Le lycée Gay-Lussac, couramment surnommé Gay-Lu, est un lycée d’enseignement général et technologique, situé dans le centre-ville de Limoges (Haute-Vienne), entre le boulevard Georges-Périn, la place Wilson, la rue du Collège et la place Saint-Pierre.

Il porte le nom du physicien et chimiste, né à Saint-Léonard-de-Noblat. Ouvert au , il est par conséquent le plus vieil établissement d’enseignement public de Limoges.

Bien qu'il fût l'un des deux seuls lycées de la capitale limousine à ne proposer que des filières générales (ES, L et S) avec le lycée Léonard-Limosin, il proposait depuis la rentrée 2016 une filière technologique (STMG) ainsi que des classes ouvertes aux élèves de plusieurs nationalités différentes arrivant en France.

Histoire Le collège Le lycée fut fondé en 1525 par les consuls de Limoges, mais n'ouvrit effectivement qu'en 1583.

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Au : quelques évènements À partir de 1525, pendant la construction des bâtiments, les « étudiants » suivent l’enseignement secondaire donné rue des Ecoles.

Deux membres de la famille Dorat illustrent les premières années du collège de Limoges ; c’est dans ce collège que Jean Dorat a probablement étudié, alors qu’il avait dépassé ses quinze ans (il est né en 1508 et le collège a commencé à exister en 1525) ; et ce collège est aussi un établissement d’enseignement auquel Martial Disnemandi, dit Dorat, père ou oncle de Jean Dorat, a apporté son appui, avec les autres consuls de la ville de Limoges ; en effet, ces consuls ont pris la décision, à cette époque-là, de recruter, pour le collège de Limoges, des prêtres, en retirant aux chanoines du chapitre de Saint-Etienne le privilège de l’enseignement.

Jean Dorat a donc effectué des études au collège de Limoges et il a perfectionné à Limoges son éducation littéraire ; il s’est rendu à Paris en 1537, il y est devenu professeur de culture grecque et latine ; Jean Dorat a eu comme élèves au collège de Coqueret, à Paris, des étudiants originaires de Limoges comme Siméon Du Boys, né à Limoges en 1536, qui avait peut-être lui-même été élève du « collège des Consuls » de Limoges)François Arbellot, « Biographie des hommes illustres de l'ancienne province du Limousin », Limoges, Impr. de Ardillier fils, 1854.

L’ouverture du collège, retardée par l’épidémie de peste et les guerres de Religion, a lieu en 1583.

L’établissement datant de 1583 comprend un corps de bâtiment dont les fondations et certaines murailles se retrouvent dans la partie monumentale du lycée actuel, ainsi qu’une chapelle dont les deux clochetons, portant la date 1583, subsistent encore. Le premier principal est M. Malherbaud, assisté de six régents, tous prêtres séculiersLivret « Distribution solennelle des prix du Lycée Gay-Lussac à Limoges », Limoges, Imprimerie Société des Journaux et Publications du Centre, 1967.

Guillaume Malherbaud, théologal de la cathédrale, docteur en Sorbonne, né dans la paroisse de Folles en Limousin (Folles est une commune de Haute-Vienne, située à l'est de Bessines-sur-Gartempe), était homme de grande érudition. Ce savant avait publié à Paris, en 1566, les légendes de saint Pierre et saint Paul, attribuées à saint Lin, successeur des apôtres, et avait ainsi signalé à l'attention publique ces pièces, qui depuis furent insérées dans la collection des Pères de l'Eglise. Déjà Guillaume Malherbaud avait dirigé avec succès, pendant plusieurs années, le collège de la ville de Chartres. À la prière des consuls, il consentit à prendre la conduite du collège de Limoges. Les écoles s'ouvrirent, et six régents, sous la haute direction du principal, se partagèrent le cours des études. Tant que vécut Malherbaud, le collège prospéraPierre Laforest, Limoges au , Limoges, J.-B. Leblanc, 1862.

