Christian Vanneste, né le à Tourcoing (Nord), est un homme politique et essayiste français, ancien membre du RPR puis de l'UMP, député de la dixième circonscription du Nord de 1993 à 1997, puis de 2002 à 2012. Il est président du RPF de 2012 à 2014 et du la Droite libre depuis 2015..

Famille, jeunesse et débuts professionnels

Son grand-père participe à la Première Guerre mondiale et son père est en captivité durant la Seconde.. Les membres de sa famille ont fait carrière à la fois dans l'armée et dans l’institution catholique.

Trois cousins de ses parents étant engagés dans l'infanterie de marine, il explique avoir ressenti la défaite de Diên Biên Phu, à l'âge de , . Il indique que cet événement le sensibilise au et au , et le conduit à se positionner à droite, comme . Il se définit à la fois comme et ..

Il voue à son retour au pouvoir en 1958. Partisan de l'Algérie française, et alors que son frère aîné est engagé dans la guerre d'Algérie, à l'âge de il soutient le putsch des généraux et éprouve finalement du ressentiment à l'égard du général de Gaulle..

Alors qu'il est étudiant à la faculté des Lettres de Lille, il rejoint le mouvement gaulliste lors des événements de : il participe à la manifestation organisée par les Comités de défense de la République, puis adhère à l'Union des jeunes pour le progrès..

Après des études de philosophie, il obtient un poste de professeur dans cette discipline dans un grand établissement privé catholique d’enseignement général et professionnel (industrie et commerce) à Tourcoing. Il en devient le directeur adjoint en 1976. Son épouse étant proviseur de l’École supérieure des arts appliqués et du textile (ESAAT) de Roubaix, l'universitaire Anne-Sophie Petitfils souligne que .

Il explique que s'il n'a pas , c'est parce qu'il a d'abord privilégié .

Engagement militant et implantation locale

Christian Vanneste rejoint le Rassemblement pour la République (RPR) après les élections municipales de 1977, jugeant que les gaullistes aient perdu la mairie de Tourcoing. Serge Charles, député-maire de Marcq-en-Barœul, remarque son activisme militant ; il est désigné secrétaire de la neuvième circonscription du Nord en 1978. Anne-Sophie Petitfils souligne que cette promotion a lieu dans .

Présent sur la liste de Stéphane Dermaux (UDF) qui remporte les élections municipales de 1983 à Tourcoing, il devient adjoint chargé de la culture (1983-1989). Anne-Sophie Petitfils relève qu'il . Il siège sans discontinuer au conseil municipal de Tourcoing de 1983 à 2008, et de 2001 à 2008 à celui de Lille Métropole Communauté urbaine, dont il était le (sur 43), avec la délégation de « commande publique en matière de cadre de vie ».

De 1986 à 2002, il siège au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Après sa réélection en 1992, il est désigné président du Centre régional de ressources audiovisuelles (CRAAV). Il quitte son mandat régional après son élection à l'Assemblée nationale, conformément à la nouvelle législation sur le cumul des mandats .

De 1993 à 1998, il préside la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture.

En 2014, par l'intermédiaire de Frédérik Bigrat, il dépose à l'INPI la marque Rassemblement pour la République.

Mandats nationaux

Élu député RPR-UDF de la dixième circonscription du Nord en 1993, il perd son siège en 1997 lors d'une triangulaire avec le Front national avant de le retrouver comme élu UMP le pour la législature (2002-2007).

Anne-Sophie Petitfils souligne : : il noue en effet , et entretient ses réseaux industriels en particulier grâce à sa présidence, à partir de 2002, du groupe d’études sur le textile et les industries de main-d’œuvre de l’Assemblée nationale.

