Reticulitermes est un genre de termites de la famille des Rhinotermitidae. Les termites de ce genre sont tous souterrains et construisent des galeries sous terre pour fourrager de nouvelles sources de bois, qui est le composant principal de leur régime alimentaire et qui est également le substrat leur servant de nid. Répartition En Europe Reticulitermes flavipes est une espèce invasive et est présente en France sur tout le Grand-Ouest et jusqu’à Paris. Il y a également en Europe d’autres espèces de termites souterrains tels que Reticulitermes grassei dans le Sud-Ouest de la France, le Nord-Ouest et Sud de l’Espagne et au Portugal. Reticulitermes banyulensis dans le Roussillon dans la région de Banyuls. Reticulitermes lucifugus. en Provence et sa sous-espèce Reticulitermes lucifugus corsicus que l’on trouve en Corse et en SardaigneBiosystematics of Reticulitermes termites in Europe: morphological, chemical and molecular data. J.-L. Clément, A.-G. Bagnères, P. Uva, L. Wilfert, A. Quintana, J. Reinhard and S. Dronnet, Insectes Sociaux, 2001, Volume 48, Number 3, pages 202-215, . Reticulitermes urbis, est une espèce nouvellement décrite que l’on trouve uniquement en milieu urbain en France et en Italie (Marseille et l’Ouest de l’Italie)n et serait originaire du Sud-Est de l’EuropeLeniaud, L., Dedeine, F., Pichon, A., Dupont, S., Bagneres, A.G., (2010). Geographical distribution, genetic diversity and social organization of a new European termite, Reticulitermes urbis (Isoptera: Rhinotermitidae). Biological Invasions 12, 1389-1402. .
En Asie On trouve Reticulitermes clypeatus à Israël et cette espèce aurait pour origine les Balkans du fait de sa parenté avec Reticulitermes lucifugus que l’on trouve également en TurquieLuchetti, A., M. Trenta, B. Mantovani and M. Marini, 2004. Taxonomy and phylogeny of north mediterranean Reticulitermes termites (Isoptera, Rhinotermitidae): a new insight. Insect. Soc. 51: 117–122. . Reticulitermes chinensis, Reticulitermes guangzhouensis, Reticulitermes leptomandibularis et Reticulitermes khaoyaiensis sont toutes présentes en Chine et Reticulitermes kanmonensis est aussi trouvé au JaponKim, M.J., Choi, Y.S., Lee, J., Kim, J.J., Kim, G.H., (2012). Molecular Characteristics of Subterranean Termites of the genus Reticulitermes (Isoptera: Rhinotermitidae) From Korea. Annals of the Entomological Society of America 105, 97-102.. Reticulitermes amamianus, Reticulitermes speratus, Reticulitermes miyatakei, Reticulitermes okinawanus et Reticulitermes yaeyamanus viennent du Japon. Reticulitermes arenicola se trouve en IndePark, Y.C., Kitade, O., Schwarz, M., Kim, J.P., Kim, W., (2006). Intraspecific molecular phylogeny, genetic variation and phylogeography of Reticulitermes speratus (Isoptera : Rhinotermitidae). Molecules and Cells 21, 89-103..
En Amérique du Nord Le termite à pattes jaunes (Reticulitermes flavipes) est l’espèce la plus largement distribuée sur tout l’Est des États-Unis. D’autres espèces sont présentes sur le territoire américain Reticulitermes virginicus et Reticulitermes hageni. Ceux-ci sont moins importants économiquement (dommages dans les cultures) du fait de leur aire de répartition plus limitée. On trouve également Reticulitermes hesperus en Californie, Reticulitermes malletei dans le Mississippi; Reticulitermes nelsonae en Louisiane et en FlorideAustin, J.W., Bagneres, A.G., Szalanski, A.L., Scheffrahn, R.H., Heintschel, B.P., Messenger, M.T., Clement, J.L., Gold, R.E., (2007). Reticulitermes malletei (Isoptera : Rhinotermitidae): a valid nearctic subterranean termite from eastern North America. Zootaxa, 1-26..
Description Système colonial L’organisation sociale des colonies de termites peut prendre différentes formes en fonction de leurs compositions en reproducteurs et leurs liens de parenté.
