Léonard de Vinci (, dit Leonardo da Vinci), né le du calendrier actuel à Vinci (Toscane) et mort le à Amboise (Touraine), est un peintre polymathe toscan de la Renaissance italienne, simultanément artiste, organisateur de spectacles et de fêtes, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, sculpteur, peintre, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, philosophe et écrivain.

Enfant naturel d'une paysanne, Caterina, et d'un notaire, Pierre de Vinci, il est élevé auprès de ses grands-parents paternels dans la maison familiale de Vinci jusqu'à l'âge de dix ans. À Florence, son père l'inscrit pour deux ans d'apprentissage dans une (une « école d'arithmétique ») et ensuite à l'atelier d'Andrea del Verrocchio où il côtoie Botticelli, Le Pérugin et Domenico Ghirlandaio.

Il quitte l'atelier en et se présente principalement comme ingénieur au duc de Milan Ludovic Sforza. Introduit à la cour, il obtient quelques commandes de peinture et ouvre un atelier. Il étudie les mathématiques et le corps humain. Il rencontre également Gian Giacomo Caprotti, dit Salai, un enfant de dix ans, turbulent élève de son atelier, qu'il prend sous son aile.

En , Léonard part à Mantoue, à Venise et retourne à Florence. Il y repeint et s'adonne à l'architecture ainsi qu'à l'ingénierie militaire. Pendant un an, il confectionne des cartes géographiques pour César Borgia.

En , la ville de Florence lui commande une fresque, mais il en est déchargé par le roi de France qui l'appelle à Milan où, de à , il est « peintre et ingénieur ordinaire » du souverain. Il rencontre Francesco Melzi, son élève, ami et exécuteur testamentaire. En , son père meurt, mais il est exclu du testament. En , il est usufruitier des terres de son oncle décédé.

En , après une retraite à Vaprio d'Adda, Léonard travaille à Rome pour Julien de Médicis, frère de , et y délaisse la peinture pour les sciences et un projet d'assèchement des marais pontins. En , l'invite en France au manoir du Cloux avec Francesco Melzi et Salai. Il y emmène notamment La Joconde probablement terminée sur place et qui a traversé les siècles comme une des œuvres picturales les plus célèbres au monde, si ce n'est la plus célèbre. Léonard meurt subitement au Clos Lucé en . Son ami Francesco Melzi hérite de ses notes et de ses dessins. Salai hérite des peintures du maître et partage avec un serviteur les vignes que Léonard a reçues de Ludovic Sforza.

Léonard de Vinci fait partie des artistes de son époque dit « polymathes » : il maîtrise plusieurs disciplines comme la sculpture, le dessin, la musique et la peinture qu'il place au sommet des arts. Léonard se lance dans une minutieuse étude de la nature et de l'expression humaine : une image doit représenter la personne, mais aussi les intentions de son esprit. Il fournit sur ses tableaux un minutieux travail de retouches et de corrections à l'aide de techniques propres à la peinture à l'huile, d'où l'existence de tableaux inachevés et ses échecs dans la peinture de fresques. Ses études sont reprises dans les innombrables dessins de ses carnets : dessiner est, pour cet inlassable graphomane, un véritable moyen de réflexion. Il consigne ses observations, ses plans et ses caricatures qu'il utilise au besoin d'un travail d'ingénierie ou pour la confection d'un tableau.

Si Léonard de Vinci est surtout connu pour sa peinture, il se définit aussi comme ingénieur, architecte et scientifique. Les connaissances initialement utiles à la peinture deviennent pour lui une fin en soi. Ses centres d'intérêt sont très nombreux : optique, géologie, botanique, hydrodynamique, architecture, astronomie, acoustique, physiologie et anatomie.

Il n'a toutefois ni l'éducation ni les méthodes de recherche d'un scientifique. Pourtant, son absence de formation universitaire le libère de l'académisme de son temps : se revendiquant un « homme sans lettres », il prône la praxis et l'analogie. Cependant, avec l'aide de quelques hommes de science, il se lance dans la rédaction de traités scientifiques, plus didactiques et structurés et souvent accompagnés de dessins explicatifs. Sa recherche de l'automatisme s'oppose à la notion du travail en tant que ciment des relations sociales.