Le , lors du premier tour des élections législatives, Christian Vanneste est en ballotage très favorable avec 46,26 % des suffrages exprimés, contre 21,10 % pour la candidate socialiste Najat Azmy. En progression de plus de 14 points par rapport à 2002, Christian Vanneste semble avoir capté à son profit l'essentiel des suffrages perdus par le candidat du Front national dans la circonscription, Christian Baeckeroot. Celui-ci, dont l'électorat a subi comme dans la quasi-totalité des circonscriptions, une assez forte érosion par rapport à 2002, déclare alors qu'il votera personnellement pour Christian Vanneste au second tour.

Christian Vanneste est réélu, le , avec un nombre de voix presque équivalent à celui de 2002 ( au lieu de et améliore son pourcentage de suffrages exprimés (58,56 % au lieu de 56,41 %), dans un contexte défavorable à la majorité présidentielle (second tour des législatives de 2007) et de progression notable, par rapport à 2002, tant de l'abstention (50,33 % des inscrits, au lieu de 45,71 %) que des suffrages blancs ou nuls (4,78 % des votants, au lieu de 3,87 %).

En 2008, Christian Vanneste, comme Nicolas Sarkozy et d'autres députés UMP, dont Jean Auclair en Creuse, reçoit une balle par courrier anonyme, revendiquée « Cellule 34 ». Le 23 avril 2009, sa permanence politique à Tourcoing fut attaquée et ses vitres brisées.

Le , Christian Vanneste appelle l'UMP à revenir sur le retrait de son investiture, estimant être le seul à pouvoir éviter la montée de l'extrême droite et faire barrage à la gauche . Le 16 mai, il annonce officiellement qu'il est candidat aux législatives sous l'étiquette RPF.

Candidat aux élections législatives de juin 2012, toujours dans la du Nord, Christian Vanneste est battu dès le premier tour avec 13,18 % des suffrages exprimés (6,17 % des inscrits). Gérald Darmanin (UMP) lui succède.

Parcours politique À l'occasion de l'élection présidentielle de 1995, il soutient activement Édouard Balladur, regrettant d'avoir soutenu Jacques Chirac lors de l'élection précédente de 1988, en qui il voit . Entre 1995 et 1997, il continue de soutenir Édouard Balladur et ses partisans, et maintient des relations étroites avec Nicolas Sarkozy. Celui-ci tient meeting à deux reprises dans une commune de la circonscription de Christian Vanneste, entre les deux tours des élections législatives de 1997 et de 2002 ; la deuxième fois en adoptant, selon Anne-Sophie Petitfils, .

Il a quitté le RPR avant les municipales de 2001, et a ensuite adhéré à l'UMP en 2002. Il a adhéré en juin 2006 au CNIP, ancienne composante de l'UMP qui a récemment repris son indépendance politique, dont il fut le vice-président, et qu'il quitte en octobre 2009 préférant « défendre, sans équivoque au sein l’UMP, dont [il] rappelle qu'[il est] membre depuis sa création, les valeurs qui [lui] sont chères »., à la suite de l'élection à la présidence du parti de Gilles Bourdouleix, Député-Maire de Cholet, avec lequel il entretiendra des relations conflictuelles. ; il est également membre du groupe parlementaire « Les Réformateurs » où il est chargé des libertés individuelles.

À l'instar des Réformateurs, il soutient très tôt Nicolas Sarkozy au sein de l'UMP, dont il avait déjà été proche en s'engageant aux côtés d'Édouard Balladur, et met en avant sa défense de la « droite décomplexée ».

Bien que non réinvesti par l'UMP à la suite de sa condamnation pour ses propos sur l'homosexualité, arrêt de la cour d'appel de Douai qui sera annulé sans renvoi le 12 novembre 2008 par la Cour de cassation, Christian Vanneste est candidat à sa propre succession aux élections législatives de juin 2007 sous l'étiquette majorité présidentielle (CNI-UMP), grâce au soutien de l'UMP locale en la personne de son secrétaire départemental, Thierry Lazaro et des différents élus locaux UMP. Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, reconnaissait, sur France Info, le mercredi 30 mai 2007, qu'à la suite des accords entre l'UMP et ses petits partis associés, la dixième circonscription du Nord était réservée au CNI, et que par conséquent l'UMP soutenait également ses candidats et ne présentait pas de candidats contre eux.

