Joseph-Juste Coquereau, né le à Daon et mort le dans cette même ville, est un chef chouan de la Mayenne, l’une des figures les plus marquantes de la chouannerie en Mayenne pendant la Révolution française. Chef royaliste redouté, il s’illustra par son audace, sa violence et son engagement sans faille contre les troupes républicaines. Son parcours, marqué par des excès et des retournements, en fait un personnage emblématique des guerres de l’OuestSociété d'archéologie et d'histoire de la Mayenne. Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, Imprimerie de L. Moreau (Laval), 1910, p. 370-372..

Biographie

Une jeunesse hésitante Origine Joseph-Juste Coquereau est le fils de Louis Coquereau, marchand-fabricant de fil, et de Charlotte Marion. Issu d’une famille respectée dans la région de Daon, il est décrit comme gai, vif et spirituel, mais aussi indocile, colérique et peu appliqué. Il montre dès sa jeunesse un caractère violent, indiscipliné et versatile. Sa constitution robuste et sa force de volonté lui permettaient de surmonter la fatigue, mais il était réputé mauvais marcheur et sujet à des accès de colère violents, qui le transformaient physiquement et lui donnaient un aspect effrayant..

Il quitte le collège de Château-Gontier et après plusieurs folies de jeunesseSuivant Jacques Duchemin des Cepeaux., il s’engage à dix-huit ans comme soldat, mais déserte rapidement.. Son père doit le racheter. Il s’engage ensuite dans la marine à Rochefort et prit du service dans la Marine, puis, au dernier moment, refusa de s'embarquer, et déserta à nouveau. Son père le tira encore d'affaire.

La Corse Il quitta bientôt définitivement la maison paternelle pour aller avec le régiment de Maine faire la guerre des maquis en Corse. Les troupes étant toujours employées à la poursuite des troupes paolistes dans la montagne, il se familiarisa rapidement avec cette guerre de partisans dans laquelle il devait se montrer plus tard si entreprenant et si audacieux. En 1791, diverses émeutes se produisirent dans l'armée d'occupation. Un certain nombre de soldats furent renvoyés du régiment, notamment Coquereau. Grâce à de nouveaux sacrifices de son père, il obtint un congé en règle. Vie familiale et engagement royaliste En 1791, il épouse une jeune fille de Marigné, Renard, et s’établit comme marchand de fil, commençant à mener une vie rangée. Il était devenu père d'un premier enfant. Royaliste convaincu et mal vu des patriotes, parce qu'il n'avait pas fait bénir son mariage par un prêtre assermenté et royaliste, son humeur belliqueuse le poussa à reprendre les armes. Les chevauchées sanglantes en Anjou L'armée vendéenne Il est signalé les 27 et avec sa bande à Sœurdres et Marigné ; avec quelques jeunes gens du pays, il rejoignit les divisions bretonnes des Vendéens au moment où ils venaient d'évacuer la ville d'Angers ().

Charles Melchior Artus de Bonchamps lui donna bientôt le grade de capitaine. Il passa la Loire avec l'armée vendéenne. Il les quitta alors un instant pour venir faire des recrues dans son pays. On l'envoya dans son canton natal recruter des jeunes gens avec lesquels il constitua rapidement une compagnie, commanda le secteur sud de Château-Gontier et en particulier la paroisse de Daon, il rallia l'armée à Laval, et fit avec eux la virée de Galerne.

Au retour de Granville il tombe malade. Lorsque l'Armée catholique et royale repasse par Laval, pour aller assiéger Angers au mois de décembre, malade, épuisé, il la quitta pour rentrer à Marigné. Plusieurs de ses camaradesMathurin Foucher, Jacques Percher, Michel Coquereau et Pierre Lejeune, de Daon, et Pierre Blanchouin, de Châtelain, tous laboureurs, condamnés à mort à Angers par la Commission Proust, le 11 décembre 1793. furent arrêtés et condamnés à mort à Angers, il réussit à se cacher dans les halliers, les broussailles de Marigné, le plus souvent dans le bois du Coudray. Il se remit lentement.