Léonard de Vinci est souvent décrit comme le symbole de l'esprit universel de la Renaissance, l ou un génie scientifique. Mais il semble que Léonard lui-même exalte son art afin de gagner la confiance de ses commanditaires et la liberté d'effectuer ses recherches. De plus, les biographes du écrivent des récits fort dithyrambiques de la vie du maître alors principalement connu pour ses peintures. Seules la transcription du Codex Atlanticus et la découverte de plus de de ses notes et traités à la fin du mettent en valeur les recherches de Léonard. Les historiens des perçoivent alors en lui une sorte de génie ou de prophète de l'ingénierie. Au , cette image reste encore très présente dans l'imaginaire populaire. Pourtant les années voient des historiens remettre en cause l'originalité et la validité de la plupart des recherches du maître. Ceci étant, la grande qualité de son art graphique, tant scientifique que pictural, reste encore incontestée par les plus grands historiens ou critiques d'art et de nombreux livres, films, musées et expositions lui sont consacrés.

Biographie Enfance vignette|droite|redresse=1.25|alt=Photographie en couleurs représentant une maison en pierres ornée de deux petites fenêtres et une porte d'entrée.|Maison natale présumée de Léonard de Vinci à Anchiano. Léonard de Vinci est né dans la nuit du vendredi entre neuf heures et dix heures et demie du soir. La tradition établit cette naissance dans une petite maison de métayer du petit village toscan d'Anchiano, un hameau voisin de la ville de Vinci ; mais peut-être est-il né à Vinci même.

Léonard est un enfant naturel de Piero Fruosino di Antonio da Vinci, notaire âgé d'environ et descendant d'une famille de notaires, et d'une femme dont seul le prénom, Caterina, est connu. Une déclaration fiscale établie en par Piero pour son père Antonio mentionne en effet . Ce document établit donc le prénom de la mère de Léonard et son mariage, avant , avec Antonio di Piero Buti del Vacca, dit Accattabriga, mais ne fournit aucune indication sur sa famille ou ses origines.

Ser Piero da Vinci est issu d'une famille de notaires depuis quatre générations au moins ; son grand-père devient même chancelier de la ville de Florence. Cependant, Antonio, père de ser Piero et grand-père de Léonard, se marie avec une fille de notaire et préfère se retirer à Vinci pour y mener une paisible vie de gentilhomme campagnard en profitant de rentes que lui rapportent les métairies qu'il possède dans la petite ville. Même si certains documents le nomment avec la particule , il n'a officiellement pas droit à ce titre dans les documents officiels : tout semble prouver qu'il n'a pas de diplôme et qu'il n'a même jamais exercé de profession définie. Ser Piero, le fils d'Antonio et père de Léonard, reprend le flambeau de ses ascendants et trouve le succès à Pistoia puis à Pise pour s'installer, vers , à Florence. Son bureau se trouve au palais du Podestat, le bâtiment des magistrats qui fait face au palazzo Vecchio, le siège du gouvernement, alors appelé Palazzo della Signoria. Des monastères, des ordres religieux, la communauté juive de la ville et même les Médicis font appel à ses services.

L'identité de Caterina demeure inconnue. La formule employée à propos de la mère de Léonard par l'Anonimo Gaddiano a longtemps été interprétée comme signifiant qu'elle était issue d'une « bonne famille », sans permettre cependant de l'identifier. En , l'historien de l'art et spécialiste de Léonard Martin Kemp et l'historien Giuseppe Pallanti, spécialiste des archives florentines proposent de reconnaître en elle Caterina di Meo — ou Bartolomeo — Lippi, une jeune orpheline de Mattoni, près de Vinci, née vers . Cette identification est toutefois contredite par les recherches archivistiques de l'historienne des mathématiques Elisabetta Ulivi, spécialiste des archives florentines et de la culture scientifique de la Renaissance : le rapprochement des cadastres de et et de documents fonciers postérieurs indique que Caterina di Meo Lippi aurait épousé Taddeo di Domenico di Simone Telli, et non Accattabriga. Ulivi envisage également une identification avec une autre habitante de Vinci, Caterina di Antonio di Cambio, mais conclut que les documents disponibles ne permettent pas de résoudre la question.

