Le jardinage est l'art de composer un jardin ; il est rattaché à différentes sciences notamment l'horticulture et l'agriculture. La méthode consiste à semer, planter, entretenir des végétaux dans des conditions idéales pour leur développement. Cette pratique ancienne, héritée de l'Antiquité, répond à un besoin esthétique mais aussi alimentaire.
Le jardinage, employé pour qualifier l'ornement et l'autoconsommation alimentaire pratiquée par les particuliers et les entités l'exerçant sans but lucratif direct, ne doit pas être confondu avec le maraîchage, l'arboriculture, la floriculture qui peuvent être des activités lucratives.
Les méthodes de jardinage, tout comme celles de l'agriculture, varient selon le climat, le sol, les usages et les ressources dont dispose le jardinier, ainsi il existe une très grande diversité de l'art des jardins dans le monde.
Étymologie Le terme « jardin », attesté au , provient du gallo-roman hortus gardinus, signifiant littéralement « jardin enclos ».
Le mot hortus est le nom utilisé en latin pour désigner un jardin, qu'on retrouve beaucoup plus tard en français sous la forme hort ou ort, d'où déclinent horticulture, ou les hortillons picards (par exemple : hortillonnages d'Amiens). Le mot gardinus est issu d'un francique *gart ou *gardō, « clôture », que l'on retrouve dans l'allemand Garten et dans l'ancien et moyen français jart ou gart (). Ce mot est cognat (avec métathèse des liquides) du vieux-slave (et du slavon d'église) grad (comme dans Kaliningrad) et du russe gorod (comme dans ) « ville » : une ville est en ce sens un lieu enclos de murs.
Cette étymologie suggère que le jardin est un espace conçu pour protéger sa production contre le bétail, la volaille, le gibier et la sauvagine quand ils sont présents et parfois aussi des voleurs.
Le terme « jardinage » est employé dès la fin du .
Histoire du jardinage
L' est une pratique ancienne dans les cultures orientales : le tchaharbagh dans l'empire perse est une théorie de l'organisation du jardin, divisé en quatre parties par un plan en croix, qui fait partie de l'art des jardins persans, au L'art s'est ensuite diffusé dans le monde hellénistique puis romain.
Dans la Bible, le premier homme, Adam, est créé par Dieu pour cultiver le jardin d'ÉdenGenèse II, 15 : « Le Seigneur Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d’Éden pour cultiver le sol et le garder » (traduction œcuménique de la Bible)..
En 1599, Olivier de Serres, propriétaire terrien considéré comme un des premiers théoriciens de l’agronomie française, publie Le Théâtre d'Agriculture et Mesnage des Champs. Il s'agit d'un manuel agricole destiné au gestionnaire d'un domaine rural s'étendant sur cent cinquante hectares, le domaine du Pradel, que possède Olivier de Serres. Cet ouvrage, considéré comme un texte scientifique fondateur des pratiques agronomiques modernes, aborde aussi bien l'agriculture que le jardinage qui font partie d'un même ensemble.
Les jardins royaux, et les jardins à la française, tels que le potager du Roi à Versailles, ou le Jardin royal des plantes médicinales font partie de l'histoire du jardinage. De même que la création des jardins des plantes.
En 1709, Antoine Joseph Dezallier d’Argenville, gestionnaire et conseiller du Roi, également naturaliste grand amateur de jardins, publie le traité intitulé Théorie et pratique du jardinage. Il fait la synthèse des connaissances de l'époque, à la fois pour l'art de concevoir des jardins et pour les techniques horticoles.
Jardinage, agriculture ou paysagisme ? vignette|Un jardin partagé dans la rue des Thermopyles dans le de Paris.
Jardinage et agriculture Le jardinage est un type d'agriculture centré sur la culture végétale et qui n'implique généralement pas l'élevage.
