Alberto Isaac Ahumada, né le à Mexico - mort le à Mexico, est un nageur olympique mexicain, ainsi qu'un réalisateur, scénariste, acteur et producteur de cinéma. Il fut également critique de cinéma, caricaturiste, et membre de l'Institut mexicain de cinématographie.

Biographie L'enfance et les premières années Alberto Isaac Ahumada est né à Mexico en 1925Les sources divergent et donnent une date entre 1923 et 1925. Son père étant décédé alors qu'il n'était qu'un jeune enfant, il est élevé dans l'État de Colima par trois de ses tantes et un oncle, qui dirige un cinéma. Il suit des études pour être professeur, mais ne se consacre à l'enseignement que très peu de temps. Il retourne à Mexico, où il écrit dans la section des sports d'un quotidien et devint rapidement caricaturiste pour la revue Esto du groupe OEM. Puis il devient rédacteur en chef de la section divertissements, en même temps qu'il participe aux journaux El Universal, El Sol de México, et Novedades.

Les années olympiques Alberto Isaac est également un nageur de niveau olympique. En 1941, il est le premier Mexicain à nager le cent mètres nage libre en moins d'une minute, à La Havane, à Cuba, avec 59 secondes 08. Surnommé la flèche de Colima, il nage aux Jeux de Londres en 1948, et aux Jeux d'Helsinki en 1952.

Les années 1950 Dans les années 1950, Isaac cherche d'autres moyens d'expression. Tout en conservant ses rôles de rédacteur, rédacteur en chef, et dessinateur, il s'exerce notamment à la céramique. C'est d'ailleurs certainement dans ce métier qu'il rencontre le céramiste Hugo Velásquez qui apparaîtra dans deux de ses films apparaît dans Las visitaciones del diablo et En este pueblo no hay ladrones.

Les premiers pas au cinéma En 1964, la STPCSindicato de Trabajadores de la Producción Cinematográfica de la República Mexicana (STPC) ouvre au public le Premier Concours du Film Expérimental, qui prétend donner à de nouveaux talents l'opportunité d'entrer dans l'industrie du cinéma mexicain, alors très fermée. Isaac y voit l'occasion rêvée de tenter sa chance. Trente réalisateurs amateurs participent, douze films sont présentés, et Isaac remporte le second prix avec En este pueblo no hay ladronesLe premier prix est remporté par Rubén Gámez pour La Fórmula secreta. Isaac et le critique de cinéma Emilio García Riera avaient décidé d'adapter une nouvelle de leur ami Gabriel García Márquez, alors inconnu. Le film avait été tourné en trois semaines à Mexico et à Cuautla, en utilisant parcimonieusement un budget restreint. Il raconte l'histoire d'un jeune fauteur de troubles (incarné par Julián Pastor) dérobant les boules de billard de la salle de jeu locale, seule source de distraction du petit village. On peut voir apparaître dans ce film un véritable Who's Who de la scène artistique mexicaine de l'époque : Luis Buñuel, Arturo Ripstein, Alfonso Arau, José Luis Cuevas, l'écrivain Juan Rulfo, les caricaturistes Ernesto García Cabral et Abel Quezada, l'actrice Elda Peralta, le critique Carlos Monsiváis, ainsi qu'Isaac, sa femme Lucero, Emilio García Riera et Gabriel García Márquez eux-mêmes.

Ce film est un succès, mais Isaac doit attendre trois ans avant que le producteur Alfredo Ripstein Jr. (le père d'Arturo) lui offre la possibilité de diriger Las visitaciones del diablo (1968)Alberto Isaac lui renvoie l'ascenseur en offrant un rôle majeur à sa fille Silvia (sous le pseudonyme Daniela Rosen).

Les documentaires sportifs À la fin des années 1960, Issac concilie ses deux passions, le cinéma et le sport, en dirigeant deux documentaires sur deux événements majeurs se déroulant à Mexico : les Jeux olympiques d'été de 1968 et la Coupe du monde de football de 1970. Ce deuxième film, présenté comme une fiction, sort également sous le nom The World at Their Feet.

