Bursa (prononcé en turc ), parfois Brousse (ou Pruse) en français, du grec ancien , est une ville du Nord-Ouest de l'Anatolie en Turquie, capitale de la province du même nom. Bursa fut la seconde capitale de l'Empire ottoman, de 1326 à 1366.

Avec une population de en 2023, il s'agit de nos jours de la quatrième ville du pays ainsi qu'un important centre industriel (usines FIAT-Tofaş et OYAK-Renault) et culturel.

La ville est située sur le versant nord-ouest des montagnes dominées par l'Uludağ, montagne connue par les géographes comme l'Olympe de Bithynie, au sud de la région de Marmara. Elle est bordée par la province de Yalova et la mer de Marmara au nord, les provinces de Kocaeli et Sakarya au nord-est, la province de Bilecik à l'est et les provinces de Kütahya et Balıkesir au sud.

La ville est surnommée Yeşil Bursa, « Brousse la verte », en référence aux nombreux parcs et espaces verts qui jalonnent l'agglomération ainsi qu'aux forêts qui couvrent les environs. La ville est au pied du massif du Mont UludağFrédéric Hitzel, « Production et techniques de tissage de la soie à Bursa aux », Rives méditerranéennes 1/2008 (n° 29), p. 11-24., réputé pour ses stations de sports d'hiver. Son patrimoine historique comporte les mausolées des premiers membres de la dynastie ottomane et les nombreux édifices construits pendant cette période marquent encore la ville de leur empreinte. La ville, située au centre d'une région fertile connue pour son thermalisme, possède de nombreux musées, notamment un riche musée archéologique.

Karagöz et Hacivat, les deux personnages du théâtre d'ombres, sont nés et enterrés à Bursa. La ville est célèbre pour ses spécialités gastronomiques, notamment les châtaignes et les pêches ainsi que l'İskender kebap. À proximité de la ville se trouvent le district d'İznik, l'antique Nicée, connue pour son histoire et ses édifices majeurs. Bursa est le siège de l'Université Uludağ et sa population possède l'un des plus hauts niveaux d'études du pays. La ville est un pôle d'attraction traditionnel des réfugiés des Balkans, arrivés par vagues successives jusqu'à une période récente. En 1991, la ville était récompensée du Prix de l'Europe.

Géographie Topographie Démographie Lors de la conquête par le sultan Orhan, le , la ville ne comptait que foyers« Bursa in numbers. » sur Bursan Metropolitan Municipality..

Bursa comptait en 1487Salma Khadra Jayyusi, Renata Holod, Attilio Petruccioli et André Raymond, « The city in the Islamic world, Volume 1 », p. 362. et, selon une estimation, environ en 1573-1574Gilles Veinstein, compte-rendu de « Suraiya Faroqhi, Towns and Townsmen of Ottoman Anatolia. Trade, Crafts and Food Production in an Urban Setting (1520-1650) », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1988, vol. 43, n° 2, p. 521..

En 1848, le voyageur historien Baptistin Poujoulat écrit dans Récits et souvenirs d'un voyage en Orient que la ville compte Turcs, Arméniens et GrecsBaptistin Poujoulat, Récits et souvenirs d'un voyage en Orient, Tours : A. Mame, 1848, (lire en ligne)..

Histoire Fondation et étymologie Le site est tout d'abord connu sous le nom de Kios (en grec, ou Cius en latin) quand il est cédé par Philippe V (roi de Macédoine) au roi de Bithynie, Prusias , en -202 pour son aide contre Pergame et Héraclée du Pont (la moderne Karadeniz Ereğli). Le roi lui donne alors son nom : Pruse, en latin Prusa ad Olympum (Pruse de l'Olympe).

Capitale de l'Empire ottoman La ville voit son importance grandir car elle est située à l'extrémité occidentale de la route de la soie. Elle appartient à un Empire byzantin en plein déclin quand elle est conquise en 1326 par le sultan Orhan. Elle devient alors la capitale du nouvel empire et des premiers sultans ottomans de jusqu’en , lorsque son fils la remplace par AndrinopleMarthe Bernus-Taylor, « Le décor du « Complexe Vert » à Bursa, reflet de l’art timouride », Cahiers d'Asie centrale, 1997, p. 251-266.. Son statut de capitale lui vaut de voir érigés de nombreux bâtiments, dont une école de théologie qui attire de nombreux étudiants en provenance de tout le Moyen-Orient, école qui se maintiendra sur place après la perte du rang de capitale.

