La vallée du Madriu-Perafita-Claror ( en catalan) est une vallée glaciaire pyrénéenne située au sud-est de la principauté d'Andorre. C'est le seul site de ce pays à être classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il est également reconnu site Ramsar et classé catégorie VI par l'UICN.

Toponymie

La forme toponymique reconnue par la nomenclature des toponymes andorrans est .

Vall signifie « vallée » en catalanvall sur le wiktionnaire mais n'entre que rarement dans la composition des toponymes andorrans. Le terme n'est utilisé que pour désigner les vallées les plus importantes du pays : Vall d'Incles ou Vall de Ransol.

Madriu est un hydronyme d'origine latine, dérivant de matrixMolho Michael. Recueil de travaux offerts à M. Clovis Brunel par ses amis, collègues et élèves. Paris, Société de l’École des Chartes, 1955. In: Revue Internationale d'Onomastique, année , septembre 1956. , à prendre au sens de « source »matrix sur le wiktionnaire. Le toponyme Perafita est formé de l’accolement de pera et fita. Pera provient du latin petra (« pierre ») et constitue une forme archaïque du catalan pedra tandis que fita signifie en catalan « borne »fita sur le wiktionnaire anglais. Il s'agit donc d'une pierre marquant une limite, dans ce cas celle entre l'Andorre et l'Alt Urgell. La frontière hispano-andorrane suit en effet la ligne de crête du versant sud de la vallée.

Géographie La vallée couvre une superficie de ce qui représente 9 % de la superficie totale d'Andorre. Adossée à la frontière entre l'Andorre et l'Espagne, elle débouche après un fort dénivelé sur la vallée de la Valira, principale voie de communication de la Principauté. De haut en bas on distingue un étage alpin, un étage subalpin et un étage montagnard. Dotée d'un système communal de gestion des terres vieux de , cette vallée est un exemple de la manière dont les habitants des hautes vallées pyrénéennes ont su gérer leur espace afin d'en optimiser les maigres ressources.

Hydrographie

La vallée Madriu-Perafita-Claror possède de nombreux lacs et cours d'eau mais abrite également le plus important ensemble de zones humides de l'Andorre avec près de répertoriés.

Rivières Toutes les eaux sont collectées par le , une rivière longue de . appartenant au bassin hydrographique de la Valira d'Orient, qu'elle rejoint par sa rive gauche à Les Escaldes (Escaldes-Engordany).

Les vallées affluentes de Perafita et de Claror possèdent chacune un cours d'eau principal. Le riu de Claror, long de collecte les eaux de la vallée éponyme et s'abouche dans le riu de Perafita. Celui-ci, long de , rejoint le riu Madriu à Entremesaigües après avoir recueilli l'ensemble des eaux de la vallée de Perafita.

Le débit des différents cours d'eau est relativement constant sur l'année en raison de l'importance de l'enneigement des versants et de la présence d'un important réseau lacustre. Les eaux du sont partiellement déviées par un système de conduite forcée depuis le bas de la vallée (Ràmio) vers le lac artificiel d'Engolasters qui alimente en eau la centrale hydroélectrique de Les Escaldes..

250px|Carte des bassins hydrographiques de l'Andorre La vallée du Vallée du Madriu-Perafita-Claror sur la carte des bassins hydrographiques de l'Andorre. Le sous le pont de la Tosca.

Lacs L reconnaît la présence de treize lacs d'origine glaciaire. au sein de la vallée du Madriu-Perafita-Claror.. Lestany de l'Illa, d'une surface de est le deuxième lac andorran par sa surface derrière l.

Nom Nombre Altitude (m) Superficie (ha) Coordonnées Image Estany de la Bova 1 2411 2,5 Estany Blau 1 2471 2 Els Estanyons 4 2274229823022326 0,70,10,50,2 Estany Forcat 1 2539 3,5 Estany de l'Illa 1 2513 13 Estany de la Nou 1 2231 1,2 Estanys de Perafita 2 23642466 0,80,8 Basses de Setut 2 23062309 0,40,1

Histoire Préhistoire Les données archéologiques et paléo-environnementales concordent en faveur d'une occupation de la vallée du Madriu-Perafita-Claror dès la fin du Mésolithique et se poursuivant de manière discontinue jusqu'au Néolithique tardif (Chalcolithique). Les hommes y avaient une activité essentiellement pastorale probablement estivale nécessitant le défrichement de forêts et la construction de structures de pierre sèche. À une altitude moindre, une agriculture céréalière, a vraisemblablement eu lieu en parallèle.

Archéologie Quelques découvertes archéologiques préhistoriques ont été faites dans la vallée du Madriu-Perafita-Claror. Celles-ci apparaissent toutefois plus modestes que dans d'autres sites andorrans tels que la Feixa del Moro ou la Balma de la Margineda.

Des traces d'occupation préhistorique, datant essentiellement du Néolithique, ont ainsi été objectivées sur une douzaine de petits sites archéologiques répartis le long du cours du riu de Perafita et de la partie haute du cours du riu Madriu. Ces sites correspondent à des constructions en pierre sèche : anciennes habitations mais également enclos (orris) témoignant d'une activité pastorale..

