La Bresle est un fleuve côtier du Nord-Ouest de la France se jetant dans la Manche au Tréport sur la Côte d’Albâtre, au terme d’un cours, long de 68. à . selon les sources sur le site du SANDRE, selon l’EPTB d’Aumale, le Petit Larousse, l’Encyclopédie Encarta et Pierre-Jean Thumerelle dans son article consacré au fleuve., qui lui fait traverser les départements de l’Oise, de la Somme et de la Seine-Maritime. Longtemps, elle servit de frontière naturelle entre des entités politiques puissantes et antagonistes. Ce rôle stratégique, la présence de puissants comtes ou comtesses d’Eu (les femmes jouèrent un grand rôle dans l’histoire de la vallée), des membres de la Maison d’Orléans, ont contribué à léguer un riche patrimoine, tout particulièrement dans la partie aval du fleuve.
Aujourd’hui, sa vallée verdoyante, moitié normande, moitié picarde, piquetée d’étangs, conserve une tradition verrière, remontant au Moyen Âge, qui en fait le premier pôle mondial du flaconnage de luxe. La présence de nombreuses entreprises implantées dans les petites villes ou villages qui s’égrènent le long de ses rives n’a pas compromis un environnement riche d’espèces animales et végétales. Les eaux poissonneuses de la Bresle, classée cours d’eau de première catégorie dans son intégralité, voient remonter saumons atlantiques et truites de mer en grand nombre.
Hydronymie
C’est seulement au que le fleuve est mentionné sous sa forme actuelle de Bresle.
Dans sa Géographie, Ptolémée le note Phroudis. Avant le , il est attesté avec différentes graphies, sous diverses formes : Auvae (ou Awae) fluvium (Vie de saint Valery), Aucia fluvium (mention isolée), puis Auga au (Flodoard, Richer), Ou en 1040-1060. et enfin Eu, qui est devenu le nom de la ville d’Eu. Cet hydronyme s’explique vraisemblablement par un terme francique issu du germanique commun *aʒw- > *aw-, que l’on retrouve par exemple dans le mot *aʒwjō > *aujō « île ; prairie humide » (souvent latinisé en augia cf. Oye-plage). Il procède de l’évolution de la racine indo-européenne *akwā- en germanique commun, où elle est à l’origine du radical, ce qui explique la relation entre le latin aqua « eau » et l'allemand Au « prairie humide » (vieux haut allemand ow(i)a)Dominique Fournier, « Hydronymie sommaire du pays d’Auge », Le Pays d'Auge, mai 1985, association Le Pays d’Auge, Lisieux, .. L’ancien nom de la rivière (Eu, forme plutôt picarde ; Ou, forme plutôt normande) a donné son nom à la ville éponyme, selon un processus bien connu par ailleurs (cf. Dieppe, Fécamp, Veules-les-Roses).
Par la suite, la rivière d’Ou ou d’Eu est mentionnée pour la première fois sous la forme latinisée Brisella au .. L’origine de ce dernier nom demeure inconnue, aucune des hypothèses avancées n’étant satisfaisante. Il est à noter qu'une cité gallo-romaine a existé sur le site de Bois-L'Abbé près d'Eu dont le nom était Briga. Un lien connu entre le nom de la cité gallo-romaine et Brisera / Bresle fait cependant défaut.
Géographie thumb|center|upright=1.8|Carte du bassin versant.
Cours et hydrogéologie
La Bresle prend sa source à Abancourt, commune de l’Oise, dans le bois à Saules, à environ Article de Pierre-Jean Thumerelle in Guide des merveilles naturelles de la France, Sélection du Reader’s Digest, 1973, .Fiche de la ZNIEFF 220013596 - Larris de Lannoy-Cuillere, d’Abancourt et de Saint-Valéry, bois de Varambeaumont. Cliquer sur la cartographie du site.. La position de la source varie toutefois en fonction du niveau de la nappe qui l’alimente ; lorsque le niveau est au plus haut, elle est localisée plus en amont sur le territoire de Blargies, lorsqu’il est au contraire au plus bas, elle se situe au hameau de Hadancourt appartenant à la commune de CriquiersSAGE Vallée de la Bresle - État initial des milieux et des usages d’eau, EPTB Bresle, juin 2010, .Ces différentes localisations de la source expliquent les divergences sur la longueur du cours d’eau..
