vignette|.
Le muid (prononcé , avec -d final muet.), du latin , « mesure [principale] » est une ancienne mesure de capacité pour les grains et autres matières sèches et également pour les liquides. Au , il est parfois écrit mui ou muy et, concernant les matières sèches, il ne désigne pas un récipient d'une taille particulière mais est un ratio d'autres mesures comme le setier, la mine, le minot, le boisseau. Ce ratio varie selon les régions et la nature des marchandises à mesurer.
Concernant les liquides, et en particulier les vins et alcools, le muid est une des neuf tailles de futaille employées en France pour les stockerDictionnaire universel de commerce, tome 3. par Jacques Savary Des Bruslons. 1748..
Muid de matières sèches vignette|Galeran comte de Meulan donne au prieuré Notre-Dame de Gournay un muid de sel à prendre à Meulan et cinq mille harengs à prendre à Pont-Audemer. Beaumont, 1165. Archives nationales de France.
Le muid de Paris () valait 12 setiers de 12 boisseaux de 640 pouces cubes, soit . Toujours à Paris, le muid contenait 24 mines ; la mine contenait 2 minots ; le minot contenait 3 boisseaux ; le boisseau contenait 4 quarts ; le quart contenait 4 litrons ; et le litron mesurait 36 pouces³. Le muid d’avoine contenait un peu plus de . Il faisait le double du muid de blé, bien que tous deux continssent 12 setiers ; mais le setier d'avoine faisait 24 boisseaux (avec 24 mines par muid, 2 minots par mine et 6 boisseaux par minot), alors que celui de blé n'en contenait que 12. Chaque boisseau faisait 4 picotins, chaque picotin mesurait 2 demi-quarts ou 4 litrons. Le muid de sel équivalait à un peu plus de , avec 24 mines par muid, 2 minots par mine, 4 boisseaux par minot ; en Lorraine, (seize vaxels font un muid). Le muid de charbon de bois valait , avec 20 mines par muid, 2 minots par mine, 8 boisseaux par minot. Début , mesure qui, pour la chaux, contient six futailles ou pièces de deux cent quarante pintes, et, pour le plâtre, trente-six sacs de chacun deux boisseauxJ.M. Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment. Vocabulaire des arts et métiers en ce qui concerne les constructions (maçonnerie), Carilian, 1814 56. Au , le muid de Rouen contenait aussi 12 setiers (de Rouen), mais 14 setiers de Paris. Il pesait livres poids de marc. Quatre muids de Rouen équivalaient à 3 lasts d'Amsterdam. Six setiers faisaient 10 muddes ou 1 muid 1/3, soit 1 last d'Amsterdam. Selon l'inventaire de 1155 à Cluny (dans le Mâconnais), un muid vaut 9 setiers; Le muid de Reims valait 16 setiersCartulaire de Signy, 1172, Arch. dépar. Ardennes, H203, f° 39-40.. Au , le muid d'Orléans pesait 600 livres, soit 12 mines ; il équivalait à 2 setiers 1/2 de Paris, ou 5 boisseaux de Bordeaux, ou 3 muddes 1/2 d'Amsterdam. Le muid du Berry faisait 21 boisseaux, donc 16 boisseaux pour un setier. Le muid (ou 12 setiers) de Paris faisait 18 muddes d'Amsterdam, et 19 setiers faisaient un last.
Muid superficie Le muid correspond également à la surface d'une pièce de terre que l'on peut ensemencer avec un muid de grain. Il était dit : "un muid de terre"Comité archéologique et historique de Noyon. L'Ancien Noyon : recherches historiques et topographiques sur les rues, maisons, hôtelleries et autres établissements de cette ville avant 1790. Comptes-rendus et mémoires, Tome 23. 1912. , citation : « Acte d'investiture d'un muid de terre faisant partie du fief... ». . De ce fait, de nombreux lieux-dits portent ce nom, souvent avec un multiple ou un qualificatif : Les Trois Muids, Le Petit Muid.
Anecdote
Muid de liquides Pour les liquides, le muid est une futaille de taille variant selon les régions. Il se divise en demi-muids ou feuillettes, quarts de muids ou quarteaux, et demi-quarts ou huitièmes de muid. Au , il contient 36 setiers. Aux , les valeurs étaient différentes et le muid parisien valait environ 130 litres dans Les mesures du vin en France aux d'après les mémoriaux de la Chambre des comptes de Paris par Pierre Portet..
Henri IV décida vers 1590 que le muid de vin serait de de Saint-Denis ou de Paris (soit environ )Muid sur dico-du-vin..
À Paris, il correspondait à (huit pieds cubes). Au , un muid de Paris comprenait 36 setiers, chacun comprenant 8 pintes.
En province, sa contenance variait de 270 à Paucton. Métrologie ou traité des mesures, poids et monnoies des anciens peuples et des modernes. Paris, 1780.. En Normandie, le muid (parfois orthographié "Muids") valait , soit . Au milieu du , les petites futailles normandes, utilisées pour le cidre, ont été alignées sur la nouvelle contenance des tonneaux de vin, pour descendre à ()Dictionnaire du patois normand, Évreux 1879.. À Lunel (Languedoc), le muid de liquides était de Mesures, sur genefourneau.com.. À Besançon (Franche-Comté), il était de . À Reims, en Champagne, le muid valait 16 setiers = 64 pots = 128 pintes = Archives départementales de la Marne, H 459. au . Au , un muid et , soit de muid, font une queue de Champagne (soit de muid pour une demi-queue) ; le tiers de muid y fait un quarto. À Orléans, Blois, Nuys (Nuits-Saint-Georges), Dijon et Mâcon, un muid fait une queue (soit de muid pour une demi-queue) ; elle est équivalente à une pipe d'Anjou ou douze pougniettes touloises.
Voir aussi Les unités de mesure de l'Ancien Régime (Volumes)
Notes et références
Catégorie:Unité de volume Catégorie:Unité de mesure ancienne française Catégorie:Unité de mesure romaine Catégorie:Tonnellerie