Les plus anciennes traces d'occupation débutent au Mésolithique, à l'intérieur d'une structure de pierre circulaire de six mètres de diamètre située à proximité immédiate de l'actuel refuge de Perafita et datée de 5500 . Le site de la Pleta de les Bacives (situé entre lestany Forcat et lestany de l'Illa) est également particulièrement ancien puisque cette cabane de berger d'une surface de a été occupée pour la première fois au millénaire .. Le site a été ré-occupé à plusieurs reprises jusqu'à l'époque romaine. Sa modeste taille ainsi que sa technique de construction, font pencher vers un abri temporaire utilisé par un petit groupe de bergers nomades.

Parmi la douzaine de sites néolithiques découverts, certains, incluant les deux précédemment décrits, ont livré des artéfacts permettant de mieux comprendre les activités menées par les hommes dans la vallée. Ces artéfacts incluent des outils lithiques (et des débris liés à leur production), des fragments de céramique ainsi qu'une tombe en ciste vide. Le site dels Estanys, sur le versant nord de la vallée du riu Madriu à l'ouest de lestany Forcat, consistant en un ensemble de quatre habitations accolée à un enclos a été occupé pendant trois siècles au cours du Chalcolithique. Constituant le site du Chalcolithique le plus élevé d'Europe, els Estanys accueillait probablement une population d'une vingtaine d'individus spécialisé dans les activités pastorales. Ses habitants ont laissé des récipients en céramique utilisés pour la cuisine ainsi qu'une graine d'amidonnier (céréale à faible rendement appartenant au genre des blés) révélant soit une pratique saisonnière de l'agriculture à plus basse altitude soit des relations avec des agriculteurs installés plus en aval.

Études paléoenvironnementales Palliant la faiblesse des découvertes archéologiques., les études paléoenvironnementales et notamment palynologiques permettent néanmoins d'obtenir des informations sur les activités humaines dans les vallées à cette période. L'analyse de carottes prélevées dans la tourbière du Bosc dels Estanyons (au fond de la vallée du Madriu) apporte en ce sens beaucoup d'éléments.

Les premières traces d'activité anthropique suspectée remontent au millénaire .. On observe en effet dans la strate sédimentaire correspondante (5800 à 4200 ) un surcroît de macro-charbons synchrone de l'apparition de pollens des genres Humulus et Sordaria semblant suggérer une activité de défrichement des essences forestières alors présentes (chênaies et pinèdes). Au cours du millénaire , on assiste à une modification du profil palynologique en faveur d'une reforestation, possiblement consécutive à l'abandon de ces sites précédemment défrichés.

Le millénaire est marqué par le recul des pollens d'essences forestières ce qui indique des défrichements que l'on suppose à visée pastorale comme semble le suggérer la présence de Plantago lanceolata (considéré comme un marqueur du développement de pâturages). La ré-augmentation des pollens du genre Pinus au millénaire (4300 à 3300 ) témoigne d'une progression des pinèdes d'altitude et donc d'un allègement de la pression anthropique à ce niveau traduisant la concentration des activités humaines au bas de la vallée. À partir de 3200 , outre la nette ré-augmentation des activités pastorales encore une fois évoquée sur la présence de Plantago lanceolata, des traces d'agriculture apparaissent dans les vallées avec la présence de plantes céréalières et messicoles. Une déforestation probablement par le feu (au vu de la présence de macro-charbons) permet la mise en place de ces activités agricoles et pastorales qui ont été en s'intensifiant jusqu'en 1700 . Il semble ensuite y avoir eu peu de modifications lors de l'âge du bronze et du premier âge du fer.

Antiquité

Protection environnementale

En 2004, une première partie du site est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO pour des raisons de conservations.. Ainsi le rapport de candidature de l'époqueMicrosoft Word - AND 1160 AN.doc note que la vallée est « le dernier paysage intact d’Andorre » alors que « la majeure partie de la principauté souffre d’un développement à grande échelle et non réglementé depuis 1960 ». Le site est également classé site Ramsar depuis le .. Il est classé catégorie VI par l'UICN..

On y trouve 70 % de toutes les espèces d’oiseaux d’Andorre sur 10 % seulement de la superficie totale du pays.

Randonnée La zone n'est accessible que par des chemins de randonnée, mais l'on peut y dormir dans l'un des cinq refuges qui y ont été construits..

Nom Coordonnées. Altitude (m) Type Capacité Ouverture Image Refuge de Claror 2280 Non gardé 6 - 10 Toute l'année Refuge de Fontverd 1880 Non gardé 10 - 14 Toute l'année Refuge de l'Illa 2488.. Gardé 42. Toute l'année Refuge de Perafita 2200 Non gardé 6.. Toute l'année Refuge del Riu dels Orris 2230 Non gardé 6 - 8 Toute l'année

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Autres sites classés patrimoine mondial de l'UNESCO dans les Pyrénées : Pyrénées-Mont Perdu Églises romanes de la Vall de Boí Cité de Carcassonne Espaces protégés des Pyrénées

Liens externes Fiche UNESCO de la Vallée du Madriu-Perafita-Claror Site officiel de la vallée

Madriu-Perafita-Claror Catégorie:Escaldes-Engordany Catégorie:Patrimoine mondial en Andorre Catégorie:Bien d'intérêt culturel en Andorre Catégorie:Site Ramsar en Andorre