L'équitation est inscrite au programme des Jeux olympiques depuis l'édition de 1900 à Paris avec trois épreuves de sauts. Depuis 1912, ce sport a toujours été présent lors des Jeux olympiques. Cette année-là, les épreuves de dressage et de concours complet font leur apparition ; celles de voltige ne sont disputées que lors des seuls Jeux de 1920. Jusqu'aux Jeux de 1952, seuls les cavaliers militaires et masculins sont autorisés à participer aux compétitions. La mixité s'est établie progressivement entre 1952 et 1964. Depuis cette date, hommes et femmes concourent ensemble sur toutes les épreuves équestres, ce qui en fait la seule discipline totalement mixte au sein des épreuves olympiques. De la fin des années 1950 à la fin des années 1990, les Jeux sont marqués par la domination de certaines nations dans le domaine équestre comme l'Allemagne et les pays anglo-saxons. Avec le début des années 2000, l'équitation s'ouvre à la mondialisation avec la présence aux Jeux de pays jusqu'ici absents de la scène équestre mondiale.
L'équitation aux Jeux olympiques est représentée dans trois disciplines équestres disputées à titre individuel et par équipes : le saut d'obstacles, le dressage, et le concours complet. Le format des épreuves olympiques a présenté différentes formes au cours du temps et s'est adapté au fur et à mesure à l'évolution des disciplines équestres et aux nouvelles orientations du sport. Chaque discipline répond à une réglementation stricte élaborée par la Fédération équestre internationale et soumise à la validation du Comité international olympique. L'équitation étant le seul sport olympique dans lequel concourent des animaux, des règles de respect et de bon traitement de l'animal sont également édictées et particulièrement suivies, notamment pour la lutte contre le dopage qui concerne le cheval mais également le cavalier.
La participation des nations et des athlètes aux épreuves équestres est croissante dans le temps, mais le sport est néanmoins marqué par la présence régulière de certaines nations comme les États-Unis, l'Allemagne et la France alors que la présence de certains pays aux Jeux est purement anecdotique. L'Allemagne est le pays ayant comptabilisé le plus grand nombre de médailles depuis les débuts de l'équitation aux Jeux olympiques et c'est la cavalière néerlandaise Anky van Grunsven qui est l'athlète la plus titrée avec neuf médailles olympiques remportées.
Histoire
Jeux antiques vignette|gauche|Course de chevaux à cru telle qu'elle est pratiquée aux Jeux antiques.|alt=Sur un fond beige, deux cavaliers de profil, imprimés sur calque noir, se livrent à une course effrénée; le cavalier en tête brandit une cravache alors que le second a déjà posé sa badine sur le flanc de son cheval ; les deux chevaux galopent la tête haute. La présence de disciplines équestres aux Jeux olympiques remonte à l’antiquité. C’est lors de la Olympiade en 680 av. J.-C. que la course de chars à quatre chevaux est introduite aux Jeux, ouvrant ensuite la voie à d’autres types de courses. Les courses de chevaux se déclinent en effet en plusieurs types d’épreuves qui sont fonction de l’âge des chevaux mais également de celui des meneurs. Les épreuves sont également variées : course de chars à quatre chevaux, à deux chevaux, course de mules attelées, courses à cru au trot et au galop.
Le est une course à quatre chevaux spectaculaire où les quadriges doivent effectuer douze fois le tour des bornes, ce qui représente près de . L' est une course originale à deux mules dans lequel le bige réalise avec un cocher assis. Ce type de course ne se s'est déroulé qu'entre 500 et 444 av. J.-C.. Cette épreuve étant réputée dangereuse, peu de participants s'y risquent. Elle est alors remplacée en 408 av. J.-C. par la , qui est une course de chars à deux chevaux. Dans les courses montées, le est destiné aux tout jeunes jockeys qui doivent réaliser le plus rapidement possible une seule fois le tour de la borne. La s'effectue au trot et est réservée aux juments. La particularité de l'épreuve se situe dans le fait que le cavalier doit descendre de sa monture peu avant l'arrivée et parcourir les derniers mètres à pieds en tenant le cheval par les rênes.
