Arthur James Balfour, né le à Whittingehame (Haddingtonshire, aujourd'hui East Lothian, Écosse) et mort le à Woking (Surrey), est un homme d'État, Premier ministre du Royaume-Uni et chef du Parti conservateur, célèbre pour son action en tant que ministre des Affaires étrangères pendant la Première Guerre mondiale. Il est de Balfour.
Biographie
Né à Whittingehame, en Écosse (East Lothian), Arthur Balfour est le fils de James Maitland Balfour et de lady Blanche Gascoyne-Cecil (sœur de lord Salisbury). Arthur est ainsi frère de la mathématicienne et militante pour l'éducation supérieure des femmes Eleanor Mildred Sidgwick. Il fait ses études secondaires à Eton puis étudie les sciences humaines au Trinity College (Cambridge) (1866-1869).
Élu à la Chambre des communes, il siège dans les rangs unionistes (conservateurs) de 1874 à 1905. Il est l'adjoint de son oncle lord Salisbury, alors ministre des Affaires étrangères, au congrès de Berlin. Il occupe le poste de ministre chargé des Affaires irlandaises de 1887 à 1891 où il s'oppose à la politique du Home Rule présenté par le Premier ministre libéral William Ewart Gladstone, projet qui accorde une certaine autonomie à l'Irlande tout en réprimant avec fermeté toute velléité de soulèvement. Il devient premier lord au Trésor et chef de la majorité gouvernementale à la Chambre des communes en 1891.
Lorsque son oncle Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil, marquis de Salisbury se retire en , Balfour prend la tête du gouvernement. Il fait voter des réformes dans les domaines de la défense et de l'enseignement. Il participe également à la signature de l'Entente cordiale de 1904 entre la France et le Royaume-Uni. Des dissensions à l'intérieur du parti unioniste sur la réforme des tarifs douaniers provoquent cependant sa chute en . Il promulgue en 1905 la loi sur les étrangers qui visait en particulier les juifs émigrés d'Europe de l'Est - Arthur Balfour, 10 Juillet 1905. En 1912, se tient ainsi à Londres le congrès international d'eugénisme dont il assure le discours d'ouverture.
La Première Guerre mondiale ayant éclaté, il oublie les querelles de parti et entre dans le premier cabinet de coalition dirigé par le Premier ministre Herbert Henry Asquith en 1915, en tant que premier lord de l'Amirauté. Lorsque David Lloyd George devient Premier ministre en décembre 1916, Balfour est nommé au ministère des Affaires étrangères. Chargé d'obtenir le soutien des États-Unis aux puissances alliées, il dirige, en 1917, la mission de guerre britannique en Amérique du Nord.
En , il publie une lettre d'intention, devenue célèbre sous l'appellation de déclaration Balfour, qui déclare que le Royaume-Uni est favorable à la création en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif.
Il a été dit que l'objectif était de rallier le soutien de la communauté juive américaine à l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés des alliés. Cependant, les États-Unis sont entrés en guerre le , tandis que la déclaration a été faite sept mois plus tard (le ). Néanmoins, durant cette période, la Grande-Bretagne a mené une politique ambiguë visant à rallier à la fois les Arabes de Palestine (contre l'Empire ottoman) et les Juifs d'Amérique (contre l'Allemagne). Pour cela, la Grande-Bretagne promit à la fois l'indépendance aux Palestiniens et un État juif en Palestine aux Juifs du monde entier. La déclaration Balfour s'inscrit dans le cadre de cette diplomatie. Il a également été avancé que lord Balfour avait de la sympathie pour le sionisme chrétien, mouvement eschatologique qui soutient l'établissement des Juifs en Palestine puis leur conversion forcée au christianisme.
Pour certains, il n'en reste pas moins que cette déclaration est injuste : , note ainsi, à propos de cette déclaration, le journaliste Arthur KoestlerIsabelle Avran, Culture et identités palestiniennes, monde-diplomatique.fr, décembre 2004. Et pour Edwin Montagu, seul membre juif du gouvernement de Lloyd George et Balfour, considère quant à lui que la déclaration Balfour a pour but de débarrasser les pays chrétiens d'Europe de toute présence juive : « La politique du gouvernement de Sa Majesté est antisémite et, par conséquent, fera le jeu des antisémites dans tous les pays du monde. Il est inconcevable que le gouvernement britannique reconnaisse officiellement le sionisme et permette à M. Balfour de dire que la Palestine doit être transformée en "foyer national du peuple juif". [...] je suppose que cela signifie que les mahométans et les chrétiens devront céder leur place aux juifs [...] en Palestine, de la même façon que les Juifs seront traités comme des étrangers dans tous les pays. »
Après la Première Guerre mondiale, Balfour représente son pays à la conférence de paix de Versailles, en 1919, puis, l'année suivante, à la première conférence de la Société des Nations. Il dirige la délégation britannique à la conférence de Washington en 1921. En il dirige le comité du Conseil de la Société des Nations, chargé du sauvetage économique de l'Autriche.
En reconnaissance de ses services, Balfour est nommé chancelier de l'université de Cambridge en 1919. En 1922, il est anobli en tant que comte de Balfour.
Balfour poursuit sa carrière. Il préside la British Academy de 1921 à 1928, puis participe au gouvernement Baldwin de 1925 à 1929. À ce titre, il agit comme négociateur pour le Statut de Westminster, signé en 1931, qui confirme la pleine indépendance des dominions de l'Empire britanniqueAdrien Rodd, « Le désengagement britannique dans le Pacifique : aspects et conséquences », Cahiers Charles V, n°49, 2010, p.168.
Honneurs
Il a reçu le titre de docteur honoris causa de l'Université Jagellonne de Cracovie en 1922 Uniwersytet Jagielloński w Krakowie - Wyróżnienia - Godność doktora honoris causa.
Notes et références
Liens externes
Biographie sur le site du Premier ministre du Royaume-Uni Images filmées de la visite de Lord Balfour en Palestine Oeuvres de Arthur Balfour à la Bibliothèque Nationale du Portugal
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