L’ est un hélicoptère bimoteur léger polyvalent à double usage civil et militaire italien. Depuis le rapprochement entre Agusta et Westland, il est baptisé AW109.
Les versions disponibles sont AW109 (civil et militaire), AW109 Grand, AW109 Trekker et AW109LUH (militaire).
Origine C’est en 1965 que le constructeur italien Agusta lança une vaste étude pour déterminer les besoins du marché civil en matière d’hélicoptères. Cette étude déboucha sur le développement de l'A.109, un hélicoptère de transport civil léger monomoteur autour d’une turbine Turboméca Astazou de 740 chevaux. Réalisant que le marché était nettement plus favorable à une version bimoteur, l’appareil fut modifié en 1967 pour recevoir deux turbines Allison 250-C14, devenant A.109A. La version militaire A.109B fut rapidement abandonnée, Paolo Bellavita et Bruno Lovera se concentrant sur une version civile pour huit passagers baptisée (Hirondelle). Cet appareil se présentait comme une machine compacte à la configuration classique, avec un rotor quadripale et un fuselage soigneusement profilé comportant une robuste coque ventrale en nid d'abeilles et des panneaux latéraux en alliage léger. Aménagé pour deux pilotes et six passagers se partageant deux banquettes, suivis d’un compartiment à bagages, la cabine est suivie d’une section rigide comportant deux réservoirs d’une capacité totale de et, à la base, le logement du train d’atterrissage principal, escamotable.
Le premier vol eut lieu à Cascina Costa le avec Ottorino Lancia et Paolo Bellavita aux commandes. La mise au point de l’appareil fut longue et laborieuse. Accidenté, le premier prototype fut remplacé par un second courant 1972, rejoint par un troisième en version militaire en 1973 et un quatrième (civil), tandis qu’une cinquième cellule était affectée aux essais statiques. Le premier appareil de série prit l’air en seulement. La certification VFR fut obtenue le , juste avant l’ouverture du Salon du Bourget, suivie deux jours plus tard de la certification américaine, et les livraisons commencèrent début 1976. Le la certification IFR avec un seul pilote était obtenue.
La désignation Hirundo fut rapidement abandonnée, probablement en raison d’une consonance japonaise.
Cet appareil qui venait se placer entre l’Agusta-Bell AB.206 et le Bell 212 devint rapidement un succès commercial, son utilisation s’étendant au transport sanitaire et aux missions SAR. En 1975 fut également relancée l’idée d’une version militaire et l' commanda cinq exemplaires [EI-851/855] pour soutenir le constructeur et participer au développement de cette version. Deux exemplaires livrés en 1977 furent équipés de missiles Hughes M65 puis de missiles anti-char TOW. À partir de ces essais furent développées plusieurs versions militaires qui connurent un certain succès à l’exportation.
Production Le les livraisons se montaient à , soit et . Les fuselages sont construits en Pologne par l’usine PZL-Świdnik.
