Le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton () est un parc national canadien situé dans le Nord de l'île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse.

Toponymie Le nom du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, en particulier son toponyme anglais, , se veut une commémoration des communautés acadiennes et écossaises qui encerclent le parc. Ce nom a été suggéré par le premier superintendant du parc, James Smart, qui cherchait à promouvoir la culture d'origine française face aux pressions de la province et d'autres fonctionnaires qui voulaient surtout promouvoir le paysage qui rappelait selon eux les Highlands.

Géographie Situé dans l'Est de la province de Nouvelle-Écosse, le parc s'étend sur les territoires des comtés d'Inverness et de Victoria. Les métropoles les plus proches sont Sydney à au sud-est, Halifax à au sud-ouest et Moncton à à l'ouest. Le parc est accessible grâce à la piste Cabot. Il a une superficie de et occupe 20 % de l'île du Cap-Breton.. Il s'agit de la protégée de la province pour sa superficie après la zone de protection marine du Gully () et l'aire sauvage Tobeatic ().

Le parc national partage ses limites avec l'aire sauvage de Polletts Cove-Aspy Fault () qui est situé au nord de celui-ci. Il a été reconnu comme zone importante pour la conservation des oiseaux dû à la présence de grive de Bicknell..

Relief thumb|Les pentes du plateau thumb|Plage de Black Brook

Le plateau du Cap-Breton domine le nord de l'île et occupe 70 % de la superficie du parc.. Ce plateau fait partie des Appalaches et son altitude moyenne est de bien que certains sommets fassent plus de de haut. La colline White, , est d'ailleurs située dans le parc. La côte ouest du parc comporte des falaises abruptes alors que la côte est est composée d'une plaine bordée par des falaises basses et des plages sablonneuses.

Climat La situation du parc entre le golfe du Saint-Laurent et l'océan Atlantique influence le climat en causant des changements rapides de température, des redoux en hiver, du brouillard et un enneigement abondant de l'ordre de 300 à par hiver.. De plus, les tempêtes tropicales sont fréquentes à l'automne. L'altitude du plateau crée un climat unique en Nouvelle-Écosse causant une saison de croissance plus courte, des écarts de températures extrêmes et des précipitations plus fortes. La neige peut être présente jusqu'en juin en altitude. Le vent dominant vient de l'ouest pendant presque toute l'année, sauf pendant 4 à 6 semaines au printemps où il souffle de l'est. Lorsque le vent du sud-est, ou Suête, souffle sur le plateau, il prend de la vitesse et s'abat sur la côte ouest. Le Suête peut donner des rafales de vent allant jusqu'à à l'heure, mais ce phénomène est plutôt rare.

Hydrographie Le parc compte 16 bassins hydrographiques. La plupart prennent leur source dans les tourbières du plateau et se déversent ensuite soit dans l'océan Atlantique, soit dans le golfe du Saint-Laurent.

Géologie thumb|upright=1.6|Panorama depuis le belvédère du lac Freshwater Les plus vieilles roches du parc sont situées dans le nord-ouest de celui-ci sur le mont North près de Pleasant Bay. Elles font partie de la boutonnière de Blair River qui est probablement une section isolée du Bouclier canadien. Elles sont composées de gneiss, de marbre et d'amphibolite et elles sont vieilles de 1,5 à un milliard d'années...

Il y a , le supercontinent Rodinia se fractionna en plusieurs morceaux. Au large de Gondwana deux terranes se formèrent, soit celui d'Avalon à partir d'un arc volcanique et qui n'est pas présent dans le parc et celui de Bras d'Or à partir de roches sédimentaires et ignées. Ceux-ci furent ensuite repoussés vers le nord pour entrer en collision avec la Laurentia et la Baltica il y a environ 360 millions d'années pour former la Laurussia. Gondwana entra en collision avec cette dernière il y a 340 millions d'années. Ce dernier épisode paracheva la formation des Appalaches et créa un bassin sédimentaire au nord du parc. Ce bassin subit entre 340 et 325 millions d'années plusieurs transgressions et régressions marines déposant dans le bassin du gypse, du grès rouge, du conglomérat et du schiste. La Pangée se fractionna il y a 250 millions d'années, exposant la côte de l'île du Cap-Breton à la mer..

