vignette|redresse|Johann Heinrich Füssli, Brünhild beobachtet Gunther (Brunehilde observant GuntherAyant découvert que Gunther avait utilisé la ruse pour l'épouser, Brunehilde se venge en le faisant attacher nu au plafond de la chambre nuptiale.) (1807), lavis, château de Nottingham.
Une dominatrice, ou maîtresse, est une femme qui endosse le rôle dominant dans le cadre du BDSM, et donc utilise la douleur, la contrainte, l'humiliation ou la mise en scène de divers fantasmes dans un but érogène, sous forme d'échange contractuel. La domination féminine caractérise un ensemble de relations BDSM hétérosexuelles où les femmes sont responsables du déroulement des pratiques sexuelles. La dominatrice a pour partenaire un masochiste à la recherche d'une séance de soumission. Dans la mesure où soit la douleur physique soit l'humiliation soit les deux sont recherchées dans la relation, la dominatrice doit comprendre comment mener son sujet, sans qu'il ne l'explique clairement.
Rôle de la dominatrice
Pour Gilles Deleuze le masochiste est essentiellement éducateur, il forme lui-même son maître, maitresse via le contrat. Ce qui fait de la dominatrice, toujours selon Gilles Deleuze, « une masochisante », dominatrice en apparence uniquement. Pour Gilles Deleuze la rencontre entre un, une sadique et un, une masochiste est impossible, et si la rencontre intervient, « l'un ou l'autre fuit ou l'un ou l'autre périt ». En parlant de Wanda et de Sacher Masoch, Gilles Deleuze écrit : « elle sera sa compagne à la fois docile, exigeante et dépassée.
Pour Paul-Laurent Assoun le masochiste est tout sauf un improvisateur, il obéit au règlement, obéit au plus stricte règlement, à condition de l’avoir lui-même institué.
Pour Theodor Reik : toute l'attitude du masochiste pervers semble prouver qu'il n'aimerait rien de mieux que de servir la femme sans réserve, ses plus intenses délices conscientes consistent à être son esclave ; sa volupté inconsciente serait d'être son tyran ». Pour Reik : .
Parce que le masochisme (la séance) est un voyage mystique."Le masochisme est une expérience mystique." André Pieyre de MandiarguesAndré Pieyre de Mandiargues - Le Troisième Belvédère (1971) - La mort mithridatisée - Éditions Gallimard. Et Sigmund Freud finit par avouer qu'« il est d'ailleurs rare que les tortures masochistes produisent la même impression de sérieux que les cruautés — fantasmées ou mises en scène — du sadisme Pour Deleuze,
Gilles Deleuze considère qu’il y a deux couples : un masochiste et son bourreau ; le masochiste pédagogue et son bourreau font, tous deux, partie intégrante du masochisme : ; le sadique et sa victime ; une victime qui . Gilles Deleuze, toujours dans sa présentation de Masoch, explique : .
Paul-Laurent Assoun confirme "Le sadique ne fait pas couple" « pour de bon », son dispositif ne l’exige pas plus que sa structure ne le requiert ».
Pour Roland Jaccard : « On imagine que le masochiste idéalise la femme, qu’elle est sacrée reine et parée de toutes les vertus. C’est oublier que Leopold von Sacher-Masoch était un lecteur assidu d'Arthur Schopenhauer, il lui empruntait des réflexions misogynes (« Le sexe court de taille, étroit d’épaules, large de hanches, aux jambes torses, ne pouvait être nommé beau que par notre sexe à nous, que les sens aveuglent ») et les mettait dans la bouche de ses personnages »Article Roland Jaccard., Le Monde, 13 décembre 1991
Pour Daniel Leuwers: « Il s'agit de donner à la femme l'illusion du pouvoir alors qu'elle est sous le joug insidieux de l'homme qui la force à le battreDaniel Leuwers, préface à Leopold Von Sacher Masoch, La Vénus à la Fourrure, Le Livre de poche, 1975.. »
Selon Régis Michel, « Freud avoue d'emblée dès le début de son opuscule, qu'il n'y comprend rien. Le masochisme écrit-il est une énigme (...) Pour Régis Michel . Car il refuse l'alliance sadomasochisme, il sait bien que Régis Michel « L'extase et l'agonie ou... le corps sans organes », Savoirs et clinique, 2007/1, (), , .
