vignette|Un BCS3 d'Air Canada à l'approche de l'aéroport Toronto Pearson en 2019. Air Canada (code AITA : AC ; code OACI : ACA) est la plus grande compagnie aérienne nationale du Canada. Elle assure des vols intérieurs et internationaux sur les cinq continents depuis ses plates-formes de correspondance à Toronto-Pearson, Montréal-Trudeau, Vancouver et Calgary. Air Canada est la plus grande compagnie aérienne au monde. En 2013, de concert avec son transporteur régional Air Canada Express, elle a transporté plus de 35 millions de passagers, exploitant vols réguliers quotidiens et elle employait à temps plein à travers le monde. Son siège social est situé à Montréal, après son déménagement de la ville de Winnipeg, au Manitoba, en 1949. Elle est membre fondateur de Star Alliance.
Historique vignette|droite|Douglas DC-8 en 1978. vignette|droite|Lockheed L-1011 en 1982. Trans-Canada Air Lines (1937-1964)
Fondée en 1937 comme Trans-Canada Air Lines (TCA), elle effectua son premier vol, le entre Vancouver et Seattle transportant deux passagers et du courrier à bord d'un Lockheed 10A Electra.
Début des vols transcontinentaux entre Montréal et Vancouver, le volant avec 12 Lockheed L-14 Super Electra et 6 Lockheed L-18 Lodestar.
Le , premier vol transtlantique Montréal-Paris à bord d'un North Star.
Le , TCA est la première compagnie aérienne nord-américaine à exploiter le premier avion à turbopropulsion, le Vickers Viscount entre Montréal et Winnipeg.
Premières années (1965-1989) vignette|droite|Air Canada est la première compagnie canadienne à opérer des Boeing 747 à partir du printemps 1971. À la suite d'une loi fédérale votée en , la société prend le nom actuel et devient Air Canada le .
Le , Air Canada inaugure la ligne Montréal–Moscou en présence de George McIlraith, ministre fédéral des Travaux publics, Rémi Paul, représentant du Québec, Jean-Louis Lévesque, directeur d'Air Canada et le patron de La Presse, Maurice Chartré..
Au printemps 1971, Air Canada est la première compagnie aérienne canadienne à exploiter le Boeing 747 pour ses vols européens et intérieursParc aérien historique d'Air Canada.
La concurrence sur le marché aérien intérieur s'accentue à la fin des années 1980. À l'été 1987 une intense guerre de prix s'engage entre Wardair, Air Canada et Canadian Airlines (nouvellement formée par fusion entre PWA et CP Air). Les réductions de prix atteignent 68 % sur certaines lignes où la compétition est la plus importante.
Privatisation (1988-1989) La compagnie est privatisée en deux temps en 1988 et 1989 : Le gouvernement du Canada cède 43 % des actions d'Air Canada le pour 246 millions de dollars ; Les 57 % encore détenus par le gouvernement fédéral sont vendus le pour 474 millions de dollars ( d'actions pour ).
Parallèlement, la compagnie poursuit le renouvellement de sa flotte à la fin des années 1980 : Une commande de 3 Boeing 767-200ER en juillet 1988, livrables au début de 1989 après avoir reçu 4 appareils neufs du même type en 1988 ; Une autre commande de 6 Boeing 767-300ER en septembre 1989 pour 700 millions de dollars pour remplacer les Lockheed L-1011 TriStar, qui ont un coût 25 % plus élevé et un rayon d'action inférieur de 15 %. L'appareil de Boeing a été préféré aux McDonnell Douglas MD-11 et Airbus A330 pour des « considérations techniques, commerciales et financières » selon le président d'Air Canada; Une commande de 4 Boeing 747-400 au début de 1989 pour 600 millions de dollars ; Une commande massive de 34 Airbus A320 assortie de 20 options additionnelles pour remplacer la flotte de Boeing 727. La commande est évaluée à 2,5 milliards de dollars et Air Canada estime que les nouveaux appareils entraîneront une réduction de 28 % des coûts opérationnels directs et 47 % de coûts de carburant en moins par rapport aux Boeing 727.