Durant les deux derniers millions d'années, la région subit plusieurs glaciations. Celles-ci creusèrent d'importantes vallées en « U » et laissèrent à certains endroits d'importants dépôts de till. Les glaciers se retirèrent finalement il y a .

Milieu naturel Selon la commission de coopération environnementale, le parc est situé dans l'écorégion de niveau III des Appalaches du Nord et des Hautes terres maritimes de l'Atlantique des forêts septentrionales.. Le parc est à cheval sur deux écorégions du cadre écologique du Canada. La première est le plateau du Cap-Breton, qui comprend le plateau principal du parc caractérisé par un plateau relativement plat comprenant des forêts rabougries de conifères et des landes à kalmia dans les parties exposées au vent et une forêt de sapins baumiers, d'épinettes blanches et de bouleaux à papier dans les sections abritées.. La seconde écorégion sont les hautes-terres de la Nouvelle-Écosse qui comprennent plutôt les côtes qui sont caractérisées par une forêt mixte d'érables à sucre, d'érables rouges, de bouleaux jaunes, d'épinettes rouges, d'épinettes blanches et de sapins baumiers.. Elles sont toutes deux situées dans l'écozone Maritime de l'Atlantique.. Le Fonds mondial pour la nature classe quant à lui le parc dans les Forêts de l'Est du Canada..

Faune Mammifères Le parc abrite une quarantaine d'espèces de mammifères, soit 25 % de moins que le reste de la province. Les principales espèces de la forêt acadienne sont le renard roux (Vulpes vulpes), l'ours noir (Ursus americanus), le lynx du Canada, (Lynx canadensis), le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), la souris-sauteuse des bois (Napaeozapus insignis), la souris-sauteuse des champs (Zapus hudsonicus) et la musaraigne cendrée (Sorex cinereus). Les mammifères représentatifs de la forêt boréale sont le lièvre d'Amérique (Lepus americana), l'écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus), le campagnol à dos roux de Gapper (Myodes gapperi), le lynx du Canada (Lynx canadensis), la martre d'Amérique (Martes americana) et l'orignal (Alces alces), ce dernier étant par contre visible dans tout le parc.. Quelques espèces comme le raton laveur (Procyon lotor), le coyote (Canis latrans) et le lynx roux (Lynx rufus) ont profité de la construction de la chaussée de Canso en 1956 pour venir s'établir sur l'île. Le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) fut introduit au Cap-Breton au début du . Quelques espèces comme le campagnol des rochers (Microtus chrotorrhinus) et la musaraigne de Gaspé (Sorex gaspensis) sont aussi isolées du reste de leur population.

Les mammifères marins les plus souvent observés dans les eaux limitrophes du parc sont le globicéphale noir (Globicephala melaena), le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata), le dauphin à flancs blancs (Lagenorhyncus acutus) et le phoque commun (Phoca vitulina). Il est aussi visité en quelques rares occasions par le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae), le marsouin commun (Phocoena phocoena), le rorqual commun (Balaenoptera physalus) et le phoque du Groenland (Pagophilus groenlandicus), en voie de disparition baleine noire de l'Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) montrant des augmentations dramatcal depuis 2014 (35 à 40 baleines furent découverts autour du Cap-Breton et de l'Île -du-Prince -Édouard en 2015).. (jusqu'en 1994 , les baleines ont été pensés pour être rares visiteurs , mais les concentrations ont été découverts au large de Percé en 1995, augmentation progressive entre régions entières du Saint-Laurent puisqu'en 1998)..

