vignette|redresse|John Lennon en 1969.
est une chanson des Beatles, écrite par John Lennon, créditée Lennon/McCartney, comme le sont toutes les autres chansons du groupe composées soit par John Lennon soit par Paul McCartney, en collaboration ou non. Elle ouvre , le dernier album enregistré par les Beatles, paru le au Royaume-Uni et le aux États-Unis.
Par la suite, est publiée en 45 tours, couplée à de George Harrison, le aux États-Unis (en double face A) et le au Royaume-Uni (en face B)Livret de la compilation 1 (2000).. Ce titre atteint la première place des hit-parades dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis.
À l'origine écrite avec sa guitare acoustique par John Lennon en lors de son bed-in à Montréal, comme chanson-thème de la campagne avortée du candidat Timothy Leary aux fonctions de gouverneur de Californie, la chanson est retravaillée par son auteur. Elle évolue durant la préparation de l'album. Réarrangée en studio avec les autres Beatles, elle est enregistrée entre les 21 et . Elle se caractérise par des paroles teintées de non-sens, typique de Lennon et par une ligne de guitare basse inventive de Paul McCartney.
Le titre emprunte quelques paroles et une séquence d'accords de la chanson You Can't Catch Me de Chuck Berry. Le détenteur des droits attaque Lennon en justice. En dédommagement, Lennon doit enregistrer au moins trois chansons du catalogue de l'éditeur dans son album Rock 'n' Roll (1975).
Historique Composition thumb|alt=John Lennon (avec une guitare) et Yoko Ono, dans un lit entouré de gens dans une chambre d'hôtel.|John Lennon à la guitare et Timothy Leary tapant des mains pendant l'enregistrement de au de Montréal. Timothy Leary, surnommé le « pape du LSD » et célèbre partisan de cette substance hallucinogène, se présente en au poste de gouverneur de Californie contre le candidat sortant, le futur président des États-Unis Ronald Reagan. Début juin, Leary et son épouse Rosemary participent au de John Lennon et Yoko Ono à Montréal. Leurs voix s'entendent dans les chœurs de sa chanson , enregistrée le dans une suite du de l'hôtel Queen Elizabeth de la métropole québécoise, louée par Lennon et Ono pour leur deuxième happening médiatique en pyjamas pour promouvoir la paix, après celui d'Amsterdam.
Lennon demande à Leary, dont les écrits ont d'ailleurs influencé l'écriture de en 1966, s'il peut œuvrer de quelque manière à sa cause. Ce dernier lui propose de composer un thème autour de son slogan de campagne : (, jeu de mots anglais sur qui peut signifier autant « parti politique » que « fête »). Lennon prend sa guitare et brode autour de ce thème. Il en résulte une première ébauche :
John Lennon en enregistre une démo et confie la bande à Leary qui, pensant que la chanson lui appartient désormais, la fait passer dans toutes les radios alternatives de Californie. Or, la chanson évolue considérablement à partir du moment où Lennon la présente aux autres Beatles sept semaines plus tard, en vue de son enregistrement aux studios EMI qui démarre le . Plusieurs paroles sont directement improvisées sur place par Lennon, qui emprunte aussi les mots à la chanson de Chuck Berry, ce qui ne sera pas sans conséquence (voir plus bas). Paul McCartney pense à ralentir le morceau et lui donne . Il raconte : . John Lennon déclare : .
Enregistrement thumb|left|alt=La façade des studios Abbey Road, à Londres.|C'est aux studios EMI d'Abbey Road qu'est enregistrée Come Together en juillet 1969. Le , dans le studio d'Abbey Road, les Beatles entament le travail sur et en enregistrent huit prises. L'ingénieur du son Geoff Emerick est aux manettes ; il a rejoint le groupe au début du mois pour l'enregistrement de l'album , à la demande de Paul McCartney. Emerick avait claqué la porte des studios EMI un an plus tôt, miné par l'ambiance détestable qui régnait durant l'enregistrement de l'« album blanc ». Les Beatles étant résolus à laisser de côté leurs différends pour la réalisation de ce dernier album, l'ingénieur a accepté de revenir derrière la table de mixage.