Jeux olympiques de 1900
vignette|Dominique Gardères franchissant lors de l’épreuve de saut en hauteur.|alt=Photo en noir et blanc d'un homme franchissant un obstacle sombre surmonté d'une barre blanche; la position du cavalier est notable car il est très assis dans sa selle, les bras tendus et les rênes longues pour permettre au cheval de sauter. Le cheval fait son apparition aux Jeux de 1900 avec une compétition de polo, considéré par le CIO comme séparé des autres sports équestres, et le concours hippique. Les Jeux de 1900 se déroulant dans le cadre des Concours Internationaux d'Exercices physiques et de Sports associés à l'Exposition universelle de 1900, le programme désiré par le comité préparatoire des concours hippiques est des plus ambitieux. Après des propositions de carrousels, de fantasia et de compétition d'attelage, le concours se résume finalement à cinq épreuves : une épreuve de saut d'obstacles, une épreuve de saut en largeur, une épreuve de saut en hauteur, un concours de cheval de selle et un concours d'attelage à quatre. Le programme se partage donc entre épreuves sportives et concours de modèles et allures. Ces derniers sont à l'époque très prisés et sérieusement dotés. Le concours consiste en un défilé de chevaux et de voitures soumis à la notation d'un jury. C'est l'occasion pour les propriétaires de défiler en grande tenue et de faire admirer leurs animaux, pour le plus grand plaisir des spectateurs. L’épreuve de sauts d’obstacles se déroule quant à elle sur un parcours de composé de 22 obstacles. Les difficultés rencontrées sont un double, un triple et une inédite en compétition. Le saut en largeur consiste à franchir une rivière sans toucher le ruban rouge déposé de l’autre côté de l’obstacle et à mesurer la longueur du saut. Le saut en hauteur, activité familière à l’époque, clôt les épreuves sportives. C’est l’unique fois dans l’histoire des Jeux où des épreuves de saut en largeur et de saut en hauteur ont lieu.
Jeux olympiques de 1912
vignette|gauche|Axel Nordlander et Lady Artist, médaille d'or en concours complet d'équitation en 1912.|alt=Photo en noir et blanc d'un cavalier en uniforme sur son cheval monté en bride présentant son profil droit. Après l’édition de 1900, il faut attendre les Jeux olympiques d'été de 1912 pour voir réapparaître les sports équestres aux Jeux. Cette longue absence s'explique par un hiatus du comité international olympique sur la discipline malgré les efforts du comte Clarence von Rosen. Dès 1906, lors du congrès du CIO à Athènes, il propose d'introduire aux Jeux olympiques les trois disciplines du dressage, du saut d’obstacles et du complet afin d'intéresser un public plus large et non militaire. La requête est bien accueillie et la cause semble acquise pour les Jeux olympiques d'été de 1908. Clarence von Rosen établit alors les règles et réglementations des trois disciplines et huit pays se présentent d'ores et déjà pour participer aux épreuves équestres des Jeux. Mais le comité international des sports équestres fait machine arrière à la dernière minute, repoussant la réapparition de l'équitation aux Jeux de 1912 à Stockholm. C’est donc finalement lors de cette édition que les trois disciplines deviennent épreuves olympiques ; épreuves déclinées sous un format qui subira peu de changement au cours des décennies. Les Jeux de 1912 présentent cinq épreuves équestres : le complet en individuel et par équipe, le dressage en individuel et le saut d'obstacles en individuel et par équipe. Les cavaliers prenant part à la compétition sont encore exclusivement des officiers.