Les versions A.109A : première version civile, qui se distingue des prototypes par une dérive sous la poutre porte-empennages. Environ 150 appareils livrés à partir de 1976, ce modèle étant remplacé à partir de par l'A.109A Mk . Deux turbines Rolls-Royce 250-C20B de 420 chevaux. A.109A Mk : nouvelle version civile apparue en ; modifications de la chaîne mécanique, poutre porte-empennages redessinée, avionique modernisée pour utilisation IFR avec un seul pilote. Environ construits jusqu’en 1989. A.109A Mk MAX : appareil de transport sanitaire dérivé du A.109A Mk avec cabine élargie, réservoir de carburant reporté sous le plancher de cabine et portes de cabine s’articulant non plus sur un côté mais en deux panneaux basculant vers le haut et le bas. Proposé à partir de 1985, avec des turbines Rolls-Royce 250-C20R-1. A.109B : version militaire non construite. A.109C : appareil de transport civil pour huit passagers, deux turbines Allison 250-C20R-1 et pales du rotor principal en matériaux composites. Renforcement du train d’atterrissage pour passer de en charge. A.109CM : version militaire standard dérivée de l'A.109C. A.109EOA : version destinée à l’armée italienne, qui a commandé seize EOA-1 et huit EOA-2, tous livrés en 1988. Train d’atterrissage fixe, pointe avant allongée, portes coulissantes, points d’emport externes, viseur laser et contre-mesures, turbines Allison 250-C20R/1 de 450 chevaux caractérisent cet appareil destiné aux missions d’observation et de reconnaissance armée (). A.109BA : modèle militaire avec train fixe adapté aux besoins de l’armée belge, 46 appareils assemblés par SABCA. La commande belge a été à l’origine d’un scandale politique qui a entraîné la démission du secrétaire général de l’OTAN, Willy Claes, puis sa condamnation pour corruption. L'affaire Agusta-Dassault A.109LOH : version de reconnaissance, observation et transport tactique destinée à la Malaisie. A.109C MAX : appareil de transport sanitaire destiné spécifiquement au marché américain et certifié début 1989. Dérivé de l'A.109C avec cabine élargie et portes de cabine s’articulant non plus sur un côté mais en deux panneaux basculant vers le haut et le bas. Deux civières et trois personnes assises prennent place dans la cabine, disposant d’un volume utile de . A.109D : un prototype à train escamotable doté d’une turbine Allison 250-C22 entraînant une nouvelle tête de rotor en titane. A.109E / AW109 : nouvelle version civile, dérivée de l'A.109K-2, donc avec cabine élargie et trains rétractables, produite initialement avec deux turbomoteurs Pratt & Whitney PW206C de . Le prototype de ce modèle [I-EPWR] a effectué son premier vol le , la certification étant obtenue en . En cours de production deux turbines Turboméca Arriel 2K1 furent proposées en option, sans changement de désignation. A.109E : A.109E avec cabine allongée. A.109LUH / AW109LUH : version utilitaire militaire () dérivé de l'A.109E pour les besoins de l’Afrique du Sud, qui a commandé trente appareils (+ 10 options) à produire par en Afrique du Sud. MH-68A Stingray : huit A.109E utilisés pour des missions d’intervention armée par les garde-côtes américains, au sein de l'unité HITRON. A.109K : version militaire de l'A.109E dont le prototype vole en avec des turbines Turboméca Arriel 1K de 722 chevaux. Fuselage modifié à l’avant et au niveau des moteurs, transmission renforcée, points pour charges externes, train fixe à jambes allongées. A.109K2 : appareil de sauvetage conçu pour répondre à une demande de la REGA, organisme suisse de sauvetage aérien, pour équiper ces huit bases de montagne. C'est un A.109K optimisé pour opérations en altitude : turbines Turboméca Arriel 1K1 de 771 chevaux, train fixe, de nouveaux réservoirs, béquille arrière à la place de la dérive, projecteur Spectrolab SX16, treuil externe d’une capacité de . Cet appareil a depuis été proposé à divers services de police avec de nombreuses options d’équipement. A.109KM : version militaire. A.109KN : version navale. A.109GdiF : version de surveillance des côtes dédiée à la , comportant une avionique spécifique, un radar de recherche RDR-1500, un projecteur et une mitrailleuse MG-3. A.109S Grand : version civile allongée avec deux turbines Pratt & Whitney PW207. AW109 Grand (ou AW109 SP) : version améliorée remplaçant l’A109S Grand avec des équipements plus modernes (VFR et IFR, TAWS and EVS, et de nouveaux équipements pour les missions medevac et EMS . AW109 Trekker : version modifiée de l'AW 109S équipée de skis-patins d’atterrissage au lieu du train à roues. Moteurs PW207C (815 shp O.E.I. max ). Genesis . Max : . AW109SP "Da Vinci" : appareil de sauvetage conçu sur demande de la REGA, avec train d'atterrissage fixe. Remplacent les A.109K2 CA 109 : modèle produit sous licence en Chine par Changhe Aircraft Industries.
Coût opérationnel En 2015, le coût par heure de vol de l'Augusta A.109 est évalué à par le ministère de la Défense belge..
