Albert Dupontel, né le à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, actuelles Yvelines), est un acteur, réalisateur, scénariste et humoriste français.
Découvert par Patrick Sébastien au début des années 1990, il se fait d'abord connaître comme humoriste dans des one-man-shows, puis s'impose comme acteur de cinéma. Il commence ensuite une carrière de réalisateur et de scénariste, se spécialisant dans le genre de la comédie noire, tout en continuant à jouer pour d'autres cinéastes.
Concernant ses seuls films, il remporte de multiples César du cinéma (dans les catégories Meilleur scénario original, Meilleure adaptation, Meilleur réalisateur et Meilleur film), pour son travail dans 9 Mois ferme, Au revoir là-haut et Adieu les cons.
Biographie Jeunesse et formation Jusqu'à l'âge de , le jeune homme vit à Conflans-Sainte-Honorine avec ses parents. Son père, originaire de Trégomeur. (Côtes-d'Armor), est médecinIl a raconté cet épisode dans l'émission Tout le monde en parle du 10 avril 2004 à 1:38 (archive INA)., et sa mère est dentiste. Il est le petit-fils de Jean-Louis Philippe (1881-1966), maire de Trégomeur et conseiller général. Durant son cursus primaire à l'école Paul-Bert de Conflans, il pratique la gymnastique et le judo.
Après avoir obtenu son baccalauréat en 1982, il fait quatre ans d'études médicales à l'UFR de médecine de l'université Paris-Diderot (CHU Bichat-Claude-Bernard). Stagiaire dans le service de neurochirurgie, il déserte souvent ce poste pour aller au cinémaDans l’émission Master Classe du sur France 5 .. Son chef de service ne validant pas son stage du fait de ces absences, il renonce à poursuivre médecine. Il s'inscrit ensuite à un cours de théâtre, dirigé par Yves Pignot, et choisit alors comme nom de scène Albert Dupontel ; il souhaite en effet préserver sa famille et particulièrement son pèreInterview dans l'émission Eclectik, France Inter, 22 mai 2011.
Il reçoit ensuite une formation de deux ans (1986-1988) à l'École du théâtre national de Chaillot, sous la direction d’Antoine Vitez. Il commence alors à écrire des sketchs pour se défouler.. Durant cette période, il joue de petits rôles. Il est brièvement (une dizaine de jours) l'élève d'Ariane Mnouchkine, dont l'enseignement l'a cependant marqué et lui a servi plus tard dans sa carrière. Il déclare qu'elle lui a alors proposé d'entrer dans sa compagnie de théâtre, mais qu'il a décliné la proposition, transcription de l’entretien...
Révélation sur scène et débuts au cinéma (1990-1999) En 1990, Albert Dupontel écrit les Sales Histoires, une série d’histoires brèves pour Canal+.. Son ton grinçant est nouveau et tranche radicalement avec ce qui se fait à l’époque.
En , il commence par des prestations scéniques d'humoriste en seul-en-scène au Théâtre de Poche Graslin à Nantes. La même année, il tourne une série de spots publicitaires pour la Lada Samara.Série complète des pubs de la Lada Samara avec A. Dupontel, sur culturepub.fr.. Un temps de vaches maigres, jusqu'à ce qu'il soit remarqué par Patrick Sébastien qui, ayant vu une cassette vidéo de son spectacle., lui propose de faire un sketch dans son émission télévisée Sébastien c'est fou (devenant son producteur par la suite), ce qui le fait accéder à la reconnaissance du grand public. Il se produit ensuite avec succès dans de nombreuses salles parisiennes, avec son spectacle intitulé le Sale Spectacle., notamment au théâtre Tristan-Bernard. En 1992, il poursuit en se produisant à l'Olympia avec le Sale spectacle 2 et remporte un grand succès. Toutefois, il ne fait de la scène que , comme il dit, car son projet à long terme, c'est le cinéma.
Toujours en 1992, il se lance dans la mise en scène avec Désiré, son premier court métrage. En tant que comédien, il apparaît dans des films tels que Un héros très discret ou Chacun pour toi avec Jean Yanne. Grâce à l'argent gagné avec ses spectacles, il se lance dans la réalisation et son premier film, Bernie (1996), obtient un grand succès. Le film suscitera l'enthousiasme de nombreuses personnalités, comme les membres des Monty Python, Terry Jones et Terry Gilliam, ou encore Robin Williams qui fit même une petite parodie du film pour l'édition collector du DVD..
