Marin-Pierre Gaullier dit Grand-Pierre, né à Morannes le , mort à Bouère le , colonel dans l'Armée catholique et royale du Maine, était l'un des chefs des chouans en Mayenne. Il dut son surnom à sa taille de près de 6 pieds (soit environ 1,95 m), à son grade, son instruction, sa bravoure et sa prudence.
Biographie Origine Marin-Pierre Gaullier, fils de Jacques Gaullier, notaire royal, et de Madeleine Letessier, est né à Morannes le . On ne sait rien sur sa jeunesse. Après avoir fait ses études dans une ville voisine, Angers ou la Flèche sans doute, il était revenu à Morannes travailler dans l'étude de son père. Famille
Les armoiries de la famille Gaullier (d'après le règlement d'armoiries de 1817) sont de gueules à deux épées d'argent passées en sautoir et accompagnées de quatre chouettes d'orChaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. XX. Gaa-Gau., 1929, p. 251-252.. thumb|Armoiries de la famille Gaullier au Cimetière de Bouère.
Grenadier de la République Il avait vingt-cinq ans lorsqu'on forma, au mois d', le de volontaires de Maine-et-Loire, parmi lesquels il se fit inscrire. Sa haute taille le fit placer parmi les grenadiers. Il suivit le bataillon à Nantes et à Guérande, d'où il partit le pour se rendre sur les frontières, à l'Armée du Nord, dirigée par La Fayette.
Les grenadiers séparés du bataillon faisaient partie de l'avant-garde de l'armée qui soutint un violent combat, près de Longwy, le . Puis les grenadiers rejoignirent leurs camarades à Verdun, où leur chef, le lieutenant-colonel Nicolas-Joseph Beaurepaire, avait été nommé commandant de la place. La ville investie le par les Prussiens dut capituler le , Beaurepaire se suicida pour ne pas rendre la place aux ennemis.
Le bataillon, rentré à Sainte-Menehould, fit alors partie de l'armée de Charles François Dumouriez, prit part, le , à la bataille de Valmy, le à la bataille de Jemmapes et le 29 de ce mois était cantonné à Liège. Les grenadiers séparés une seconde fois de leurs camarades étaient alors à Rurdorffle.
Plusieurs auteurs, prétendent que Gaullier quitta son bataillon au mois de décembre en apprenant l'arrestation de son père et qu'en arrivant à Angers il fut informé que celui-ci était mort par suite de fatigues et de privations, peut-être même empoisonné. Il semble plus probable que Gaullier était encore à son bataillon le et même à la fin du moisSon nom n'est pas inscrit sur la liste des volontaires qui ont quitté le corps du 2 septembre 1792 au , donnée par Grille..
Il est possible que ce soit après la mort du roi Louis XVI et peut-être même plus tard, que Gaullier quitta ses camarades pour rentrer à AngersCe n'était point une désertion, car les engagements ayant été souscrits seulement pour une année ou pour la durée d'une campagne.. On ne sait pas au juste à quelle date Gaullier quitta l'armée.
Au mois de , il y eut des émeutes à Châteauneuf et à Durtal, à l'occasion du tirage au sort pour la levée de 300.000 hommes. Elles furent étouffées rapidement, mais furent suivies de nombreuses arrestations. C'est alors sans doute que Gaullier père fut arrêté, amené dans les prisons d'Angers où il mourutOn peut douter de la mort de Gaullier père en prison. On trouve en effet aux Archives de Maine-et-Loire, L, carton 200, une lettre de Viaud, procureur syndic de Châteauneuf, en date du 10 septembre 1793, constatant que des certificats de civisme ont été refusés aux citoyens Moquereau, Letourneau et Gaullier. Celui du citoyen Nepveu a été accordé. Gaullier père n'était donc pas mort à cette date.. Ce serait donc seulement à la fin de ce mois, ou au commencement d'avril, que Gaullier fils serait arrivé à Angers. Armée vendéenne On ignore ce qu'il devint ensuite, mais il est probable qu'il alla rejoindre les Vendéens, ou se joignit à eux, au mois de , lorsqu'ils occupèrent Angers. Après la bataille de Savenay, il vint avec Sarrazin, Jacques Bruneau de la Mérousière, d'Anthenaise, de Terves et autres, se cacher autour de Segré et prit part aux premiers combats livrés par les chouans d'Anjou aux républicains.