Anne-Sophie Petitfils relève qu'. Via Cairn.info..

En décembre 2007, il est désigné comme le candidat officiel de l'UMP aux élections municipales dans la ville de Tourcoing par la commission nationale d'investiture du parti. L'UMP lui apporte un soutien explicite par l'intermédiaire de son porte-parole Dominique Paillé, alors que la municipalité de Tourcoing est considérée comme un point stratégique pour obtenir la majorité au sein de la métropole lilloise. M. Vanneste est éliminé dès le premier tour des élections municipales du 9 mars 2008 recueillant 31 % des suffrages exprimés. À la suite de cette défaite, il décide d'abandonner tous ses mandats locaux, ce qui permet à Gérald Darmanin de lui succéder à la tête du groupe UMP et apparentés du conseil municipal de Tourcoing.

Selon Anne-Sophie Petitfils, la cause du soutien aux propos de Christian Vanneste sur l'homosexualité, dont le courant le plus important est constitué par des , connaît lorsque ses propos . En avril 2008, il devient ainsi président de l'association Famille et Liberté, . Il cède le poste en 2013.

En octobre 2010, il se déclare partisan d'une alliance entre l'UMP et le Front national et à l'émergence « à moyen ou long terme » d'une « droite large » allant du centre à la droite nationale .

En février 2012, à la suite d'une controverse sur la déportation des homosexuels français pendant la Seconde Guerre mondiale, l'UMP lui retire son investiture pour les élections législatives de juin 2012. Menacé d'exclusion, Christian Vanneste annonçait, à cette date, sa volonté de quitter ce mouvement politique et n'excluait pas de se présenter en candidat indépendant aux élections législatives de juin 2012, comme il l'avait fait aux élections de 2007. Il se présenta finalement à ces élections dans la du Nord (Tourcoing) sous l'étiquette RPF, mais fut éliminé dès le premier tour avec 13,18% des suffrages exprimés, contre Zina Dahmani (PS) (30,69%) et face à Gérald Darmanin (UMP) qui recueillit 25,06% des suffrages avant d'être élu au second tour.

Le , Christian Vanneste est élu président du Rassemblement pour la France (RPF) . Il conserve ce poste jusqu'en octobre 2022 et la prise de fonction de Maxette Pirbakas.

En 2013, il intègre, avec Claude Reichman, Mike Borowski et Madi Seydi, le collectif présidé par l'éditeur Jean Robin et qui .

Il est également collaborateur régulier du site internet Boulevard Voltaire, créé par Robert Ménard. Ce dernier a été soutenu avec succès par le RPF en vue des élections municipales 2014 de Béziers midilibre..

En décembre 2015, il est élu président du mouvement La Droite libre.. En , il est nommé à la tête du Libre journal de la résistance française sur Radio Courtoisie.

Il apporte son soutien à François Fillon entre les deux tours de la primaire présidentielle des Républicains de 2016., puis à Marine Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2017.. Pour l'élection présidentielle 2022, il soutient Éric Zemmour..

Activités parlementaires

Son discours politique oppose les conceptions de la droite à la fois réformiste et traditionnelle au socialisme qu’il juge dangereux, et ce qu'il estime être un certain bon sens provincial à un parisianisme qu’il estime trop éloigné des Français moyens. Il défend généralement des positions assez conservatrices et soutient longtemps l'essentiel de la politique de Nicolas Sarkozy.

Dès juin 2007, il fut membre de la Commission des Lois, de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs. (Hervé Mariton, président) et vice-président de la mission d'information sur l'exécution des peines pénales.

Il fut par ailleurs président du groupe d'études parlementaire sur le textile et les industries de main-d'œuvre.