Le cours de la Bresle peut être divisé en trois parties distinctes. Entre la source et Senarpont, le fleuve s’écoule selon une direction nord-est à travers le plateau de Formerie, recevant dans un premier temps l’apport de quelques petits tributaires (le ru d’Haudricourt et le Ménillet) avant Aumale où il revêt encore l'aspect d’un ruisseau à la pente forte de . À compter de cette ville jusqu’à la confluence, à Senarpont, avec le Liger, son principal affluent, la Bresle voit sa pente se réduire à , son débit augmenter ( à Sénarpont juste après reçu l'apport de son tributaire)SAGE Vallée de la Bresle - État initial des milieux et des usages d'eau, EPTB Bresle, juin 2010, .. Entre Sénarpont et Eu, le cours d'eau prend la direction sud-est - nord-ouest, caractéristique des fleuves côtiers de Seine-Maritime et de la Somme, sa pente se stabilise aux environs de . Sa vallée, encaissée dans la craie, à fond plat, est, en aval, parsemée d’étangs et de marais ; elle présente un profil dissymétrique avec des pentes relativement douces en rive gauche (versant normand), des talus plus abrupts côté nord en rive droite sur le versant picardDocument objectifs NATURA 2000 FR « Vallée de la Bresle », EPTB Bresle, Lire en ligne .. Après avoir reçu les eaux de la Vimeuse à Gamaches, le fleuve atteint une largeur moyenne de dix mètres avant de se ramifier en de nombreux bras (la Teinturerie et la Busine à Eu) et qu’une partie de son cours ne soit canalisé entre Eu et Le Tréport. Entre ces deux dernières villes, la Bresle coule dans une large vallée herbeuse, large d’un kilomètre, encadrée de versants raides de de dénivellation, boisés et entaillés par des vallons secs. Cette vallée porte les traces de l’ancien cours du fleuve qui se jetait à Mers-les-Bains jusqu’au Moyen Âge (son ancien estuaire forme aujourd’hui la « Prairie » sur laquelle est édifiée une majeure partie de cette petite ville du département de la Somme). Au , le détournement des eaux de la Bresle, qui procède plus de la rectification du cours du fleuve que du creusement d’un canal, amena son embouchure au TréportArticle de Pierre-Jean Thumerelle in Guide des merveilles naturelles de la France, Sélection du Reader’s Digest, 1973, ..
Formée au Quaternaire, voici moins de deux millions d'années, la vallée de la Bresle appartient à la partie septentrionale du Bassin parisien constituée de craie du Crétacé supérieur. La porosité de cette dernière lui permet d’emmagasiner une quantité considérable d’eau et représente ainsi un aquifère de première importance qui joue un rôle primordial dans l’alimentation constante des cours d’eau garantissant des débits d’étiage élevés, même en période de sécheresse. La profondeur de la nappe suit globalement la topographie : elle peut atteindre à plus de sous les plateaux et diminue progressivement en fond de valléeDocument objectifs NATURA 2000 FR « Vallée de la Bresle », EPTB Bresle, Lire en ligne .. La Bresle draine sur la rive normande (gauche) des craies argileuses du Cénomanien et du Turonien et sur la rive picarde (droite) des craies à silex du Coniacien. Les flancs de la vallée, recouverts de nombreux espaces boisés, sont constitués de limons, enrichis en sables et graviers en bas des pentesFrédéric Pitois et Alain Jigorel, Mesure du concrétionnement calcaire dans les rivières de Haute-Normandie, INSA de Rennes, 2004, .. Le fond de la vallée est surtout occupé par des alluvions quaternaires, en général argileuses, brunes, jaunes ou souvent grisâtres en raison de la présence de matières organiques d’origine végétale. Ces alluvions sont couvertes de prairies et de peupleraies.
Départements et communes traversés
Dans les trois départements de l’Oise, de la Seine-Maritime et de la Somme, la Bresle traverse trente-trois communes et six cantonsCarte de présentation du bassin versant de la Bresle de l’EPTB Bresle., de l'amont vers l'aval : Blargies, Abancourt, Criquiers, Lannoy-Cuillère, Saint-Valery, Haudricourt, Quincampoix-Fleuzy, Aumale, Gauville, Lafresguimont-Saint-Martin, Ellecourt, Saint-Germain-sur-Bresle, Vieux-Rouen-sur-Bresle, Neuville-Coppegueule, Saint-Léger-sur-Bresle, Hodeng-au-Bosc, Senarpont, Nesle-Normandeuse, Nesle-l'Hôpital, Neslette, Blangy-sur-Bresle, Bouttencourt, Monchaux-Soreng, Gamaches, Longroy, Incheville, Beauchamps, Bouvaincourt-sur-Bresle, Ponts-et-Marais, Oust-Marest, Eu, Mers-les-Bains et Le Tréport.