En 1999, il réalise Le Créateur, toujours entouré de la même équipe. Le Créateur est un échec commercial et comptabilise peu d'entrées. La même année, Michel Deville lui offre son premier grand rôle sérieux dans La Maladie de Sachs. Son interprétation est saluée par une première nomination aux César..
Acteur et retour à la réalisation (2000-2008) vignette|Albert Dupontel, le 18 septembre 2006 à Paris. Entre 2001 et 2005, Albert Dupontel tourne plusieurs films par an dans les genres de la comédie et du drame. En 2002, il monte les marches du festival de Cannes pour défendre Irréversible : le film est entouré d'une grande polémique en raison de sa violence..
Il commence à travailler sur son troisième long métrage, Enfermés dehors. En 2004, il est à l'affiche de plusieurs films dont Le Convoyeur et Un long dimanche de fiançailles. La recherche de financement pour sa troisième réalisation est compliquée. En 2005, après avoir essayé de produire le film aux États-Unis, puis envisagé une production franco-espagnole., il trouve finalement plusieurs partenariats en France. France 2 accepte de financer le film mais souhaite ses spectacles en DVDÉmission On ne peut pas plaire à tout le monde du 20 mars 2005, présentée par Marc Olivier Fogiel.. Les spectacles à l'Olympia et au théâtre Tristan Bernard sont donc édités en 2005.
En 2006 sort Enfermés dehors, où il est à la fois réalisateur et acteur principal. Il parvient à réaliser un film d'action burlesque et déjanté, faisant à nouveau l'admiration de Terry Gilliam et Terry Jones, qui participent brièvement au filmInterview de Terry Gilliam et Terry Jones à propos d'"Enfermés dehors", Albertdupontel.com..
De 2006 à 2008, il multiplie les apparitions au cinéma, avec trois films par an. Il a notamment le premier rôle dans Président, Odette Toulemonde, Chrysalis, L'Ennemi intime et Deux Jours à tuer, pour lequel il est de nouveau nommé aux César dans la catégorie Meilleur acteur.
Réalisateur récompensé (depuis 2009) vignette|redresse=0.8|Albert Dupontel en 2013 à l'avant-première du film 9 Mois ferme. En 2009, Albert Dupontel réalise Le Vilain, une fable drolatique qui permet à l'actrice Catherine Frot d'y faire une composition de personne âgée. Le film est un succès (près d'un million de spectateurs selon la fiche du film sur Allociné.) et permet à Dupontel d'annoncer un nouveau film pour 2011.
Entre-temps, il refait l'acteur pour Bertrand Blier dans Le Bruit des glaçons (2010) avec Jean Dujardin pour partenaire puis, en 2011, pour Gustave Kervern et Benoît Delépine avec cette fois-ci Benoît Poelvoorde en co-vedette dans Le Grand soir, seul film français primé lors du festival de Cannes 2012.
En , il commence le tournage de son nouveau film 9 Mois ferme, une comédie sur l'amour impossible entre un prisonnier (incarné par Dupontel) et une juge enceinte (Sandrine Kiberlain, qui obtiendra le César de la meilleure actrice pour ce rôle). Le film sort en et totalise plus de 2 millions de spectateurs, tout en étant bien accueilli par la presse. Le réalisateur reçoit même le César du meilleur scénario original lors de la 39e cérémonie des César...
En 2017, il enchaîne avec Au revoir là-haut, l'adaptation du roman homonyme de Pierre Lemaitre, récompensé par le Prix Goncourt 2013. Tourné avec plusieurs techniques créatives, dont la colorimétrie, le film dépasse le million de spectateurs en salles après deux semaines et jette un regard nouveau sur la Première Guerre mondiale. Au terme de son exploitation, il enregistre plus de deux millions d'entrées., ce qui en fait son plus gros succès (juste devant ferme.). Dupontel obtient pour ce film les César de la meilleure réalisation et de la meilleure adaptation (avec Pierre Lemaitre) lors des César 2018.
thumb|Avant-première de Second Tour au MK2 Bibliothèque de Paris, avec entre autres : Albert Dupontel, Christophe Julien, Nicolas Marié, Cécile de France et David Marsais.
