La scientologie est un ensemble de croyances et de pratiques dont les principes ont été développés aux États-Unis en 1952 par L. Ron Hubbard. L'Église de scientologie est fondée à Camden dans le New Jersey et ouvre en .

Classée comme une secte par la lutte antisectes en France, elle est considérée comme une secte ou comme une religion selon le pays. De plus, certains pays la considèrent comme une entreprise commerciale, d'autres comme étant une organisation à but non lucratif ou charitable. Sa classification fait parfois l'objet de contentieux.

La scientologie promeut une méthode pseudoscientifique appelée dianétique par son fondateur et propose plus largement un ensemble de croyances et de pratiques relatives à la nature de l'être humain et de sa place dans l'Univers, enseignant que les humains sont des êtres immortels qui ont oublié leur véritable nature.

vignette|gauche|Un immeuble de la scientologie sur Hollywood Blvd à Los Angeles. Sur l'affiche, il est écrit : . Plusieurs organisations encadrant la pratique de la scientologie ont été créées, la plus notable étant l'Église de scientologie. L', dont le siège est à Los Angeles aux États-Unis, est considérée comme étant l'Église mère des organisations et des entités de la scientologie.

La scientologie est l'un des plus controversés des nouveaux mouvements religieux qui sont apparus au . Ses pratiques font l'objet de polémiques et de critiques, qui l'accusent notamment d'escroquerie ou bien d'utiliser des techniques de lavage de cerveau, ce qui conduit parfois à des procès.

Historique Fondation par Ron Hubbard L. Ron Hubbard, auteur de science-fiction américainSite officiel de L. Ron Hubbard, Église de Scientologie, , publie un premier article sur la dianétique parut en dans le magazine Astounding Science-Fiction dont il était un auteur habituel« Le cas L.Ron Hubbard », article de Francis Valéry paru dans Bifrost . L'article avait été annoncé depuis plusieurs mois par le rédacteur en chef John W. Campbell qui le présentait comme un travail scientifique importantHistoire de la science fiction moderne 1911-1984, Jacques Sadoul, 1984, Pages 199-200. Selon J. Sadoul : « Campbell la présenta comme un travail scientifique de première importance et engagea toute son autorité morale pour la faire prendre au sérieux, se disqualifiant ainsi lui-même dans l'esprit des scientifiques véritables. La dianétique fut à Campbell ce que le "Shaver Mystery" fut à Palmer, à la différence que le rédacteur en chef d'Astounding n'y perdit pas sa place. ».

En parallèle paraissait, le , le livre Dianétique : la science moderne de la santé mentale. Ron Hubbard y déclare avoir identifié la source des maladies psychosomatiques, après plusieurs années de recherches personnelles.

La méthode de dianétique connut un succès rapide. Dès juillet, le livre était un best-seller et des « clubs de dianétique » se créèrent un peu partout aux États-Unis pour expérimenter la méthode d'audition décrite par HubbardRon Hubbard, le gourou démasqué, Russel Miller, 1994; Pages 87-88. À ce moment, l'American Psychiatric Association exigea que la dianétique soit soumise à une enquête scientifique.

En 1952, Hubbard élargit la dianétique en une philosophie laïque qu'il appela « scientologie » et la déclara comme une religion en , date à laquelle la première église de scientologie fut fondée à Camden au New Jersey.

Expansion et premières controverses À la fin des années 1950, l'Église de scientologie s'implante progressivement dans d'autres pays, notamment en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et en France.

En 1958, le fisc américain remet en cause le statut de religion que la scientologie s'est attribuéEnquiry into the Practice and Effects of Scientology, Report by Sir John Foster, K.B.E., Q.C., M.P., Published by Her Majesty's Stationery Office, London December 1971. Cited at http://www.cs.cmu.edu/~dst/Cowen/audit/fosthome.html.

Hubbard s'établit à cette époque en Grande-Bretagne et, en 1959, achète le manoir géorgien de Saint Hill, situé près de la ville d'East Grinstead, dans le Sussex, qui devient alors le siège mondial de la scientologie, et au voisinage duquel est construit l'OSA ("Office of Special Affairs" de la Scientologie).

La scientologie devient sujet de controverses dans le monde anglophone vers le milieu des années 1960. Dans l’État de Victoria en Australie, après la constitution d'un rapport sur les activités de l'organisation, une loi sur les pratiques psychologiques mène à l'interdiction de la scientologie en 1965. Deux autres États australiens font de même, mais ces lois sont déclarées inconstitutionnelles en 1969.

À la même époque, le Royaume-Uni tente d'interdire l'accès du pays aux scientologues étrangers et donc l'accès au centre de formation du siège international après un rapport de la Chambre des communes britannique critiquant les méthodes psychothérapeutiques de la scientologie et la considérant comme nuisible à la société et à la santé des individusLes Sectes, Nathalie Luca.

La Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et la province d'Ontario au Canada mènent également des enquêtes publiques sur les activités de la scientologie.

Réorganisations du mouvement

À partir de 1966, Hubbard commence à se désengager de la direction du mouvement. Il démissionne en 1967 du poste de directeur exécutif, et fonde la « Sea Organisation » (ou « Sea Org ») qui devient le groupe de gestion internationale de la Scientologie. L'« office du gardien », chargé de protéger les intérêts de l'Église de Scientologie, est fondé en 1966.

La Sea Org est jusqu'en 1975 une organisation maritime, paramilitaire (avec uniformes de marine) dirigée par Hubbard ; à cette date elle s'installe à Clearwater en Floride, qui devient le nouveau siège mondial de l'Église de scientologie.

