est un genre de mammifères carnivores de la famille des Canidés qui regroupe des animaux communément appelés renards. Ce genre a été créé en 1775 par Just Leopold Frisch.
Les vrais renards se distinguent des membres du genre Canis, tels que les chiens et les loups par leur taille plus modeste, allant d’un poids de 5 à 11 kg, leur queue plus longue et plus fournie, ainsi que par leur crâne plus aplati. Ils présentent des marques triangulaires noires entre les yeux et le nez, et l’extrémité de leur queue est souvent d’une couleur différente du reste de leur pelage. La longévité typique de ce genre varie entre deux et quatre ans, mais certains individus atteignent une dizaine d’années. Étymologie Le latin vient de l'indo-européen commun h₂wl(o)p ~ h₂ulp qui désigne déjà le renard..
Taxinomie et systématique Le genre compte douze espèces actuelles :
Espèce (nom binominal, nom vernaculaire et auteur) Répartition géographique Statut UICN mondial Tendance de la population ImageVulpes bengalensis (Renard du Bengale)
(Shaw, 1800)160px120pxVulpes cana (Renard de Blanford)
Blanford, 1877120pxInconnue140pxVulpes chama (Renard du Cap)
(A. Smith, 1833)100px140pxVulpes corsac (Renard corsac)
(Linnaeus, 1768)140pxInconnue100pxVulpes ferrilata (Renard du Tibet)
Hodgson, 1842120pxInconnue140pxVulpes lagopus (Renard polaire)
(Linnaeus, 1758)180px140pxVulpes macrotis (Renard nain)
Merriam, 1888120px100pxVulpes pallida (Renard pâle)
(Cretzschmar, 1827)100pxInconnue120pxVulpes rueppellii (Renard de Rüppell)
(Schinz, 1825)140pxInconnue140pxVulpes velox (Renard véloce)
(Say, 1823)120px140pxVulpes vulpes (Renard roux)
(Linnaeus, 1758)180px140pxVulpes zerda (Fennec)
(Zimmermann, 1780)120pxInconnue140px
En 2018, dans son ouvrage répertoriant l’ensemble des canidés du monde, José. R. Castelló rassemble toutes les populations de renards roux d’Amérique du Nord sous une même espèce : Vulpes fulva.
Histoire évolutive vignette|gauche|Reconstitution artistique de Vulpes stenognathus
La plus ancienne espèce fossile connue appartenant au genre Vulpes est Vulpes riffautae, datant du Miocène supérieur, découverte au Tchad, dans le Néogène. Les dépôts où ces fossiles ont été trouvés sont âgés d’environ 7 millions d’années, ce qui en ferait les plus anciens canidés connus de l’Ancien Monde. On estime que ces animaux pesaient entre 0,7 à 1,6 kg. Vulpes skinneri, provenant du site fossile de Malapa en Afrique du Sud, est plus récente d’environ cinq millions d’années que V. riffautae et apparaît au début du Pléistocène.
Deux autres fossiles éteints, moins bien documentés, sont connus : Vulpes praeglacialis et Vulpes hassani. V. praeglacialis a été découverte dans la grotte de Petralona, en Chalcidique (Grèce). L’âge des dépôts (début du Pléistocène) en fait la plus ancienne occurrence du genre Vulpes en Europe. V. hassani provient d’un dépôt datant du Miocène-Pliocène en Afrique du Nord-Ouest. Cette espèce pourrait être à l’origine du renard de Rüppell, ce qui appuierait l’hypothèse selon laquelle le rapprochement phylogénétique entre le renard de Rüppell et le renard roux résulte d’une introgression récente plutôt que d’une spéciation récente.
Au cours du Pléistocène, le genre Vulpes était largement répandu : huit espèces ont été recensées en Amérique du Nord. Parmi celles-ci, six ne sont pas fossiles, et trois subsistent encore aujourd’hui sur ce continent : Vulpes velox, Vulpes macrotis et Vulpes vulpes. Les trois autres se sont dispersées au fil du temps vers certaines régions d’Afrique. Vulpes stenognathus est une espèce éteinte, mais elle possède des taxons frères encore existants, notamment V. chama, V. rueppellii, V. velox et V. vulpes, ce qui correspond à une évolution parallèle de ces espèces en Amérique du Nord.