Au total Air Canada aurait dépensé 3,8 milliards de dollars entre 1987 et 1989 pour le renouvellement de sa flotte.
Partenariats et changements stratégiques (1990-1999) Nouveaux accords et ciel-ouvert avec les États-Unis vignette|Le premier Airbus A320 d'Air Canada entre en service en janvier 1990. vignette|L'Airbus A319 suit en décembre 1996. En , Air Canada introduit à sa flotte l'Airbus A320.
Air Canada signe un accord stratégique avec la compagnie Air France en . Air Canada rend public début 1993 un projet de rachat des lignes internationales de Canadian Airlines pour 200 millions de dollars canadiens et la reprise de 800 millions de dollars de dettes et loyers financiers de Canadian. Le projet prévoyait aussi que Canadian reste sur le système de réservation Gemini au moins jusqu'en 1999, empêchant Canadian de passer sur le système Sabre utilisé par American Airlines (Canadian étant en pourparlers avec la compagnie américaine au sujet d'un rapprochement). Canadian Airlines qualifie cette offre de « scandaleuse » et s'y oppose frontalement en faisant échouer le projet.
Air Canada investit 55 millions de dollars dans Continental Airlines en 1993 pour se garantir un accès au marché américain. La signature de l'accord ciel-ouvert entre le Canada et les États-Unis qui entre en vigueur le permet à Air Canada de lancer 33 nouvelles lignes transfrontalières entre et . L'excellente conjoncture économique du milieu des années 1990 rend ces routes extrêmement profitables. L'accord de ciel-ouvert ouvrant le marché américain à Air Canada, la compagnie décide de céder sa participation dans Continental Airlines acquise en 1993 pour 359 millions de dollars soit un profit de 550 %Rapport annuel 1996 d'Air Canada.
Si le marché américain est extrêmement profitable pour la compagnie, celle-ci rencontre des difficultés sur son marché domestique. L'arrivée de compagnies à bas prix entraîne une guerre des prix faisant nettement diminuer le revenu par passager. Le marché international se porte bien au milieu des années 1990. Si l'offre entre le Canada et le Royaume-Uni est stable en 1996, Air Canada augmente significativement son offre vers l'Allemagne (en particulier Frankfort) du fait de l'accord stratégique signé entre Air Canada et Lufthansa à la mi-1996. Enfin, Air Canada étend son offre trans-pacifique avec l'ouverture des escales de Hong-Kong (en ) et l'augmentation de l'offre sur Osaka en 1996.
Le , Air Canada signe une lettre d'intention pour acquérir 25 Airbus A319 pour un montant d'environ 1 milliard de dollars. Remplaçant les Douglas DC-9 mis en service à partir de 1967, le premier appareil est mis en service en et la compagnie l'utilise notamment sur une nouvelle ligne sans escale Montréal–San-Francisco à partir de juin 1997.
La compagnie enregistre de solides performance en 1996 alors que les revenus tirés des vols internationaux représentent plus de la moitié de son chiffre d'affaires (52 % contre 47 % en 1995). Air Canada gagne des parts de marché sur les vols interieurs (57,1 % sur l'année 1996) alors que son principal concurrent, Canadian Airlines, connait des difficultés financières..
Création de Star Alliance (1997) et redressement financier vignette|Un Airbus A330-300 en livrée spéciale Star Alliance. Air Canada est l'un des 5 membres fondateurs de l'alliance. L'année 1997 est marquée par la création de Star Alliance. Air Canada en est un membre fondateur aux côtés d'United, Lufthansa, Scandinavian Airlines, Thai et Varig. C'est aussi en 1997 qu'Air Canada déménage ses opérations internationales de l'aéroport Montréal-Mirabel à l'aéroport Montréal-Dorval (devenu Montréal-Trudeau en 2004).
