thumb|right|350px|Filières d'élaboration de l'acier
La production d'acier ou fabrication de l'acier est l'ensemble des étapes nécessaires à l'élaboration de lingots, blooms, brames ou billettes ayant la composition finale de l'acier désiré. Elle se décompose en plusieurs grandes étapes : la métallurgie primaire (qui fournit l'acier en fusion), la métallurgie secondaire (où la composition du métal en fusion est ajustée), la coulée et enfin sa transformation (par exemple, par laminage).
La production d'acier est un sous-secteur d'activité, de loin le plus important, de la métallurgie. Lorsque cette production est associée au laminage, on restreint son appellation au terme sidérurgie.
L'acier
L'acier est la matière fabriquée à partir de minerai de fer et de minerai de charbon. Sa fabrication en grande quantité requiert la maîtrise à la fois de réactions chimiques complexes et de très grandes unités de production.
Il faudra attendre le pour que l'acier, alors fabriqué en faible quantité connaisse un développement spectaculaire et s'impose comme le métal-roi de la révolution industrielle.
L'acier a de nombreuses applications dans l'industrie. Il est utilisé dans la construction navale, la construction automobile, le bâtiment, l'emballage et bien d'autres secteurs.
L'acier est facilement récupérable au milieu d'autres déchets au moyen d'un tri magnétique. Son caractère magnétique lui permet en effet d'être attiré par un aimant. L'acier est recyclable à l'infini. Le recyclage permet de faire des économies de minerai, de chaux et d'énergie. La part de production d’acier issue du recyclage de ferrailles avoisine, selon les années, 40 % de la production mondiale d’acier.
Les ferrailles recyclées constituent jusqu'à 20 % de l'origine du fer élaboré par les procédés modernes en filière fonte. En effet, la ferraille sert d'agent refroidissant dans un convertisseur à oxygène.
Histoire
Évolution de la fabrication d'acier pendant le
450 px|center|thumb|Évolution de la production d'acier brutSources :
Techniques Obtention d'acier brut en fusion + Évolution des procédés de fabrication de l'acier.La fabrication de l'acier proprement dite concerne les convertisseurs et les fours électriques. frameless|centre|alt=Schéma procédés fabrication acier de 1870 à 1970|redresse=1.2 frameless|centre|alt=Schéma procédés fabrication acier après 1970|redresse=1.2 : haut fourneau : épuration : cowpers
: castine (fondant) : minerai de fer : coke : vent chaud : laitier : fonte : acier : ferraille : machine soufflante : mélangeur : four martin : convertisseur Bessemer / Thomas : four à arc électrique
: air comprimé : usine d'agglomération : convertisseur LD : métallurgie en poche : coulée continue : four à arc électrique
: oxygène
Filière minerai, procédé indirect
L'usine d'agglomération ou de bouletage est la première étape de traitement du minerai de fer. En effet, celui-ci possède des propriétés chimiques et physiques qui le rendent inexploitable en l'état par le haut fourneau. Il lui manque en particulier : la résistance mécanique nécessaire pour supporter l'écrasement dû à l'empilage des matières dans le haut fourneau ; la porosité permettant la circulation du vent des tuyères vers le gueulard ; la composition chimique en oxydes, pour maîtriser le laitier. Les minerais sont préparés par broyage et calibrage en grains qui s'agglomèrent entre eux. Le mélange obtenu est cuit sous une hotte à . L'aggloméré ainsi obtenu, ou les boulettes, est ensuite concassé et calibré puis chargé dans le haut fourneau avec du coke.
À l'instar du minerai, le charbon doit être traité pour être utilisable par le haut fourneau. On le transforme en coke qui est, de façon simplifiée, du carbone presque pur aggloméré en une structure poreuse et résistante à l'écrasement. Il est utilisé comme un puissant réducteur. Il est obtenu à partir de la houille, après que celle-ci ait été libérée de ses composants indésirables. Pour cela on la fait cuire, à l'abri de l'air, dans les fours de la cokerie à durant . En brûlant dans le haut fourneau, le coke apporte la chaleur nécessaire à la fusion du minerai ainsi que le carbone nécessaire à sa réduction.
Dans le haut fourneau, on extrait le fer de son minerai. Minerai et coke solides sont enfournés par le haut, le gueulard. L'air chaud () insufflé à la base provoque la combustion du coke (carbone presque pur). Le monoxyde de carbone ainsi formé va réduire les oxydes de fer, c'est-à-dire leur prendre leur oxygène et, de ce fait, isoler le fer. Il se chargera cependant en carbone pendant son séjour dans le creuset et se transformera en fonte.
La gangue fondue donne le laitier, un coproduit du haut fourneau. Il est récupéré, à la sortie du haut fourneau où sa densité moindre le fait flotter au-dessus de la fonte. Il est principalement exploité pour la fabrication du ciment.
Le convertisseur assure la conversion de la fonte en acier. On brûle les éléments indésirables (carbone et résidus) contenus dans la fonte en insufflant de l'oxygène pur. C'est également un outil qui recycle les ferrailles en les mélangeant avec de la fonte.
On obtient de l'acier en fusion dit sauvage, qui est versé dans une poche. Il est appelé acier sauvage, car, à ce stade, s'il était coulé, il se solidifierait en provoquant de nombreuses projections dues au rejet des gaz dissous (essentiellement du monoxyde de carbone).
Filière minerai, procédé direct
La réduction directe désigne un ensemble de procédés d'obtention de fer à partir de minerai de fer, par réduction des oxydes de fer sans fusion du métal. Le produit obtenu est du minerai de fer préréduit.
Historiquement, la réduction directe concerne l'obtention d'une loupe au bas fourneau. Ce procédé a été abandonné, au début du , au profit du haut fourneau qui produit du fer en deux étapes (par réduction-fusion donnant une fonte, puis par affinage dans un convertisseur).
