Marceau Crespin est un militaire et haut fonctionnaire français né le à Chirac (Lozère) et mort le dans ce même village.

Engagé en 1933 comme soldat de seconde classe, il combat jusqu'en 1961 dans tous les conflits armés où la France est impliquée, jusqu'à atteindre le grade de colonel malgré un faible bagage scolaire initial. Pionnier de l’aviation légère de l’Armée de terre, il fonde et commande les premières unités française héliportées, en Indochine puis en Algérie.

Sa carrière s’oriente alors vers la haute fonction publique au sein du secrétariat d’État à la jeunesse et aux sports, où il occupe de 1961 à 1974 des fonctions de premier plan comme celles de Délégué Général à la préparation olympique ou de Directeur des sports.

Biographie

Jeunesse Marceau Crespin naît le dans le village de Chirac, hameau de l'actuelle commune de Bourgs sur Colagne en Lozère, d'un père à la fois cultivateur et facteur et d'une mère ménagère. Il est le troisième d'une famille de quatre enfants. Le père est gravement blessé pendant la Première Guerre mondiale et à l'âge de cinq ans Marceau est pupille de la nation. Son certificat d'études primaires en poche, il intègre l’École professionnelle de Mende, mais il interrompt assez vite sa scolarité pour devenir apprenti menuisier. A l'âge de 18 ans en 1933 il devance l'appel et s'engage comme soldat dans l'armée.

Carrière militaire Fait prisonnier par les Allemands à Aix-la-Chapelle au début de la Seconde Guerre mondiale en , il parvient à s'évader en août. Par la zone libre, il gagne en l'Afrique du Nord. Il y participe à la campagne de Tunisie. En il intègre les Commandos d'Afrique au sein desquels il débarque en Corse en septembre puis prend part à la conquête de l'île d'Elbe en . Nommé lieutenant et instructeur aux Commandos de France en , il participe à la libération dans l'est de la France puis à la campagne d'Allemagne sous les ordres du général de Lattre de Tassigny. Son supérieur devient vite son modèle, et ses sympathies politiques vont davantage au général Giraud qu'à de Gaulle.

La paix revenue, il dirige le Centre d'entraînement physique de l’École du risque de Grünkraut de à . De Lattre le nomme successivement commandant du Centre d'éducation physique de la division aéroportée puis du Centre de vol à voile national militaire et sportif, avant de le faire entrer dans son cabinet et d'en faire son aide de camp en 1947. Affecté à l'Inspection générale de l'armée il est muté en au service central des sports de l’État-major des armées.

De à fin 1953 il travaille à l’État-major particulier de Jules Moch, ministre de la Défense nationale. Il est ensuite envoyé en Indochine pour y créer le Groupement de formations d'hélicoptères de l'armée de terre, qu'il dirige jusqu'en avec le grade de commandant. C'est dans ce cadre que Crespin met au point l'héliportage de combat, introduit le vol de nuit sur hélicoptère et l'hélicoptère armé. Le corps, renommé Groupement d'hélicoptères n°2, est déplacé en Algérie en sur la base d'Aïn-Arnat dans la région de Constantine. Le journaliste Jean Lartéguy écrit de lui :

En Algérie, il déplore l'orientation vers l'indépendance adoptée par de Gaulle et entretient des liens avec l'Organisation armée secrète, probablement sans y être réellement affilié : il est très proche du général Paul Vanuxem, un des chefs présumés de l'OAS en France, et c'est dans sa propre voiture qu’Hélie Denoix de Saint-Marc, un des auteurs du « putsch des généraux » d'avril 1961 s'évade de la prison de la Santé.

Marceau Crespin quitte l'Algérie en , avec le grade de lieutenant-colonel. On peut imaginer que cette mutation précoce l'a empêché de basculer dans l'activisme, en l'extrayant du contexte de la guerre d'indépendance. Cette « exfiltration » peut-être volontaire serait selon ses biographes dû à son ami Hubert Roussellier, qui le présente à Maurice Herzog (alors secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports) et Olivier Philip (son directeur de cabinet et haut-commissaire). Il reste quoi qu'il en soit proche de la mouvance anti-gaulliste proche de l'extrême-droite.

Son dernier poste dans l'armée est le commandement de l’École de spécialisation de l'aviation légère de l'armée de terre, à Dax.

Il est détaché le au Haut-commissariat à la jeunesse et aux sports. Il accède au grade de colonel en 1964, au terme d'un parcours singulier : à la différence de la plupart des officiers supérieurs, c'est en dépit d'un niveau scolaire médiocre et par son expérience au commandement d'unités de combat qu'il a tracé sa carrière, épaulé par de Lattre de Tassigny.

