Le de dragons (ou RD) est une unité de cavalerie de l'armée française, créé sous la Révolution à partir du régiment Colonel-Général dragons, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime.Dissous en 2003, il est recréé le , dans le cadre de la remontée en puissance de l'Armée de terre (« Au contact »). Il devient un régiment unique en France, régiment de chars, il comprend aussi deux compagnies d'infanterie et une compagnie mixte artillerie-génie. Il est le seul régiment pleinement interarmes en France en tant que « préfigurateur » du GTIA Scorpion. Il appartient à nouveau à la blindée au sein de la .

Création et différentes dénominations Filiation 1668 : Régiment Colonel-Général des Dragons (formé par le dédoublement des Dragons étrangers du Roi) 1791 : de dragons 1814 : Régiment des dragons du Dauphin (3) 1815 : de dragons 1816 : Régiment des dragons de l'Hérault (5) 1825 : de dragons 1928 : dissous 1929 : recréé à partir du de chasseurs cyclistes (), en reprenant les traditions du , sous le nom de de dragons portés 1939 : de dragons portés 1940 : devient de dragons 1942 : dissous 1945 : de dragons, recréé à partir des escadrons de reconnaissance de la division alpine 1946 : dissous 1948 : de dragons 1964 : dissous et immédiatement recréé à partir du de chasseurs d'Afrique 1978 : dissous et immédiatement recréé à partir du de dragons 2003 : dissolution le 2009 : le centre d'entraînement au combat (CENTAC) reprend les traditions du et prend le nom de CENTAC - de dragons 2016 : recréation le

Historique des garnisons, campagnes et batailles Monarchie française thumb|upright|Compagnie du colonel - Régiment Colonel-Général dragons de 1786.

Guerres de la Révolution et de l'Empire thumb|Guidon du régiment de 1791.|158x158px Le de dragons a fait les campagnes de 1792 et 1793 à l’armée du Nord ; 1794 à l’armée des Ardennes. Campagnes des ans IV et V à l’armée d'Italie ; an VI aux armées d’Italie et de l’Ouest ; an VII à l’armée de l’Ouest ; an VIII à l’armée de réserve ; an IX et X au corps d’observation de la Gironde. Faits d’armes : affaire de Primolano et combat de Bassano, les 7 et . Combat de Clausenne et prise du fort de Cavallo.

Campagnes des ans XIII et XIV au de réserve de la cavalerie de la Grande Armée ; 1806 au de réserve de cavalerie ; 1807 au corps d’observation de la Gironde ; 1808 aux armées de Portugal et d’armée d’Espagne ; 1809 à l’armée d’Espagne et au corps de cavalerie de réserve de l’armée d’Allemagne ; de 1810 à 1812 à l’armée d’Espagne ; 1813 à l’armée d’Espagne et au de la Grande Armée ( de cavalerie) ; 1814 au de cavalerie et garnison de Dantzig ; 1815 au de cavalerie.

1792-1797 : Première Coalition le de dragons est rattaché à l'Armée du Nord et à l'armée de Belgique 1792 : Bataille de Valmy, Combat de Quiévrain Bataille de Jemappes 1793 : Bataille de Neerwinden (1793) 1793 : Bataille de Wattignies 1794-1795 : le est rattaché aux Armées des Ardennes et de Sambre-et-Meuse. 1796-1797 : rattaché à l'Armée d'Italie le participe à la Campagne d'Italie (1796-1797) : 1796 : Bataille de Mondovi Bataille de Castiglione Bataille de Bassano Campagne d'Italie (1799-1800) 1799 : Prise de Crémone 1800 : Bataille de Marengo 1805 : Campagne d'Autriche (1805) Bataille de Wertingen 2 décembre : Bataille d'Austerlitz 1806-1807 : campagne de Prusse et de Pologne 1806 : Bataille de Nasielsk 8 février 1807 : Bataille d'Eylau 1807 : Bataille de Friedland Corps d'observation de la Gironde 1808 : Armée de Portugal - Guerre d'indépendance espagnole 1809 : Guerre d'indépendance espagnole Bataille d'Almonacid Bataille d'Ocaña 1813 : Guerre d'indépendance espagnole Bataille de Vitoria 1813 : Campagne d'Allemagne 16-19 octobre : Bataille de Leipzig 1814 : Campagne de France (1814) Bataille de Craonne Bataille de Fère-Champenoise (1814) Après le retour de Louis XVIII, le de dragons prend le nom de régiment de dragons du Dauphin, . Il reprend son nom d'origine au retour de Napoléon. 1815 : Campagne de Belgique de 1815 Bataille de Ligny Bataille de Waterloo Bataille de Rocquencourt

De 1815 à 1848 vignette|upright|Uniforme des dragons de l'Hérault en 1818. Le régiment devient en 1816 le régiment des dragons de l'Hérault, caserné à Carcassonne. En 1823, il est engagé dans l'expédition d'Espagne, où il est engagé à Carthagène puis à la capitulation d'Alicante en novembre.

