vignette|Minhwa représentant une divinité de la montagne et un tigre., figure récurrente dans l'art coréen.|alt=Peinture de style Minhwa présentant un homme en costume traditionnel de lettré néo-confucéen. Il est entouré par l'image d'un tigre, animal souvent associé à la Corée.

L’Histoire de la Corée commence avec les premières traces d'occupation humaine entre et AP (698 000 et 398 000 av. J-C), dont des outils comme des bifaces et des pointes de flèches ou des harpons faits de pierre et d'os. Vers 6000 av. J-C, une transition vers le Néolithique s'opère avec la présence d'outils plus fins, puis l'apparition des premières céramiques de la période Chŭlmun. Les pétroglyphes d'Ulsan remontant à cette époque révèlent une première complexification des strates sociales. La fin de la préhistoire est marquée par la période de la céramique Mumun, entre et , et la culture du poignard de bronze qui voit apparaître les premiers bronzes.

Les premiers États attestés se constituent lors de la période des proto-Trois Royaumes alors que les quatre commanderies de la dynastie chinoise des Han s'installent dans le nord de la péninsule en . La période des Trois Royaumes qui s'étend du au voit émerger les royaumes de Koguryŏ, de Paekche, de Silla, et la confédération de Kaya. Ils se partagent la région jusqu'à l'unification de la péninsule par les Silla en 676. Ces royaumes captent les influences culturelles de la Chine proche. L'époque voit l'arrivée du confucianisme, du taoïsme, et du bouddhisme, mais aussi la création des premiers systèmes d'écriture coréens comme le hyangchal, le idu ou le kugyŏl.

Le royaume de Koryŏ fondé en 918 par Wang Kŏn met fin à l'instabilité qui caractérise le crépuscule de la période de Silla unifié. Ce régime dirige la Corée jusqu'en 1392, mais la fin de la période à partir de 1232 est marquée par l'invasion puis l'occupation mongole. La période voit l'émergence du bouddhisme Sŏn, mais aussi l'introduction du néoconfucianisme par Ahn Hyang à partir de 1290. C'est aussi à cette époque qu'apparait la classe sociale des Yangban qui va dominer la pratique politique et intellectuelle du pays.

L'instauration de la période Chosŏn en 1392 par Taejo commence par la fin de la domination mongole du pays. Affaibli par un factionnisme politique important, le régime de Chosŏn est confronté aux invasions japonaises de 1592 et 1598, puis à celles des Jürchen en 1627 et 1636-1637. La Corée bénéficie au d'une période de prospérité marquée par un foisonnement culturel important, avant de devoir faire face au fort déclin du . Le « Royaume ermite » devient alors la cible des prétentions expansionnistes de la Chine, de la Russie et du Japon. Cette dernière puissance l'emporte, et colonise le pays de 1910 à 1945.

La Corée sort de la Seconde Guerre mondiale libérée du Japon, mais divisée le long du nord entre troupes américaines au sud de cette ligne et troupes soviétiques au nord. Cette situation dégénère en guerre de 1950 à 1953, à l'issue de laquelle deux États sont créés. La Corée du Nord rejoint le camp communiste sous la férule de la dynastie Kim. La Corée du Sud rejoint quant à elle le camp américain et, après avoir connu plusieurs régimes dictatoriaux, adopte progressivement un régime démocratique à partir des .

Préhistoire

Paléolithique (env. à AEC) vignette|upright|Couteau paléolithique.|alt=Photo d'une pierre alongée taillée sur les bords, exposée sur un présentoir dans un musée. Des éléments d'ordre linguistique et génétique semblent indiquer comme origine proche de la population coréenne le nord-est de l'Asie et la Mandchourie, probablement en provenance du massif de l'Altaï et du centre de l'Asie. Les premières traces d'occupation humaine sont en général datées entre et AP, sans élément permettant d'établir une occupation permanente de l'homme dans la péninsule lors de ces périodes.

Si les principaux sites paléolithiques couvrent l'ensemble du territoire coréen, du fleuve Tumen, au nord, jusqu'à l'île de Jeju, au sud, ils sont concentrés le long des bassins des principales rivières de la péninsule (Taedong, Imjin, Hantan, Han). C'est sur ce type de sites que les plus anciens outils du Paléolithique de Corée auraient été découverts dans la grotte de Geum-gulSituée à Danyang (Chungcheong du Nord). Voir .. Leur âge est estimé, sans certitude absolue, entre APHenry de Lumley dans la présentation de l'exposition La Corée des origines au Musée de la Préhistoire de Tautavel en 2016 : ..

La population fabrique les premiers bifaces et utilise des cavernes avant des campements temporaires semi-enterrés et recouverts de branchages. La chasse puis la pêche fournissent l'alimentation, ce qu'indiquent des outils (bifaces, pointes de flèches, harpons...) fabriqués à partir de pierres et d'os. Des gravures ont été préservées sur le (Seokjangni ou Sookjang-ni), composées de figures animales telles que des ours, des chiens ou des tortues.

Mésolithique et Néolithique ( à AEC)

Vers , une transition vers le Néolithique est notable dans la péninsule : elle est caractérisée par un travail plus fin des outils de pierre et l'apparition des premières poteries. L'évolution semble émerger depuis la Corée, et non apportée par des populations extérieures, aucune hausse de la population n'étant décelable dans les plus anciens sites de cette époque.