Quand Sarrazin envoya Jacques Bruneau de la Mérousière pour soulever les royalistes des environs de Chàteauneuf, il le suivit et devint son lieutenant.
Chouannerie thumb|Chapelle de la famille Gaullier au Cimetière de Bouère. Gaullier alla offrir ses services à Monsieur Jacques (), qui le mit en relation avec Joseph-Juste Coquereau, et celui-ci le nomma commandant en second. Il remplaça son chef au mois de et se tint ordinairement dans le pays de Bouère, étendant son action de Château-Gontier à Sablé, Miré et Daon.
Commandant de la de l'armée de Scépeaux avec comme lieutenants Louis Coquereau (frère de Joseph-Juste Coquereau), Chevreul, Pichon et Mercier. Il réunissait la compagnie de Fromentières avec Lezay dit Sabretout, Mercier, Mathurin Garreau, celle de Ruillé avec Michel Menant dit Francœur, celle de Bouessay avec Rozay dit La Gaîté, de Bouère avec Poirier dit La Justice, de Bierné avec Renard dit Giroflée de Souvigné avec Leroy dit Risque-Tout d'Auvers-le-Hamon, avec Chevreul dit Armand.
Sa division, solide et aguerrie, tint la campagne de jusqu'à la pacification d'. Fin , Gaullier conduisit une partie de ses hommes jusqu'au château de Beaumont à Saint-Laurent-des-Mortiers pour le désarmement, et les fit manœuvrer devant le général Delaage, qui fut surpris de leur bonne tenue et de leur instruction militaireD'après Henri-René Bernard de la Frégeolière. L'historien Émile Queruau-Lamerie (1841-1929) indique que cette revue aurait eu lieu au château de la Fautraise..
Retiré à Bouère, Grand-Pierre, exposé à des vexations continuelles et même décrété d'arrestation le , se cacha, et, dès le premier appel des chefs royalistes, se mit de nouveau à la tête de sa division qui compta 2400 hommes. Dans l'armée catholique et royale du Maine du général de Bourmont, en 1799-1800, il commande la légion (Château-Gontier)Le major de cette légion est alors Pierre-Ambroise Gougeon de Lucé ; Chef d'escadron de cavalerie : Pierre-Honoré-Victor de Conrad de Mahé de la Richerie, capitaine; commissaire : Le Tessier dit Aza.. On signale sa présence à Souvigné au mois de ventôse an VII, et ses hommes sont accusés par la police républicaine d'avoir tué plusieurs patriotes de Ballée. Sa femme, mère depuis quelques moisPierre Gaullier, fils de Marin-Pierre Gaullier et de Renée Letessier, né à Bouère en 1797, quitta le collège de Château-Gontier pour rejoindre son père qui commandait une division royaliste dans la Sarthe, pendant les Cent-Jours. Admis sous la Restauration dans les gardes du corps, il passa dans un régiment de ligne, fit la campagne d'Espagne en 1823, reçut le brevet de capitaine au Léger, et démissionna en 1830. Retiré à Bouère, il y entretenait le "feu sacré", favorisait les déserteurs, se procurait des munitions. En mai 1832, il se trouva à la tête d'une troupe si bien tenue que les anciens disaient n'avoir jamais connu "aussi belle Chouannerie". Son mémoire sur la part que sa division prit au soulèvement est le meilleur récit qui en ait été publié pour la Mayenne (Vendée militaire, tome IV, p. 666-679). Pierre Gaullier, longtemps caché à Bouère, à Chammes, à Sainte-Colombe, passa enfin en Suisse, puis revint en 1837 purger sa contumace et se retira au château du Grand-Ruigné, à La Flèche. Il s'occupa surtout de venir en aide à ses anciens frères d'armes. Il est mort le , et repose dans la chapelle du cimetière de Bouère. Sa veuve, Marie-Clotilde Le Doux, de Chammes, décédée elle-même le , y a aussi sa sépulture. Armoiries de Pierre Gaullier : De gueules à 2 épées en sautoir cantonnées de 4 chouettes., emprisonnée à la Rossignolerie à Angers, contribua beaucoup au soulagement des prisonniers. Elle put même en faire évader deux et ne recouvra sa liberté que le .