Le château de l'Escoublère Cité dans un rapport républicain daté du Interrogatoire à Châteauneuf, devant Chollet, agent national, et Grandin, son substitut, le , de Pierre Diard, tisserand, de Querré, lequel reconnaît avoir fait partie du rassemblement fort de cent cinquante hommes qui est allé à Angers pour rejoindre les Vendéens, et dans lequel il a reconnu Coquereau, marchand de fil, les deux fils Deslandes de Vernée, Bisachère, ci-devant abbé, etc.. . Archives départementales du Maine-et-Loire, L, carton 749 bis. comme l'un de ceux qui, après avoir été des premiers fondateurs des Guerres de Vendée, soulèvent les chouans (avec quelques lieutenants intrépides, comme François-Jacques Logerais dit PimousseFrançois-Jacques Logerais dit Pimousse : né le à Daon ou à Cherré selon l'abbé Ferdinand Gaugain, chef chouan de la troupe de Coquereau, capitaine de paroisse de Marigné.

Chef chouan À partir de , il mène une guerre audacieuse contre les républicains avec une poignée d’hommes, dont les frères Logerais. Sa tactique repose sur des coups d’audace, des marches rapides et des représailles sanglantes, souvent justifiées par l’emprisonnement de sa famille. Son cri de guerre, « Vive le Roi ! Mort aux pataux ! », devient célèbre et sa réputation s’étend jusqu’à Segré.

Sa compagnie comptait 200 hommes vers 1795-1796. Signalé parmi les chefs chouans de la division Gaullier au premier semestre 1796. En l'an VII, il se trouvait en Craonnais à la tête de 30 chouans et 12 émigrés. Il fut victorieux à Saint-Quentin le . Signalé à Marigné, canton de Laigné, été 1799, sa compagnie fut bientôt la terreur des Bleus. Le bois du Coudray à Marigné leur servait de lieu de ravitaillement, puis il établit son quartier général au château de l'Escoublère près de Daon.