Air Canada annonce une commande de 8 avions long-courrier au Salon du Bourget en . Cette commande porte sur des Airbus A330 et A340 pour 1,4 milliard de dollars, livrables à partir de 2000. La compagnie acquiert aussi 5 options portant sur les nouvelles versions -500 et -600 de l'Airbus A340Rapport annuel 1997 d'Air Canada.
Les négociations entre la direction d'Air Canada et ses pilotes sur des augmentations salariales et des conditions de travail échouent le . Dès le lendemain, les pilotes démarrent leur première grève depuis 1961. La compagnie, en prévision de la grève, avait conclu des ententes avec 15 autres transporteurs aériens et la compagnie ferroviaire Via Rail pour acheminer ses passagers malgré le conflit. La grève s'achève le après que les pilotes ont obtenu une augmentation salariale de 9 % sur deux ans (contre 10 % dans leurs revendications initiales) et une amélioration notable de leurs conditions de travail. Le conflit aura causé d'importantes perturbations pendant 13 jours avec un impact financier de 250 millions de dollarsRapport annuel 1998 d'Air Canada.
Cette grève intervient dans un contexte de retournement de conjoncture pour la compagnie. Après une période 1994-1997 de forte croissance, la compagnie enregistre sa première perte en 5 années pour l'exercice fiscal 1998. La crise économique asiatique a notamment eu un impact important sur les opérations transpacifiques de la compagnie. Le prix de l'action décline fortement passant de 14,75 $CA fin-1997 à 6,15 $CA à la fin de 1998. Dans une optique de redressement financier, la compagnie décide de : moderniser sa flotte en retirant ses appareils les plus anciens (notamment les plus anciens Boeing 747 et les DC-9). Ces retraits sont compensés par les livraisons progressives d'appareils long-courriers plus récents (Airbus A330 et A340) ; réduire son offre en particulier dans l'ouest canadien qui est fortement déficitaire ; augmenter son offre au contraire sur les liaisons Canada–États-Unis en profitant de l'accord ciel-ouvert entre les deux pays signé le ; renforcer la plate-forme de correspondance de Toronto pour renforcer sa compétitivité par rapport à ses concurrentes américaines.
Difficultés financières (2000-2004) Fusion avec Canadian Airlines vignette|Un Boeing 747 portant une livrée hybride Canadian – Air Canada en 2001 après la fusion entre les deux compagnies.
En 2000, elle fut obligée d'absorber le deuxième transporteur aérien, Canadian Airlines qui connaissait de graves difficultés financières et était au bord de la faillite depuis la mi-1999. La direction d'Air Canada découvre à la lecture des états financiers de Canadian que la compagnie perdait alors 2 millions de dollars canadiens par jour. La décision d'intégrer au plus vite les activités de Canadian au sein de celles d'Air Canada a amené à une période de chaos (bagages perdus, retard et annulations de vols…) qui a culminé à l'été 2000. La situation n'a commencé à se stabiliser qu'à partir du début 2001.
La fusion place Air Canada dans une situation de quasi-monopole sur le marché aérien canadien. Le son président, Robert Milton, déclare à New-York que la part de marché d'Air Canada atteint 94 % sur le marché intérieur, contre 61 % avant la fusion. Plusieurs acteurs demandent alors une ouverture du marché intérieur à la concurrence, notamment en permettant le cabotage par des compagnies étrangères. En pleine campagne pour les élections fédérales de novembre, l'Alliance canadienne se déclare en faveur du cabotage, tout comme le Bureau de la concurrence. David Collenette, ministre fédéral des Transports, rejette la demande et préfère attendre l'organisation d'une concurrence intérieure par la création de nouveaux transporteurs canadiens..
Air Canada enregistre un déficit de 82 millions d'euros pour l'année 2000, la compagnie annonce un plan d'économie en pour tenter de redevenir profitable. Ce plan prévoit notamment suppressions d'emplois (8 % de l'effectif total) et un remaniement de la flotte (retrait accéléré des vieillissants Fokker F28, sortie de 8 appareils long-courriers et report de livraisons d'appareils moyen-courriers).
Impact du 11 septembre