Le département de la Charente est une terre de tradition culturelle et littéraire.

Patrimoine archéologique thumb|frise de chevaux de Mouthiers-sur-Boëme Nous n'avons pas d'écho spécifique de la culture préhistorique autre que les divers dessins peintures et objets trouvés dans de nombreux sites en Charente : frises sculptées de chevaux, bisons et bouquetins, attribuées au Solutréen du site de Roc-de-Sers, frise de chevaux en ronde bosse attribuée au Magdalénien de l'abri sous roche de la Chaire à Calvin à Mouthiers-sur-Boëme, gravures de cervidés, chevaux, aurochs, os d'aigles gravés, lampe de grès rose, palmures de rennes gravées de la grotte du Placard à Vilhonneur, peintures de la grotte du Visage.

De l'âge du bronze nous viennent des armes et des bijoux et de l'âge du fer des trésors : la parure de la tombe des Planes à Saint-Yrieix (composée d'une torque, d'un bracelet, d'anneaux de cheville et d'une fibule) et le casque d'Agris (près de La Rochefoucauld), recouvert de plaques d'or et incrusté de corail, qui est au musée d'Angoulême.

De l'époque gallo-romaine sont arrivés jusqu'à nous les thermes de Chassenon qui sont exceptionnels, le théâtre des Bouchauds et le site de La Terne près de Luxé ainsi qu'une trentaine de villas rurales dont celle de Fouqueure et ses mosaïques de pavements, formant des tapis géométriques de mosaïques polychromes.

Les sculptures en pierre calcaire, qu'il s'agisse de chapiteaux corinthiens provenant des Bouchauds, de bas-reliefs des remparts gallo-romains d'Angoulême ou de statuettes, trouvent leur prolongement dans les sculptures romanes. De même, les lions de pierre des remparts d'Angoulême sont un sujet retrouvé jusqu'à nos jours en pierre comme en faïence.

Il y a bien une continuité dans l'art charentais.

Le patrimoine bâti Architecture civile Les hauteurs qui bordent la vallée de la Charente ont été depuis les temps les plus anciens construites d'un réseau défensif, mottes castrales puis châteaux-forts dont il ne reste souvent que le donjon carré, reconstruits ou remaniés durant la Renaissance ou plus tard (des logis ont été reconstruits au sur des ruines féodales, Fontjoyeuse ou Bois-Roche par exemple). Ces châteaux ont été particulièrement nombreux à partir de Jarnac en allant vers l'aval où chaque commune a ou eut un château voire plusieurs (en ne prenant en compte que les bâtiments classés) Moyen Âge thumb|Vestiges du donjon de Marthon Ce sont surtout des donjons défensifs : Donjon des Lusignan du Château d'Angoulême Donjon de Marthon Donjon de Montignac-Charente (bâti entre 1120 et 1140) Mais aussi des châteaux dont les moins remaniés ensuite sont : Château de Barbezieux, à Barbezieux-Saint-Hilaire Château de Bayers Château de Bourg-Charente Château de Cognac aussi du avec longue façade Renaissance Château de Confolens Château de Verteuil Château de Rochebrune, à Étagnac Château de la Tranchade, à Garat Château de Gourville Château de Saveille Les châteaux du annoncent la Renaissance Château de Chillac Château de Peyras à Roumazières-Loubert

Renaissance thumb|Château-Chesnel. Château de Balzac, à Balzac Château Chesnel, à Cherves-Richemont Château de l'Oisellerie, à La Couronne Château de La Rochefoucauld Château de Saint-Brice et son labyrinthe de buis classé monument historique

Logis de Boussac, à Cherves-Richemont Château de Beauregard à Juillac-le-Coq Château de Lignières, à Lignières-Sonneville

Il est marqué par des châteaux, des modifications de logis avec rehaussement des charpentes pour former de hautes toitures d'ardoises. Il est aussi marqué par la richesse du patrimoine rural avec les portails charentais sculptés, les fontaines et les tombes, toute une statuaire régionale spécifique.