Une autre hypothèse identifie la mère de Léonard à une esclave présente à Florence dans l'entourage du jeune Piero da Vinci. En , Carlo Vecce, professeur de littérature italienne et spécialiste des manuscrits de Léonard de Vinci, publie un acte notarié établi par Piero le , soit quelques mois après la naissance de Léonard, concernant l'affranchissement par sa propriétaire Ginevra d'Antonio Redditi d'une esclave et nourrice nommée Caterina. L'acte la désigne comme , c'est-à-dire . Vecce reconstitue à titre d'hypothèse son arrivée depuis le Caucase, par les réseaux de la traite passant par la mer Noire, Constantinople et Venise. Toutefois, aucun document ne relie explicitement cette esclave à l'enfant de Piero ni ne montre qu'elle devint ensuite l'épouse d'Accattabriga. Vecce reconnaît lui-même que cette identification demeure conjecturale et envisage expressément que l'esclave Caterina puisse ne pas avoir été la mère de Léonard.

vignette|gauche|redresse=1.25|alt=Photographie en couleurs représentant un village sur le flanc d'une colline. Les maisons ont une façade beige et des toits rouges ou rouilles. Une église et un clocher surplombent le village.|Village de Vinci et l'église dans laquelle Léonard a été baptisé.

Léonard semble être baptisé le dimanche suivant sa naissance. La cérémonie a lieu dans l'église de Vinci par le curé de la paroisse, en présence de notables de la ville et d'aristocrates importants des environs. Dix parrains , témoignent du baptême : ils habitent tous le village de Vinci et on compte notamment Piero di Malvolto, le parrain de ser Piero et propriétaire de la ferme natale de Léonard. Le lendemain du baptême, ser Piero retourne à ses affaires à Florence. Ce faisant, il prend des dispositions pour que Caterina se marie rapidement avec un fermier et chaufournier local ami de la famille de Vinci, Antonio di Piero del Vaccha dit « (bagarreur) » : peut-être agit-il ainsi pour éviter les commérages pour avoir abandonné une mère et son enfant. Il semble que l'enfant soit resté auprès de sa mère le temps du sevrage , puis ait été confié à son grand-père paternel chez qui il passe les suivantes en compagnie notamment de son oncle Francesco. Les familles maternelle et paternelle demeurent en bons termes : Attaccabriga travaille dans un four loué par ser Piero et ils apparaissent régulièrement comme témoins dans des contrats et actes notariés les uns pour les autres. De fait, les souvenirs d'enfance relatés par Léonard adulte permettent de comprendre qu'il se considère comme un enfant de l'amour. Il écrit ainsi à son propos : .

À cinq ans, en , Léonard rejoint la maison de sa famille paternelle à Vinci. Pourvue d'un petit jardin, la maison est cossue et se trouve au cœur de la ville, juste à côté des murailles du château. Ser Piero a épousé la jeune fille d'un riche cordonnier de Florence, âgée de , Albiera degli Amadori, mais elle meurt très jeune en couches, en . Ser Piero se marie quatre autres fois. Des deux derniers mariages naissent ses dix frères et deux sœurs légitimes. Léonard semble entretenir de bonnes relations avec ses belles-mères successives : ainsi, Albiera porte une affection particulière à l'enfant. De même, qualifie-t-il dans une note la dernière femme de son père, Lucrezia Guglielmo Cortigiani, de .

vignette|droite|redresse=0.75|alt=Blason constitué de 7 bandes verticales alternativement jaunes et rouges.|Blason de la famille da Vinci.