La synagogue de Rouyn-Noranda, située au Québec, Canada, fut construite en 1948 sous le nom de Beit Knesset Israel en hébreu ou Kneseth Israel Congregation en anglais par la Rouyn-Noranda Hebrew Congregation. Une première synagogue en bois avait été construite auparavant en 1932 au même endroit. Elle ferma ses portes comme lieu de culte juif en 1972.

Description 56 bâtiments d'intérêt patrimonial ont été répertoriés par la ville de Rouyn-Noranda, dont la synagogue située dans le quartier de Noranda sur la Rue entre l'Aréna Iamgold et l'hôpital Youville.

Sa cote d'évaluation patrimoniale par la ville est de B+Étude d'ensemble et inventaire du patrimoine bâti de Rouyn-Noranda ANNEXE 3 - Liste des bâtiments évalués à la page 49. Ville de Rouyn-Noranda - Culture, Communications et Condition féminine, Québec, décembre 2003.

thumb|150px|right|Synagogue de Mragowo Cerkiew. thumb|150px|right|Autres édifices en brique à Rouyn-Noranda. Style architectural La synagogue de Rouyn-Noranda a été reconstruite entre 1948 et 1949 dans un style d'architecture néo-roman, interprété selon une sensibilité nord-américaine. Ce style se caractérise par une ornementation classique, des surfaces aux formes douces et arrondies, ainsi que par l'usage de fenêtres elliptiques. Contrairement aux édifices chrétiens, l'extérieur du bâtiment ne suit aucun style liturgique normatif : comme souvent dans l'architecture synagogale, l'aspect extérieur reflète les tendances locales tandis que l'agencement intérieur répond à un modèle religieux établi.

L'édifice présente des similarités avec le Temple Beth Israel de San Diego en Californie, ainsi qu'avec l'ancienne synagogue de Mrągowo en Pologne, aujourd'hui transformée en église (Mragowo Cerkiew). Le style adopté s'inspire directement de l'architecture romane, notamment à travers l'utilisation d'arcs en plein cintre encadrant les vitraux, ainsi que par la présence d'un corps central en saillie. L'influence du style néo-gothique est également perceptible, ce dernier partageant avec le néo-roman la volonté de réinterpréter des formes médiévales, tout en adoptant un langage architectural plus sobre et dépouillé, illustré notamment par l'œuvre de l'architecte H. H. Richardson.

L'architecture des synagogues d'Europe de l'Est a également influencé cette construction. À cette époque, de nombreuses congrégations juives optaient pour le style néo-roman afin de se distinguer des styles néo-gothique et classique, généralement associés aux traditions chrétiennes. Toutefois, les matériaux utilisés s'adaptent aux ressources locales : la synagogue de Rouyn-Noranda est ainsi construite en brique maçonnée. Les briques ont été posées à l'anglaise, alternant boutisses et panneresses dans les lits horizontaux.

Ce matériau était également utilisé dans d'autres édifices religieux de la région, tels que l'église Notre-Dame-de-la-Protection sur la Rue, ou encore l'Église catholique ukrainienne fondée par le père Chayka en 1955.

Un tympan en applique sert de panneau d'inscription. Les ouvertures sont composées de fenêtres en plein cintre surmontées d'un bandeau de briques formant une animation décorative sur le parement. Les fenêtres sont dotées de croisillons (montants verticaux) et de meneaux (traverses horizontales), un style de fenestration hérité des maisons du Régime français et des habitations traditionnelles québécoises.

Initialement doté d'un toit plat, l'édifice a subi une modification majeure à la fin des années 1990 : il est désormais coiffé d'un toit en croupe (ou toit à quatre versants), recouvert de bardeaux d'asphalte posés sur une charpente de bois.

Traduction sur la façade thumb|150px|right|Une étoile de David au cimetière de Krugerdorf.

Sous l'Étoile de David Sous l'oculus décorée de l'étoile de David, se trouve l'inscription suivante : ישראל (Israël) כנסת (Knesset) בית (Beit) (lire de la droite vers la gauche : Beit Knesset Israel). Il s'agit de la maison de l'assemblée d'Israël. Knesset signifie « assemblée » en hébreu mais désigne d'abord « l'assemblée des fidèles ».