Carrière administrative dans le domaine du sport En le secrétariat d’État au sports crée une cellule de préparation des jeux olympiques, rattachée au Haut-commissariat : Crespin en prend la direction, avec le titre de délégué général Midi Libre Lozère, édition du 5 août 2008. Progressivement, la primauté au sein du ministère bascule de la gestion de l'éducation physique à l'organisation des sports : en 1963 le périmètre de la délégation générale de Crespin est étendu aux sports dans leur ensemble, et passe sous l'autorité directe du secrétaire d’État, au même rang que la sous-direction Éducation physique. L'année suivante celle-ci est rétrogradée au rang de simple bureau et Crespin, nommé simplement « directeur des sports » en 1965, étend encore son autorité.

Marceau Crespin, qui a su s'entourer d'un groupe de collaborateurs fidèles et dévoués (Jacques Grospeillet, Raymond Thérondel, Roger de Groote, Maurice Tortel et Jacques Estines), progresse ainsi rapidement dans la hiérarchie de la haute administration. Il est alors décrit comme un homme bourru, têtu, aux colères violentes. Il constitue un second cercle de fidèles avec la nomination de Directeurs techniques nationaux auprès de chaque fédération, organisation que beaucoup perçoivent comme une mainmise de l’État (est-ce un hasard si d'entre eux sont d'anciens militaires ?).

La période où il est aux commandes, jusqu'en 1974, est fertile en tensions dans la France du sport et de l'éducation physique : dissensions sur la question de professionnalisme, compétition entre disciplines, etc.. Crespin y fait face sans véritable ligne politique, par une méthode anti-bureaucratique qualifiée par ses proches de succession de « coups », d'actions enthousiastes de type commando pour l'organisation des grands événements sportifs. Elle traduit aussi le peu de moyens budgétaires de cette administration naissante, qui n'est pas encore parvenue à trouver un mode de fonctionnement pacifié

Il quitte ses fonctions en 1974, peu après l'arrivée de Pierre Mazeaud au ministère. Au surnagent de son mandat la construction à Font-Romeu du Centre national d'entraînement en altitude et des propos datés sur le rugby féminin dont il pointe les prétendus dangers physiques et moraux et qu'il interdit aux préfets de subventionner.

Activité sportive Plusieurs fois affecté à des centres d'entraînement physique et sportif, Marceau Crespin s'adonne aux sports mécaniques : il établit en 1953 le record de la traversée Le Cap - Alger qui tient jusqu'en 1960, il participe aux 24 Heures du Mans, au tour de France automobile, à la course Liège-Rome-Liège, aux 12 Heures de Casablanca, au rallye international du Maroc en 1951, etc.

Il est en outre international militaire de rugby.

Fin de carrière De 1973 à 1979 il est conseiller général de Langogne et président du Conseil général de la Lozère de 1974 à la fin de son mandat. Il siège au Conseil économique et social de la région Languedoc-Roussillon. En 1976 il devient directeur général de la société Coca-Cola France Personnages célèbres en Lozère, édité par le conseil général de la Lozère, ..

Il meurt le dans son village natal, dont il était le maire depuis 1965.

Citations Lettre adressée aux préfets de région le 6 octobre 1972.. M. Crespin, 1966.

Reconnaissances Décorations en 1988 avec palme avec palme

(1963) (avec agrafe "Extrême-Orient") 50px Médaille commémorative des Théâtres d'opérations extérieurs

50px Médaille de la France libérée 50x50px Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord 50px Médaille d'honneur du service de santé des armées

accompagnées de plusieurs dizaines de citations et complétées par douze décorations étrangères.

Autres hommages Marceau Crespin est l'éponyme de plusieurs lieux publics notamment en Lozère (la piscine municipale de la ville de Mende (1988), un complexe sportif à Marvejols, le centre sportif du complexe euroméditerranéen (orienté vers le handicap) de Montrodat , l'école et une rue de Chirac) mais aussi ailleurs en France (le Centre national d'entraînement en altitude de Font-Romeu et la salle de sport du Crès).

Liens internes France aux jeux Olympiques d'été de 1960 Sport en France

Bibliographie

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Personnalité liée à la Lozère Catégorie:Président du conseil général de la Lozère Catégorie:Colonel français Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Naissance en juillet 1915 Catégorie:Décès en juillet 1988 Catégorie:Naissance en Lozère Catégorie:Décès en Lozère Catégorie:Décès à 72 ans Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Titulaire de la médaille des évadés Catégorie:Croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Catégorie:Titulaire de la médaille coloniale