Architecture religieuse

Aux chaque village va construire une église romane dont beaucoup sont parfaitement conservées. Les plus anciennes sont très sobres. La pierre calcaire se prête à la sculpture aussi bien les chapiteaux souvent par des feuillages, des feuilles d'acanthe, que les voussures souvent par de simples motifs géométriques. Les formes géométriques, les spirales, les animaux fantastiques de ces bas-reliefs reprennent un fond culturel local identique aux productions des siècles antérieurs.

Plusieurs églises ont des cryptes à chapiteaux sculptés, telle celle de Saint-Georges de Richemont. thumb|right|Façade de la cathédrale d'Angoulême. Le décor sculpté prend de l'importance au

du Église de Lesterps et son clocher porche la commanderie de Châteaubernard devenue église paroissiale l'abbatiale de Cellefrouin, seule vestige de l'abbaye Saint-Pierre de Cellefrouin du Cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême Abbaye de Saint-Amant-de-Boixe Abbaye Notre-Dame-de-l'Assomption de Châtre église Saint-Pierre de Châteauneuf-sur-Charente église Saint-Martin et Église Saint-Léger de Cognac l'abbaye de la Frenade à Merpins et sa salle capitulaire du de style gothique la commanderie de Cressac et ses fresques

Les fresques de Cressac sont tout à fait exceptionnelles : ce sont les scènes de la victoire des croisés et de l'armée franque de Hugues le Brun de Lusignan et de Geoffroy Martel (frère de Guillaume Taillefert comte d'Angoulême) sur les Sarrasins menés par Nourreddine, dans la plaine de la Bocquée, en 1163. L'église Saint-Romain de Chassors a conservé au niveau du chœur, une partie de ses fresques gothiques, du , et les églises Saint-Sigismond de Saint-Simon et Saint Martin de Graves-Saint-Amant comportent aussi des fresquesLes Églises du vignoble en Pays de Cognac. Guide du patrimoine roman édité par le Pays Ouest-Charente.

Les véritables sculptures sont assez rares: cavalier à Châteauneuf-sur-Charente, frises de l'église Saint-Martin de Gensac-la-Pallue pour citer les plus connues.

La lanterne des morts de Cellefrouin est un exemple exceptionnel de l'architecture de cette époque. Les autres sont à Brigueuil, Pranzac et Angoulême (vestiges pour cette dernière).

Une frontière linguistique

thumb|la cagouille de Villejésus Le département de la Charente est traversé du nord au sud par la frontière linguistique oc/oïl (enquête de Tourtoulon et Bringuier, 1873, rééditée en 2004) : le saintongeais à l'ouest et au sud, et le poitevin au nord-ouest) (les deux variétés du Poitevin-saintongeais) , et l'Occitan (dans sa variété le limousin) à l'est.

Les langues d'oïl

Le poitevin-saintongeais dans ses deux variétésLe poitevin-saintongeais réapparaît dans la liste des langues de France, langues d'oïl, début 2010, sur le site de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), service du ministère de la Culture, sous le libellé suivant : "poitevin-saintongeais [dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais]". Voir site de la DGLFLF : DGLF - Ministère de la Culture :

La zone d'oïl, domaine du poitevin-saintongeais, est elle-même partagée entre une grande zone linguistiquement saintongeaise et une petite zone linguistiquement poitevine, comme nous le confirment : Paul Dyvorne (écrivain saintongeais né à Cozes) qui écrit en 1935 : « Dans le Confolentais, c’est le patois limousin que parlent les paysans ; à l’est d’Angoulême, c’est celui du Périgord ; à Ruffec, celui du Poitou. Dans l’Angoumois du sud, vers Cognac et Barbezieux, l’idiome saintongeais est seul en faveur. »Paul Dyvorne, Folklore saintongeais, 1935, p. 44. ; la linguiste Brigitte Horiot en 1995, qui rattache implicitement le Ruffécois au domaine poitevin lorsqu’elle remarque que la description lexicale du domaine de l’ALO (Atlas Linguistique de l’Ouest : Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois) montre qu’« il est possible de retrouver une situation déjà observée au cours de l’étude phonétique : le département des Deux-Sèvres (mis à part le nord), le sud-est de la Vendée, le sud-ouest de la Vienne et le nord-ouest de la Charente [Ruffécois] ont tendance à former une aire originale dans l’ensemble de l’ALOBrigitte Horiot, Les parlers du Sud-Ouest, dans : Français de France et Français du Canada : Les parlers de l’Ouest de la France, du Québec et de l’Acadie, Centre d’études linguistiques Jacques-Goudet, université Lyon-III, 1995.. »