La ville perd progressivement de son influence quand les villes de Didymotique et d'Andrinople sont conquises par les Ottomans en . Mais Brousse demeure une ville appréciée des sultans qui y développent l'art ottoman, la ville restant un important centre administratif et commercial.

En , à la suite de la bataille d'Ankara, Brousse, alors sous contrôle du sultan ottoman Bayezid Ier (Bajazet Ier), est mise à sac par Tamerlan, puis à nouveau, après un siège de , par le bey karamanide .

Le commerce de la soie vignette|Brousse vers 1890|alt=|gauchealt=|vignette|Costumes de Juifs de Brousse (vilayet de Hudavendighiar), 1873 Sous la domination ottomane, la ville est le centre de production de soieries royales, facilitée par la culture du mûrier aux alentours du Nilufer. En plus d'une sériciculture locale de grande ampleur, on y importe de la soie naturelle principalement en provenance d'Iran (via Tabriz et Trébizonde)Xavier de Planhol, « Études récentes en Turquie », Annales de Géographie, 1963, t. 72, n°392. p. 496. et parfois de Chine. Elle est alors le centre de confection de caftans, la longue tunique traditionnelle, ainsi que celui des coussins, de la broderie et d'autre soieries ornant les palais impériaux jusqu'au . La ville est aussi le centre de production de couteaux et de carrosses.

Aujourd'hui encore, la ville reste un éminent centre de production de soie naturelle, avec un million de mètres de tissu par an. En dehors de l'industrie textile, la ville a au fil du temps développé des industries variées, comme la coutellerie et l'industrie automobile (Renault, FIAT et Peugeot y sont présents).

Les grands tremblements de terre vignette|gauche|Louis-Marie Baader : Tzigane à la porte de Brousse [Bursa désormais] (1885, huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Morlaix) vignette|droite|Château ottoman de Brousse. vignette|droite|Mosquée d'Orhan. vignette|droite|Bazar de la soie (Koza Han) Comme la majeure partie du pays, Bursa est située sur une faille sismique. Partiellement détruite par des tremblements de terre mêlés à des incendies importants, elle fut reconstruite à chaque fois, notamment après les deux séismes de 1855 et 1905. Après celui de 1855, qui détruisit presque toute la villeEdmond Dutemple, « En Turquie d'Asie: notes de voyage en Anatolie », Charpentier, 1883, p. 58., c'est à l'architecte français Léon Parvillée que le gouvernement ottoman fit appel pour restaurer les monuments endommagésAlbert Gabriel, « Une capitale turque, Brousse », Paris, 1958, p. 81.. Quant aux habitations, peu d'entre elles antérieures à ces catastrophes sont encore debout« L'Habitat traditionnel dans les pays musulmans autour de la Méditerranée. », volume 1 d'Études urbaines, Institut français d'archéologie orientale, 1991..

Fin de l'époque ottomane

À l'époque des tanzimats, l'Empire ottoman entreprend de grandes réformes afin de se moderniser : la province ottomane de Hüdavendigâr, dont Bursa est la capitaleDaniel Panzac, analyse bibliographique de « Justin McCarthy : Muslims and Minorities, The population of Ottoman Anatolia and the End of the Empire », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, 1985, vol. 39, n° 1, p. 236.« 1ère Capitale Bursa : Bursa, première capitale de L’empire ottoman - la province Hudavendigar des Ottomans. », sur le site du ministère de la Culture et du Tourisme de la république de Turquie., est l'une des premières après Istanbul où des plans urbanistiques modernes sont mis en œuvre. En 1864, la province devient le vilayet de Hüdavendigâr.

