Un sorcier, du bas latin jeteur de sort, également nommé mage ou magicien, est une personne qui pratique la sorcellerie et la magie avec des forces surnaturelles. Il est parfois associé au voyant et au chaman, spécialiste de la communication avec les puissances de la nature et les défunts. Le mage en est un personnage-type qui utilise la magie pour générer divers effets puissants. Il maîtrise souvent les pouvoirs liés aux quatre éléments (par exemple dans World of Warcraft) ou agit comme un guérisseur. Son pendant féminin est la sorcière ou magicienne, qui a cependant une symbolique sensiblement différente. C'est un personnage de fiction de la littérature de fantasy (plus particulièrement dans l’heroic fantasy).

Si l'image du magicien peut être positive, celle du sorcier ou de la sorcière est communément très négative parmi les sociétés humaines, qui condamnent généralement la sorcellerie assimilée à la magie noire, notamment l'Europe de la fin du Moyen Âge jusqu'à la Renaissance, et la Papouasie-Nouvelle-Guinée de nos jours. Dans la Grèce antique et à Rome, la divination était une pratique admise, liée à certains sanctuaires et à la prise officielle de décisions. Les religions du livre condamnent toute forme de magie et autres sciences occultes. Le sorcier devient ainsi assimilable aux individus humains persécutables à merci car accusés de tous les maux, à l'image des minorités humaines.

L'image du sorcier a été médiatisée et revalorisée à travers Halloween ou les livres de la saga littéraire Harry Potter, ainsi que dans la franchise cinématographique qui en est adaptée. Le magicien est aussi un archétype et une classe de personnage dans divers jeux de rôle. Dans ce contexte, ses compétences, pouvoirs et mode de progression ou d'apprentissage dépendent de la nature des forces magiques dans l'univers qui lui sert de cadre.

Définition Comme son nom l'indique, le sorcier est un « jeteur de sorts », pratiquant une magie destructive. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, une loi relative à la sorcellerie tente d'en donner une définition en 1971, comme d'êtres ayant des ..

Histoire Antiquité Les sorciers sont rares dans la Bible, et condamnés par MoïseExode, XXII, 18. La pratique de la sorcellerie dans l'Antiquité est difficile à évaluer. Celle-ci est en effet réprouvée, voire interdite. Pline l'Ancien rapporte son interdiction à Rome par la Loi des XII tables vers -450Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXVIII, IV, 3. La Lex Cornelia interdisait sa pratique et condamnait à mort ceux qui s'adonnaient aux pratiques de sorcellerie : Lex Cornelia citée par Édouard Brasey. Mécène conseille à Auguste de repousser les adeptes des religions des étrangers : « C'est d'eux que naissent la conspiration et les sociétés secrètes, dangereuses pour le règne d'un monarque. »Discours rapporté par Édouard Brasey, Sorcières et démons (ouvr.cité).

De nombreuses références (notamment littéraires) témoignent d'une pratique continue de la sorcellerie durant l'Antiquité. La Thessalie, plaine fertile aux multiples cours d'eau, semble perçue comme la région d'origine des sorciers en Grèce ; Apulée la qualifie de Apulée, Les Métamorphoses, II, I, 2.

Moyen Âge et Renaissance

Au début du Moyen Âge, Clovis promulgue la Lex Salica condamnant les sorciers à payer de fortes amendes. Le code de Charlemagne prévoit également des emprisonnements pour les adeptes de sorcellerie. En réalité, l'immense majorité des condamnés sont victimes de lynchages par des villageois, qui en font les responsables d'un incendie, d'une maladie ou d'une mauvaise récolte, sans aucun procès. En 1326, une bulle pontificale du pape Jean XXII entraîne la persécution par les autorités chrétiennes des sorciers, sur près de quatre siècles : Bulle Super illius specula (1326)..

Le romancier folkloriste Claude Seignolle estime que ces procès et exécutions concernèrent surtout les femmesClaude Seignolle, Les Évangiles du Diable (1994).

Au cours des procès dirigés contre les sorcières ou les magiciens, des croyances se développent. Après avoir hésité au Moyen Âge à décréter la réalité de la sorcellerie, l'Église catholique du décide de publier la bulle apostolique Summis desiderantes affectibus en 1484, suivi d'un manuel démonologique, le Malleus Maleficarum (Le Marteau des sorcières), écrit par deux inquisiteurs dominicains, l'inquisiteur Heinrich Kramer et Jacques SprengerJ. Sprenger et H. Krämer, Le Marteau des sorcières (1486-1487), trad. Jérôme Millon, 1987..

thumb|alt=gravure réunissant différentes scènes de sorcellerie : loup-garou, animaux habillés en hommes, attaques de loups, bûcher.|Les sabbats des sorcières. Alors qu’on associe généralement plus volontiers Moyen Âge et sorcellerie, les ont connu les vagues de persécutions les plus intenses. Auparavant, les sorciers sont des hommes et des femmes ; les procès en sorcellerie se tiennent exclusivement à l’encontre des femmes. Le paroxysme est atteint lorsque les tribunaux civils supplantent ce monopole d’Église. Parallèlement à ces répressions, se développe toute une littérature inquisitoriale (près de deux mille œuvres) dénonçant les pouvoirs maléfiques des sorcières, dangereuses car elles « sont encore plus exécrables en ce qu'elles apprennent de la bouche de Satan mesme ce que les magiciens apprennent dans les livres ». Parmi ces œuvres, figurent Le Marteau des sorcières, premier livre de poche, De la démonomanie des sorciers de Jean Bodin, le Discours exécrable des sorciers d'Henry Boguet.