1948 correspond à l'année 5709 selon le calendrier des juifs. 5709 est une année hébraïque qui a commencé à la veille au soir du et s'est terminée le .

Sur la plaque thumb|150px|right|Plaque sur le coin gauche de la façade. Traduction de l'hébreu : Cette pierre angulaire a été posée par Michael Korman, président de la synagogue le 30 Tishrei 5710 La dernière phrase correspond à la date du ל״ בתשרי ה׳תשי״ ou 30 Tishrei 5710. C'est une date du calendrier hébreu qui correspond au dimanche du calendrier grégorien. 5710 est une année hébraïque qui a commencé à la veille au soir du et s'est finie le . This corner stone laid by Michael Korman 1949 président 5710 En anglais la date exacte n'est pas spécifiée, juste 1949 est écrit et il est mentionné que Korman est président au lieu de président de la synagogue en hébreu.

Histoire thumb|150px|right|Synagogue de Rouyn-Noranda en 1948. thumb|150px|right|Synagogue de Rouyn-Noranda en 1977. Edmund Henry Horne est attiré pour la première fois par la structure générale de la roche dans la région de Rouyn en 1911Histoire de Rouyn-Noranda par le portail de la Ville. Malgré des résultats décevants, la ténacité et l'instinct du prospecteur le pousseront à former un syndicat pour financer le jalonnement et le développement d'un secteur de .

Dans l'extrait du Rouyn-Noranda Press du confirme la date d'inaugurationRetranscription de la microfiche du Rouyn-Noranda Press du 27 octobre 1949 à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec.. Nouvelle synagogue officiellement inaugurée après un défilé, dimanche dernier New Synagogue Officially Opened Following Parade Last Sunday

thumb|150px|right|La synagogue de Rouyn-Noranda. + Information du Bureau d'enregistrement / Registry office Date Titres de vente Année 1922 Horne Copper Corporation achète 600 acres de forêt dans l'actuel Noranda. #14502 : Vente de Horne Copper Corporation à Noranda Mines Limited pour 1$ comptant devant Maître HébertBureau d'enregistrement du comté de Témiscaming : Certificat des droits réels affectant le lot 411 de Noranda depuis le cadastre (), jusqu'au . Certificat . #16861 : privilège conférant un droit de préférence de M. Napoléon D. Fontaine à The Hebrew Congregation of Rouyn-Noranda pour 95$. (Construction de la première synagogue en bois) #39004 : bail emphytéotique de 99 ans pour 325$ comptant de Noranda Mines Limited à Rouyn-Noranda Hebrew Congregation avec des Droits miniers et de passage réservés et un loyer annuel de 1$. #20561 : vente de Rouyn-Noranda Hebrew Congregation à Rouyn-Noranda Lions Club Inc. avec des Droits miniers et de passage réservés et un loyer annuel de 1$ à Noranda Mines Limited pour la somme de $. #33695 : vente de Rouyn-Noranda Lions Club Inc. à Clément et Jean-Pierre Lacasse pour $. #36517 : cession de droits par Jean-Pierre Lacasse à Clément Lacasse des droits indivis dans le lot. Transformation de la synagogue en une propriété à revenus de 12 logements. #39637 : vente de Clément Lacasse à Luc Lincourt pour . Elle sera revendue en 1986 et en 2007. Les deux synagogues auront servi de lieu de culte pendant 40 ans, la première pendant 17 ans (1932-1948) et l'actuelle pendant 23 ans (1949-1972).

thumb|150px|right|Calendrier hébreu pour l'an 5591 (1831) thumb|150px|right|Moïse portant les Tables de la Loi (José Ribera, 1638)

Symboles du judaïsme L'étoile de David (מגן דוד – Maguen David, signifiant « bouclier de David » en hébreu) constitue un symbole central du judaïsme. Elle est formée de deux triangles superposés, orientés en sens opposés. Ce symbole figure notamment sur le drapeau de l'État d'Israël.

