L’histoire de l’Océanie est généralement découpée, par les études historiques, en quatre grandes périodes : les temps premiers ; la période des premiers contacts avec les Européens ; la période coloniale ; l'Océanie contemporaine.
Comme tout découpage historique, celui-ci a des qualités et des défauts : il est pratique car il permet d'avoir une vision globale des évolutions historiques de ce vaste espace et quelques repères chronologiques, mais il ne prend pas en compte la diversité des situations et n'échappe pas aux avatars et autres clichés d'une vision européo-centrée. Les temps premiers, notamment, occupent plus de 90 % de la période, mais, faute d'écriture déchiffrée et d'études archéologiques, ne font l'objet que d'une faible fraction des études et des publications, laissant largement place aux mythes et à la pseudohistoire.
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Les temps premiers
Appelés selon les auteurs PréhistoireSelon certains auteurs, le postulat qu'il ne peut y avoir d'histoire sans système d'écriture, nie aux sociétés de l'oralité une conscience historique, et il faudrait revoir les critères de distinction histoire/préhistoire ; la majorité cependant continue par commodité à l'utiliser, sans nier bien sûr la conscience historique des sociétés de l'oralité, très développée comme le démontrent leurs mythes et leurs hymnes généalogiques, ainsi que les artefacts mnémotechniques illustrant ces mythes et ces hymnes. ou temps pré-européens… ceux-ci couvrent la période allant du peuplement de l'Océanie aux premiers contacts.
Chronologie succincte : 70 à 40000 ans avant le présent (BP) : première vague de peuplement du Sunda vers le Sahul, des ancêtres des Aborigènes d'Australie et des populations papoues ; 9000 ans BP : premières traces d'activités agricoles sur les Hautes Terres de l'île de Nouvelle-Guinée ; 4000 ans BP : vague migratoire en provenance d'Asie des populations austronésiennes s'installant le long des zones côtières de Nouvelle-Guinée ; 3500 à 2500 ans BP : peuplement du Vanuatu, Nouvelle-CalédonieD'après le Vice-Rectorat de la Nouvelle-Calédonie, Les populations et leur histoire : "L’archipel calédonien aurait été peuplé pour la première fois, d’après les résultats archéologiques, dans le cadre d’un peuplement que la linguistique définit comme "austronésien" (...). Ces groupes austronésiens qui naviguaient sur des pirogues à balancier étaient des horticulteurs, fabriquaient de la poterie, des parures en coquillage et des outils en pierre polie, et ils créaient des villages en bord de plage qu’ils découvraient. , Fidji ; 2500 à 2000 ans BP : premières traces d'installations humaines aux Samoa, Tonga et îles Marquises sans doute à partir des Fidji ; 2000 à 1000 BP : peuplement du reste de la Polynésie orientale, la Nouvelle-Zélande étant probablement la dernière terre peuplée aux alentours de 750 de notre ère.
Il existe un bon nombre de sites mégalithiques, dont Haʻamonga ʻa Maui, Langi, Lelu, Moaï, Nan Madol, Odalmelech, Pierre de latte...
Premiers contacts avec les Européens C'est à partir du tout début du que les Européens font intrusion dans le monde océanien. Celle-ci a plusieurs caractéristiques : Elle est lente et s'étale sur près de quatre siècles : la période de premiers contacts va perdurer pour certaines vallées isolées de Nouvelle-Guinée jusqu'au milieu du . Elle est inégale, plus intense à l'est qu'à l'ouest de l'Océanie et limitée pour les îles les plus imposantes aux zones côtières. De plus, jusqu'à la toute fin du et la fondation du bagne australien, elle peut être considérée comme un phénomène marginal dans la mesure où ces explorateurs et navigateurs ne s'installent pas à demeure et ne restent souvent sur place que très peu de temps. Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) ne fait par exemple qu'une escale de huit jours à Tahiti. Cette brève rencontre n'ayant pas empêché d'inspirer tout un tas de fantasmes et une abondante littérature à son retour dont le fameux Supplément au Voyage de Bougainville de Diderot. Elle est diverse : après le passage des navigateurs, les premiers Européens à s'installer parmi les Océaniens sont de deux types. Il y a tout d'abord les missionnaires et ceux que les Anglo-Saxons nomment les beachcombers (littéralement « écumeurs de grève »), c'est-à-dire ces aventuriers (mutins, forçats évadés du bagne australien ou calédonien, santaliers, baleiniers, chasseurs de phoques en Nouvelle-Zélande et autres ) qui s'installent parmi la population locale.