Jeux de rôles et pratiques
Catégories Au sein du couple vignette|gauche|Scène de domination entre une dominatrice et son esclave à Cologne, en Allemagne.
Lorsque ce type de relation existe, les séances interviennent plus ou moins fréquemment, mais elles sont, en principe, des parenthèses dans la vie de couple.
De la volonté d'un maître ou d'une maîtresse qui chercherait à gouverner entièrement son partenaire, il arriverait également à un paradoxe, celui d'abêtir sa compagne, son compagnon. On a longtemps refusé aux femmes, aux esclaves le droit d'apprendre. Pendant des millénaires on a cherché à ce que la femme soit un robot, à la maison pour les tâches ménagères. Dans les relations SM, certains cherchent à posséder pleinement leur esclave. Ils voudraient les voir enfants. Certains maîtres, maîtresses sont sûrement amoureu(x/ses), sincères et ne cherchent finalement qu'à posséder totalement l'être aimé, en oubliant la régression dans laquelle ils ou elles l'installent. Dans son livre L'Exil intérieur, Roland Jaccard., à l'aide de citations de Georges Devereux, parle justement de cette régression au stade enfantin, d'une surprotection ainsi que le rôle joué par les médias, les clubs de vacances, l'utilisation sadique anale de la voiture, etc. Tout ce qui rend l'individu dans
Dans le cas où l'homme est dominateur, la situation peut être plus facilement mise en scène, car le dominateur ne perd pas sa casquette d'homme fort et viril tel que notre civilisation l'a éduqué. Et nombre de femmes fortes dans la vie sociale s'abandonnent au plaisir de se sentir prises en charge et déresponsabilisées.
Bien évidemment, il faut exclure le cas où la femme ou l'homme serait sadique et martyriserait moralement ou physiquement son épouse ou époux sans consentement.
Professionnelles Selon Jean-Paul Sartre le masochiste paye une femme pour se faire fouetter ou humilier, ou, comme Sacher-Masoch le faisait, il utilise le grand amour que les femmes éprouvent pour lui Jean-Paul Sartre, L’être et le néant Tel, Gallimard 419, ..
vignette|Dominatrice dans un jeu BDSM. Les anglophones les nomment « Dominatrix » et elles se divisent elles-mêmes en différentes catégories : celle qui renonce à son propre masochisme en devenant « masochisante ». Elle n’est pas sadique et l’erreur serait de croire qu’elle l’est. Cette dominatrice joint l’utile à l’agréable. Souvent d’excellentes techniciennes, lorsqu’elles sont appliquées, lorsqu’elles ont assimilé leur rôle et sont attentives au moindre signe du sujet pour comprendre ce qu’elles doivent ordonner ; d'autres ne s'intéressent qu'à l'argent qu'elles vont gagner et dépenser.
Il existe également de par le monde des « Maisons de domination » : autorisées en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis, etc., elles sont interdites en France et sont passibles de condamnations pour proxénétisme.
Au Japon, les dominatrices sont dites « joosama », qui signifie « reine » ou « queen ». Dans certains clubs à hôtesses, dits SM, elles accueillent les clients en costume de dominatrice, leur servent à boire, leur donnent des petits coups de cravache, font parfois des démonstrations de shibari (art de ligoter) ; mais les véritables séances de domination ont lieu dans une « playroom ». Le magazine Kitan Club (littéralement « club étrange »), créé en 1948, rend compte de ces multiples pratiques et mises en scène, où le fétichisme du caoutchouc, la « babyphilie », le bondage, les scènes de torture, les « travestissements » d'hommes en objets ou jouets sexuels (comme les « hommes-chaises », etc.) abondent..
Amatrices Il en existe de toutes sortes, certaines ont envie de s’amuser, d'avoir l'impression d'être la reine d'un jour. Elles peuvent pratiquer avec dextérité. D’autres ont envie de notoriété.