En 1598, le chapitre de la cathédrale confie l’administration du collège aux jésuites. Le contrat passé le entre le R.P. François Solier, supérieur, d’une part, l’évêque, le lieutenant-général du royaume, d’autre part, avec la signature de deux élèves : Mouret et Manent. On assiste à une rapide extension du collège, avec 32 professeurs et 1100 élèves. Le régime est celui de l’externat.

Au : quelques évènements thumb|left|La chapelle du collège des Jésuites. Dans les années 1615-1621, sont construits les bâtiments en bordure de la rue du Collège où se trouvait l’oratoire de la Congrégation des élèves. De là provient l’autel qui orne actuellement la chapelle latérale de Saint-Pierre-du-Queyroix.

En 1629, est construite la chapelle actuelle, dite « des Jésuites », sur l’emplacement de la première chapelle effondrée en 1607. Cette chapelle a longtemps servi de salle de gymnastique ; elle abrite un beau retable du .

En 1655-1656, est édifié le bâtiment perpendiculaire à la rue du Collège, sur la place Saint-Pierre. En 1680-1685, est construit le bâtiment qui longe l’église Saint-Pierre et qui touchait les murailles de la ville, non loin de la porte Tourny. En 1685, est élevée la porte avec ornements donnant sur la rue du Collège, ancienne porte d’entrée du Collège.

La chapelle de 1629, construite pour le collège des Jésuites, est désaffectée au culte depuis 1914. Elle abrite depuis 1907 un retable du , provenant de la chapelle de l’ancien hôpital. Cette chapelle a servi de gymnase depuis 1926, et, dans les années 1980 à 1995, outre son usage sportif, elle a servi de salle d’exposition pour les biennales internationales de l’émail de Limoges. Cette chapelle a été construite de 1607 à 1629 ; le retable a été réalisé en 1686 par le menuisier Jean Yvert et le sculpteur Jean BiziouRenaissance du Vieux Limoges - Lycée Gay-Lussac.

Il y a lieu de situer le début du « roman du retable ». en 1686, année où est demandée à Jean Biziou et à Jean Yvert la réalisation d’un retable pour la chapelle de la Mission de l'hôpital général de Limoges. Ce « roman du retable » a connu, en plus de trois siècles, décennie après décennie, de multiples épisodes, et ce roman n’est pas, de nos jours, terminé. Le retable a été installé dans la chapelle du lycée Gay-Lussac (ancien collège des Jésuites) en 1907, alors que la chapelle de la Mission de l'hôpital général devait être détruite. Quelques années plus tard, le retable voit la chapelle du lycée désaffectée (en 1914). Puis, en 1926, le retable voit arriver dans la chapelle des lycéens qui pratiquent le grimper à la corde lisse, le hand-ball, le saut de cheval, etc., car la chapelle sert de gymnase depuis cette époque. Ce retable, orné de deux statues colossales : le Christ, la Vierge, a été l’œuvre de Jean Biziou (sculpteur), Jean Yvert (menuisier), Jean Fournié (sculpteur), Martin Bellet ; si l’on s’intéresse plus particulièrement au tableau qui orne la partie centrale du retable, cette œuvre est de la main du peintre Granaud Jérôme II, dit Granaud le Jeune, et elle date de 1687 ; le thème en est la Descente du Saint Esprit ; on voit dans cette peinture (dissimulée actuellement derrière une paroi de planches) la Vierge, un groupe de femmes levant les yeux au ciel, un personnage enveloppé dans un manteau, un jeune homme regardant la Vierge, les apôtres assis ou agenouillés. Le retable est depuis 1907 classé aux Monuments historiques au titre des objets.

Cette peinture de Granaud le Jeune paraît s’inspirer du tableau de Charles Le Brun « La Descente du saint Esprit », sans doute par l’intermédiaire d’un tableau de la chapelle du séminaire des Ordinands de Limoges qui était inspiré par le tableau de Le Brun. vignette| La Descente du Saint Esprit, une œuvre de Charles Le Brun datée de 1654, a servi d'inspiration pour la peinture du retable du lycée.

