Le crime ne paie pas est une bande dessinée à format vertical, publiée dans le quotidien France-Soir des années 1950 aux années 1970, et qui relate des affaires criminelles qui ont réellement existé. Les textes sont de Paul Gordeaux et les dessins (en noir et blanc) ont été exécutés selon les époques par Jean Ache, Jean Bellus, Henry Blanc, Jean Lenoir, Louis Moles, Jean Effel, Jacques Pecnard, Louis Berings, Sennep, Jacques Grange, Jean Randier, Charles Popineau, William Marshall, ou encore Albert Uderzo, et bien d'autres artistes et dessinateurs de grand talent.

Le format vertical La première bande dessinée verticale a fait son apparition le ; jusqu'à cette date, les journaux n'avaient publié que des comics, des bandes dessinées disposées horizontalement.

Ayant vécu une bonne partie du demi-siècle, Paul Gordeaux proposa à Pierre Lazareff de raconter l'histoire du demi-siècle sous forme de bandes dessinées. Ils décidérent, pour innover, de choisir un format vertical en forme de pellicule cinématographique. Ainsi est née la bande dessinée verticale. Les illustrations sous les ordres de Gordeaux ont été exécutées par un jeune dessinateur alors peu connu : Jean Bellus.

Le crime ne paie pas

À la Fresque du demi-siècle succéda Le crime ne paie pas en 1950. Cette bande dessinée, qui durera jusqu'en 1972, relate des affaires criminelles historiques. Les textes étaient écrits au jour le jour par Paul Gordeaux, qui a commandé des dessins à pratiquement tous les dessinateurs de cette époque. Les premiers épisodes seront exécutés par Jean Bellus qui sera suivi par Jean Reschofsky, Albert Uderzo, Jean Ache, Jean-Albert Carlotti, Jacques Grange, Jacques Taillefer, Louis Moles, Jean Randier, Charles Popineau, Jean Effel, Mant, Jacques Pecnard, Étienne Lage, Roger Chancel, Gorce, Francis Marshall et bien d’autres.

La première bande fut inaugurée par L'Affaire des poisons, puis par Le Courrier de Lyon. Quelques jours plus tard vinrent s'ajouter pour équilibrer la dernière page du journal Les Amours célèbres avec Juliette et Roméo. La préparation de chaque bande s'accompagne de recherches à la Bibliothèque nationale, de longues quêtes sur les quais pour dénicher quelques livres introuvables. Pour les affaires étrangères, les bureaux de France-Soir à Londres, à New York et dans le monde entier sont mis en état d'alerte. Des monceaux de documentation, sur les costumes, les armes, les véhicules, etc., ont été constitués pour les dessinateurs. Chaque image et chaque texte sont passés au crible, la moindre erreur est pourchassée. Les bandes dessinées verticales ont d'ailleurs un public pointilleux. Un lecteur écrivit un jour à Paul Gordeaux : « Vous parlez d'un fiacre dans un récit qui se passe au ! Pourquoi pas un taxi ? » Réponse : « les fiacres datent du . Ils sont ainsi appelés parce que leurs remises étaient situés rue Saint Fiacre. »

Les histoires, au début, ne duraient que quelques jours, mais le record appartient à Napoléon et les Femmes dont la publication a duré 196 jours, presque deux fois plus que le second règne de l'Empereur.

Pour un seul récit, le Chef de bandes, Paul Gordeaux a cédé sa plume. Il s'agissait de « l'Affaire Landru ». À l'époque, un jeune reporter du Matin, Sam Cohen, avait suivi l'enquête, « L'Affaire Landru » a été écrite par un témoin de première main et dessinée par Louis Berings, reporter-dessinateur du Matin qui assista aux audiences du procès.

La série compta plus de bandes quotidiennes qui décrivirent 300 affaires criminelles.