Circumnavigateurs et explorateurs Le passage des navires européens se fait par vagues, correspondant aux périodes de domination des mers par les différentes nations européennes : vagues espagnole et portugaise au ; vague hollandaise au ; vagues britannique et française à partir du ; des vagues secondaires à partir du (américaine, russe, allemande).
Navigateurs et explorateurs espagnols et portugais Cette phase dura environ un siècle. Elle débuta en 1513 avec l'Espagnol Vasco Núñez de Balboa, un conquistador espagnol qui, après avoir traversé l'isthme de Darién (Panama), prit possession de la « » au nom du roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon. En 1520, le portugais Fernao de Magalhes, plus connu sous le nom de Magellan, franchit le détroit qui porte aujourd'hui son nom et s'aventura dans ce qu'il nomma le à bord de ses deux navires, le Victoria et Trinidad. Il erra pendant plusieurs mois sans rien apercevoir de ces archipels si ce n'est l'atoll de Puka Puka au nord-est des îles Tuamotu, puis l'île de Guam, avant de se faire tuer aux Philippines. Juan Sebastián Elcano termina la circumnavigation en atteignant l'Espagne le . Il en ramena des épices, incitant les rois successifs espagnols et portugais à organiser de nouvelles expéditions, d'autant qu'à partir des années 1520, ces deux pays disposaient désormais de bases arrière pour ces explorations. En effet, le Mexique fut conquis par les Espagnols en 1521 puis le Pérou en 1535, tandis que les Portugais prenaient officiellement possessions de Sumatra et des Moluques (Indonésie actuelle) en 1529.
Quelques-unes de ces expéditions 1526 : l'expédition de García Jofre de Loaísa fut un fiasco puisque sur les sept caravelles qui commencèrent le périple, la Santa María de la Victoria fut le seul navire qui parvint à rejoindre les Moluques ; 1527-1529 : Saavedra fut envoyé à la recherche des navires disparus de l'expédition précédente. Mais là encore, deux des trois navires de l'expédition disparurent au large des îles Marshall à la suite d'une tempête ; 1542-1545 : Ruy López de Villalobos traversa à son tour le Pacifique pour tenter d'installer une colonie aux Philippines. Néanmoins il échoua dans ses tentatives. Lors de son retour vers le Mexique, il passa au large de la Nouvelle-Guinée qu'il baptisa . Une colonie espagnole sera finalement fondée aux Philippines par Miguel Lopez de Legaspi en 1565.
Outre ces premières circumnavigations de la première moitié du , l'Océanie demeurait une , pratiquement aucun contact n'ayant pu avoir lieu entre Européens et Océaniens en dehors de quelques îles de Micronésie. Cela changea avec les expéditions de l'Espagnol Álvaro de Mendaña et du Portugais Pedro Fernandes de Queirós.
Mendaña fit deux expéditions, la première en 1567-1568. Son ordre de mission, découvrir la fameuse Terra Australis Incognita que l'on pensait se situer quelque part dans le Sud du Pacifique et qui, croyait-on, regorgeait d'épices, de pierres précieuses et d'or. Mendaña crut l'avoir découverte ou tout au moins ses prémices avec l'archipel des Salomon qu'il nomma du reste ainsi en référence aux mines du roi Salomon. Il fit une escale de plusieurs semaines à Guadalcanal et Malaita.
