuel de L'Aigle (1880), expert en douane du gouvernement (1885). Il est Président du Tribunal de commerce de L'Aigle de 1900 à 1920. Il est élu maire de Saint-Sulpice-sur-Risle en 1892, et fonde la Société de tir de L'Aigle en 1884. Il est administrateur de la succursale de la banque de France d'Alençon (1899). Sous sa présidence, la chambre de commerce crée l'école dentellière d'Alençon, et acquiert l'Hôtel consulaire, inauguré le , un mois à peine avant sa disparition. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du , en qualité d'"industriel (et) président de la chambre de commerce d'Alençon".

C'est aussi sous sa présidence, en 1908, que l'assemblée générale de la chambre de commerce d'Alençon passe de 12 à 15 membres, le Bureau demeurant composé de trois membres : président, vice-président et secrétaire-trésorier.

1920-1923 : Pierre-Marie Chabaud (Dreux, 23 juin 1854 - 1923) Pierre-Marie Chabaud est président de la chambre de commerce de 1920 à 1923, dont il est membre depuis sa création en 1887.

Il s'installe à L'Aigle où il reprend la manufacture de corsets, Barbier, qu'il renomme "Manufacture de Confections & Corsets, Établissements P. Chabaud", et qu'il installe dans l'ancien collège Letourneur, 7 rue Pasteur. Vers 1912, 300 ouvriers travaillent à l'atelier ou à domicile et produisent corsets par jour. Il est élu conseiller municipal de L'Aigle (1884-1920), adjoint (1890-1895) et maire de L'Aigle (1896-1904) ; il est, également, conseiller d'arrondissement. Il est président d'honneur de la chambre de métiers de l'Orne, président de la Fédération des groupes commerciaux et industriels de l'Orne, président d'honneur de la Caisse d'allocation familiale de l'Orne, président de l'Union des Sociétés de Secours mutuels de l'Orne. Il est inspecteur de l'Enseignement technique, administrateur de la Banque de France et vice-président de la Banque Populaire d'Alençon. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur et Chevalier de l'Ordre de la Couronne de Belgique ; il est titulaire de la Médaille d'or de la Mutualité.

1924-1930 : Paul Bohin (Saint-Sulpice sur Risle, 12 janvier 1877 - Neuilly-sur-Seine, 29 décembre 1963) Fils de Paul Bohin, Paul Benjamin Alexandre Bohin est, de 1924 à 1930, président de la chambre dont il est membre depuis 1922. Il dirige les Établissements Bohin. Il est aussi le fondateur de la Tréfilerie d'Issy-les-Moulineaux (1914) et président du Tribunal de commerce de L'Aigle. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du "en qualité d'industriel à Saint-Sulpice-sur-Risle"

1930-1945 : Henri Rogez-Retour (Lille, 20 décembre 1884 - La Ferté-Macé, 5 février 1955) Fils d'Henri RogezFils et petit-fils d'un maréchal ferrand de Mérignies, dans le Nord. (1841-1927), fabricant de fil, Henri Jean Gabriel Rogez-Retour est président de 1930 à 1945, de la chambre d'Alençon, dont il est membre depuis 1920 et vice-président depuis 1926. Il dirige une industrie, Tissage mécanique Retour Frères. Il est conseiller général de La Ferté-Macé, et vice-président de l'Union des commerçants et industriels de La Ferté-Macé.

1945-1967 : Jacques Bohin (Saint-Sulpice sur Risle, 14 octobre 1904 - Saint-Sulpice sur Risle, 28 avril 1978) Neveu et petit-fils des deux Bohin qui le précèdent à la présidence, Jacques Louis Paul Benjamin Bohin est président de 1945 à 1967. Diplômé de l'École centrale (promotion 1927), il dirige les Établissements Bohin qui emploient 600 salariés et qui comprennent deux unités : l'usine d'articles métalliques (épingles, aiguilles) à Saint-Sulprice sur Risle (300 ouvriers) et l'usine de tréfilerie de précision (fils d'acier tréfilés et laminés) à Issy-les-Moulineaux (200 ouvriers) ; en plus du siège central, 72 rue Rambuteau à Paris (100 employés). Il est président du syndicat des industries mécaniques et métallurgiques de l'Orne, (1945-1967) de la Région économique de Basse-Normandie (devenue chambre régionale de commerce et d'industrie). Il est élu maire de Saint-Sulpice-sur-Risle en 1947. Il est conseiller à la Banque de France. Il crée le Comité Interprofessionnel du Logement de l'Orne (CILO), l'Association interprofessionnelle de Médecine du Travail de la Région d'Alençon (AIMTRA), la chambre Interprofessionnelle d'Apprentissage du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat de l'Orne (CIACIAO), le Groupement Interprofessionnel Patronal de l'industrie et du Commerce de l'Orne (GIPICO). Il est officier de réserve. Il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur ().

1967-1974 : Jean Mantelet (Paris, 10 août 1900 - Paris, 19 janvier 1991) Fils d'un inventeur, Alexis ManteletInventeur du collier-douche. (1865-1945), Jean Mantelet est président de la chambre de commerce de 1967 à 1974, dont il est membre depuis 1959. Il est le fondateur, en 1926, de la société MEB (Manufacture d'Emboutissage de Bagnolet), inventeur du presse-purée, qu'il décide de transférer à Alençon en 1937, dans l'ancienne filature d'Ozé. La société devient Legumex en 1954, puis Moulinex en 1956. Il est vice-président du Groupement des industries françaises des appareils d'équipement ménager (GIFAM), vice-président du syndicat national des fabricants d'articles galvanisés et étamés, et administrateur du Syndicat de la construction électro-thermique et électro-domestique. Il est membre du Comité de direction des Conseillers du commerce extérieur de la France. Il est conseiller municipal d'Alençon (1959-1965). Il est élevé au grade de Commandeur de la Légion d'honneur.

1974-1983 : Roger Georges (Paris, 25 juin 1914 - )