La différence entre le jardinage et l'agriculture intensive est essentiellement une différence d'échelle et de moyens : le jardinage professionnel peut faire référence, au jardinier chargé de la conception ou de l'entretien de jardin, au maraîchage, au métier de fleuriste cultivateur, à l'aménagement paysager, mais cela peut également être un loisir, ou tendre vers une sécurité alimentaire. Alors que l'agriculture intensive s'inscrit dans une démarche de rentabilité, de commercialisation et de statut professionnel .
Dans les représentations sociales, bien souvent le jardinage est envisagé comme une activité respectueuse de l'environnement, permettant une connexion à la nature. En comparaison, l'agriculture intensive est perçue comme une activité ayant recours à la mécanisation, aux fertilisants chimiques, à des systèmes d'irrigation performants, aux amendement et engrais. Ainsi, le jardinage est souvent perçu comme une pratique vertueuse tandis que l'agriculture est perçue comme une activité polluante. Les jardins partagés urbains, qui se développent dans les villes européennes, questionnent ce lien qui existent entre agriculture et jardinage, activité de loisirs et activité de production.
D'autre part, un autre angle d'étude, peu étudié jusqu'à la fin du , concerne la place des femmes dans les espaces verts, dans l'art des jardins potagers, dans les fermes tenues par des hommes, dans les jardins partagés,…
Jardinage et paysagisme
Le jardinage est généralement associé à l'entretien d'un jardin, à ses usages : récréatif, embellissement, soin ; et moins à sa création seule. À partir du , les métiers deviennent des spécialités. Le langage contemporain parle de paysagisme ou d'architecture de jardin, lorsqu'il s'agit de penser et créer un jardin. Les paysagistes entrepreneurs conçoivent, réalisent et entretiennent les jardins tandis que les paysagistes planificateurs, qui travaillent le plus souvent avec des urbanistes et des architectes, font des plans d'organisation d'un jardin.
En référence à l'art des jardins de l'époque de André Le Nôtre, certains praticiens ont recours au terme « jardinisme » plutôt que « jardinage ». D'autre part, un certain nombre de paysagistes contemporains préfèrent le terme « jardinier-paysagiste » à celui d'« architecte-paysagiste ».
Intérêt économique vignette|Exemple de jardin familial en Pologne.
Le jardinage permet aussi, pendant les périodes de crise, de chômage« Quand les potagers deviennent un moyen de survivre. Témoignage d’un salarié de PSA » sur Politis.fr, de pénurie ; notamment pendant les guerres ou les périodes de sécheresse, surtout dans les zones difficilesKEALEBOGA (Sekgopa T.), JOB (Lagat K.), et NELSON (Tselaesele M.). 2017 - Profitability of Small Scale Vegetable Production in Southern District, Botswana. - Journal of Agricultural Studies, vol. 5, n°1, p. 35-49LANGELLOTTO (Gail Ann). 2014 - What are the economic costs and benefits of home vegetable gardens. - Journal of Extension, vol. 52, n° 2. d'assurer une production alimentaire complémentaire grâce à un jardin potagerZIVENGE (E.), SHIFERAW-MITIKU (T.), THOMAS (J.), USHADEVI (K.N). 2013 - Economic performance of community garden in Zimbabwe. - Russian Journal of Agricultural and Socio-Economic Sciences, vol. 21, n° 9.. Pour les populations à revenu modeste, la production de fruits et légumes est une source d'économies réelle. Dans ce cas, le jardinage se rapproche de l'agriculture vivrière.
En 2018, une étude a été réalisée en France pour essayer d'évaluer cet intérêtAnoucha Joubert ; Etude réalisée en 2018 « Intérêt économique des jardins potagers et fruitiers ». Cet intérêt économique varie selon les espèces cultivées. Il est particulièrement élevé pour les plantes aromatiques et les petits fruits rouges. Les fruits et légumes sont généralement très rentables chez les jardiniers confirmés. Sans tenir compte du temps passé, en prenant en compte les dépenses engagées (qui fluctuent selon la taille du jardin, les investissements réalisées et les pratiques…) et en estimant la valeur des récoltes sur la base des prix moyens du commerce bio en haute saison, les économies réalisées peuvent varier très fortement de 400 € à plus de 2000 €, mais sont en moyenne proches de 1500 € par an. Comme plusieurs jardiniers l’on dit : « mon jardin potager c’est mon »astuces : faire économiser près de 400 euros par an grâce au potager sur Mon jardin et ma maison10 m² de potager = jusqu'à 95 € d'économie par an en légumes frais sur ooreka (maison).
