Joseph Charles Bailly, né le à Nancy et mort à Paris le , est un minéralogiste français à bord du Naturaliste au départ de l'expédition Baudin.

Biographie

Joseph Charles Bailly naît le à Nancy où son père est avocat au parlement. et sa mère la fille du secrétaire perpétuel (de 1752 jusqu'à sa mort en 1765) du collège royal des médecins de Nancy, médecin ordinaire de Stanislas , roi de Pologne et duc de Lorraine. Il se présente et est reçu en 1796 à l'École polytechnique où il est admis le . Le mathématicien Hachette, adjoint de Monge dans le département consacré à la géométrie descriptive, précise dans sa Correspondance sur l'École impériale Polytechnique que Bailly fait partie de la promotion de (novembre-) et Fourcy, bibliothécaire et secrétaire du Conseil d'administration de l'École polytechnique (1818-1842) qui fait autorité, le range dans la promotion 1796 (An V).

La fiche matricule de Bailly apporte en outre les précisions suivantes : . Une écriture conservée dans les actes de la séance du du Conseil d’instruction et d’administration de l’École, précise que .

Bailly se retrouve ainsi dans le service des arts et manufactures comme l'indique la correspondance de Hachette publiée en 1808 qui précise de plus, en renvoi de bas de page : . A priori, d'après l'ouvrage de Hachette, ce service des arts et manufactures apparaît uniquement pour la promotion 1796 et ne concerne que trois élèves : Bailly, Berthollet (fils unique du chimiste Berthollet, l'un des pères fondateurs de l'École) et Carlet (1797 pour Fourcy).

Lorsque Bailly termine sa scolarité en , la jeune communauté scientifique parisienne ne parle que du prochain voyage du siècle qui va débuter, pour lequel a donné son aval Bonaparte, de retour de l'expédition d'Égypte du siècle qui s'achève. Les places y sont extrêmement recherchées ; certains font même intervenir leurs familles auprès du Premier consul. C'est peut-être ce à quoi doit se résoudre Bailly qui a tant envie de partir mais ne peut prétendre aux deux postes de géographes pris par Boullanger et Faure ni n'envisage non plus d'entamer une nouvelle carrière d'officier de Marine, tels Moreau ou Maurouard, tous ses anciens des deux premières promotions 1794 et 1795, parmi les six polytechniciens que comptera cette expédition. Bien que les études qu'il a poursuivies ne l'y prédestinent pas, il est pourtant accepté contre toute attente comme minéralogiste avec Depuch, lequel présente réellement la qualification voulue après des études à l'École des mines de Paris où il a eu comme professeur Dolomieu, membre de l'Institut.

L'expédition est en effet soigneusement préparée et l’Institut, récemment créé en 1795 pour remplacer les anciennes académies supprimées par la Convention, joue un rôle déterminant en créant à cet effet une commission comprenant la fine fleur des savants de l’époque : Lacépède, Jussieu, Laplace, Cuvier, Bougainville, Fleurieu, Bernardin de Saint-Pierre, et quelques autres moins célèbres. C’est la première fois, dans l’histoire des voyages de découvertes, qu’est mis à contribution un tel nombre de sommités scientifiques, chargées de préparer les instructions qui seraient données au chef de l’expédition.

Même pas cinq mois après avoir quitté définitivement l'École polytechnique, Bailly part de cette façon le du Havre à bord du Naturaliste de Hamelin pour un voyage de découvertes aux terres australes tandis que son collègue minéralogiste Depuch embarque à bord du Géographe commandé par Baudin, qui s'est vu confier la responsabilité de l'expédition. Dès la première escale à Santa Cruz de Ténériffe, Bailly participe avec enthousiasme à une petite équipée scientifique dans l'île, en compagnie d'autres collègues “savants”. Emportés par leur zèle, les deux minéralogistes ploient sous le poids des pierres amassées et sur le chemin du retour, sont bientôt obligés d'en abandonner une partie.

Arrivée le en Nouvelle-Hollande au cap Leeuwin, près de sept mois après son départ de France, l'expédition peut enfin commencer sa mission et les “savants” commencer leurs travaux. Bailly approfondit sur le terrain ses connaissances au contact de Depuch, mais également de Péron ; les deux minéralogistes rassemblent de nombreux échantillons et consignent leurs observations dans leurs journaux de bord. Bailly se distingue en parvenant à faire produire par l'alambic, embarqué en prévision, mais , .

Lorsque Baudin décide à Port Jackson de renvoyer en France le Naturaliste et de le remplacer par le Casuarina, Bailly passe à bord du Géographe le en permutant avec Depuch qui, débarqué malade pendant le voyage de retour le , meurt quelques jours après à l'Île-de-France. De son côté, Bailly est de retour à Lorient avec le Géographe le . Les importantes collections de spécimens de plantes et d’animaux rapportées en France par l’expédition sont accueillies avec enthousiasme et contribuent grandement au progrès des connaissances en histoire naturelle.

En revanche, les échantillons géologiques – Bailly laisse un catalogue des siens – ne suscitent pas le même intérêt. Jussieu, directeur du Muséum national d'histoire naturelle à Paris, commente en 1804, sans enthousiasme, l’apport de l'expédition à la minéralogie, terme qui inclut alors souvent la géologie : .

Beautemps-Beaupré, qui cherche des hommes d’expérience compétents pour lancer sa politique de relevés hydrographiques, recrute Bailly assez rapidement après son retour. Celui-ci peut ainsi en quelque sorte officialiser son envie d’être géographe et reste dans ce corps jusqu’à sa retraite en 1840. Il décède le à Paris.

Hommages Sur les cartes de l'Australie, Bailly a laissé son nom : au cap Bailly à l'entrée de la baie Fleurieu, une baie jouxtant la péninsule Freycinet, en Tasmanie.

Notes et références Notes

Références

Références dans l'atlas .

Bibliographie Expédition Baudin . . . . . . . sur Bibliothèque nationale d'Australie.

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Ouvrages contemporains

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Liens externes

Articles connexes Expédition Baudin Voyage de découvertes aux terres australes

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