Les premières poteries caractéristiques de la céramique Chŭlmun apparaissent vers , souvent en lien avec des amas coquilliers le long des côtes. Les autres outils retrouvés ainsi que la forme de ces poteries suggèrent une importance marquée de la pratique de la pêche dans ces sociétés. Si les premières poteries présentent des variations régionales très marquées, celles-ci s'estompent partiellement vers . Des similarités avec des poteries de la même époque retrouvées au Japon et dans le nord-est de la Chine suggèrent des échanges assez importants avec des populations de ces autres zones géographiques.

Une agriculture rudimentaire est présente à partir du . Le millet est la première plante dont la culture se développe en Corée. Des outils de pierre comme des mortiers ou des houes apparaissent, et des traces de la domestication du cochon peuvent aussi être relevées. Certains marqueurs génétiques laissent penser que cette révolution agricole s'est diffusée depuis la Chine vers la Corée avant de se transmettre au Japon. Des formes artistiques comme les pétroglyphes d'Ulsan montrent une complexification des strates sociales de ces sociétés, qui restent encore centrées sur une organisation clanique, matérialisée par des attributs totémiques.

De l'âge de bronze à la Protohistoire

Les premiers objets de bronze trouvés en Corée remontent aux environs de . Leur style se démarque des productions chinoises de la même époque, et est similaire à celui d'objets de même type trouvés en Mandchourie et dans la péninsule du Liaodong, comme des poignards en forme de violon ou des miroirs à poignées multiples. D'autres productions locales se rapprochent aussi de ce qui est observable en Mandchourie à la même époque, le pays comptant près de , les principaux à Koch'ang, Hwasun et Kanghwa. La construction de ces ensembles de pierres semble indiquer l'existence de communautés humaines assez nombreuses et aux organisations sociales assez complexes pour ériger ces constructions, probablement plus grandes que de simples tribus. Les productions céramiques évoluent vers une forme sans décorations ou « Mumun », mais aussi aux formes plus diverses et aux parois plus épaisses. De plus, les populations locales continuent d'utiliser des outils de pierre dans le cadre de l'agriculture ou de la chasse. Les restes de villages retrouvés montrent des concentrations d'habitations aux sommets de buttes sans doute fortifiées, témoins de l'émergence de pouvoirs politiques locaux commençant à s'affirmer et à devoir se défendre de leurs voisins.

Les premiers objets de fer apparaissent vers et les premières mentions dans des écrits historiques chinois peuvent être trouvées dans le Shiji rédigé entre les par l'historien Sima Qian.

Période Ko-Chosŏn et les proto-Trois Royaumes

Vers le se constitue le royaume du « Chosŏn ancien » ou « Ko-Chosŏn » dans les plaines environnant la rivière Liao. De petite chefferie locale, ce pouvoir parvient par les armes et par alliances à étendre son influence sur une confédération de royaumes entre les rivières Taedong au sud et Liao au nord. Vers , ce royaume doit faire face à une invasion des Yan qui ampute son territoire du bassin de la rivière Liao. La fin de la période des Royaumes combattants en Chine entraine son lot de réfugiés dans le royaume, dont Wiman, un général des Yan, qui prend le pouvoir à la faveur d'un coup d’État en -194. La fin de cette période est ainsi connue sous le nom de « Wiman-Chosŏn » ou « Chosŏn de Wiman ». Cet État connait une période de paix relative, jusqu'à une série de conflits avec la dynastie Han qui entraine son démantèlement en 108 et la création de quatre commanderies chinoises sur son territoire.

thumb|redresse|Implantation des Quatre commanderies chinoises en -108.|alt=Carte de la Corée avec 4 zones de couleur indiquant les impnatations au nord des quatre commanderies.

Des quatre commanderies chinoises créées en 108, seule la commanderie de Lelang est maintenue après la mort de l'empereur chinois Wu en 87 et perdure dans la péninsule au-delà de la chute de la dynastie Han trois siècles plus tard. La commanderie de Lelang agit alors comme un pôle de diffusion de la culture chinoise en Corée, permettant l'arrivée de l'écriture et de la littérature chinoises, et de son organisation politique. La commanderie émerge comme un pôle commercial international entre la Chine, le sud de la Corée, et jusqu'au Japon. Cette présence chinoise produit des sources écrites qui permettent de mieux connaitre les sociétés de cette époque.

Au sud de la commanderie de Lelang, au sud de la rivière Han, les « Trois Han » ou Samhan sont trois confédérations de royaumes, les Mahan, les Chinhan et les Pyŏnhan. Les sources chinoises les décrivent comme des sociétés essentiellement agraires, dont les élites politiques peuvent porter des vêtements de soie ainsi que quelques bijoux. Les langues parlées dans ces royaumes sont probablement celles qui ont donné naissance à la langue coréenne.

Au nord de la commanderie de Lelang, plusieurs entités voient le jour : les Puyŏ dans le nord de la Mandchourie, les Koguryŏ plus au sud mais liés linguistiquement et culturellement aux premiers, les Ye orientaux ou Tongye, et les Okchŏ. Ces quatre groupes sont connus collectivement sous le nom de Yemaek.

Trois Royaumes de Corée du au

Unification politique lente de la péninsule Émergence des Trois Royaumes vignette|redresse|Carte de la péninsule vers 375, après la conquête par le Paekche (en vert) de la partie sud du Koguryŏ (en rouge).|alt=Carte de la Corée localisant les différents royaumes : au nord le Koguryŏ, sur la cote est le Paekche, sur la cote sud-ouest Silla, et au sud, au centre, Kaya.