La bataille de Bassignana a eu lieu le , le long du Tanaro, près de Bassignana, pendant la guerre de Succession d'Autriche. Elle s'achève par une défaite des armées sardes en présence d'un ennemi supérieur en nombre.

Circonstances En 1745, le camp franco-espagnol se renforce : la France adhère à la ligue de Francfort, le , qui rassemble la Prusse, la Suède, l'Électeur palatin, le Landgrave de Hesse-Philippsthal, à laquelle adhérait aussi Charles VII, (refusant de reconnaître Marie-Thérèse, fille de Charles VI, pour héritière des États d'Autriche auxquels il prétend avoir droit) mort le . Les Français avaient défait les Anglo-Hollandais à la bataille de Fontenoy le ; Frédéric II de Prusse écrase les Autrichiens à la bataille de Hohenfriedberg (), et les Saxons à la bataille de Kesselsdorf () ce qui contraindra Marie-Thérèse à la paix de Dresde ().

De fait, en Italie, au début de 1745, la guerre semble tourner en faveur des armées franco-espagnoles, d'ailleurs en nombre impressionnant. L'armée du nord, sous le commandement de don Philippe de Bourbon et du maréchal de Maillebois est forte de et ; celle du sud, confiée au duc de Modène assisté de Gages, dispose de et . Les deux armées doivent commencer la campagne chacune de son côté, puis opérer leur jonction à La Bocchetta pour donner le coup de grâce à la domination autrichienne en Italie.

Face à des forces aussi considérables, auxquelles il faut encore ajouter les et 36 canons promis par Gênes, laquelle par le a adhéré à l'alliance entre France, Espagne et Naples, les ressources de Charles-Emmanuel III de Sardaigne sont fort modestes : un peu plus de , y compris des milices vaudoises peu habituées à la bataille rangée ; il compte cependant sur les forces de Lobkowitz, qui sous la pression de l'Espagne et de Naples, a dû abandonner Imola et se retirer à Fossalta, à côté de Modène, sur la rivière Panaro.

Vient de Madrid l'ordre de faire la jonction entre les deux armées dans le pays génois : don Philippe doit passer du comté de Nice en Ligurie ; Gages, avec , doit prendre le chemin de . De fait, ce dernier arrive à Sarzana le , puis se porte à Pontedecimo dans le Val Polcevera. En face, Lobkowitz quitte la région de Reggio et de Parme pour rejoindre Charles-Emmanuel III sur une ligne commune le long du Tanaro, entre Pavone et Bassignana.

La bataille

Les armées de don Philippe, Maillebois et Gages se rassemblent donc, atteignant le chiffre de , et s'approchent de la ligne du Tanaro. Tortona, assiégée par les Français et les espagnols, tombe le ; envoyant de forts détachements à Pavie et Plaisance, sur le conseil de Maillebois, les alliés franco-hispano-napolitains séparent les Autrichiens de Charles-Emmanuel III, et menacent la Lombardie. , remplaçant de Lobkowitz à la tête des troupes autrichiennes, croit que ses ennemis visent l'invasion du Milanais, et abandonne la ligne du Tanaro pour y courir. La disproportion des forces est en défaveur de l'armée sarde, qui ne peut aligner que face aux de ses ennemis.

Schulenburg parti, les Piémontais sont attaqués à Bassignana le . La bataille est acharnée, mais devant le nombre, les Sardes se retirent à Valenza, puis à Casale.

Anecdote sur les milices vaudoises

Lors de cette bataille, se manifeste la nette supériorité des Miquelets espagnols sur la Milice vaudoise : l'infanterie légère espagnole parvient à encercler la brigade Piémont dirigée par Alexandre Guibert de Sayssac, qui n'échappe que de peu à l'anéantissement. Leur équipement partiel en armes à canon rayé, qui rallonge sensiblement les temps de rechargement, est l'un des détails techniques qui s'ajoutent à leur peu d'habitude de la bataille rangée en terrain plat. À Bassignana toujours, notamment pendant la phase finale de l'affrontement, un élément d'infanterie légère faillit complètement à sa mission, qui était de couvrir le retrait de l'aile droite sarde, qui subit de ce fait des pertes sévères.

Conséquences

Au lieu de poursuivre l'armée sarde, les alliés franco-hispano-napolitains mettent le siège en octobre devant Alessandria, défendue par le marquis Isnardi, qui abandonne la cité après une brève résistance, et s'enferme dans la citadelle. Laissant là de quoi les surveiller, les alliés se dirigent sur Valenza, défendue par , qui, ne pouvant tenir, détruit ses canons et se retire à Casale. Asti et Casale tombèrent à leur tour aux mains des alliés, qui alors se séparent : Maillebois reste au Piémont avec les Français ; Gages passe en Lombardie avec les Espagnols, entrant même dans Milan, mais sans parvenir à prendre la citadelle où s'est réfugiée la garnison.

À l'approche de l'hiver, les opérations de guerre sont suspendues, et Louis XV cherche pendant cette trêve forcée à séparer Charles-Emmanuel de ses alliés autrichiens, lui promettant toute la Lombardie à gauche du Pô et les territoires entre ce fleuve et la Scrivia. Le roi de Sardaigne est sur le point de céder, mais la paix de Dresde, le , permet à l'impératrice, libérée de la pression prussienne, d'expédier en Italie une armée dirigée par le général Browne, devant faire jonction avec Liechtenstein qui succédait à Schulenburg. Fort de cet appui, Charles-Emmanuel III rompit les tractations avec la France et prépara la campagne suivante.

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Notes et références

Catégorie:Bataille de la guerre de Succession d'Autriche Bassignana Bassignana Bassignana Bassignana Catégorie:Histoire de l'Italie au XVIIIe siècle Catégorie:Histoire du Piémont Catégorie:Bataille impliquant le royaume de Sardaigne Catégorie:Province d'Alexandrie Catégorie:1745 en Italie Bassignana Catégorie:Septembre 1745 Catégorie:Charles-Emmanuel III