La gare de Colmar est une gare ferroviaire française située à proximité du centre-ville de Colmar, dans la collectivité européenne d'Alsace, en région .

Elle s'appelait autrefois « Colmar-Central » pour la différencier des autres gares de Colmar.

La première gare de Colmar est mise en service en 1840, par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. La gare actuelle est inaugurée en 1907, par l'administration allemande de l'époque.

C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), du réseau , desservie par des TGV et des trains express régionaux (notamment ).

Situation ferroviaire vignette|gauche|Plan du système ferroviaire de Colmar. Établie à d'altitude, la gare de Colmar est située au point kilométrique (PK) Gérard Blier, Nouvelle géographie ferroviaire de la France, tome 2, planche . de la ligne de Strasbourg-Ville à Saint-Louis entre les gares ouvertes de Sélestat (s'intercalent les gares fermées de Saint-Hippolyte, de Ribeauvillé, d' et de Bennwihr) et de Herrlisheim-près-Colmar (s'intercale la gare fermée d'Eguisheim).

Nœud ferroviaire, elle constitue l'origine des infrastructures des lignes de Colmar-Central à Metzeral (au ; la gare suivante est Colmar-Saint-Joseph) et de Colmar-Central à Neuf-Brisach (au ; la gare suivante est Colmar-Sud).

Elle était aussi l'origine de la ligne de Colmar-Central à Marckolsheim et du chemin de fer de la vallée de Kaysersberg vers Lapoutroie, deux lignes à voie étroite, aujourd'hui déclassées et déposées.

Histoire La desserte ferroviaire de Colmar, qui débute en 1840, s'articule autour de trois gares qui se succédèrent au cours du et au début du , la dernière étant la gare actuelle (mise en service en 1907).

Premières gares La « station de Colmar » est mise en service le par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle, lorsqu'elle ouvre au service la section de Benfeld à Colmar, à une vitesse moyenne de Bulletin officiel municipal : Le Point Colmarien, , , , consulté le 19 février 2017.. Le , elle est reliée à la gare de Strasbourg-Koenigshoffen avec la mise en service de la section de (Strasbourg) Koenigshoffen à Benfeld et le elle est reliée à Saint-Louis avec l'ouverture de la section de Colmar à Mulhouse, la section de Mulhouse à Saint-Louis ayant été ouverte le .. Le premier bâtiment provisoire en bois est construit, il a la forme d'une grande halle..

vignette|gauche|La gare de Colmar en 1844. Les travaux pour un bâtiment définitif sont en cours, il est achevé en , « au débouché de la rue Bruat sur la rue de la GareGeorges Livet, Histoire de Colmar, Privat, 1983 , . ». Construit par l'entrepreneur Ignace Wetterle, il comporte un corps central à trois ouvertures à la base, avec un étage et un clocheton, il est encadré par deux ailes comportant cinq ouvertures. Une place fermée est aménagée en façade. Son inauguration a lieu le . L'ancien bâtiment de 1840 est reconverti en halle à marchandises..

En 1842, J. Duplessy la décrit comme « une vaste et belle station placée en dehors de la porte Kléber ». À la station, des « omnibus » attendent les voyageurs pour les emmener en ville. Colmar est une importante ville qui compte, en 1841, . Duplessy signale notamment les deux principaux hôtels : l'Hôtel « de l'Ange » et celui « des Deux-Clefs », qui ont notamment l'avantage de disposer d'un omnibus en attente pour le chemin de fer..

Du au la station de Colmar délivre des billets à pour une recette de , auxquels s'ajoutent pour le service des bagages et marchandises. Cela la place à la deuxième place des stations de la compagnie pour le nombre de voyageurs, à la troisième pour la recettes voyageurs et à la quatrième pour la recette des bagages et marchandises..

Le , la Compagnie des chemins de fer de l'Est succède à la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle.

Colmar devient une gare de bifurcation en 1868 avec l'ouverture de la ligne vers Munster. Cette dernière est prolongée jusqu'à Metzeral en 1893.