Pratique récréative et de soin thumb|Jardinier amateur entretenant son jardin.|alt= Le jardinage a un impact positif sur la santé humaine, tant physique que mentale Relf D., The Roll of Horticulture in human Well-Being and Social Development. Portland, Oregon, Timber Press, 1992.Petyt J.,Jardiner, c’est bon pour le moral. Dans : Jardin familial, N° 445, Janvier/Février 2008 : il contribue à lutter contre les mauvaises habitudes alimentaires, voire de limiter certaines injustices sociales ou écologiques dans l'accès aux produits alimentaires, c'est un exercice physique en plein air et une création personnelle ou parfois collective (dans les jardins partagés notamment) jugés par de nombreux jardiniers gratifiants et aidant à lutter contre le stressC. Catanzaro, E. Ekanem, Home gardeniers value stress reduction and interaction with Nature ;ISHS Acta Horticulturae 639: XXVI International Horticultural Congress: Expanding Roles for Horticulture in Improving Human Well-Being and Life Quality (Résumé), en anglais. On retrouve cet aspect dans les jardins thérapeutiques.
Comme toutes les activités humaines dans les sociétés occidentales, le jardinage n'échappe pas à une certaine marchandisation ; toute une activité économique s'est développée autour de cette pratique. À l'origine assurée par les graineteries, la commercialisation des plants et graines est de plus en plus assurée par des jardineries qui l'accompagnent d'une offre d'accessoires et de produits de traitement divers et qui font partie maintenant du paysage des zones commerciales des grandes villes. Pépiniéristes et entreprises d'entretien d'espaces verts complètent l'offre de services accessibles au particulier. On peut parler de marchandisation de la nature.
Outils spécifiques au jardinage
Les outils traditionnels Pelle, râteau, fourche, transplantoir, houlette, bêche, pioche, grelinette, binette, sécateur, scie égoïne, houe, sarcloir, taille-haie.
Les accessoires Panier, gants de jardinage, arrosoir, liens, brouette, tabouret de jardinage, tuyau d'arrosage, arrosage au goutte à goutte, germoir, mini serre, châssis, serre de jardin, serre tunnel de jardin, filet anti-insectes (insect-proof), filet anti-oiseaux, composteur, semoir...
Les outils mécaniques Tondeuse, motoculteur, tronçonneuse, souffleur de feuilles, débroussailleuse.
Les véhicules Tondeuse, tracteur, micro tracteur et atomiseur.
Aspects de travail du jardinage
La biodiversité vignette|La biodiversité au jardin inclut flore et faune. De nouvelles tendances, influencées par le discours écologiste, émergent, dont l'intégration de la biodiversité, aussi bien dans l'objectif de participer à sa préservation, que dans la reconnaissance de ses apports en opposition aux tendances de monocultures des décennies précédentes. Ainsi sont nés les jardins sauvages (ou jardins naturels) où les légumes, les plantes ornementales et les fruits sont cultivés ensemble avec des espèces natives. Les espèces cultivées sont alors incluses dans une écologie naturelle préexistante, non perturbée, mais au contraire bénéficiant du processus de jardinage. Comme dans d'autres formes de jardinage, l'esthétique joue un rôle central en décidant de ce qui est « correct » mais d'autres contraintes s'appliquent. Les jardins sauvages sont par définition des exemples de jardinage gérant correctement les ressources en eau, étant donné que les espèces naturelles présentes dans une écorégion ou un microclimat sont celles adaptées aux ressources locales.