L'explosion de la machine infernaleLe , une machine infernale explose au passage du carrosse du Premier Consul, rue Saint-Nicaise à Paris, alors que Bonaparte se rend à l’opéra. L’attentat fait 22 morts et une centaine de blessés. Miraculeusement rescapé, Napoléon en profite pour frapper le camp jacobin. Joseph Fouché accuse alors le camp royaliste et lance un mandat est lancé contre Charles d'Hozier. Le , 4 jacobins accusés d'avoir participé à l'attentat de la rue Saint-Nicaise sont exécutés, après que 130 autres avaient été déportés sans jugement. lors de l'attentat de la rue Saint-Nicaise le et les poursuites dont il fut l'objet à cette occasion forcèrent Gaullier à se cacher de nouveau.
Il refusa l'année suivante de rentrer dans l'armée avec un grade correspondant au sien. Lors des Cent-Jours, il reprit les armes. Louis XVIII le nomma Chevalier de Saint-Louis, lui donna une pension de 900 francs., et en 1817, des lettres de noblesse, pour lui et son fils. Il mourut cette même année, le .
Renée Letessier, sa veuve, qui mourut le âgée de 89 ans, repose à côté de lui dans la chapelle du cimetière de Bouère élevée en 1880 par sa belle-fille Marie-Clotile Le Doux, veuve de Pierre GaullierOn y lit : "Ci-gît le corps de Marin-Pierre Gaullier, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, colonel de la première légion de l'armée royale et catholique du Maine, décédé à Bouère le 9 avril 1817. Et dixerunt unusquisque ad proximum suum : Erigamus dejectionem populi nostri et pugnemus pro sanctis nostris"..
Quatre vingt-Treize Ses exploits ont servi à Victor Hugo pour son roman Quatre vingt-Treize:
Voir aussi Jean Cottereau Jacques Bouteloup (chouan) Claude-Augustin Tercier Guillaume Le Métayer dit Rochambeau Martial de Savignac Perrine Dugué Auguste François Bucher de Chauvigné dit Lowinski. Alexandre-Charles-Louis de Valon du Boucheron d'Ambrugeac. Sources et bibliographie
Histoire de la Vendée militaire Souvenirs de la chouannerie, par Jacques Duchemin des Cépeaux : H. Godbert, imprimeur-libraire-éditeur à Laval, 25, rue de la Trinité, et librairie E. Dentu, Palais-Royal, Paris, 1855. Coquereau et Gaullier dit Grand-Pierre dans la région de Daon et de Bouère, chapitre V de Chouans et patauds en Mayenne 1792-1800, de Gabriel du Pontavice, Association du souvenir de la chouannerie mayennaise, imp. de la manutention, Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 1987, p. 68 à 74. Dictionnaire des chouans de la Mayenne, de Hubert La Marle, Association du souvenir de la chouannerie mayennaise, imp. de la manutention, Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 2005
Notes et références
Catégorie:Naissance en mars 1766 Catégorie:Décès en avril 1817 Catégorie:Décès à 51 ans Catégorie:Chouan Catégorie:Officier royaliste de la guerre de Vendée Catégorie:Militaire français du XVIIIe siècle Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis