Moyeuvre-Grande est une commune française située à la confluence de l’Orne et du Conroy, en Moselle.

Ses habitants sont appelés les Moyeuvriens ou les Modoveriens.

Géographie La ville est constituée de deux entités géographiquement distinctes : la ville essentiellement en fond de vallée Froidcul (aussi appelé Sainte-Ségolène, ce qui est une erreur car c'est en fait le nom de l'église) sur le plateau.

Dépassant habitants durant les années 1960, la commune de Moyeuvre-Grande compte désormais moins de habitants à la suite de la crise de la sidérurgie lorraine.

Les coteaux et les plateaux environnants constituent un important cadre naturel pour la commune sur laquelle s’étend un massif forestier important (forêt domaniale de Moyeuvre).

Altitude : Moyeuvre-centre ; Froidcul .

Accès et transports left|vignette|Gare de Moyeuvre-Grande.

Communes limitrophes

Le quartier de Froidcul

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par l'Orne et le ruisseau le Conroy.

L'Orne, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Ornes et se jette dans la Moselle à Richemont, après avoir traversé .

Le Conroy, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Boulange et se jette dans l'Orne sur la commune, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Moyeuvre-Grande.

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Bassin ferrifère ». Ce document de planification, dont le territoire correspond aux anciennes galeries des mines de fer, des aquifères et des bassins versants associés, d'une superficie de , a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est.. Il définit sur son territoire les objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative des ressources en eau superficielle et souterraine, en respect des objectifs de qualité définis dans le SDAGE du Bassin Rhin-Meuse..

La qualité de l'Orne et du ruisseau le Conroy peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité - Pour recentrer la carte sur les cours d'eau de la commune, entrer son nom ou son code postal dans la fenêtre "Rechercher"..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Amnéville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Moyeuvre-Grande est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MetzUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Metz comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Luxembourg (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (45,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (37,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (44,8 %), zones urbanisées (27,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (9,5 %), mines, décharges et chantiers (8,7 %), terres arables (7,1 %), cultures permanentes (2,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Anciens noms et orthographe de Moyeuvre-GrandeBouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868.. : – Modover (871) ; – Moebrium () ; – Moeuvre (1251) ; - Moweurs (1277) ; – Moieuvres (1279) ; – Moyouvre (1290) ; – La Grande-Moyeuvre (1321) ; – Moeuvre-la-Grande (1329) ; – Moieuvre (1335) ; – Moieubre (1360) ; – Moiewre (1513) ; – Moyeuvre-aux-Bois (1635) ; – Moyeuvre-la-Grande (1779) ; – Großmoyeuvre (1871) ; – Großmövern (1915) ; – Moevern et Mövern (1940) ; – Moyeuvre-Grande (1944). Issu probablement de *Medio -briga, colline centrale.. Henri d'Arbois de Jubainville voit le gaulois mogos (qui veut dire grand) ce que réfute Hermann Gröhler., jugeant les attestations anciennes trop tardives pour remonter au gaulois. Grooss-Moderen. et Grous-Moder en francique lorrain. Moyeuf en lorrain roman.

Histoire vignette|Cimetière allemand de la guerre 1870-1871 sépulture de 46 Prussiens. vignette|left|Tombes de l'ancien « camp russe » dans la forêt de Moyeuvre. Village du duché de Bar cité en 871 dans une charte de l’abbaye de Gorze. De 1285 à 1560, les comtes puis ducs de Bar y possédaient des forges. L’origine des forges remonte au . Cité industrielle dès le . Propriétaires des forges : Gauvin de Germiny, Fabert en 1624, Bourdelois en 1729 et de Wendel en 1811.

Le village est incendié par les Messins en 1345 et 1429 et détruit pendant la guerre de Trente Ans.

En 1817, Moyeuvre, « village de l’ancienne province du Barrois au confluent de l’Orne et du Conroy » avait pour annexes le village de Moyeuvre-Petite, les trois fermes de Froidcul, les fermes de Corba et Tréhèmont et le moulin de la Frapouille. À cette époque, le village comptait habitants répartis dans 185 maisons.