Sa réalisation Adieu les cons sort en , pendant la seconde vague de la pandémie de Covid-19, alors qu’un couvre-feu empêche les cinémas d’ouvrir en soirée. Le film reçoit des avis plutôt positifs., il réalise le meilleur démarrage pour un film français en 2020. en dépassant les la première semaine. Le film est le grand vainqueur de la cérémonie des César en 2021Césars 2021 : sept récompenses pour « Adieu les cons », d’Albert Dupontel, sur lemonde.fr, consulté le 13 mars 2021 en remportant 7 prix dont celui de la meilleure réalisation, du meilleur film et du meilleur scénario. Le film sort de nouveau au cinéma en . Il démarre aussi fort qu'en malgré les fortes restrictions appliquées aux salles de cinéma. En fin d'exploitation, Adieu les cons enregistre plus de deux millions d'entrées.
Engagements Albert Dupontel est, depuis sa création en 2012, parrain de War on Screen, le festival international du film de guerre de Châlons-en-Champagne..
En , il est président du jury du Festival international du film grolandais de Toulouse. Il y décerne un prix spécial à Wrong Cops de Quentin Dupieux.
Vie privée Albert Dupontel est père de trois enfants, dont un fils né vers 1998 de son union avec Claude Perron.
Spectacles 1990 : Sale spectacle 1, au Théâtre Tristan Bernard. 1992 : Sale spectacle 2, à l'Olympia.
Filmographie
Acteur Cinéma
1988 : Encore de Paul Vecchiali : Alain 1988 : La Bande des quatre de Jacques Rivette : un (faux) voyou 1989 : La Nuit du doute de Cheikh Djemai 1993 : Chacun pour toi de Jean-Michel Ribes : Gus 1994 : Giorgino de Laurent Boutonnat : l'infirmier infirme 1996 : Un héros très discret de Jacques Audiard : Dionnet 1996 : Bernie d'Albert Dupontel : Bernie Noël 1998 : Serial Lover de James Huth : Eric Cellier 1999 : La Maladie de Sachs de Michel Deville : le docteur Bruno Sachs 1999 : Du bleu jusqu'en Amérique de Sarah Lévy : le professeur Helpos 1999 : Le Créateur d'Albert Dupontel : Darius 2000 : Les Acteurs de Bertrand Blier : un officier de police 2001 : L'Origine du monde de Jérôme Enrico : le travesti 2002 : Petites Misères de Philippe Boon et Laurent Brandenbourger : Jean 2002 : Irréversible de Gaspar Noé : Pierre 2002 : Monique : toujours contente de Valérie Guignabodet : Alex 2003 : Les Clefs de bagnole de Laurent Baffie : lui-même 2004 : Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief : Alexandre Demarre 2004 : Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet : Célestin Poux 2006 : Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson : Jean-François Lefort, le pianiste 2006 : Enfermés dehors d'Albert Dupontel : Roland 2006 : Avida de Benoît Delépine, Gustave Kervern : le garde du corps 2006 : Président de Lionel Delplanque : le président de la République 2006 : Odette Toulemonde d'Éric-Emmanuel Schmitt : Balthazar Balsan 2007 : Jacquou le croquant de Laurent Boutonnat : le père de Jacquou 2007 : Chrysalis de Julien Leclercq : David Hoffmann 2007 : L'Ennemi intime de Florent-Emilio Siri : le sergent Dougnac 2008 : Louise-Michel de Gustave Kervern et Benoît Delépine : Miro 2008 : Paris de Cédric Klapisch : Jean, le maraîcher 2008 : Deux Jours à tuer de Jean Becker : Antoine Méliot 2009 : Le Vilain d'Albert Dupontel : Sidney 2010 : Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier : le cancer 2011 : La Proie d'Éric Valette : Franck Adrien 2011 : La Brindille d'Emmanuelle Millet : le directeur du musée 2012 : Cadres noirs de Manuel Boursinhac 2012 : Le Grand Soir de Gustave Kervern et Benoît Delépine : Jean-Pierre Bonzini 2013 : 9 Mois ferme d'Albert Dupontel : Bob 2014 : La Cérémonie de clôture du FIFIGROT 2013, Carnets filmés de Gérard Courant : le maître de cérémonie 2015 : En équilibre de Denis Dercourt : Marc 2016 : Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners : Cochise 2017 : Au revoir là-haut d'Albert Dupontel : Albert Maillard