L'historien estime qu’environ pour crimes de sorcellerie eurent lieu en Europe en cinq sièclesPascale Robert-Diard, “Aux Archives nationales, six siècles de grands procès faits aux femmes”, M le magazine du Monde, 16.12.2016.. Historiens et chercheurs estiment aujourd’hui le nombre de leurs victimes entre 50 et sur les deux siècles où tant les tribunaux de l’Inquisition que ceux de la Réforme les conduisent au bûcherEstimates of Executions. Un chiffre élevé en proportion de la population européenne de l’époque (de l'ordre de 80 millions d’habitants au , Russie comprise). 80 % de ces victimes sont des femmes, les 20 % restants étant des hommes relevant pour la plupart de la catégorie des , pauvres hères et vagabonds. On y trouve aussi des meuniers, des prêtres, des bergers, parfois des bourgeois, voire des grands comme le maréchal d'Ancre et sa femme, ou plus tard le maréchal de Luxembourg (1680)Pierre de Ségur, ”Le Procès de sorcellerie du maréchal de Luxembourg (1680)”, Revue des Deux Mondes, période, tome 15, 1903, p. 349-389..

C'est seulement à partir de la fin du que l'on assiste à la fin de ce phénomène.

Nuit d'Halloween La fête d'Halloween, il y a dix siècles, était le jour de l'an païen fêté dans les pays celtiques le : c'était la fête de Samhain. On croyait alors que la nuit précédant cette date, les esprits des morts venaient se mêler aux vivants, de même que « tous les esprits de Féerie, nains, gnomes, lutins, fées, ainsi que les démons les plus noirs, issus de le malespoire »Édouard Brasey, Sorcières et Démons (). C'était pour conjurer ces sortilèges que les anciens avaient coutume d'allumer de grands feux et de danser, de rire, afin de vaincre leur peur.

Image symbolique Pour l'ethnologue William E.M. Mitchell, le sorcier est l'un des êtres vivants dont l'image est la plus négative, car .. Mitchell décrit ainsi le sorcier comme un , et qui concentre en lui toutes les terreurs de l'enfance, devenant un symbole du mal sur plusieurs siècles et parmi différentes cultures.

Le sorcier est un individu qu'il est , dans la mesure où ses actions consistent à vouloir mettre à mort autrui. Mitchell rapproche ainsi la fonction sociale du sorcier de celle des groupes sociaux , tels que les minorités stigmatisées (Noirs, homosexuels, hippies...), citant notamment Monica Hunter Wilson, qui se demandait (en 1951) si le sorcier est un bouc émissaire universel..

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'une des actions les plus communément décrites chez le sorcier consiste à récupérer des parties corporelles de sa victime (cheveux, ongles, sécrétions...) pour ensuite obtenir sur elle l'effet voulu.

Image contemporaine vignette|upright|Un magicien, tel que vu dans les œuvres de fantasy. Littérature Le mage apparaît dans les contes de fées et récits du Moyen Âge, tels la légende arthurienne avec notamment les personnages de Merlin et de la fée Morgane. On peut aussi citer la fée Carabosse.

Le mage est aussi un personnage qu'on retrouve dans de nombreux genres littéraires, tel que l’héroic fantasy avec les Istari de l'auteur (dont les plus connus, Saroumane et Gandalf, apparaissant dans Le Seigneur des anneaux), mais aussi Elric de Melniboné (et son ennemi Theleb K'aarna) dans le Cycle d'Elric de Michael Moorcock, voire Merlin d'Ambre (fils de Corwin d'Ambre) dans le Cycle des Princes d'Ambre de Roger Zelazny.

Dans Donjons et Dragons et les jeux de rôle sur table vignette|upright|Raistlin, un magicien célèbre de la saga Lancedragon.

L'édition originale du jeu de rôle médiéval-fantastique Donjons et Dragons comportait trois classes de personnage (guerrier, magicien et prêtre)Gary Gygax et Dave Anderson, Dungeons & Dragons, I : Men & Magic, Tactical Studies Rules, 1974..

Dans les jeux vidéo Dans la plupart des jeux vidéos, la classe « mage » est une branche de personnage ayant des pouvoirs et plusieurs compétences liés à la magie. En général cette classe est la meilleure en termes de gameplay car elle débloque énormément de possibilités dans le jeu. Pour ce qui est des PNJ (Personnage non-joueur), les mages présents dans les jeux vidéos en tant que PNJ sont calmes et sages, ils ne sont pratiquement jamais agressifs, contrairement aux sorciers.

Confusions Dans de nombreux jeux de rôle, le terme « magicien » (ou mage) désigne tout utilisateur de la magie. Certaines œuvres en donnent une définition plus précise (comme dans Donjons & Dragons) : le Magicien serait un individu ordinaire ayant un don, et ayant étudié dans une école spécialisée ou auprès d'un maître pour obtenir ses capacités magiques, alors qu'un sorcier est né avec ses pouvoirs.

Les différents types de magiciens La magie est un terme vague, et dans nombre de jeux de rôle un magicien doit choisir une « École ». Celle-ci représente la ou les disciplines étudiées durant les études du magicien. Il en existe un grand nombre mais les plus connues sont : l'Altération qui forme des altérateurs ; la Conjuration, qui forme des conjurateurs ; la Divination, qui forme des devins ou divinateurs ; l'Invocation, qui forme des invocateurs ; la Nécromancie, qui forme des nécromanciens.

Annexes Sources imprimées , . .

Bibliographie Études historiques

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Essais

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Notes et références

Articles connexes

Sorcellerie Magie | Nécromancie | Voyance Sabbat (sorcellerie) Sorcière Dieu cornu Harry Potter à l'école des sorciers Mandragore Nuit de Walpurgis Animisme L'Arrivée d'un sorcier à une noce paysanne sorcellerie au Moyen-Orient

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