Soit en termes de cantons, la Bresle prend sa source dans le canton de Grandvilliers, traverse les canton de Gournay-en-Bray, canton de Poix-de-Picardie, canton de Gamaches, canton de Friville- Escarbotin et conflue dans le canton d'Eu.
Toponymie
La Bresle a donné son hydronyme aux communes de Blangy-sur-Bresle, Bouvaincourt-sur-Bresle, Saint-Germain-sur-Bresle, Saint-Léger-sur-Bresle, Vieux-Rouen-sur-Bresle.
Bassin versant vignette|gauche|La Bresle au centre d'Eu (vue vers l'amont).
La Bresle traverse sept zones hydrographiques G010, G011, G012, G013, G014, G015, G017 et la Vimeuse traverse la zone hydrographique G016.
Le bassin versant de la Bresle occupe une superficie de , répartie sur trois départements : l’Oise pour dans sa haute vallée, la Somme pour et la Seine-Maritime pour Statistiques sur le site de l'EPTB Bresle.. L’ensemble de son bassin recouvre totalement ou partiellement le territoire de 115 communes regroupant habitants, soit une densité moyenne de (largement supérieure à celle du bassin de l’Authie - - qu’on peut lui comparerInstitution départementale Pas-de-Calais/Somme pour l’aménagement de la vallée de l’Authie, Le bassin versant de l’Authie Lire en ligne .). La population est concentrée dans le cours aval du fleuve entre Blangy-sur-Bresle et l’embouchure qui rassemble les agglomérations les plus peuplées de la vallée ; en amont, les densités s’avèrent nettement plus faibles.
Les cours d'eau voisins sont la Somme au nord et au nord-est, les Évoissons à l'est, le Thérain au sud-est, la Yerres, puis l'Arques et l'Eaulne au sud, la Yerres au sud-ouest, la Manche à ouest et au nord-ouest.
Organisme gestionnaire
vignette|Le Liger, l'affluent principal de la Bresle, à Saint-Aubin-Rivière. L’« Institution interdépartementale Oise, Seine-Maritime et Somme, pour la gestion et la valorisation de la Bresle », dont le siège est sis à Aumale, est chargée de coordonner actions et projets concernant le fleuve côtier. Par arrêté du Qui sommes-nous ? sur le site de l'EPTB Bresle., elle est devenue un établissement public territorial de bassin (EPTB), organisme reconnu officiellement dans le domaine de la gestion de la ressource « eau » sur le bassin versantSite du nouvel établissement public territorial de bassin. et a pour mission principale l’établissement d’un schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE)Historique du SAGE Bresle sur le site de l'EPTB Bresle.. L'EPTB a signé un contrat d’objectifs de gestion de l’eau (COGE), le , qui fixe son programme d'actions à finalité environnementale (protection des eaux contre toutes les formes de pollution) et lui permet de bénéficier de subventions du conseil généralLe COGE sur le site de l'EPTB-Bresle..Le 18 Aout 2016, le SAGE est approuvé et s'applique à l'ensemble du bassin de la Bresle. Au premier , à la suite du retrait des conseils départementaux, l'EPTB trouve une nouvelle forme juridique et devient Syndicat Mixte d'Aménagement, de gestion et de valorisation du bassin de la Bresle (SMAB).
Affluents
La Bresle a huit affluents et huit bras référencés. Ses principaux affluents, cours d’eau de faible importance, sont (de l’amont vers l’aval) : le ruisseau d'Haudricourt (rg), à Haudricourt (bassin versant de ) ; le Ménillet (rd), à Aumale (bassin versant de ) ; la Méline (rg), à Vieux-Rouen-sur-Bresle (bassin versant de ) avec deux affluents et de rang de Strahler deux ; le ru de Bouafles (rg), à Vieux-Rouen-sur-Bresle (bassin versant de ) ; le Liger (rd), à Senarpont (bassin versant de ) ; la Fontaine Saint-Pierre, à Nesle-Normandeuse en rive gauche (bassin versant de ) ;