À l'instar des autres communes de l'actuelle Moselle, Moyeuvre-Grande est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. Moyeuvre-Grande devient Großmoyeuvre, puis Großmövern. À cette époque, Moyeuvre-Grande est un bourg frontalier, à la limite de l'Allemagne et de la France, proche de Jœuf qui, restée française, est devenue meurthe-et-mosellane.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les soldats mosellans sont naturellement incorporés dans l'armée allemande. Pour éviter les désertions, de nombreux soldats sont envoyés sur le front russe. Les Mosellans accueillent avec joie la fin des hostilités et la paix retrouvée. En 1918, Großmoyeuvre redevient Moyeuvre-Grande.

La Seconde Guerre mondiale et le drame de l'Annexion marqueront longtemps les esprits. Le , les cantons de Moyeuvre-Grande (en allemand Großmövern) et de Mondelange (Mondelingen) de l'arrondissement de Thionville (Diedenhofen) sont rattachés à l'arrondissement de Metz-Campagne. La commune, administrativement rattachée au Gau Westmark, sera libérée dès le , Le Républicain lorrain, Metz, 1994, ., échappant ainsi aux derniers bombardements américains.

Une histoire de fer

vignette|Les forges.

Depuis de nombreux siècles le travail du fer a donné de l’ouvrage aux habitants de la vallée de l’Orne. Des traces d’activité métallurgique datant des époques romaines et mérovingiennes ont été mises en évidence dans la contrée.

En 1323, le comte Édouard de Bar fait construire, près de la confluence de l’Orne et du Conroy, une forge hydraulique, la plus ancienne forge de ce type connue de la France actuelle. Au , la forge de Moyeuvre est la plus importante d’Europe.

La sidérurgie Lorraine était en plein essor dans la seconde moitié du . La forge de Moyeuvre, située dans le duché de Lorraine et de Bar, entre Metz et Thionville, était le fleuron tant au niveau quantitatif que qualitatif. Cette forge ducale très mal connue témoigne de la croissance de l’industrie du fer à l’époque prémoderne. La forge de Moyeuvre tire probablement son origine de la première forge hydraulique construite en Lorraine vers 1324. Elle illustre le développement de la productivité de l’appareil réducteur. Vers 1564/1566, elle produisait plus de 150 tonnes par an. En 1599, la production annuelle monta à 500 tonnes environ : chiffre inégalé en Europe à cette époque. En même temps, les produits se diversifiaient : fer forgé, fer fendu ou fonte. L’établissement, propriété du duc de Lorraine, était confié au début à des agents ducaux, puis à des amodiateurs, parfois appelés marchands-maîtres de forges qui se procuraient les fonds, les matières premières et les débouchés, et géraient en totalité l’exploitation. Un personnage important de la commune est Louis de Bettainvillers, prototype du maître de forge jusqu’au seuil du , grand entrepreneur, intégré au cadre seigneurial de l’exploitation, qui parvient à entrer dans l’aristocratie en acquérant des terres, des offices et des lettres de noblesse.

C’est en 1811 que François de Wendel les rachète. Sept hauts-fourneaux sont successivement mis à feu à l’usine de Moyeuvre à la fin du , puis un huitième en 1901 et le 8 bis en 1921. Il n’est fait que très rarement mention du haut-fourneau 4 dont la durée de vie a été très courte (1879-1893/94). En 1927, huit hauts-fourneaux sont en activité. Le HF2, arrêté pour reconstruction en , ne sera pas reconstruit. Le HF6 est arrêté en 1944.

En 1956, les six hauts-fourneaux en activité produisent de fonte. Ces hauts-fourneaux vont connaître des réfections successives que les archives nous permettent de bien cerner. Le HF5 est arrêté en , puis le HF8 en . Les années 1968-1969 marquent l’arrêt des derniers hauts-fourneaux.

Mines Mine de Moyeuvre