Galerie
Utilisateurs militaires et gouvernementaux : trente A.109LUH destinés à remplacer les Alouette de la Force aérienne sud-africaine ont été commandés en (avec option pour cinq appareils supplémentaires), cinq A.109M étant livrés par AgustaWestland à Bloemfontein le , le solde de la commande devant être produit sous licence par . Les premiers appareils construits en Afrique du Sud ont été livrés début 2006 à la 87 de Bloemfontein, les No 17 Sqdn (Swartkop) et No 19 Sqdn (Hoedspruit) recevant leurs premiers appareils à partir de juillet suivant.
: un nombre indéterminé de A.109 LUH est utilisé par la gendarmerie et la police algériennes. : Commande en 2015 de 6 A.109E Power pour la Force aérienne nationale angolaise.. : en 1980 furent commandés quinze A.109A pour l’Aviacion Naval (SAR) et l’Ejercito Argentino (transport de commandos). Six de ces appareils furent utilisés durant la Guerre des Malouines pour transporter des forces spéciales dans l’archipel. Quatre furent détruits durant la contre-attaque britannique et deux saisis par les Britanniques. Les derniers appareils ont alors été regroupés au sein d’une escadrille unique (EAEA 602) de l’Ejercito basée à Campo de Mayo. En 1990 trois nouveaux appareils ont été achetés pour le de la pour des opérations antiterroristes ou antinarcotiques. En 2024, Buenos Aires signe un protocole d’accord en vue de se procurer huit hélicoptères AW109SP ainsi qu’un simulateur de vol. La commande est confirmée en , avec une livraison d'ici dix-huit moishttps://www.latribune.fr/article/defense-aerospatiale/defense/7936424141093414/argentine-des-helicopteres-leonardo-pour-les-patrouilleurs-fabriques-par-kership. : début 2007 la a loué à Raytheon Australia trois A.109E destinés à l’entrainement des pilotes au sein du No 805 Sqdn de HMAS Albatross à Nowra. Deux appareils [N42-501 et N42-505] ont été livrés en février et le dernier [N42-510] est arrivé en août. : 18 appareils de reconnaissance et 28 appareils antichars. Ces derniers sont équipés d’un système de visée tout-temps Saab-Esco et de huit missiles TOW-2A. Commandés en 1988, les premiers appareils sont sortis de l’usine SABCA en , le dernier a été livré le . Équipant les Bataillon et Bataillon, stationnés initialement à Werl et Merzbrück, en Allemagne, ainsi que l’école d’aviation légère de Brasschaat, ils ont été regroupés à la base aérienne de Bierset en 2000. Cinq A.109BA ont été revendus en au Bénin. La commande des appareils en 1988 est au cœur de l'Affaire Agusta-Dassault. En , la Composante air en compte 18 en fonction, dont un appareil dédié aux démonstrations et à la voltige.. : cinq A.109BA achetés en Belgique en . Un mis en réserve. : deux appareils commandés pour la Marine du Bangladesh début 2010. : utilisé par les : l’USCG a loué huit MH-68A en 2003 à AgustaWestland, associé à Lockheed Martin, pour équiper l’-10 (HITRON-10) stationné à NAS Cecil Field, Jacksonville, Floride. Utilisés pour des missions de lutte contre les narcotrafiquants dans le Golfe du Mexique, ils sont équipés d’une mitrailleuse de calibre en sabord. Mis en service le , ces appareils ont été remplacés par des MH65C Dolphins en 2008. : en 1979 ce pays africain achète dix A.109 équipés de missiles antichars HOT. Deux seulement semblaient encore en service au sein du No 2 Sqdn en 1999. : de l'AB-205A..
La Polizia reçoit ses trois premiers A.109A en . En 1975 l' commanda cinq A.109A [EI-851/853] qui furent livrés en 1977, soit trois A.109A (EC-1) de transport VIP et de liaison et deux A.109AT (EC-1A) de lutte antichar. Après des essais satisfaisants supplémentaires furent achetés [EI-856/879], soit seize EAO-1 et huit EOA-2. Ils ont été transférés à la ERI de Casarsa et la de Rimini. De son côté la marine italienne loue à Agusta un A.109A Mk [I-VRGT/5-01], utilisé pour des missions de transport VIP. : les garde-frontières lettons disposent de deux A.109E en 2006.