Ahmed Vefik Pacha, envoyé à Brousse en tant qu'inspecteur régional des provinces de l'ouest de l'Anatolie (Anadolu sağ kol ciheti müfettişi) entre et , s'attelle à la mise en œuvre des réformes. Homme de lettres et diplomate, ancien ambassadeur à Téhéran de 1851 à 1854) et à Paris de 1860 à 1861Jean-Louis Bacqué-Grammont et Hâmit Batu, « L'Empire Ottoman, la République de Turquie et la France », Institut français d'études anatoliennes, 1986, p. 99., il avait déjà œuvré à Constantinople, en tant que ministre des evkâf (Evkaf Nezareti), à la restauration de la mosquée de Soliman en 1861. Passionné de théâtre (il traduit Molière en turc), il fait construire à Brousse un des premiers théâtres de l'empire hors de la capitaleRobert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Fayard, 1989, p. 491.Anamur Hasan, « La structure socio-culturelle de l'Empire ottoman au XIXe siècle et les traductions de cette époque », Romantisme, 2006/1 (n° 131), p. 7-7.

Le premier plan d'urbanisme moderne, confié à Karl Lörcher en 1924, n'a jamais été mis en application« Cultures et milieux urbanistiques dans le Sud de la Méditerranée. », volume 2 - analyse par pays, Ministère des Affaires Étrangères - ISTED - PRUD, p. 16« Steps taken on the way to planned urbanization. » sur Bursan Metropolitan Municipality..

Dans ses carnets de voyage, Edmond Dutemple affirme que les aristocraties grecque et arménienne y résident en villégiature.

À la fin de la guerre d'indépendance turque, Mustafa Kemal Atatürk séjourne à Bursa avec son gouvernement et son état-major pour superviser les dernières opérations de la guerre contre la Grèce et les négociations avec les puissances occidentales. C'est à Bursa qu'il décide l'abolition du califatAndrew Mango, Ataturk, ed. John Muray, 1999.

Bursa à l'époque contemporaine En , la ville reçoit le Prix de l'Europe« Villes lauréates du Prix de l’Europe (1955-2011). » sur le site de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe..

Organisation de la ville Administration Bursa est la préfecture (valilik) de la province (il) du même nom et regroupe dix-sept districts (ilçeler, en turc) dont trois qui forment la métropole de Bursa et quatorze districts ruraux. Le district principal est Osmangazi où se trouve la plupart des monuments historiques.

Transports et communications Infrastructures routières La ville se situe à la jonction de plusieurs routes importantes. Elle est notamment reliée à Istanbul () par les autoroutes et via Kocaeli, à Izmir par la et à Ankara () par la .

Transports urbains 200px|vignette|droite|Le Bursaray, système de métro léger. Métro Bursa possède deux lignes de métro léger, le Bursaray, inaugurées en 2000. Une extension de est en cours de réalisation, en partie financée par la Banque européenne d'investissement« Deuxième phase du réseau de métro léger de Bursa » sur le site de la Banque européenne d'investissement.. À terme, le réseau devrait cumuler de lignes.

En 2012, la ville de Bursa achète 44 rames type T d'occasion au métro de Rotterdamrailjournal - bursa acquires rotterdam metro.

Desserte ferroviaire droite|vignette|150px|Le réseau ferroviaire turc en service et en projet

La ville est reliée à Ankara, Istanbul et Izmir par le train.

Un projet de construction d'une ligne à grande vitesse devrait relier la ville à Osmaneli, sur la ligne Istanbul-Ankara, partiellement en service, après une première ligne Ankara-Konya dont la construction a démarré en 2006.

Communications extérieures La ville est desservie par un aéroport (code AITA : BTZ).

Cadre de vie

Enseignement vignette|200px|droite|Université Uludağ L'Université Uludağ (Uludağ Üniversitesi, en turc) est située à Bursa et demeure l'une des universités les plus en vue dans le pays, notamment dans la région proche de la mer de Marmara. Fondée en 1975, elle est d'abord connue sous le nom d'« université de Bursa » puis rebaptisée « université Uludağ » en 1982« About Uludağ University. », sur le site officiel de l'université Uludağ.. Durant l'année 2005-2006, l'université accueille .

Média TV : Olay TV, ASTV, Line TV, Bursa TV, Köy TV, Bursaspor TV, Kanal 16 (İnegöl), Süper Kanal TV (İnegöl).

Sports et loisirs En , la ville a organisé les championnats d'Europe de boxe amateur.