Les méthodes de combat

Encore peu nombreux au commencement de 1794, ils multipliaient leurs attaques sur les postes voisins. À la tête de 12 hommes, Coquereau prend Chenillé, Sœurdres et Marigné ; il commande ensuite à 30 soldats en janvier 1794. En février, en compagnie des trois frères LogeraisOutre François-Jacques précité : Pierre Logerais dit "Chassebleu" et René Logerais dit "Petit-Chouan", nés à Marigné, chouans de la division Coquereau dès 1794, blessés au combat du château de Noirieux (à Saint-Laurent-des-Mortiers) le . "Chasse-bleu" accompagna Coquereau à l'abbaye de Pontron près d'Angers en ; "Petit-Chouan" s'attacha ensuite à de Bourmont., de Pierre Joly dit Petit-PrincePierre Joly dit Petit-Prince, né à Daon le , tourneur en bois et batelier sur la Mayenne, soldat de la virée de Galerne en 1793 ; chouan de la division Coquereau dès février 1794, il le rejoignit avec 5 Vendéens. Présent à la prise de Saint-Laurent-des-Mortiers le et grièvement blessé le 9, lors d'une embuscade aux Quatre-chemins, entre Marigné et Daon, par un acte d'héroïsme (seul sur la route face à 200 soldats venus de Château-Gontier). Il fut à nouveau blessé à Contigné en décembre 1794. Le , il empêcha Coquereau, après la prise du bourg de Daon, de mettre le feu à l'église transformée en caserne républicaine. Cité comme chouan de Daon dans l'été 1799, il fit la campagne de 1799-1800 comme capitaine de la compagnie de la division Gaullier ; il servit à nouveau comme capitaine sous ses ordres durant les Cent-Jours. Resté défiguré depuis 1794, célibataire en 1816 à Daon où il était garde-champêtre, il prit part à l'Insurrection royaliste dans l'Ouest de la France en 1832 comme capitaine, et mourut le . et de Jean-René Guitter dit Saint-MartinJean-René Guitter dit Saint-Martin, né à Saint-Martin-Villenglose (d'où son surnom), hameau aujourd'hui rattaché à Saint-Denis-d'Anjou, le , soldat au régiment de Beauce-infanterie de mai 1792 à mars 1793, présent aux batailles de Jemmapes, Mons et Maubeuge, il déserta et participa au soulèvement de Châteauneuf, en Anjou, le à l'occasion de la levée de . Soldat de l'armée vendéenne, il fut fait prisonnier lors de la bataille de Doué mais s'évada de la prison de cette ville et fit la campagne de Granville (novembre 1793) au Mans (10-12 décembre 1793). Probablement en 1794, il devint capitaine de la compagnie de Saint-Martin-Villenglose, qu'il avait constituée, et opéra dans le canton de Saint-Denis-d'Anjou et le district de Sablé, puis se rapprocha de Grand-Pierre. Intrépide, il prit part au combat de Bouère en 1796, ainsi qu'à ceux du Buret, de Saint-Charles, de l'Éraudière, de Miré et de Gennes. Cité dans un rapport républicain comme l'un des chefs des rassemblements le 2 brumaire an VI (), il fut nommé chef de bataillon en 1797, grade qui lui fut confirmé par brevet du comte de Bourmont en 1799, et reçut le commandement du canton de Saint-Denis-d'Anjou. Commandant aussi le canton de Morannes en Maine-et-Loire, il exécuta le 25 floréal an VII () un dénonciateur, le représentant Thomas Millières à Morannes. Il servit ensuite comme chef de bataillon dans la division de Grand-Pierre, qui devint la division de l'armée de Bourmont, et prit part aux combats de Saint-Jean-sur-Erve le , de la lande de Saulges le 7, prit Châteauneuf-sur-Sarthe ; il prit part au combat de Varennes à la fin août 1799, de la lande d'Argentré le ; il combattit le au Mans, enfin le à Foulletourte. En 1815, bien que « blessé au bras, estropié, père de 4 enfants », il participa comme chef du bataillon de la légion Gaullier à la campagne dans l'armée d'Andigné, et notamment le 10 juin, au combat de Champigné. Le général d'Andigné lui remit un brevet de lieutenant-colonel. Au cours des guerres de la chouannerie, il avait été blessé 7 fois et estropié au bras gauche. Il habitait Miré en 1816. Il reprit les armes fin mai-début juin 1832 lors du combat de Chanay à Grez-en-Bouère et mourut quelque temps après, vraisemblablement à Angers ou Juvardeil. il tente vainement de soulever Loigné et Quelaines, puis repasse à Marigné et Cherré.

Le district de Château-Gontier croyait avoir affaire à une armée. « Dans la nuit du 27 au 28 ventôse (17 au ), écrit-il au département, les communes de Daon, Azé, Fromentières, Ruillé, Froidfont, Villiers, Gennes, Grez et Coudray se sont levées pour poursuivre et arrêter Coquereau, chef de brigands. »

La petite troupe se transportait avec une rapidité incroyable d'un poste à l'autre, les désarmant dès la première attaque. Dans le même jour, Coquereau visitait Loigné, Quelaines, le bourg des Anges, L'Hôtellerie-de-Flée, La Ferrière et Chambellay ; c'est une course de plus de 50 kilomètres. Puis, la troupe était licenciée en attendant une nouvelle expédition.

Coquereau était le plus intrépide pour ces randonnées épiques jalonnées de hardis coups de main, mais sevré de l'ivresse des combats et du vin, dans l'inaction et surtout dans les revers, son courage défaillant avait besoin d'être relevé par le courage plus constant de ses compagnons. Il est réputé pour sa cruauté'abbé Foucher raconte que passant à Laigné, où il n'était pas connu, il demanda à une femme ce qu'on pensait de Coquereau dans le pays. Elle répond que c'est un homme terrible qui, dit-on, mange les enfants tout crus. Coquereau se nomme et la rassure..

Sa famille, otage des républicains