Oiseaux Il y a plus de 200 espèces d'oiseaux dans le parc, dont environ la moitié s'y reproduisent. Le rivage est un lieu de nidification des oiseaux suivants, durant l'été: le goéland hudsonien (Larus smithsonianus), le goéland marin (Larus marinus), le guillemot à miroir (Cepphus grylle), le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) et le cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus). D'autres oiseaux passent l'hiver sur le rivage, dont l'eider à duvet (Somateria mollissima), le garrot à œil d'or (Bucephala clangula), les macreuses (Melanitta sp.), le harle huppé (Mergus serrator) et le guillemot marmette (Uria aalge). Le Cap-Breton n'est pas situé sur les grandes routes migratoires, mais certains oiseaux comme le chevalier grivelé (Actitis macularius) et plongeon huard (Gavia immer) font un arrêt au parc. Les espèces représentatives de la forêt acadienne sont le viréo aux yeux rouges (Vireo olivaceus), le merle d'Amérique (Turdus migratorius), la grive à dos olive (Catharus ustulatus), le geai bleu (Cyanocitta cristata), la moucherolle tchébec (Empidonax minimus), la mésange à tête noire (Poecile atricapillus), le roselin pourpré (Carpodacus purpureus), le cardinal à poitrine rose (Pheucticus ludovicianus), le bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis), la paruline couronnée (Seiurus aurocapilla), la paruline flamboyante (Paruline flamboyante) et la paruline des ruisseaux (Parkesia noveboracensis). Les espèces les plus communes de la forêt boréale sont la grive solitaire (Catharus guttatus), le roitelet à couronne rubis (Regulus calendula), la mésange à tête brune (Poecile hudsonica), le viréo à tête bleue (Vireo solitarius), le mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis), le pic à dos noir (Picoides arcticus), la paruline rayée (Dendroica striata), la paruline à tête cendrée (Dendroica magnolia), le tétras du Canada (Falcipennis canadensis) et le grand Corbeau (Corvus corax). La taïga est fréquentée par la grive de Bicknell (Catharus bicknelli) et le grand Chevalier (Tringa melanoleuca). Les oiseaux de proie sont représentés par le pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), la buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), l'épervier brun (Accipiter striatus), le busard Saint-Martin (Circus cyaneus), la chouette rayée (Strix varia) et le grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus)..

Parmi les espèces introduites se trouve l'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) et le moineau domestique (Passer domesticus). Les espèces en péril qui fréquentent le parc sont la grive de Bicknell, l'hirondelle rustique (Hirundo rustica), le martinet ramoneur (Chaetura pelagica), la moucherolle à côtés olive (Contopus cooperi), la paruline du Canada (Wilsonia canadensis), le hibou des marais (Asio flammeus) et le quiscale rouilleux (Euphagus carolinus)..

Amphibiens et reptiles Les amphibiens les plus fréquents sont la salamandre cendrée (Plethodon cinereus), la salamandre maculée (Ambystoma maculatum), la grenouille des bois (Rana sylvatica), la rainette crucifère (Hyla crucifer) et le crapaud d'Amérique (Bufo americanus) alors que le triton vert (Notophthalmus viridescens), la grenouille léopard (Rana pipiens), la grenouille verte (Rana esculenta), la grenouille du Nord (Rana septentrionalis) et la grenouille des marais (Rana palustris) se trouvent dans les étangs et les lacs. La grenouille verte serait l'espèce d'amphibien la plus fréquente. Il y a quatre espèces de serpents non venimeuses, soit la couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis), la plus fréquente, mais aussi la couleuvre à ventre rouge (Storeria occipitomaculata), la couleuvre à collier (Diadophis punctatus edwardsi) et la couleuvre verte (Opheodrys vernalis). La tortue des bois (Glyptemys insculpta) a été observée près du parc et la tortue luth (Dermochelys coriacea), en voie de disparition, fréquente parfois les rives..

Poissons