La nouvelle vague mexicaine : les années Echeverría Luis Echeverría, président du Mexique de 1970 à 1976 offre aux cinéastes un nouveau terrain d'expression, en relâchant la censure cinématographique et télévisuelle, et en leur ouvrant de nouveaux sujets tels que la politique. Après le personnel Los días del amor, Isaac est engagé par les studios Churubusco pour El rincón de las vírgenes (1972). Puis la société d'état CONACINE produit Tívoli (1975), Cuartelazo (1977), et Las noches de Paloma (1978). Alberto Isaac est alors un proche de Luis Echeverría qu'il accompagna au Chili lors d'un voyage officiel en 1972.

Ces cinq longs métrages sont tous des films d'époque : Los Días del amor se déroule en 1927, El rincón de las vírgenes dans les années 1920, Tivoli au début des années 1950, Cuartelazo et Las noches de Paloma pendant la révolution mexicaine. L'inspiration se partage entre l'autobiographie (l'utilisation récurrente de Colima), les histoires de Juan Rulfo (El rincón de las vírgenes), les contes grivois de Boccace (Las noches de Paloma) et l'Histoire (Cuartelazo).

Durant cette période, Isaac fait appel de manière récurrente aux mêmes acteurs. On peut citer José Luis Cuevas, Alfonso Arau, Arturo Beristáin, Héctor Ortega, Juan José Martínez Casado, Pancho Córdova, et Dolores Beristáin.

Les années Portillo Avec l'arrivée à la présidence de José López Portillo en 1976, une commission de surveillance télévisuelle est mise en place, la RTCComisión de Radio, Televisión y Cinematografía (RTC), présidée par Margarita López Portillo (sœur du président), qui aborda une politique conservatrice, et réduisit les budgets alloués aux productions cinématographiques d'état. Des réalisateurs tels qu'Alberto Isaac, Felipe Cazals, Jorge Fons ou José Estrada connaissent des difficultés à partir de cette époque. Alberto Isaac rédige des critiques dans le magazine Esto, ce qui valut à tous les Isaac du Mexique d'être blacklistés de l'industrie du cinéma durant le mandat de Margarita López Portillo. Deux projets de films furent annulés sous l'influence de la RTC, et Isaac fut finalement renvoyé des magazines Esto et El sol de México.

Pendant ce sextennat difficile, Isaac réalise un seul long métrageSans compter Cuartelazo et Las noches de Paloma dont les productions avaient été commencées avant le mandat de José López Portillo, le drame Tiempo de lobos, en 1981.

Les années 1980 En 1980, Isaac est membre du jury de la Berlinale. En mars 1983, il est nommé à la tête du tout nouvel Institut mexicain de cinématographie (l'IMCINE), jusqu'à sa démission en 1986. Il y organise un nouveau concours de cinéma expérimental, en hommage à celui qui lui avait ouvert les portes du métier vingt ans plus tôt. En 1986, Isaac renoue avec le succès grâce à Mariana, MarianaLa réalisation était initialement attribuée à José Estrada, qui décéda le , fondé sur un roman de José Emilio Pacheco. Le film remporta huit ArielsPlus un Ariel Spécial pour la prestation de l'enfant acteur Luis Mario Quiroz, la distinction cinématographique la plus élevée du Mexique. En 1988, Isaac reforme en partie l'équipe pour diriger ¡Maten a Chinto!, film noir qui décrit l'accès de violence inexpliqué d'un gérant d'hôtel, précipitant l'issue sanglante d'une prise d'otages.

Les dernières années En 1993, Alberto Isaac publia un livre d'entretien avec le directeur de photographie Gabriel Figueroa. Il réalisa son dernier long métrage, la comédie Mujeres insumisas, en 1994. Le film reçut seize nominations aux Ariels, et remporta deux prix : Meilleur second rôle féminin et Meilleur montage.

En 1997, un mois avant sa mort, il annonce la pré-production d'un film intitulé Señas de identidad, inspiré d'un roman de José Emilio Pacheco sur le Massacre de Tlatelolco en 1968. Mais la crise économique que connait le Mexique après 1994 vaut au projet de ne pas voir le jour.