En 1977 éclate aux États-Unis l'« affaire Snow White », révélant une opération montée par l'office du gardien pour purger les dossiers défavorables sur la scientologie et son fondateur L. Ron Hubbard. Ce projet aurait inclus une série d'infiltrations et de vols de 136 organismes gouvernementaux, ambassades et consulats, ainsi que d'organismes privés critiques à l'égard de la Scientologie, réalisée par des membres de l'Église dans plus de trente pays.

À cette occasion, le FBI découvre des dossiers que l'Église constituait sur ses ennemis potentiels, afin de les mettre hors d'état de lui nuirebiographie issue du livre L'Église de Scientologie, par Gordon Melton, .

Onze cadres haut placés de l'Église sont inculpés. Ils plaident coupables ou sont reconnus comme tels par la Cour fédérale pour les délits d'obstruction à la justice, de cambriolage de bureaux du gouvernement, et de vol de documents et biens de l'État, et sont condamnés à des peines de quatre à cinq ans de prison, et à des amendes de .

À la suite de l'affaire Snow White, l'office du gardien est supprimé, et les scientologues impliqués dans l'affaire sont démis de leurs responsabilités dans l'organisation. Le mouvement entreprend alors une restructuration : en 1981 est créée l', qui est l'organe de direction, et en 1982 le , sa structure religieuse, à qui Hubbard cède ses droits sur les marques scientologues.

En 1978, trois dirigeants du siège français, ainsi qu'Hubbard, sont convaincus d'escroquerie par le tribunal de ParisJugement du tribunal de Paris, correctionnelle, ., lors d'un procès qualifié de « procès du siècle » par l'ÉgliseAlain Woodrow, Les Nouvelles Sectes, Seuil, 1977.. Ce jugement est annulé par trois décisions ultérieures, une de la cour d'appel de Paris le , et deux du tribunal correctionnel de Paris, le et le Analyse du Doyen Carbonnier.

Statut religieux et risque sectaire Dans les années 1980, après le suicide collectif de Jonestown et les plaintes des associations de familles concernant l’Église de l'Unification, les États-Unis puis les États européens s’inquiétèrent des dangers des « nouveaux mouvements religieux »Quelles politiques face aux sectes ?, Nathalie Luca, 2002..

De nouveaux rapports étudiant les risques sectaires de divers mouvements furent alors produits, comme le rapport Vivien en France, qui pointait des pressions morales entraînant l'endettement des adeptes de la scientologie.

En 1993, la situation changea aux États-Unis où l'Église de Scientologie fut reconnue comme religion par les services fiscauxSectes -Mensonges et idéaux Nathalie Luca, Frédéric Lenoir, Bayard Éditions, 1998 (page 121)..

Cependant, en France, le rapport parlementaire de 1995Texte du rapport d'enquête de l'Assemblée nationale qui dressait une liste indicative des sectesYves Bertrand, directeur général des Renseignements généraux à cette époque, et après avoir travaillé à fournir les renseignements qui ont permis la publication du rapport, a estimé que la scientologie n'aurait pas dû être amalgamée à un mouvement sectaire Je ne sais rien mais je vous dirai tout, d'Yves Bertrand, page 166, . y désignait la scientologie comme une secte. Un rapport de 1999 de la MILS la classait comme secte « absolue » et recommandait sa dissolutionMIVILUDES « Rapport MILS 1999 Texte intégral », Mission interministérielle pour la lutte contre les sectes, sur le site de la MIVILUDES.

Un rapport de la Chambre des représentants belges (proposition de loi de deux parlementaires) en date du la classe comme faisant partie des mouvements sectaires nuisibles.

En République fédérale d’Allemagne également, une commission d’enquête parlementaire fédérale sur les « sectes et psychogroupes » la considérait comme un « mouvement politique extrémiste » dont la forme de pensée totalitaire est explicitement rapprochée de la pensée nazie. En 2008, en revanche l'Office fédéral de protection de la constitution rendit un rapport dans lequel était assuré que rien ne permettait de conclure que l'Église de Scientologie poursuivait un but répréhensible "Scientology verbot wird immer unwahrscheinlicher" sur focus.de.

Les États-Unis réagirent en 1999 en publiant un « rapport sur la liberté religieuse dans le monde » très critique envers ces politiques nationales.

Un rapport du Parlement européen notait en 1997 que le reproche le plus répété envers la Scientologie était de tenter de noyauter les organes de l'État, mais que cela n'avait pu être réellement prouvé. Il concluait que dans la plupart des pays d'Europe, les modifications de l'arsenal juridique n'étaient pas nécessaires. C'est le point de vue qui fut adopté par la plupart des pays, qui choisirent de ne pas créer de législation spécifique, mais de ne traiter le phénomène sectaire qu’au travers de l’atteinte à l’ordre publicRapport A4-0408/1997 sur les sectes dans l'Union européenne Maria Berger, 1997.

Croyances et pratiques Doctrine Dans ses écritures, la Scientologie se donne comme but : La Scientologie se considère comme une « philosophie religieuse appliquée ». En d'autres termes, elle se présente comme une religion, tout en offrant des « solutions pour les problèmes » de ses adeptes.

La Scientologie, qui se définit elle-même comme une religion traditionnelle, se fonde sur la croyance selon laquelle l'Homme a été créé pour travailler à son propre salut spirituelIntroduction à une religion : la Scientologie. La Scientologie affirme aussi que l'humain est fondamentalement bon mais qu'à cause de son mental réactif, source d'irrationalité, il peut être conduit à agir de manière mauvaise. Ainsi, son « salut spirituel » dépendrait de sa relation avec lui-même, avec ses semblables et du fait d'arriver à une « fraternité avec l'univers ».