L'approche philosophique et psychanalytique Rapports aux pratiques et aux jeux de rôle Bien que la dominatrice soit la représentation de la seconde mère, le masochiste s'adresse souvent à une proche de la famille ou de l'éducation, la tante, l'institutrice et enfin l'amie de la mère, c'est le cas du rugbyman dans Françoise Maîtresse, « Jeux de rôles ». Dans le cas de Masoch lui-même nous dit Deleuze, c'est de la tante qu'il s'agit, « Choses vécues », dans la Revue Bleue, Paris, 1888.. L’épisode est transposé dans La Vénus..
Anne Larue. évoque et démontre ce qu’une dominatrice ne doit pas faire : se prendre pour une vraie psychologue ou psychanalyste : : À un amant qui retrouve trop facilement à son goût de la maman sous la dominatrice, elle rétorque : .
Hercule et Omphale.|vignette
Dans la mythologie
Les dieux et déesses Dans la mythologie grecque... Circé en grec ancien , « oiseau de proieÉtymologie du nom Circé, http://sites.google.com/site/etymologielatingrec/home/c/circe ») est une très puissante magicienne aussi qualifiée par Homère de , c'est-à-dire « particulièrement experte en de multiples drogues ou poisons, propres à opérer des métamorphoses ». Elle est décrite par les auteurs antiques comme une déesse (Homère, Virgile), mais a ensuite été estampillée pour des motifs idéologiques ultérieurs comme une sorcière ou enchanteresse. Èvoquée par Leopold von Sacher Masoch dans La Vénus à la fourrure : Hercule Selon le philosophe Gilles Deleuze : .
Selon L’historien et anthropologue français Jean-Pierre Vernant, spécialiste de la Grèce antique, Hercule est avant tout le héros qui passe les limites et brave les interdits. « Il le fait tout aussi bien en devenant doux et soumis.»Jean Pierre Vernant Mythe et Pensée chez les Grecs, tome II, Paris, La découverte, 1988
Hercule, molesté, humilié et travesti est devenu l'emblème du personnage masochiste trouvant sa délectation dans la souffrance
Les masochiennes
La figure de la dominatrice dans la culture Littérature Au , la Française Eugénie Guillou de Launay. Au , l'Anglaise Theresa Berkley, inventeur du cheval de Berkley, sorte de machine à flageller. Au , la Française Marika Moreski, auteure. Au , Wanda von Sacher-Masoch auteure de Confession de ma vie. Au , la Française Jeanne de Berg, auteure du livre Cérémonie de femmes. Au , la Française Maîtresse Françoise, auteure du livre Françoise Maîtresse.
Jusqu'au , rares sont les femmes dominatrices dans la littérature, mais peu à peu, avec la libération des mœurs et l'émancipation de la femme, surtout dans des milieux privilégiés, apparaissent des figures de dominatrices. Rachilde exprime ses envies de domination dans Monsieur Vénus, roman matérialiste (1884)., à travers un mélange des genres inédit, selon lequel la vénéneuse Raoule de Vénérande se veut homme et fait de l'homme qu'elle aime une femme. Sacher Masoch passe des petites annonces dans les journaux pour rencontrer une femme qu'il pourrait transformer en dominatrice et peuple ses écrits d'héroïnes cruelles. Dans La Vénus à la fourrure (1870), Séverin caresse l'idéal romanesque de l'appartenance totale. L'inversion des rôles attribue le pouvoir à la femme, investie dès lors d'une vertu fascinatrice.
Dans Cérémonies de femmes (1985), Jeanne de Berg, pseudonyme de Catherine Robbe-Grillet, réserve aux dominants l'art de la mise en scène. La dominatrice fonctionne souvent par osmose ou par empathie ; elle devient instrumentalisée le jour où son engouement à jouer la même partition s'émousse, comme le raconte Wanda dans Confession de ma vie (1907) de Angelika Aürora Rümelin, l'épouse de Sacher-Masoch.
Peinture
Cinéma
Dans cette liste, il ne faudra pas forcément considérer ces films comme entrant dans le cadre du contrat masochiste, ni y voir l'acceptation totale de la victime. Ces films sont des films « grand public » comportant une ou plusieurs scènes sadiques ou masochistes qui peuvent, éventuellement, peupler l'univers fantasmatique d'un sujet
Cinéma underground
Il existe très peu de films underground traitant de la dominatrice dans le masochisme festif. On en note cinq principaux :