Après la guerre franco-allemande de 1870 et l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Empire allemand, la gare est gérée par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL). À la fin des années 1870, l'augmentation de sa fréquentation incite l'administration allemande à procéder à des travaux d'agrandissement. Le premier étage du corps central est modifié et à l'extrémité des ailes on ajoute deux bâtiments identiques à l'élément du centre. Cette configuration devient de nouveau insuffisante au début des années 1900..

La ligne Colmar – Fribourg est mise en service en 1878.

Les lignes à voie métrique reliant Colmar à Horbourg et Marckolsheim ainsi qu'à Kaysersberg et Lapoutroie sont ouvertes entre 1885 et 1890.

Une autre ligne à voie métrique en direction de Bollwiller via Ensisheim est mise en service en 1901. Cette ligne est convertie à la voie normale au cours de la Première Guerre mondiale.

Gare actuelle vignette|redresse|La gare centrale de Gdańsk (anciennement Dantzig) qui a inspiré l'architecture de celle de Colmar. La Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine propose de créer une nouvelle gare plus importante légèrement plus au Sud (quelques centaines de mètres), la ville adopte ce projet le . En 1902, débutent les travaux de construction sur des plans inspirés de ceux de la gare de DantzigNom allemand de Gdańsk en Pologne... De nombreuses entreprises locales participent à cet important chantier qui va coûter à l'Empire allemand et à la ville. Les nouvelles installations comportent notamment un imposant bâtiment voyageurs de style Art nouveau d'une longueur de avec un beffroi d'une hauteur de . L'édifice est construit en grès gris de Phalsbourg et en briques rouges. Dominant le hall, un pignon à volutes vient rééquilibrer la façade, malgré la hauteur du beffroi. Des sculptures et reliefs ornent en plusieurs endroits la façade principale, permettant de pallier la lourdeur de l'édifice due à la disproportion des différentes parties. Parmi ces sculptures figuraient des cariatides qui ont été retirées après la Première Guerre mondiale. Au centre de l'édifice se situe un vaste hall dominé par le beffroi, éclairé par des baies qui occupent une large partie des façades. Les bureaux, les salles d'attente, les restaurants sont situés dans les ailes qui jouxtent le hall central. Les voyageurs auront à leur disposition une salle d'attente pour chacune des quatre classes, une salle de relaxation pour les non-fumeurs et un important buffet..

La nouvelle gare aux marchandises est mise en service en et la nouvelle gare voyageurs le .

Lorsque l'Alsace-Lorraine redevient française, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'aigle impériale qui se trouvait sur le fronton du bâtiment voyageurs est remplacée par les armes de la ville de Colmar. L'inscription « Erbaut 1905-06 » devient « ''Anno Domini 1905-06Le nouveau fronton de la gare en 1918 sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le 27 août 2016). ».

Le , la gare entre dans le réseau de l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL), à la suite de la victoire française lors de la Première Guerre mondiale. Puis, le , cette administration d'État forme avec les autres grandes compagnies la SNCF, qui devient concessionnaire des installations ferroviaires de Colmar. Cependant, après l'annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare pendant la Seconde Guerre mondiale, du jusqu'à la Libération (en 1944 – 1945).

Le service voyageurs en direction de Lapoutroie (chemin de fer de la vallée de Kaysersberg) est fermé le .

Le pont sur la Rhin de la ligne Colmar – Fribourg est détruit le mettant un terme aux liaisons ferroviaires entre les deux villes. Il n'a jamais été reconstruit.

Le service voyageurs en direction d'Ensisheim (ligne de Colmar-Sud à Bollwiller) et de Marckolsheim (ligne de Colmar-Central à Marckolsheim) est fermé le .

Le service voyageurs en direction de Neuf-Brisach (Volgelsheim) est fermé le .