La seconde expédition de Mendaña eut lieu en 1595. Elle eut cette fois-ci pour objet de fonder une colonie aux îles Salomon. En chemin, il passa au large de Fatu Hiva et Hiva Oa. Il baptisa l'archipel les îles Marquises (en espagnol ) en l'honneur de la femme du vice-roi du Pérou, don Garcia Hurtado de Mendoza de Canete. La tentative de Mendaña d'installer une colonie aux Salomon échoua piteusement, lui-même décédant sur place. C'est finalement son second, Pedro Fernandes de Queiros, qui ramena la flotte à Manille puis au Pérou.
Dix années plus tard, ce même de Quiros toujours installé au Pérou obtint de Philippe III d'Espagne deux vaisseaux pour effectuer une nouvelle expédition et pour reprendre les recherches de ce fameux continent austral. En chemin il passa au large de plusieurs atolls des Tuamotu puis continua son chemin, passant au sud des Salomon pour arriver en vue d'une terre imposante qu'il baptisa (aujourd'hui l'île d'Espiritu Santo au Vanuatu).
Avec cette exploration de Quiros (à laquelle nous pourrions ajouter celle de Torrès de la côte nord australienne et le sud de la Nouvelle-Guinée également en 1606), prit fin cette vague d'exploration ibérique du Pacifique, leur hégémonie étant mise à mal par une autre nation européenne, la HollandeÀ noter qu'il y eut d'autres expéditions espagnoles dans les années 1770, redécouvertes assez récemment par l'historiographie océanienne. Le contexte est alors particulier, à la suite des découvertes de James Cook, la couronne d'Espagne souhaitait réaffirmer sa présence en Polynésie orientale en installant une mission franciscaine à Tahiti (presqu'île de Tautira). La mission échoua et les Espagnols renoncèrent à leurs prétentions (cf. Liou Tumahai, Édition critique du manuscrit de Máximo Rodríguez 1774-1775. 2 tomes. Lille, 2000).
Navigateurs et explorateurs hollandais vignette|Circumnavigation des hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire, 1615-1616.
En 1615-1616, les hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire effectuent une circumnavigation, dans le but de trouver un passage alternatif au détroit de Magellan. Ils partent à bord de deux navires : lEendracht et le Hoorn, mais ce dernier est perdu dans un incendie. Jacob Le Maire donne son nom à un détroit en Terre de Feu, puis ils passent le cap Horn, qu'ils baptisent en l'honneur de leur village d'origine (Hoorn). Ils sont les premiers européens à atteindre les îles de Futuna et d'Alofi (qu'ils baptisent îles de Hoorn) puis Niuafoʻou, Niuatoputapu et Tafahi (au nord des Tonga). L'expédition suit les côtes nord des îles de la Nouvelle-Irlande et de la Nouvelle-Guinée, et visite plusieurs îles à proximité, dont celles qui sont aujourd'hui appelées les îles Schouten.
En 1642, Tasman découvre la Tasmanie, au sud de l'Océanie, alors appelée Terre de Van Diemen.
Willem Schouten (1567-1625) et Jacob Le Maire (1585-1616) Maarten Gerritszoon de Vries (1589-1647) Abel Tasman (1603-1659) et Jakob Roggeveen (1659-1729)
Navigateurs et explorateurs britanniques James Cook (1728-1779) Samuel Wallis (1728-1795) William Bligh (1754-1817)
Navigateurs et explorateurs français
Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) ; Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec (1734-1797) ; Antoine Bruny d'Entrecasteaux (1737-1793) ; Jean-François de La Pérouse (1741-1788) ; Paul Mérault Monneron (1748-1788) ; Jules Dumont d'Urville (1790-1842) ; Louis-Marie-François Tardy de Montravel (1811-1864) ; Raymond Rallier du Baty (1881-1978).
Navigateurs et explorateurs américains
Navigateurs et explorateurs austro-roumains