Renommé de dragons en 1825, il participe en 1831 à la campagne des Dix-Jours en Belgique et au siège d'Anvers.

Deuxième République

Second Empire Le régiment change régulièrement de garnison sous le Second Empire. En 1870, il est à Landrecies.

Lors de la guerre franco-prussienne de 1870 le de dragons est rattaché à l'Armée du Rhin, commandée par le général Bazaine. Il participe à la bataille de Forbach-Spicheren, à la bataille de Borny et à la bataille de Rezonville. Assiégé à Metz avec le reste de l'armée, le régiment participe à la bataille de Noisseville. Abandonnant leurs chevaux pour nourrir la garnison, les dragons combattent à pied.

En parallèle, un de marche de dragons est créé à Angers. Rattaché à l'armée de l'Est du général Bourbaki, ce régiment participe à la bataille d'Héricourt mais est interné en Suisse en .

De 1871 à 1914 thumb|droite|upright|Alphonse de Neuville, Officier de Dragons traversant une rivière (1878).Le , les restes du et du de marche fusionnent à Angoulême.

De 1871 à 1873, le régiment prend garnison au camp de Graves, à Abbeville et à Amiens. En 1873, il rejoint Saint-Omer puis Compiègne en 1885.

Première Guerre mondiale

Ordre de bataille initial Pendant toute la durée de la guerre, il forme la de dragons avec le de dragons rattachée à la de cavalerie du général Lastour. Le , le de dragons est affecté au corps de cavalerie Sordet.

de cuirassiers (Douai), colonel Gouzil de cuirassiers (Cambrai) de cuirassiers (Douai) de dragons (Compiègne), général Léorat de dragons (Compiègne) de dragons (Saint-Omer) de cavalerie légère (Meaux), général de la Villestreux de hussards (Senlis) de hussards (Meaux) Infanterie : cycliste du de chasseurs à pied (Amiens et Longuyon) Artillerie : (10 et à cheval) du régiment d'artillerie de campagne (La Fère, Stenay) génie : sapeurs cyclistes du du génie.

État-major : Colonel Dauve, commandant le régiment capitaine Maës, adjoint du colonel, chef d'état-major capitaine Esnault-Pelterie, capitaine adjudant major Vétérinaire major de classe Huguier Médecin major de classe Coudeyras Médecin aide major de classe Pfeiffer Sous-lieutenant de Coligny, officier payeur Sous-lieutenant Bommenel, officier d'approvisionnement

demi-régiment Chef d'escadrons Pleuchot, commandant le 1er demi-régiment escadron Capitaine Compagnon, commandant l'escadron Lieutenant du Colombier, chef de peloton (lieutenant en 1er) Lieutenant de CornyMérat, chef de peloton Lieutenant de la Roche, chef de peloton Lieutenant d'Orsetti, chef de peloton escadron Capitaine Massieu, commandant l'escadron Lieutenant Humbert, chef de peloton (lieutenant en 1er) Lieutenant Morel, chef de peloton Sous-lieutenant Lesourd, chef de peloton Sous-lieutenant d'Yanville, chef de peloton

demi-régiment Chef d'escadrons de Beauvoir, commandant le demi-régiment escadron Capitaine Petiet, commandant l'escadron Lieutenant Le Bleu, chef de peloton (lieutenant en 1er) Lieutenant de Roubin, chef de peloton Sous-lieutenant Wasserzug, chef de peloton Sous-lieutenant de Monclair, chef de peloton escadron Capitaine de Puyfontaine, commandant l'escadron Lieutenant Bernard, chef de peloton (lieutenant en 1er) Lieutenant de Montmarin, chef de peloton Lieutenant Clergues, chef de peloton Lieutenant de Pracontal, chef de peloton

1914

Août

Le , sous le colonel Dauvé, le régiment de dragons se prépare pour les manœuvres d'août quand la menace allemande surgit. Dès le , les officiers sont rappelés et le régiment se mobilise. Le à 18h15, il est prêt et reçoit l'ordre de prendre position. Composé de cavaliers principalement de Picardie, de l'Oise, et du Nord, avec des Parisiens et des Bretons, le régiment possède des chevaux en bonne condition. Entre le et le , ils quittent Compiègne, acclamés par la population, et partent en train pour Aubenton, près d'Hirson.