Le motif de la porte d'entrée des synagogues reprend fréquemment la forme des Tables de la Loi, en référence aux tablettes de pierre remises à Moïse sur lesquelles Dieu aurait gravé les Dix Commandements. Leur représentation en architecture est devenue un symbole répandu du judaïsme.

Les neuf fenêtres visibles sur certaines façades, incluant l'oculus, sont parfois interprétées comme une allusion à la hanoukkia, chandelier à neuf branches utilisé durant la fête de Hanoucca, la fête des Lumières. Ce chandelier comporte une branche supplémentaire, appelée shamash, servant à allumer les autres bougies. Bien que la hanoukkia ne soit pas d'origine biblique, elle a accompagné les communautés juives tout au long de l'exil, jusqu'au rétablissement de l'usage de la ménorah, chandelier traditionnel à sept branches.

Les huit fenêtres peuvent quant à elles symboliser le dépassement du chiffre sept, souvent associé à la complétude et au Chabbat, pour évoquer l'entrée dans un nouveau cycle. Contrairement à la ménorah, la hanoukkia est traditionnellement placée à la fenêtre afin de diffuser sa lumière vers l'extérieur, marquant la présence juive dans la diaspora. Le chiffre huit est également associé au Brit milah, cérémonie de circoncision pratiquée le huitième jour après la naissance d'un garçon juif.

La fête de Hanoucca s'étend sur huit jours à partir du de Kislev, selon le calendrier hébraïque. Enfin, Shemini Atzeret, littéralement « le huitième jour de l'Assemblée », est une fête juive célébrée immédiatement après les sept jours de Souccot.

Histoire des Juifs Au Canada

Ce n'est qu'en 1760, durant la guerre de la Conquête opposant les Britanniques à une coalition de Français et de peuples autochtones, qu'un premier groupe de Juifs – soldats et officiers servant dans l'armée britannique – arrive pour la première fois au Canada, plus précisément à Montréal. Ces premiers arrivants étaient des militaires, mais également des négociants et commerçants. À la suite de la prise de Montréal par les Britanniques, le , une petite communauté juive s'établit dans le secteur du port.

L'abrogation du décret de 1627, consécutive à la cession de la Nouvelle-France au terme du traité de Paris (1763), permet à un nombre limité de Juifs issus des Treize Colonies, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de l'Allemagne de s'installer au Canada.

La première synagogue canadienne, la Sherith Israel Congregation, est fondée à Montréal en 1768.

Le , les Juifs du Canada obtiennent les mêmes droits que les autres sujets britanniques, incluant celui d'être élus au Parlement.

Le recensement de 1871 indique une population juive totale de personnes au Canada, réparties notamment entre Montréal (409), Toronto (157) et Hamilton (131), le reste étant dispersé principalement le long du fleuve Saint-Laurent.

En 1901, de nouvelles communautés juives voient le jour à travers le pays, avec Montréal en tête (), suivie de Toronto () et de Winnipeg (). Entre 1901 et 1911, le Canada accueille juifs.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, en 1919, le Congrès juif canadien est fondé afin de soutenir les Juifs d'Europe de l'Est. Durant ses premières années, il crée la Jewish Immigrant Aid Society (JIAS), destinée à l'accueil des nouveaux arrivants. Le Congrès, inactif durant les années 1920, reprend ses activités avec l'accession des nazis au pouvoir. Dans les années 1930, il lutte contre la propagande nazie, collecte des fonds pour l'American Jewish Joint Distribution Committee et plaide pour l'accueil de réfugiés juifs en provenance d'Europe.

Malgré ces efforts, les politiques canadiennes demeurent restrictives : entre 1921 et 1931, seulement Juifs sont autorisés à immigrer au Canada. Cette période est marquée par une montée de la xénophobie et de l'antisémitisme, accentuée par la Grande Dépression. Plusieurs publications francophones expriment une opposition à l'accueil des réfugiés juifs. Le premier ministre William Lyon Mackenzie King se montre sensible à leur sort, mais cède aux pressions politiques et sociales.