vignette|upright=1|Vue de Paris.

La Constitution de la ne définit pas la capitale de la France. Cependant, le statut hors-norme de Paris, son importance tant sur le plan politique que culturel et sa valeur de symbole la désignent de manière incontestable comme capitale depuis le . De plus, l'arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales définit pour la France Paris comme « capitale ou siège du gouvernement ». Cet arrêté abroge l'arrêté du relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales, qui définissait aussi Paris comme capitale de la France. En outre, bien d'autres organismes internationaux considèrent Paris comme la capitale de la France, en premier lieu l'ONU. et l'UE. D'abord résidence principale des rois capétiens, puis siège des principales institutions administratives du Royaume puis de la République, elle est depuis le Moyen Âge la ville la plus peuplée et la capitale intellectuelle et culturelle du pays. Différentes villes de France ont cependant pu, par le passé, prendre un rôle politique de premier plan, voire remplacer provisoirement Paris comme capitale politique.

Définition vignette|droite|L'Hôtel de Matignon à Paris, siège du chef du gouvernement de la France. Le Trésor de la langue française informatisé (TLFi) donne la définition suivante du terme « capitale » : « Ville principale d'un État, d'une province ou d'une étendue de pays qui est le siège du gouvernement et/ou de l'administration centrale »Trésor de la langue française informatisé (TLFI), article "Capitale", à consulter en ligne : https://www.cnrtl.fr/definition/capitale. Il s'agit d'une définition large, dont les attributions peuvent varier d'un pays à l'autre. On retient généralement le rôle de capitale politique dans cette définition, encore que ce ne soit pas toujours le cas ; ainsi, si AmsterdamArticle 32 de la Constitution du royaume des Pays-Bas. est constitutionnellement capitale des Pays-Bas et résidence royale, la capitale politique en est, de fait, La Haye, siège du gouvernement et du parlement. De même, si la capitale d'un État est aussi très souvent sa ville la plus peuplée, ce n'est pas toujours le cas. Toujours selon le Trésor de la langue française informatisée, le substantif « capitale » apparait en français pour la première fois en 1509, mais l'usage de l'expression « ville capitale » était connue depuis 1416 au moins. Son emploi fait suite à celui de sedes regni et caput regni que l'on voit apparaître au Moyen Âge pour désigner Paris. C'est le moine Rigord qui emploie le terme de caput regni pour la première fois dans ses Gesta PhilippiÉlisabeth Carpentier, « Histoire et informatique : Recherches sur le vocabulaire des biographies royales françaises », Cahiers de civilisation médiévale, 25, 1982, p. 3-30, à la p. 10., puis Guillaume le Breton dans sa Philippide en 1224Jean Favier, Paris, deux mille ans d'histoire, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1997. Page 269 : « Dans sa Philippide, le chapelain et chroniqueur Guillaume Le Breton donne alors à la ville son titre définitif : elle est le chef (caput, la tête) du royaume. ». Dès la fin du , Paris cumule tous les attributs de la capitale dans sa conception actuelle : siège politique, ville la plus peuplée du pays, centre culturel majeur. Au cours des siècles, elle acquiert un statut symbolique qui l'identifie à la nation tout entière, statut qu'illustre cette citation célèbre de Montaigne : Michel de Montaigne, les Essais, (Nouvelle édition, précédée d'une lettre à M. Villemain sur l'éloge de Montaigne), Paris, 1850, Éditeur Victor Lecou, page 618. À consulter sur Gallica à cette adresse : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6423214c.texteImage.

Histoire Haut Moyen Âge Les rois mérovingiens ont gardé l'habitude des empereurs romains de siéger dans les grandes cités. Si les histoires médiévales situent le premier siège politique des Francs, avant leur arrivée sur le territoire de l'Empire romain, dans la capitale semi-légendaire de Dispargum (que d'aucuns identifient Duysbourg en Belgique ou à Duisbourg en Allemagne). Ensuite Tournai est cité royale sous le règne de Childéric et Clovis, ce qui en fait la première capitale non-légendaire de ce qui formera la France. Clovis transfert sa capitale de Tournai à SoissonsGabriel Fournier, professeur d'histoire médiévale à l'Université des Lettres et sciences humaines de , .. Après la conquête du royaume de Syagrius, il fixe sa capitale à ParisGrégoire de Tours, , 38., qui conserve pendant toute la période mérovingienne une valeur symbolique, en tant que capitale du premier roi franc et de sainte Geneviève. Ainsi, lorsque les fils de Clovis se partagent le royaume, ils conservent Paris comme capitale indivise. Chaque royaume a cependant une capitale propre : Soissons ou Rouen pour la Neustrie, Reims puis Metz pour l'Austrasie, Chalon-sur-Saône pour la Bourgogne. Ces capitales n'ont cependant pas les mêmes attributs que les capitales de l'Antiquité ou des capitales modernes ; il s'agit essentiellement de résidences royales. Les derniers rois mérovingiens et les rois carolingiens abandonnèrent progressivement cette habitude de siéger dans une seule ville capitale pour privilégier des palais ruraux au centre de grands domaines, leur permettant de disposer de ses ressources, inaugurant une tradition qui se maintiendra jusqu'à la période moderne, celle des cours itinérantes. Aucun roi carolingien ne fixera durablement son siège dans une ville principale. Aix-la-Chapelle, siège du principal palais de Charlemagne, n'est pas son seul lieu de résidence, et la ville en elle-même est alors de taille très modeste.