Les activités de pédagogue et d’écrivain de Pierre Josset, né à Bordeaux en 1589, mort à Tulle en 1663, et qui a été longtemps professeur de Rhétorique au Collège de Limoges, illustrent la situation qui était celle de cet établissement au et dans la première moitié du ; la qualité de l’enseignement était élevée, et des enseignants publiaient leurs écrits, comme le fait Pierre Josset, qui publie, en 1650Pierre Josset, Rhetorice, placida quam Pieris irrigat unda, grandia facundae reserans praecepta loquelae, Limoges, A. Barbou, 1650, à destination de ses élèves, un traité de rhétorique, un long poème, en vingt-deux chants, intitulé « Rhetorice ». Cet ouvrage, imprimé à Limoges, le , par Antoine Barbou, typographe du roi, de la ville et du collège de Limoges, est écrit, bien entendu, en latin. Il permet de voir que les connaissances de ces Jésuites, professeurs au collège, faisaient d’eux des intellectuels de haut niveau ; ainsi, sur l’un des sujets traités dans son ouvrage par Pierre Josset, la conformation particulière de la tête des futurs orateurs, en lien avec la constitution physique de l'enfant dont il doit faire plus tard un orateur, le professeur jésuite démontre l’étendue de ses connaissances. Josset doit avoir lu Hippocrate qui, dans un de ses ouvragesHippocrate, Airs, eaux, lieux, Paris, Les Belles lettres, 1996 parle de la déformation artificielle et volontaire du crâne chez des peuples des bords de la mer Noire. Il doit également connaître les pratiques qui existaient dans la France de l’époque, en Limousin, et, plus largement, en Aquitaine, comme cette tradition qui consistait à coiffer les nourrissons d’un tissu serré, pour obtenir une déformation crânienne (on connaît, par exemple, la « déformation toulousaine »). Voici un extrait, tout à fait étonnant, du Premier livre, « De prima futuri oratoris œtatula », de l’ouvrage de Pierre Josset, traduit par E. Blanchard, docteur en médecine, membre de la Société Archéologique, à LimogesE. Blanchard, Conformation particulière de la Tête, observée dans le Limousin, Travaux de la XXVIème session du Congrès Scientifique de France, Limoges, septembre 1859. Limoges, Impr. de Chapoulaud Frères, 1860 :

Au : quelques évènements En 1762, l’ordre des Jésuites est supprimé. De nouveau, le Collège est administré par des prêtres séculiers.

Dans la période qui est celle du Collège Royal, trois personnes occupent la position de principal, M. Jean Pouyat (de 1763 à 1782), M. Jean-Baptiste Vitrac (en 1782), M. Pierre Martin (de 1782 à 1791) ; la personnalité de Jean-Baptiste Vitrac illustre le rôle que le collège joue à cette époque ; Vitrac a été l’élève du collège, à l’époque où il était dirigé par les jésuites ; il a été ensuite professeur dans ce même collège ; il est, enfin, devenu principal du collège en 1782.

À l’époque où Jean-Baptiste Vitrac occupe la chaire d’humanités, à partir d’, il est amené, en sa qualité de professeur d’humanités, à prononcer des discours publics, à la fin de chaque deuxième année (en alternance avec le régent de troisième) ; l’une des personnes à laquelle l’abbé Vitrac a consacré, sous la forme d’un « éloge », un tel discours, le , est Marc-Antoine Muret ; voici un court extrait de ce discours, dans la forme où cet éloge a été publié en librairieJean-Baptiste Vitrac (Abbé), Éloge de Marc-Antoine Muret, orateur des papes et citoyen romain, prononcé le 22 août 1774, avant la distribution des prix du collège royal de Limoges, par M. l'abbé Vitrac, Limoges, Impr. de M. Barbou, 1774 ; on y voit l’abbé de Limoges mettre en avant les personnages illustres du Limousin :

vignette| Façade du lycée donnant sur le boulevard Georges-Périn, édifiée en 1767 par Joseph Brousseau. vignette| Château de Beauvais à Landouge (commune de Limoges), édifié en 1765 par Joseph Brousseau donc contemporain du lycée.

En 1767-1777, sont conduits les travaux de reconstruction du bâtiment monumental en façade sur le jardin et l’aménagement de la grande entrée actuelle. L’effectif des élèves décroît.