Jeux de l’entre-deux-guerres (1920-1936) vignette|Le baron Takeichi Nishi et Uranus remportent la médaille d'or en saut d'obstacles aux Jeux de 1932.|alt=Devant des gradins combles, un cavalier en uniforme kaki et son cheval alezan franchissent un mur blanc entouré de buissons. Sur la période de l’entre-deux-guerres, soit les cinq éditions des Jeux comprises entre 1920 et 1936, les sports équestres se caractérisent par l’omniprésence des cavaliers militaires sur les différentes épreuves. L’équitation sportive est en effet une pratique militaire exclusivement masculine qui permet, dans une époque de motorisation de la cavalerie, d’offrir un nouveau débouché aux officiers et aux chevaux. La sélection des compétiteurs se fait pour chaque pays et à chaque édition sur décision du commandant de cavalerie. Ce dernier nomme également la monture affectée à chaque cavalier et s'agissant de militaires, un cavalier ne peut refuser le cheval qui lui est confié.
Cette période est également marquée par la création en 1921 de la Fédération équestre internationale (FEI) qui devient le nouvel organisme chargé des sports équestres au niveau international. Cette création est le fruit des échanges qui se sont tenus à Lausanne en mai 1921 entre dix délégations équestres nationales désireuses d'établir une fédération internationale avec des règles communes. La FEI assure à chaque olympiade la rédaction des différentes règles pour chacune des trois disciplines et les soumet au CIO qui les adapte à l’événement olympique.
L'édition de 1920 a la particularité de proposer la discipline de la voltige. Cette épreuve, exclusivement réservée aux officiers, consiste en une succession de figures à cheval comme au sol, à l'arrêt et au galop, à cru comme en selle. Seuls trois pays participent à la compétition. Si la discipline a depuis été reconnue par la FEI et est depuis présente aux jeux équestres mondiaux, c'est la seule et unique fois qu'elle apparaît aux Jeux olympiques.
L'édition de 1936 est également notable par son fort contexte politique. Comme les autres disciplines olympiques, les sports équestres sont l'occasion pour le gouvernement nazi de mettre en avant la qualité de ses athlètes à des fins de propagande. C'est ainsi l'unique fois dans l'histoire qu'un même pays remporte les six médailles d'or en sports équestres.
Jeux de l’après-guerre (1948-1952)
Les Jeux de l’après-guerre marquent un tournant dans l’évolution des sports équestres.
Les Jeux de 1948 sont encore très marqués par les conséquences de la Seconde Guerre mondiale. Au niveau des chevaux, cela se traduit par une baisse importante de la qualité des animaux concurrents, un très grand nombre de chevaux de selle ayant disparu dans le conflit mondial. La France et l'Allemagne sont particulièrement touchées. L'exemple des chevaux trakehners est ainsi particulièrement représentatif. Alors que la race a vu trois de ses représentants obtenir une médaille d'or aux Jeux de 1936, la plupart des chevaux trakehners a été déportée en Russie et seuls un millier de spécimens, soit moins de 5 % du nombre total, ont trouvé refuge à l'Ouest. Dans la discipline du dressage, on voit ainsi apparaître sur les rectangles des chevaux lourds et puissants, au modèle très différent de leurs prédécesseurs, mais dont le style s'impose rapidement, générant par là-même un nouveau mode de jugement.
Les Jeux de 1952 officialisent la nouvelle orientation qu’ont prise les sports équestres. Ces Jeux marquent en effet l’ouverture de la discipline aux civils mais également aux femmes. Ces deux principaux changements dans les règles d’accessibilité aux Jeux olympiques ne sont en fait que la traduction de l’évolution des sports équestres débutée dans les années 1920-1930 avec la démilitarisation de la discipline et l’augmentation progressive de la pratique par les civils, hommes comme femmes. Si l’équitation aux Jeux olympiques s’ouvre aux femmes, seule la discipline du dressage leur est accessible en 1952. Il faut attendre les Jeux de 1956 pour qu'elles puissent participer au saut d'obstacles et ceux de 1964 pour le concours complet.
Domination de certaines nations (1956-1996)