Émergence de Paris comme capitale vignette|droite|Le Louvre sous Charles V, vers 1380. L'avènement des Capétiens et le resserrement de leur action sur le domaine royal favorise à nouveau Paris. Pour les premiers Capétiens, Paris n'est qu'une des nombreuses résidences à sa disposition, comme Orléans ou Compiègne, mais l'importance économique prise par Paris se ressent dès la fin du . L'action de Philippe Auguste est de ce point de vue déterminante, avec la construction du Louvre, l'installation définitive des archives royales au Palais de la Cité, ainsi qu'avec la sédentarisation de la Curia regis qui deviendra le Parlement. Paris reste siège du Parlement, et par la suite de la Chambre des comptes et de la Cour des Aides.

La guerre de Cent Ans oblige le gouvernement royal à se déplacer à Bourges et dans ses châteaux de Touraine. De 1420 (prise de Paris par les Bourguignons et les Anglais) à 1436 (reprise de Paris par les troupes franco-bourguignonnes), Charles VII, duc de Berry, dauphin puis roi de France, se serait vu attribuer le surnom péjoratif de « roi de Bourges » par ses adversaires anglais., ce qui conduit certains auteurs à employer erronément la formulation « royaume de Bourges »..

Capitale depuis la Renaissance Aux , la chancellerie royale désigne Paris comme « capitale de la France », même si elle n'est plus nécessairement le siège du pouvoir de décisionBernard Chevalier, « Tours et Paris au début de la Renaissance », dans Gérald Chaix (éd.), La ville à la Renaissance : espaces, représentations, pouvoirs, Paris, 2008, p. 337-352. Durant cette période, Paris est en effet rarement résidence de la cour, qui séjourne essentiellement en Île-de-France et dans le Val de Loire, notamment autour de Blois qui fait désormais partie du domaine royal. Un projet de nouvelle capitale est même envisagé en 1516 à Romorantin (« nouvelle Rome », une Roma minor) suivant l'idée de Léonard de Vinci, mandaté par Louise de Savoie, mère de , afin d'aménager un grand domaine royal ; mais ce projet est rapidement abandonné au profit du château de Chambord.

La décision politique de de fixer sa résidence à Paris dès 1528 ne la sédentarise pas pour autant, le rôle de Paris en tant que capitale n'est plus remis en cause, bien que la cour demeure itinérante. À partir du règne d'Henri III, le palais du Louvre devient la demeure royale principale, le roi y séjournant généralement pendant l’hiver jusqu'aux fêtes de Pâques.

La décision politique de de déplacer la cour à Versailles en 1682 n'a pas changé le statut de la capitale. Siège du pouvoir royal, Versailles n'est pourtant pas la capitale du royaumeSite du château de Versailles : "[Versailles] devient le nouveau centre du royaume jusqu’en 1789, sans que Paris ne perde son titre de capitale". Consultable en ligne à cette adresse : http://www.chateauversailles.fr/decouvrir/histoire/grandes-dates/versailles-capitale-royaume, et multiplie les symboles forts du pouvoir à Paris, à travers la construction de la colonnade du Louvre, ou la création de places royales (place Vendôme, place des Victoires). Le retour du roi à Paris en 1789 réaffirme le statut de capitale politique de Paris, qui se poursuit aujourd'hui.

Résidences royales et sièges de la Cour

La tradition d'itinérance des cours royales n'est pas spécifique au royaume de France. Les rois anglais séjournent également dans diverses villes du royaume d'Angleterre, tout en maintenant leur capitale à Londres. Cette itinérance ne signifie en aucun cas, au moins pour la seconde partie du Moyen Âge et la période moderne, que la capitale est itinérante. Même durant ces périodes d'itinérance, la cour siège souvent à Paris, et a même des périodes de sédentarisation, notamment au , durant lequel le roi s'installe durablement dans sa capitale. S'il est impossible de retracer cette itinérance de cour, on peut citer les principaux lieux de résidences des rois, lorsque ceux-ci ont pu correspondre à l'installation d'un pouvoir politique durable.