Dix espèces fossiles apparentés peuvent y être ajoutées :
Espèce (nom binominal, nom vernaculaire et auteur) Répartition géographique Statut UICN mondial Tendance de la population ImageAlopex praeglacialis Kaup, 1829140pxNEFossile140pxVulpes alopecoides Forsyth Major, 1877140pxNEFossile140pxVulpes angustidens Thenius, 1954140pxNEFossile140pxVulpes galaticus Ginsburg, 1998140pxNEFossile140pxVulpes hassini Geraads, 2011140pxNEFossile140pxVulpes praecorsac Tivadar Kormos, 1932140pxNEFossile140pxVulpes praeglacialis (Tivadar Kormos, 1932)140pxNEFossile140pxVulpes riffautae de Bonis et al., 2007140pxNEFossile140pxVulpes skinneri Hartstone-Rose et al., 2013140pxNEFossile140pxVulpes stenognathus , 1941140pxNEFossile140px
Descriptions thumb|right|Un renard roux (à gauche) et un renard corsac (à droite) en train de bâiller. vignette|Renard polaire (Vulpes lagopus) en pelage hivernal.
Les vrais renards sont des canidés de petits à moyennes tailles, généralement plus petits que les autres genres comparativement aux genres appartenant à la sous-tribu des Canina. Par exemple, la plus grande espèce, le renard roux, pèse en moyenne entre 4,1 et 8,7 kg, tandis que la plus petite espèce, le fennec, ne pèse que 0,7 à 1,6 kg. Les renards possèdent un pelage long et dense, ainsi qu’une queue touffue et arrondie mesurant au moins la moitié, voire la totalité, de la longueur de la tête et du corps. Ce dernier est allongé, leurs membres relativement courts, leur museau long et étroit, et leurs oreilles grandes et pointues. Les membres antérieurs comportent cinq doigts, tandis que les postérieurs n’en comptent que quatre. Leur crâne est généralement léger, mince et allongé, avec une crête sagittale faible ou absente.
Les espèces de Vulpes possèdent des pupilles à fente verticale, qui apparaissent généralement elliptiques à la lumière, comme celles des chats, ce qui leur confère un avantage notable. Comme la plupart des canidés, les vrais renards ont un corps musclé, des mâchoires puissantes et des dents adaptées à la capture de proies. Leurs griffes émoussées leur permettent de mieux s’agripper au sol lors de la poursuite d’une proie. Certaines espèces dégagent une forte odeur dite « musquée », provenant principalement d’une glande située sur la surface dorsale de la queue, près de sa base. Le dimorphisme sexuel est peu marqué, bien que les mâles soient légèrement plus grands.
De manière générale, la structure osseuse du genre Vulpes est très proche de celle des autres genres de canidés, mais certaines variations existent. Ainsi, bien que les membres des canidés soient conçus pour la course rapide à la poursuite des proies, les espèces de Vulpes évitent les sprints prolongés (sauf lorsqu’elles sont poursuivies) et se sont spécialisées dans le saut et la capture de proies. Chez le renard roux par exemple, les adaptations au saut, à la capture et à l’escalade incluent un allongement des membres postérieurs par rapport aux antérieurs, ainsi qu’un affinement général des deux paires de membres. Les muscles sont également développés le long de l’axe.
La longueur, la couleur et la densité du pelage diffèrent selon les espèces. Les fennecs, et d’autres renards adaptés au désert comme le renard nain, possèdent de grandes oreilles et un pelage court favorisant la dissipation de la chaleur. À l’inverse, le renard polaire présente de petites oreilles et un pelage épais et isolant, lui permettant de conserver sa chaleur corporelle. La plupart des espèces arborent un pelage d’une teinte uniforme, mais certaines voient leur coloration changer au fil des saisons afin de se camoufler plus efficacement. Le renard roux, le renard de Rüppell et le renard du Tibet présentent une extrémité de queue blanche. Chez le renard arctique, la pointe de la queue est de la même couleur que le reste du pelage (blanche ou gris-bleu pastel, dit « isatis »). Le renard de Blanford présente généralement une queue à extrémité noire, mais une petite proportion d’individus (2 % en Israël, 24 % aux Émirats arabes unis) ont une queue dont la pointe est claire. Les autres espèces de ce groupe : le renard du bengal, le chama, le corsac, le fennec, le renard nain, le renard pâle et le renard véloce, possèdent toutes une queue à extrémité noire ou foncée.