Les colonies à « familles simples » sont composées d’un couple monogame de reproducteurs primaires (qui ont fondé la colonie) et de leurs descendants. Il arrive dans ces familles qu’un ou les deux reproducteurs primaires meurent. Ils sont alors remplacés par des individus qui se sont différenciés en reproducteurs secondaires, dits aussi néoténiques, descendants des reproducteurs primaires d’origine formant ainsi des familles dites « étendues ». Les néoténiques peuvent également se différencier en complément des reproducteurs primaires, augmentant ainsi les capacités reproductives de la colonie. Ces reproducteurs secondaires ne sont pas des adultes (imago) comme les reproducteurs primaires, mais des larves d’où le terme de néoténiques. Il en existe deux types : les néoténiques aptères, issus de la lignée des larves ouvrières stériles, et les néoténiques brachyptères, issus de la lignée des nymphes. Le nombre de ces reproducteurs néoténiques dans les familles étendues peut varier de quelques individus à plusieurs centaines.
Il existe un troisième type de famille : « les familles mixtes ». Elles présentent plus de deux reproducteurs non apparentés avec leurs descendances vivant au sein d’une colonie. Il n’a été montré que deux modes de formation de ces familles chez les Isoptères. Le premier est la pléométrose qui est observée quand plus de deux futures reines et rois s’associent pour fonder une nouvelle colonie. Le second mode de formation est la fusion coloniale, qui a lieu quand au moins deux colonies non apparentées s’assemblent pour ne plus former qu’une seule colonieVargo E. L, Juba T. R, Deheer C. J (2006) Relative Abundance and Comparative Breeding Structure of Subterranean Termite Colonies (Reticulitermes flavipes, Reticulitermes hageni, Reticulitermes virginicus, and Coptotermes formosanus) in a South Carolina Lowcountry Site. Annals of the Entomological Society of America, 99, 1101–1109. .
Nutrition Les termites souterrains du genre Reticulitermes sont capables de se nourrir de presque toutes les essences de bois et de matériaux contenant de la matière cellulosique, seuls quelques bois de cœur comme le chêne semblent ne pas être attaqués. La digestion de la matière cellulosique est relativement difficile pour les animaux même s’il est courant de voir des animaux s’en nourrir en grande quantité, principalement les ruminants. Cette digestion n’est possible que grâce à la présence de micro-organismesLa graphie microorganisme parfois utilisée est contestable car 'micro' devrait être suivi d’un tiret quand précédant 'i' ou 'o'. Néanmoins, le dictionnaire de l’Académie française l’accepte. symbiotiques présents dans la panse de l’animal, et permettant de dégrader la lignocellulose. Cependant, l’apport nutritif qui en est tiré chez les ruminants est relativement faible comparé au rendement réalisé par les termites. Forts de cette activité, les termites sont les organismes procédant les communautés symbiotiques les plus diversifiées qui existent chez des animaux. En effet, on trouve plus d’un million de bactéries méthanogènes et un grand nombre d’espèces de protistes qui produisent des enzymes permettant la dégradation de la lignocellulose, créant ainsi une voie métabolique spécialiséeBrune, A. (2014). Symbiotic digestion of lignocellulose in termite guts. Nature Reviews Microbiology, 12(3), 168-180. . De cette dégradation, les termites excrètent des gouttes de lignine liquide qu’ingèrent leurs congénères par trophallaxie proctodéale. Le but de cet acte est de pouvoir récupérer les micro-organismes du congénère. L’ensemencement continu en micro-organismes chez les termites est obligatoire car leur mode de développement ne leur permet pas de conserver leur communauté symbiotique qu’ils perdent à chaque nouvelle mue, expliquant peut-être le chevauchement des générations observé dans le groupe des Blatoidea et la co-cladogénèse des symbiotes de termites et des blattes subsociales du genre CryptocercusShimada, K., & Maekawa, K. (2014). Gene expression and molecular phylogenetic analyses of beta-glucosidase in the termite Reticulitermes speratus (Isoptera: Rhinotermitidae). Journal of insect physiology, 65, 63-69. .
Liste des espèces Selon (sauf exception) : Reticulitermes arenincola Goellner, 1931 Reticulitermes flavipes (Kollar, 1837) Reticulitermes hageni Banks in Banks & Snyder, 1920 Reticulitermes hesperus Banks in Banks & Snyder, 1920 Reticulitermes tibialis Banks in Banks & Snyder, 1920 Reticulitermes urbis Bagnères & Clément, 2003Bagnères, Anne-Geneviève, Uva, Paolo, Clément, Jean-Luc (2003), Description d'une nouvelle espèce de Termite : Reticulitermes urbis n. sp. (Isopt., Rhinotermitidae), Bulletin de la Société entomologique de France, volume 108, pages 435-436, Publication Reticulitermes virginicus (Banks, 1907)
Liens externes
Références
Catégorie:Rhinotermitidae Catégorie:Genre de Blattoptères (nom scientifique)