Paul Gordeaux faisait très attention de ne blesser personne. Quand il raconta « l’Affaire Pranzini » il fut pris de scrupule. L’appartement où l’assassin avait égorgé Madame de Montille, sa bonne et la fillette de celle-ci, existait encore rue Jean Mermoz. Les locataires actuels, en lisant France Soir, risquaient de perdre toute joie de vivre dans des murs d’aussi sinistre mémoire. Mais l’exactitude historique avant tout, la bande parut, avec l’adresse exacte. Le lendemain, Paul Gordeaux reçut une visite. C’était une dame ravie : .

En 1971, la série permit au peintre et dessinateur Jacques Pecnard d'obtenir le Prix des Illustrateurs de PresseBiographie du peintre Jacques Pecnard sur le site web de la galerie JPM..

Le président François Mitterrand, tard le soir, quand il monte dans son Mystère 20 pour regagner Paris, avoue qu’il aime pour se délasser, s’arrêter longuement sur les bandes dessinées de Paul Gordeaux, notamment Les Amours Célèbres, qui exercent sur lui un irrésistible attrait.

Bandes publiées

Le Crime ne paie pas parut également sous forme de magazine vendu en supplément du Journal France-Soir, le quinze de chaque mois à compter du et dont les titres les plus fameux sont les suivants :

L'affaire Cadiou, images de Jean-Albert Carlotti ; Casque d'Or, images de Jacques Pecnard Jack l'éventreur, images de Roger de Valerio L'affaire Fualdès, images de Curry L'auberge sanglante de Peyrebeille, images de Jean Bellus Le drame de Villennes, images de Jacques Grange Mata Hari, images de Louis Moles Dumollard, l'assassin des bonnes Le rapt de la Joconde Jud et Muller L'impensable John Lee La belle Cathy Desmares Pranzini, images de Jacques Grange Carrara, images de Roger Chancel Le Courrier de Lyon, images de Jean Ache Belle Gunness, images de Michel Wright Le Capitaine de Koepenick, images de Jean Bellus Troppmann, images de Roger Chancel Franck Mills, l'assassin aux alibis indiscutables, images de Victor Laville Le double crime d'Agra, images de Fabien Fabiano Monsieur Lacenaire, le poète assassin, images de Mixi-Bérel Sophie Dawes et l'étrange fin du dernier des Condés, images de Louis Moles La bande à Bonnot, images de Roger Chancel Thérèse Humbert, images de Jean Bellus G.J.Smith, l'assassin aux baignoires, images d'Etienne Lage Le drame de Bologne (l'affaire Bonmartini-Murri), images de Jean-Albert Carlotti Raspoutine, images de Jean-Albert Carlotti L'assassinat d'Eugénie Fougère, images de Fabien Fabiano Le crime de Vouziers, images de Curry L'énigme du pont d'Andert, images de Jacques Lechantre L'affaire des poisons, La Brinvilliers, images de Jean Ache La malle à Gouffé, images de Regino Bernad Anastay, le Lieutenant assassin, images de Mixi-Bérel Le docteur Crippen et Belle Elmore, images de Jacques Grange Bellacoscia, Le bandit corse, images de Jean-Albert Carlotti Avinain, images de Curry Jeanne Lorette, la meurtrière aux cheveux d'or, images de Mant Soufflard, Lesage & Cie ou les vrais mystères de Paris, images de Julien Pavil Les "Chauffeurs", Moneuse, la terreur du Hainaut, images de Jean Bellus L'affaire Landru, récit de Sam Cohen, images de Louis Berings Ravachol, images de Louis Berings Mademoiselle Docteur, images de Louis Berings Soleilland, images de Louis Berings La dernière guillotinée de la République, images de Louis Berings

Filmographie En 1962, Gérard Oury réalise un film à sketches, Le crime ne paie pas, à partir des bandes dessinées de Paul Gordeaux.

Notes et références

Annexes Bibliographie .

Lien externe Site de Paul Gordeaux

Catégorie:Série de bande dessinée française