Comment on écrit l'histoire. Essai d'épistémologie est un ouvrage de l'historien français Paul Veyne publié en 1971. Il s'agit d'un ouvrage d'épistémologie historique s'inscrivant dans la lignée des travaux d'Henri-Irénée Marrou (en particulier, De la connaissance historique, 1954). Prenant ses distances avec le marxisme et le structuralisme alors dominants, Veyne s'appuie particulièrement sur la méthode élaborée par le sociologue allemand Max Weber qu'il considère davantage comme un historien.
Commentaire François Bédarida rappelle qu'à sa sortie en 1971 le livre de Paul Veyne était « provocant » et « récusait fondamentalement les certitudes du moment quant à la scientificité enfin promise à l'histoire par la série, la quantification et l'ordinateur »François Bédarida, L'histoire et le métier d'historien en France, 1945-1995, Maison des Sciences de l'Homme, 1995, p. 162.. Pour Dominique de Courcelles en 2008, ce livre est devenu un « classique »Dominique de Courcelles, Écrire l'Histoire, écrire des histoires dans le monde hispanique, Vrin, 2008, p. 7..
À propos de Comment on écrit l'histoire, Guy Bourdé et Hervé Martin observaient en 1983 que cet ouvrage « est venu remplir un creux théorique, en un temps où régnaient dans notre discipline les chiffres, les courbes et les reconstitutions globales de vastes ensembles sociaux, souvent inspirées par le marxismeGuy Bourdé et Hervé Martin, Les Écoles historiques, Paris, Seuil, 1983, p. 302. ». Ils ajoutent également que « Face à ces historiens conquérants, Paul Veyne va tenir le discours traditionnel de l'humanisme occidental, en le teintant fortement de scepticisme. Humaniste, il fait droit au sujet historien qu'il voit avant tout comme un narrateur, un romancier du vrai. Sceptique, il fait preuve d'une défiance totale envers toutes les tentatives de conceptualisation new-look, qu'elles soient de type structuraliste ou marxiste ».
« Événement plutôt isolé dans l'historiographie française, Comment on écrit l'histoire de Veyne propose d'unir un abaissement scientifique de l'histoire et de ses prétentions explicatives à une apologie de la notion d'intrigue et de sa capacité narrative » analyse l'universitaire Marta Cichocka en rapprochant sa réflexion de celle de Paul Ricœur sur le récitMarta Cichocka, Entre la nouvelle histoire et le nouveau roman historique : Réinventions, relectures, écritures, 'L'Harmattan, 2007, p. 58.. Pour l'universitaire québécoise Johanne Villeneuve « il faut revenir à l'épistémologie de Paul Veyne, dans Comment on écrit l'histoire, pour voir la notion d'intrigue nourrir explicitement la théorie de l'histoire<ref>Johanne Villeneuve, Le sens de l'intrigue ou La narrativité, le jeu et l'intervention du diable', PU Laval, 2004, p. 388.</ref> ».
Table des matières Première partie : L'objet de l'histoire I. Rien qu'un récit véridique II. Tout est historique, donc l'histoire n'existe pas III. Ni faits, ni géométral, mais des intrigues IV. Par pure curiosité pour le spécifique V. Une activité intellectuelle
Deuxième partie : La compréhension VI. Comprendre l'intrigue VII. Théories, types, concepts VIII. Causalité et rétroaction IX. La conscience n'est pas à la racine de l'action
Troisième partie : Le progrès de l'histoire X. L'allongement du questionnaire XI. Le sublunaire et les sciences humaines XII. Histoire, sociologie, histoire complète
Notice bibliographique Comment on écrit l'histoire. Essai d'épistémologie, Paris, Éditions du Seuil, « L'Univers historique », 1971 ; rééd. Seuil, « Points histoire », 1996.
Comptes rendus Raymond Aron, « Comment l'historien écrit l'épistémologie : à propos du livre de Paul Veyne », dans Annales. Histoire, Sciences sociales'', , n° 6, 1971, p. 1319-1354.
Notes et références
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