En 1971, la gare de Colmar comportait cinq postes d'aiguillageSituation des postes d'aiguillage en 1971 sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le 27 août 2016).. La longueur des quais est portée à 400 mètres entre mars et tandis que sont construits les postes d'aiguillage H et J. Un nouveau poste d'aiguillage tout relais à transit souple gérant 69 itinéraires est mis en service en 1972Les travaux de modernisation des installations de sécurité en 1972 sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le 27 août 2016)..

En 1973, la transformation du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines en tunnel routier met un terme aux liaisons directes entre Colmar et Nancy.

Le hall de la gare est rénové au début des années 1980Les guichets en 1980 sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le 27 août 2016).. Le bâtiment voyageurs est inscrit au titre des monuments historiques le . vignette|La BB 15008 en gare de Colmar, en 1991. Des travaux de modernisation sont réalisés entre 1990 et 1991Les travaux de la gare de 1990 à 1991 sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le 27 août 2016)..

La place de la Gare est réaménagée entre 2002 et 2004Les travaux du parvis est de la gare en 2002 sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le 27 août 2016).. vignette|Le pavillon ouest. En prévision de la mise en service du premier tronçon de la LGV Est européenne, un nouveau pavillon d'accueil comportant un espace de vente est réalisé côté ouest. Les travaux débutent en et s'achèvent au printemps 2007Les travaux de la sortie ouest de la gare en 2005 sur le site d’Étienne Biellmann (consulté le 27 août 2016)..

Le poste d'aiguillage de Colmar est automatisé en 2015, dans le cadre de la mise en service de la « télécommande de la plaine d'Alsace« Automatisation : l'Alsace précurseur », article des DNA du 10 juin 2015. ».

Les EuroCity Iris et Vauban, qui reliaient Bâle à Bruxelles via Colmar, Strasbourg, Metz et Luxembourg, sont supprimés le (dernier jour de circulation le ) en prévision de la mise en service du second tronçon de la . Les reliant Nancy ou Luxembourg à Bâle sont supprimés à cette même date.

Les derniers desservant cette gare, faisant partie du « Quadritranche », disparaissent en 2016. Il s'agit des relations Strasbourg – Montpellier – Cerbère (Portbou jusqu'en ), supprimée le , et Strasbourg – Marseille – Nice, dont la suppression intervient le .

Fréquentation De 2015 à 2024, selon les estimations de la SNCF, la fréquentation annuelle de la gare s'élève aux nombres indiqués dans le tableau ci-dessous. Année2015201620172018201920202021202220232024Voyageurs3 586 2473 589 2533 887 8623 950 9444 200 7622 566 8783 186 8954 103 9904 728 7204 974 388Voyageurs et non voyageurs4 029 4914 032 8684 368 3844 439 2634 719 9572 884 1333 580 7814 611 2255 313 1685 589 200

Service des voyageurs

Accueil Gare de la SNCF, elle dispose d'un bâtiment voyageurs (côté est), avec guichets, salle d'attente, service accueil jeune voyageur, un point de rencontre et un point d'accueil groupe, ouvert tous les jours. Le « pavillon ouest » comporte un espace de vente ouvert du lundi au samedi et fermé les dimanches et jours fériés. Elle est également équipée d'automates pour l'achat de titres de transport. Des aménagements, équipements et services sont à la disposition des personnes à la mobilité réduite.. Elle dispose aussi de salles d'attente sur les quais. Un passage souterrain permet la traversée des voies.

Situé place de la Gare, le buffet de la gare comporte également un bar et un espace de vente à emporter..

Desserte vignette|Voies et quais. La gare est desservie par des TGV et des trains express régionaux du réseau : TGV inOui : Paris – Strasbourg – Colmar (certains trains desservent Sélestat), Luxembourg / Metz / Strasbourg – Mulhouse – Dijon – Lyon – Montpellier, Nancy / Strasbourg – Mulhouse – Dijon – Lyon – Marseille – Toulon – Nice ; TER : TER 200 : Strasbourg – Sélestat – Colmar – Mulhouse – Saint-Louis – Bâle,