Mais divers procédés ont été mis au point au cours du et, depuis les années 1970, l'obtention de minerai de fer préréduit a connu un développement industriel remarquable avec l'essor, notamment, du procédé Midrex. Conçus pour remplacer le haut fourneau, ces procédés ne se sont jusqu'ici avérés rentables que dans certains contextes économiques particuliers, ce qui limite encore cette filière à moins de 5 % de la production mondiale d'acier.
Filière ferrailles
thumb|200px|Schéma de principe: Les électrodes alimentent un arc électrique Un four à arc électrique est un type de four qui utilise l'énergie thermique de l'arc électrique, établi entre une ou plusieurs électrodes de carbone et le métal, pour obtenir une température suffisante à sa fusion. Il a été progressivement mis au point à partir de la fin du . Sa capacité va généralement d'environ à . Il est principalement utilisé pour la production d'acier liquide (environ 35 % de la production mondiale).
Traitement de l'acier brut
L'acier en fusion est traité dans l'aciérie, qui réalise sa transformation en alliage et sa solidifcation en ébauche de coulée.
Le rôle de la métallurgie en poche consiste à mettre à nuance et à température l'acier liquide issu du convertisseur.
La mise à nuance comporte plusieurs étapes, toutes facultatives, et dont l'ordre peut changer : le calmage de l'acier sauvage qui va consommer l'oxygène dissous dans l'acier. Pour cela, on jette dans l'acier liquide de l'aluminium (pour les produits plats) ou du silicium (cas des produits longs) qui, en s'oxydant, vont transformer l'oxygène dissous en oxydes ; le dégazage : l'acier va passer par un passage sous vide destiné à parfaire la décarburation entamée au convertisseur (dans ce cas-ci, il est nécessaire de conserver, au préalable, un minimum d'oxygène dissous). A cette étape on peut retrouver les opérations de déshydrogénation et, parfois, de dénitruration (abaissement de la teneur en hydrogène et azote respectivement) ; l'ajustement du laitier de poche, de manière qu'il ait la capacité d'absorber les impuretés comme les oxydes produits par le calmage ; l'affinage qui va ôter les derniers éléments indésirables, comme le soufre (désulfuration) ; l'ajout des éléments d'alliages.
La mise à température consiste à affiner la température de l’acier en fusion. En effet, la coulée demande typiquement des températures d'acier d'environ au-dessus du liquidus de l'alliage. Les moyens de réchauffage sont, soit le four électrique à poches, soit un procédé chimique comme l'aluminothermie. Il est également possible de travailler tout le temps très chaud, pour ne refroidir à la bonne température qu'au dernier moment.
Coulée
En coulée continue, l'acier liquide est coulé, à environ , dans une lingotière en cuivre de section carrée, rectangulaire ou ronde (selon le demi-produit fabriqué).
Au contact des parois de la lingotière, le métal se solidifie instantanément et commence à former une peau solide. L'acier est ensuite tiré vers le bas par un jeu de rouleaux et d'extracteurs et il achève de se solidifier, grâce essentiellement à des jets d'eau pariétaux.
À cause du refroidissement intense, le métal subit une histoire thermomécanique, lors de son parcours dans la machine de coulée continue. En fonction de cet historique (influencé notamment par la vitesse de coulée, la forme de la machine, l'intensité du refroidissement), la qualité du produit est plus ou moins bonne et le sidérurgiste pourra vendre plus ou moins cher le produit.
Les produits issus de la coulée continue sont de section constante. On distingue essentiellement les brames, les blooms et les billettes.
La coulée peut être également faite en lingotière. Ce procédé, peu performant en termes de mise au mille permet cependant l'obtention d'alliages spécifiques, comme les aciers non calmés.
Une fois la solidification terminée, les lingots sont démoulés (le « strippage » (de l'anglais qui signifie « retirer »).
Transformation Forge
Laminage
Le laminage est un type de forgeage adapté à la fabrication de produits de section constante. Son importance est telle que l'ensemble des activités qui lui sont reliées correspond à un secteur économique spécifique : la sidérurgie.
Après un réchauffage à , les produits coulés sont écrasés dans un gros laminoir pour être transformés en coils.
Fonderie
Répartition géographique
Les chiffres de consommation sur dix ans montrent une très forte augmentation de la demande d'acier par la Chine. En 2004, la demande chinoise entraîne des fortes augmentations de prix de l'acier (de 20 à 50 %). Elle crée également des tensions pour l'approvisionnement. Un fait symptomatique, le fabricant automobile japonais Nissan a fermé pendant une semaine (du au ) trois usines sur les quatre qu'il possède au Japon à cause de rupture d'approvisionnement en acier (et probablement d'une politique d'achat trop agressive). Ces fermetures ont entraîné un déficit de fabrication de vingt-cinq mille voitures soit une perte de quarante-quatre millions d'euros.
vignette|lang=fr|upright=2|centre|Part de la production mondiale d'acier par pays. Avant 1750, les données sont essentiellement des conjonctures.|alt=courbes relatives à plusieurs pays
Production en fonction du développement économique
La production d'acier n'est strictement proportionnelle au Produit intérieur brut qu'en période d'industrialisation. Comme beaucoup de commodités (ciment, papier, etc.), les besoins, donc la production, décroissent généralement lorsque la croissance est tirée par des techniques de pointe, les services..
vignette|lang=fr|upright=2|centre|Lien entre production d'acier et PIB pour différents pays.Pour la plupart des pays, la production d'acier s'infléchit après avoir atteint un PIB donné, signe que la croissance se poursuit sur d'autres principes.|alt=courbes relatives à plusieurs pays
Acteurs