Répartition et habitat
L’aire de répartition des renards est très vaste : ils sont présents dans une grande diversité d’habitats, allant du désert à l’Arctique, des hautes altitudes montagneuses jusqu’aux plaines ouvertes. Les vrais renards sont des animaux opportunistes qui prospèrent partout où ils peuvent trouver de la nourriture et un abri. Ils sont également largement répandus dans les zones suburbaines et urbaines, où ils tirent parti des ressources alimentaires d’origine humaine ; toutefois, ils tendent à éviter les grandes zones industrielles.
Dans certaines régions, les renards semblent même mieux s’adapter à la présence humaine, notamment dans de nombreux paysages agricoles, ainsi que dans les forêts et les zones boisées fragmentées.
Comportement et écologie
La plupart des vrais renards sont nocturnes, mais ils peuvent être actifs le matin et au crépuscule et chasser ou se nourrir de charognes en plein jour durant l’hiver. De nombreuses espèces de renards sont solitaires ou nomades, vivant la majeure partie de leur vie seules, sauf pendant la saison de reproduction, lorsqu’ils forment un couple monogame. Certains vivent en petits groupes familiaux, d’autres sont plus grégaires.
Le genre Vulpes présente une grande variation de l’organisation sociale entre espèces et populations. Leur société hiérarchique dépend généralement de la densité de population. Lorsque la densité de population augmente, la formation de groupes sociaux devient plus fréquente. Ces groupes se composent d’un couple dominant et de quelques adultes subordonnés, généralement apparentés. La dominance s’établit au sein du terrier ou de la tanière, et les jeunes dominants ont généralement plus accès à la nourriture et occupent un statut social plus élevé. En cas de conflit, la dominance se décide par des affrontements, et le perdant peut être exclu du groupe. Ces groupes peuvent compter jusqu’à dix adultes. Le renard du Cap présente probablement une organisation sociale matriarcale.
Régime et comportements alimentaire Les renards sont omnivores et opportunistes, se nourrissant également de carcasses. Les aliments de prédilection pour Vulpes comprennent des invertébrés, divers petits vertébrés, des graminées et certaines angiospermes. L’apport quotidien typique est d’environ 1 kg. Les vrais renards présentent un comportement de stockage ou de préservation de ressource, dissimulant leur nourriture pour une consommation ultérieure à l’abri des autres animauxFedriani, J.M.; T. K. Fuller, R. M. Sauvajot, E. C. York (2000-07-05). "Competition and intraguild predation among three sympatric carnivores" Oecologia 125 (2) 258-270. ..
Prédateurs Les renards adultes ont peu de prédateurs, excepté les coyote, ours et loup, selon les régions. Les jeunes renards sont menacés par un plus grand nombre de petits carnivores et de grands oiseaux de proie, tels que les aigles.
Reproduction La plupart des vrais renards sont monogames. Cependant, certains forment des couples polyandres ou polygynes. La période de reproduction varie selon l’espèce et l’habitat, mais se situe généralement entre fin décembre et fin mars. Ils creusent des terriers pour offrir un espace souterrain sûr pour élever leurs petits. Nés sourds et aveugles, les renardeaux dépendent du lait maternel et d’une surveillance complète pendant les quatre à cinq premières semaines, mais commencent à être sevrés progressivement après le premier mois. Une fois sevrés, ils recherchent divers insectes. Les parents complètent ce régime avec des mammifères et des oiseaux. Entre début et mi-juillet, les renardeaux sont capables de chasser seuls et quittent bientôt leurs parents.
Notes et références Notes
Références
Annexes
Articles connexes Renard, le nom vernaculaire
Vulpini, la tribu des canidés vulpoïdes. Canidés, la famille biologique
Liens externes
Catégorie:Genre de carnivores (nom scientifique) Catégorie:Canidae