Le régiment débarque dans une région au sud des forêts bordant la frontière belge, près de la trouée de Chimay, où se concentre le corps de cavalerie du général Sordet dont faisait partie la division du régiment. Après trois jours de cantonnement et de surveillance de la frontière, le régiment de dragons quitte Aubenton pour Vivier-au-Court, près de Sedan, où le général Sordet établit son quartier général pour le corps de cavalerie (C. C.).

Le , la force de cavalerie pénètre en territoire belge et s'engage dans un raid en Belgique avec pour mission de reconnaître et de retarder les forces allemandes. Le régiment de dragons, en tête de la division de cavalerie, suit la vallée de la Semoy et traverse Bouillon. Après avoir cantonné à Mogimont, le régiment reprend sa progression vers le nord, avec le escadron détaché en reconnaissance vers Dinant.

Le , le C.C. se rassemble à Ciney et se met en marche sur Liège, dans le cadre de la bataille en cours. La D.C. étant couverte sur son flanc gauche par un peloton du Dragons. Ce dernier souhaite engager le combat, mais à 20h la division reçoit l’ordre de se replier vers le sud-ouest. Le régiment arrive aux Avins dans la nuit, après avoir parcouru près de . Le , il continue de se replier vers le sud, et le régiment rentre à Pondrôme après avoir parcouru en deux jours.

Après une journée de repos, le corps de cavalerie est envoyé vers Neufchâteau-Libramont en raison d'une présence signalée de forces allemandes. La division et son régiment cantonnent le 11 au nord de Paliseul, puis le 12 à Recogne, un nœud ferroviaire important. Le 13, le repli se poursuit vers le nord-ouest jusqu’à Fays-Famenne. Des patrouilles allemandes notables dans la région entraînent des accrochages avec le régiment. Un peloton est poursuivi par le régiment de hussards allemands jusqu’à Sohier où il est finalement décimé par le 21e régiment de dragons, résultant en la première perte du régiment.

Le , le régiment affronte l'ennemi entre Daverdisse et Redu, subissant des pertes. Il rejoint ensuite Honnay et traverse la Meuse à Hastière après une marche de . Le 16 et 17, il bivouaque à Sombreffe et Ligny. Le 18, après une forte cannonade, il se dirige vers Orbais et effectue des reconnaissances au nord-est.

Le , l’unité de cavalerie gagne Fleurus. Le peloton du lieutenant de Pracomtal subit également des pertes lors d'une reconnaissance vers Hannut et Jodoigne. Le , le régiment se positionne derrière le canal de la Sambre à Courcelles et Motte. Le 21 et le 22 la retraite continue et le dragons bivouaque au hameau des Haies-de-Cousolre, à une dizaine de kilomètres à l’est de Maubeuge.

Du au , le régiment couvre l’armée française en retraite après la défaite de Charleroi. Dès le , il défend les ponts de la Sambre et protège le repli de l'infanterie. Le , au matin, le corps de cavalerie se rassemble pour engager le combat sur la route de Cambrai-Le Cateau mais finalement il repasse le pont de Masnières. Le régiment se poste à Fins, au sud-ouest entre Cambrai et Péronne. Le 27, le régiment, continue sa retraite et se positionne avec sa division à Péronne pour s’établir au niveau de la Somme .

Le , le régiment protège le repli des chasseurs alpins. Le régiment, précédé de reconnaissances d'officiers, avance rapidement en ligne de colonnes, avec le escadron en avant-garde. Le escadron se déploie en tirailleurs près d'Assevillers, tandis que les autres escadrons assistent les alpins dans leur dégagement. Malgré l'obscurité et les tirs d'artillerie, les alpins sont ramenés en ordre à Estrées. À 20 heures, le régiment se dirige vers Vrély, laissant un peloton du escadron sur place pour rallier les traînards.