Alberto Isaac consacre également ses dernières années à la peinture. En 1994, il fait sa première exposition à Colima, puis à l'Université de Guadalajara en 1995. Il décède le d'un arrêt cardiaque. Il est incinéré, et sa dernière épouse Julieta Sanjuan dissémine ses cendres au-dessus de l'océan.

Les hommages De son vivant, son nom fut donné à une rue de la ville de Colima et à la piscine olympique de l'Unidad Deportiva Morelos située dans la delegación Gustavo A. Madero de Mexico. Après sa mort, une plaque à son nom est installée sur la jetée de , là où ses cendres ont été versées. Ses œuvres artistiques sont regroupées à la maison de la culture de Comala.

La famille Alberto Isaac fut marié quatorze ans à Lucero, qui travailla sur plusieurs films de son mari (jusqu'à Tiempo de lobos), et fit quelques apparitions à l'écran. Elle eut sa propre carrière en tant que scénographe à succès. Elle remporta quatre Ariels.

Le fils d'Alberto et Lucero, Claudio, a marché dans les traces de son père en tant qu'artiste et cinéaste. Après être apparu comme caméo dans plusieurs films de son père, il réalisa son premier long métrage à 20 ans, Crónica íntima (1976). Sa carrière fut également contrariée par Margarita López Portillo.

En 1984, Isaac se remaria avec Julieta Sanjuan.

Filmographie Comme réalisateur

1965 : En este pueblo no hay ladrones 1968 : Las visitaciones del diablo 1969 : Olimpiada en México 1970 : The World at Their Feet 1970 : Fútbol México 70 1972 : Los días del amor 1972 : El rincón de las vírgenes 1973 : Cita en Guadalajara 1974 : Entrevista Echeverria-Ford 1975 : Tívoli 1977 : Cuartelazo 1978 : Las noches de Paloma 1980 : El pueblo del sol 1981 : Tiempo de lobos 1987 : Mariana, Mariana 1990 : ¡Maten a Chinto! 1995 : Mujeres insumisas

Comme scénariste 1965 : En este pueblo no hay ladrones de lui-même 1968 : Las visitaciones del diablo de lui-même 1969 : Olimpiada en México de lui-même 1972 : Los días del amor de lui-même 1972 : El rincón de las vírgenes de lui-même 1975 : Tívoli de lui-même 1977 : Cuartelazo de lui-même 1981 : Tiempo de lobos de lui-même 1981 : ¡Pum! de José Estrada 1990 : ¡Maten a Chinto! de lui-même 1995 : Mujeres insumisas de lui-même

Comme producteur 1965 : En este pueblo no hay ladrones de lui-même

Comme acteur 1965 : En este pueblo no hay ladrones de lui-même 1965 : Tiempo de morir de Arturo Ripstein 1968 : The Young Animals de Maury Dexter 1971 : Si tu crois fillette (Pretty Maids All in a Row) de Roger Vadim 1977 : Cuartelazo de lui-même 1978 : El año de la peste de Felipe Cazals 1979 : Crónica íntima de Claudio Isaac 1980 : El jugador de ajedrez de Juan Luis Buñuel

Distinctions cinématographiques Récompenses 1983 : Déesse d'argent du Meilleur Film des Journalistes du Cinéma Mexicain pour Tiempo de lobos 1988 : Prix Ariel d'Or et Ariel d'Argent du Meilleur réalisateur pour Mariana, Mariana

Nominations 1995 : nommé pour la Coquille d'or du Festival international du film de Saint-Sébastien pour Mujeres insumisas 1996 : nommé pour l'Ariel d'Argent dans les catégories Meilleur réalisateur, Meilleur histoire originale, et Meilleur scénario pour Mujeres insumisas

Bibliographie 1990 : Las noches de ronda, Éd. Cal y Arena, 1993 : Conversaciones con Gabriel Figueroa, Éd. Universidad de Guadalajara (CIEC) y Universidad de Colima, 1999 : Recaditos (posthume), Éd. Fondo Estatal para la Cultura y las Artes de Colima,

Notes et références

Liens externes

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