évolue au fur et à mesure à partir du vœu exprimé par John Lennon : Ce jour-là, Lennon est au chant et au tambourin, Paul McCartney est à la basse, George Harrison tient la guitare rythmique, et Ringo Starr est à la batterie, tout en roulements de toms. Il explique :
La première prise de cette session du (en direct et sans écho, avec Lennon improvisant quelques paroles dans un éclat de rire) est disponible sur la compilation Anthology 3 (disque 2, piste 17), 1996, prise 1 de Come Together.. Pendant les pauses instrumentales, John Lennon chuchote sur les premiers temps de chaque riff, en tapant simultanément dans ses mains, ce qui, ajouté au second ré de la ligne de basse, rend le presque inaudible. Un écho massif sera appliqué ultérieurement à cette phrase et aux claquements de mains.
La prise finalement choisie est la sixième, transférée d'un magnétophone à quatre pistes à un autre de huit pistes pour devenir la prise . Du 22 au , les Beatles rajoutent sur cette prise divers : le piano électrique et les voix de Lennon (il enregistre seul toutes les parties vocales de ce titre), les guitares électriques de Lennon et de Harrison, et les maracas de Starr. Le mixage, en stéréo, de la chanson est réalisé le .
Analyse artistique devait à l'origine être l'hymne de campagne pour la tournée électorale de Timothy Leary. Les paroles originales traitaient par conséquent d'un message politique. Dans la version définitive, la majorité des paroles sont improvisées et relèvent du non-sens lennonien, à rapprocher de sa chanson : (traduction approximative : ). Aucune interprétation ne peut donc être fournie a priori pour ces paroles, sauf pour le refrain , qui traite d'un thème propre à l'époque hippie, l'amour universel. Le biographe Steve Turner explique que ce thème est traité par John Lennon dans nombre de ses chansons précédentes, comme et . Le chanteur demande ici à l'auditeur d', vers un monde d'amour. Certains esprits mal placés y ont vu une allusion sexuelle (). Par ailleurs, la structure de la chanson faite de couplets dénués de sens et d'un refrain à message clair rappelle , enregistrée au tout début de l'année 1969 « Notes on "Come Together" », Alan W. Pollack, 1999. Consulté le ..
Dans son livre Can't Buy Me Love: The Beatles, Britain and America, Jonathan Gould indique tout de même une interprétation alternative des paroles : chaque couplet de la chanson renverrait à un Beatle. Ainsi : en référence à George Harrison enclin à la spiritualité ; pour Ringo Starr, le comique de la bande ; dans une référence à Lennon et sa compagne ; et enfin qui serait une allusion au « beau garçon » Paul McCartney. Il a aussi été suggéré que Lennon faisait simplement un .
Musicalement, le morceau est un blues rock binaire, dans la tonalité du ré, et qui varie entre les modes mineur et majeur. L'atmosphère de la chanson est essentiellement sombre et marécageuse, décrite de façon louangeuse par François Plassat comme . C'est la ligne de basse de Paul McCartney, partant du ré grave pour arriver sur un ré aigu en passant en glissando par un fa (répétant le même schéma en la, en passant par un do) qui donne largement la couleur du morceau.
Parution Cette chanson ouvre le disque Abbey Road et, un mois plus tard, à l'initiative d'Allen Klein le nouveau manager du groupe, elle est aussi publiée en single avec Something en face A. Au Canada, Come Together a été placée sur la face A par erreur lors de sa première impression.. Aux États-Unis, bien que Come Together soit placée sur la face de l'étiquette de la pomme coupée, ce 45 tours est considéré comme étant un single double face ALivret du disque 1+..
Cette chanson se trouve dans la compilation The Beatles 1967–1970 publiée en 1973 et, en 1980, dans la version américaine de 20 Greatest Hits. En 2000, un vidéoclip fut publié pour accompagner la mise en ligne du site web officiel du groupe et la sortie du disque 1 dans laquelle elle est entendue. Ce clip sera inclus dans le DVD 1+ quinze années plus tard.