Cette bi-partition de la zone d'oïl se retrouve d'ailleurs dans d'autres cadres que strictement linguistiques comme nous le dit Léo Ganachaud (d'Ambérac) : « La région de Ruffec a plutôt les coutumes poitevines que charentaises, et là, pas de bons repas sans qu’au dessert arrive le tourteau fromageou. »Léo Ganachaud, Lée Bitons chérentais : Ambérac, mon pays !, 1949.

Le saintongeais

Le saintongeais concerne la zone ouest et sud, bien plus étendue (qui comprend Chalais, Barbezieux-Saint-Hilaire, Angoulême, Jarnac, Cognac). Le patois charentais est une appellation à laquelle certains sont attachés, pour désigner le saintongeais.

Localement, certains mots sont passés totalement dans le langage courant : cagouille et since par exemple et les expressions Quétou qu'olé ? et Abeurnoncieau ! (ab renoncio, extrait du rituel baptismal : « Je renonce à Satan, etc. ») sont connues de tous.

Auteurs d'expression saintongeaise de Charente les plus connus : Jean-Henri Burgaud des Marets (de Jarnac) : Molichou et Garçounière, 1853 (Réédition revue, corrigée et annotée par Camille Beaulieu, 1930) ; Parabole de l'enfant prodigue en dialecte saintongeais, 1853; Fables et contes en patois saintongeais (Réédition, avec glossaire, par Camille Beaulieu, 1930) ; Jean Condat - dit J. Chapelot - (de Vindelle), Contes Balzatois, 1877-1878 ; Jean Esmein (de Touvérac), La Vieille Charente, 1912 (qui contient des poésies en saintongeais d'une inspiration et d'une qualité de langue rares) ; Odette Comandon (née à Angoulême, et ayant habité à Jarnac de 1934 à 1974), Contes et récits de la Cagouille, 1946 ; Nouveaux contes de la Cagouille, 1948 ; Viviane Bonnin - Aurélie Jhamb’Delaine - (née à Angoulême), Fârnand raconte…, 1988.

Un petit dernier : Jean-Pierre-Coutanceau (né à Angoulême, vivant à L'isle d'Espagnac), Les Beunasses, les fumelles et les Cheuns, 2009.

Dans le département d'à côté (Charente-Maritime) se trouvent des productions d'expression saintongeaise dont le rayonnement atteint largement la Charente : contes et chansons de Goulebenéze, et les derniers en date : les Binuchards et leur rock charentais (Olà buffé est connu de tous). Ces chansons et cette littérature sont caractérisées par leur côté satirique. Le Charentais se moque de lui-même et fait des compliments à l'envers (il a oublié d'être sot).

Le poitevin

Le poitevin qui concerne la petite zone nord-ouest, (qui comprend la majeure partie du Ruffécois : cantons de Villefagnan, Ruffec, ouest de celui de Mansle, nord de celui d'Aigre; plus le petit secteur d'oïl de la bordure ouest du Confolentais : Le Bouchage, et Pleuville - en partie -). Le patois charentais est une appellation à laquelle certains sont attachés, pour désigner le poitevin de ce secteur.

Quelques auteurs d'expression poitevine de Charente : Jean Baptiste 1/2 (cité comme « Ruffécois » par Raymond DoussinetRaymond Doussinet, Grammaire saintongeaise, 1971, p. 426), Une rigolade : conte en patois poitevin, 1897La mention « patois poitevin » du titre (Une rigolade : conte en patois poitevin) est explicite quant au caractère linguistiquement poitevin de cette œuvre ruffécoise de Jean Baptiste 1/2. ; Marius Gagnère (originaire de la Magdeleine dans le canton de Villefagnan-en-Ruffécois), Avant que le temps ne l’emporte… récits en patois poitevin, 1987<ref>La mention "« patois poitevin » du titre (Avant que le temps ne l’emporte... récits en patois poitevin) est explicite quant au caractère linguistiquement poitevin de cette œuvre ruffécoise de Marius Gagnère.</ref> ;