Fiche technique Interprètes John Lennon : chant, guitare électrique, tambourin Paul McCartney : basse, piano électrique, chœurs George Harrison : guitare rythmique et solo Ringo Starr : batterie, maracas
Équipe de production George Martin : producteur Geoff Emerick : ingénieur du son John Kurlander : ingénieur du son Phil McDonald : ingénieur du son
Postérité Réception Premier titre de l'album et single diffusé sur les ondes dans le monde entier, connaît, comme ses prédécesseurs, un immense succès. En Grande-Bretagne, après sa première parution sur l'album le , elle est publiée en single le en face B de de George Harrison. Elle suit le même schéma aux États-Unis, paraissant sur le , puis en single cinq jours plus tard. Elle atteint le sommet des hit-parades aux États-Unis, sans dépasser la quatrième place en Grande-Bretagne « Something b/w Come Together », Graham Calkin, The Complete Beatles U.K. Discography, 2007. Consulté le .. En France, le single se vend à , selon InfoDisc.
Timothy Leary, l'instigateur de la chanson, emprisonné en pour possession de marijuana, la découvre en prison en écoutant la radio. Il raconte : .
Les Temptations, dans leur chanson Ball of Confusion (That's What the World Is Today), fait référence à ce 45 tours lorsqu'ils chantent « the Beatle's new record's a gas » Dave Rybaczewski, http://www.beatlesebooks.com/come-together, Beatles Music History, DKR Products Toledo, Ohio. Consulté le 27 mars 2018.
Quant à son emprunt de quelques mots et de la séquence d'accords blues à la chanson de Chuck Berry, You Can't Catch Me, il vaudra à Lennon d'être attaqué en justice pour plagiat par le détenteur des droits de la chanson, l'éditeur américain . En guise de peine, Lennon doit enregistrer trois chansons du catalogue de la maison d'édition de Levy, ce qu'il fait en 1975 sur son album de reprises avec , et Ya Ya. Il a publié un court enregistrement amateur de cette dernière chanson avec Julian, son fils de 11 ans à la batterie, sur son disque l'année précédente, envenimant la situation.
Le 22 mai 2026, afin de promouvoir à participation, le mois suivant, de l'équipe d'Angleterre de football à la Coupe du monde, la chanson est utilisée dans une vidéo illustrée de visuels tirés de l'imagerie du groupe. Un extrait vidéo d'une entrevue de John Lennon datant de la beatlemania ouvre le clip..
Classements hebdomadaires
Classement (1969-1970)Meilleureplace (Go-Set)1 (SNEP)8 (UK Singles Chart)4
Classement (2016)Meilleureplace
Reprises Membres des Beatles John Lennon l'a chanté avec le Plastic Ono Band en 1972. Cette version figure sur l'album Live in New York City paru en 1986. Paul McCartney l’a interprétée en compagnie de Paul Weller et Noel Gallagher sous le nom de The Smokin’ Mojo Filters en 1995 pour le disque de charité . Cette version fut au Royaume-Uni.
Autres reprises et utilisations Une version d’Ike & Tina Turner fut au palmarès du Billboard Hot 100 et la position du Hot R&B/Hip-Hop Songs en 1970. La chanson a été enregistrée en 1978 par Aerosmith pour la bande originale du film Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Le single s’est classé à la des charts américains. Michael Jackson sur son album HIStory (1995)Pour être exact, le titre est apparu la première fois au Japon en 1992 dans le coffret Tour Souvenir Pack., bien que sa version ait été enregistrée pendant les sessions de l'album Bad (1987) et fut diffusée pour la première fois dans le film Moonwalker (1988). Il existe une version salsa sur l'album Tropical Tribute to the Beatles et une version reggae sur Yesterday : 16 Fab Beatle Reggae Classics par The Israelites. En 2009, une version jazz apparaît sur l'album Rise Up de Dr. Lonnie Smith à l'orgue Hammond. Une version live enregistrée par Ike & Tina Turner au Madison Square Garden de New York en 1969 est parue en dans le coffret deluxe de l'album live des Rolling Stones Get Yer Ya-Ya's Out!.